300, le message

Publié le : 08/07/2007 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par intervenants , Articles par thèmes , Carceller , Cinéma

casque_croquis

"300" : film racontant comment quelques spartiates, regroupés par leur roi Léonidas, défendent leurs terres face à l'empire perse. Bataille des Thermopyles : un haut fait d'armes grec, acte héroïque et sacrifice suprême.

Une poignée face à une multitude, la stratégie face au nombre, la liberté face à la tyrannie : le décor est planté.

Les critiques venimeuses des médias dominants ne se firent pas attendre. "Film nazi", "idéologie d'extrême droite". Rien que ça.

La condamnation fut quasi-unanime chez les gardiens du temple politiquement correct. Un pas plus loin dans le délire, et un appel à la censure et à la délation était lancé depuis les bastions anti-fascistes.

Il est certain qu'un film glorifiant une épopée européenne, ne tombant pas dans l'ethnomasochisme de bas étage, promouvant des valeurs archaïques opposées fondamentalement à celles imposées par le système, ça déplaît. Esprit de sacrifice, de groupe, valeurs militaires, défense armée d'un groupe ethnoculturel face à une menace impérialiste, ça ne fait pas franchement vivre ensemble totalitaire, pacifisme moutonnier, égoïsme petit-bourgeois. Un tel film ne pouvait que provoquer une levée de boucliers de papier chez nos grandes consciences humanistes et tolérantes.

Le crime est surtout que le film présente des européens dans le rôle des agressés et des héros. Nul doute que le même scénario, mais avec un peuple du tiers-monde face à des soudards occidentaux, aurait reçu une critique dithyrambique de la part des mêmes préposés à l'acculturation générale. Être européen et vouloir rester libre est pour le système un acte nazi et d'extrême- droite, voilà la conclusion. Quand la Grèce résiste à l’invasion perse, c’est fasciste. Voilà la conclusion. Résister à un envahisseur, c’est du fascisme. A ce compte-là, en 1942, Jean Moulin était nazi et Klaus Barbie défendait les pauvres SS menacés par les méchants résistants...

Trêve de plaisanterie.

Je pense que le malaise qu'ont ressenti les critiques aux ordres est en fait qu'ils se sont reconnus parmi les esclaves et les laquais de l'Empire. Ils se sont reconnus parmi les traîtres et les serviteurs du grand empire multiculturel mondial. Un film pouvant être lu comme une dénonciation de la domination impériale n'est pas recevable pour les serviteurs de l'empire. Il n'est jamais agréable de se faire dénoncer à la face du monde, sur un grand écran en prime.

Ils ont bien sûr expliqué que ce qui les dérangeait, dans "300", c’était le côté propagandiste américain, travail de l'opinion pour une attaque hypothétique contre l'Iran. Mais s'il est vrai qu'on peut aussi voir "300" ainsi, il est faux que ce soit cela qui les dérange.

Si nous admettons une lecture optimiste de ce film, nous pouvons en faire une opportunité de subversion. Si "300" était une défense de l'empire mondialiste, il ne chanterait pas la lutte d'un groupe ethnique homogène face à un empire multiculturel.

L'idéologie américanomorphe nous aurait plutôt présenté l'inverse : un groupe "united of benetton" face à un ennemi monolithique, avec un ou deux afro-américains, deux juifs, un chinois et 4 européens pour sauver le monde.

Ce film plaide au contraire pour l'ethnocentrisme et la défense armée en cas d'extrême menace, ce qui est à l'opposé exact de l'idéologie socle du mondialisme.

D'où l'ambiguité de "300".

D’où les quiproquos.

Nous notons avec saveur qu'un site comme VOXnr dit en l'occurrence la même chose que Libé. Ce film a réussi a rapprocher les nihilistes des deux bords, quoique pour des raisons diamétralement opposées.

"300" n'est pas un courroie de transmission du pouvoir mondialiste pour imposer sa grille de lecture. Mais les psychorigides des deux bords ne l'ont pas vu.

Pour comprendre le message, il faut analyser le conflit et ses protagonistes.

D'un côté, nous l'avons déjà vu, un groupe culturel homogène se battant, non pas pour "la" liberté, mais pour "sa" liberté, jusqu'au sacrifice ultime.

De l'autre, un empire multiethnique (le vrai nom de la société multiculturelle), basé sur l'exploitation. A sa tête le roi-dieu, ayant deux veaux d'or sur son trône, nous rappelant l'aspect mercantile. Ce roi-dieu essaie, avant d'employer les grands moyens, de corrompre par l'argent les élites spartiates, utilisant la menace seulement en dernier ressort.

J'émets une hypothèse sur le message.

Il me semble que ce film est destiné aux Européens ou qu'ils se trouvent, et particulièrement, aux Européens résidant en Europe.

Il dénonce la collusion entre l'empire mondialiste et les masses acculturées, les uns et les autres ayant, au fond , le même projet pour les Européens : la mise en esclavage; soit pour le culte du veau d'or, soit sous une tyrannie mystique et idolâtre.

La trahison des élites spartiates censées diriger la cité nous rappelle furieusement nos propres élites ouvrant la porte de notre nation au cyclone migratoire et à la violence néolibérale (et ne parlons pas de la bureaucratie socialiste mise en place il y a plus de 50 ans).

Posé comme cela, on comprend mieux la furie des bien-pensants : ils se trouvent démasqués.

C'est la raison pour laquelle ce film ambigu est étonnant : une dénonciation de l'empire vient de l'empire. Ou bien la lecture que je viens de faire n'était pas prévue par les Américains, ou bien l'Amérique a un problème avec son propre caractère impérial. Un film américain contre l'empire, contre les masses fanatiques du tiers-monde, contre l'escroquerie de la société multiculturelle, pour la souveraineté des européens sur leur sol, pour des valeurs diamétralement opposées au bourrage de crâne stalino-libéral…

C'est l'anti-independance day.

Partager ce contenu