Évènement

A propos de Dantec

Publié le : 10/12/2009 20:48:19
Catégories : Actualité

dantec

Lorsque je l’ai découvert, avec quelques années de retard, j’ai bien aimé le Dantec de 1996, celui des « Racines du mal ». Je n’étais pas d’accord avec tout. Mais bon. Disons que ça se tenait. Quelqu’un osait dire qu’Auschwitz ne devrait pas avoir de nom, sous-entendre qu’après les guerres du Rwanda et de Yougoslavie, la miterrandie devait fermer sa gueule – et même, ultime provocation, avouer qu’Andreas Schaltzmann, le tueur désorganisé des « Racines du mal », n’était jamais que le lampiste d’autres tueurs, extrêmement bien organisés ceux-là, et dont le passe-temps favori consistait à faire des maths (lisez le bouquin si vous ne comprenez pas). C’était intéressant.

Le Dantec de 1999 se fit tatouer le symbole de l’OTAN sur l’épaule pour commémorer le bombardement de la Serbie, et déjà j’aimais beaucoup moins. Milosevic était un dictateur, entouré d’une coterie d’arrivistes, mais ça ne justifiait pas qu’on bombarde le peuple serbe. Au reste, comme on pouvait s’y attendre, la coalition a fait du Kosovo un véritable concentré de délire multiculturaliste, une sorte de foutoir transnational modèle réduit, avec épuration ethnique et expansionnisme islamo-wahhabite intégré. On attend toujours le mea culpa de l’atlantiste MgD, à ce propos.

Pourtant, le Dantec de 2005 continuait à m’intéresser, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’à une époque où BHL passe pour un philosophe et Sarkozy pour un homme d’Etat, on n’a pas les moyens d’être regardant. La deuxième, plus sérieuse, était que Dantec, tout occupé à promouvoir le choc des civilisations, avait tout de même cette qualité : lui, au moins, confessait qu’il ne s’agissait, en réalité, que d’un choc des barbaries. Et puis la troisième (pardon pour ce microscopique délit d’initié), c’était que je savais, pour des raisons sur lesquelles je ne m’appesantirai pas, ce que ce neocon-pas-si-con-que-ça pensait de la ligne kouchnéro-compatible de certains de ses ex-compagnons de route. Compagnons que j’ai moi aussi fréquentés, et qui m’ont beaucoup appris.

Là encore, c’était intéressant.

Et pour ceux qui ne comprennent pas ce qui était intéressant, lisez Sun-Zi, que voulez-vous, je ne peux pas tout faire à votre place…

Le Dantec de 2009, lui, a cessé de m’intéresser.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’est plus hors du système de représentation. Il est hors de la réalité. Ce n’est pas la même chose.

Une des meilleures manières de perturber une machine est d’en devenir un rouage, puis de tourner juste un peu plus vite, ou un peu plus lentement, que le bon fonctionnement de l’ensemble ne le voudrait. Dévier très légèrement de sa course programmée. Juste assez pour freiner la machine. Pour l’obliger à sortir des produits finis pas tout à fait finis. Dévier juste assez pour révéler que la machine calibre ses produits. Introduire, dans le vernis, la petite craquelure qui révèle ce qu’il y a sous le vernis. Obliger peu à peu la machine à penser ce qu’elle affecte de dire. Lui faire dire ce qu’elle ne voudrait pas dire. Injecter, dans le machinal, une dose de conscience supérieure d’un epsilon à ce que la machine peut avaler sans recracher. Malin. Devenir un signe sur la carte, pour changer le sens de la carte. Habile.

Le problème, c’est que ça ne fonctionne que si la conscience qu’on injecte est une conscience du réel. De ce qui est. Pas de ce qu’on fantasme. Si le signe sur la carte ne renvoie pas à la réalité, alors il n’est pas signifiant. C’est un coup de canif dans le plan. Pas un indice pour décoder le plan. Un jeu de mots, et pas du sérieux. Pire encore : à force d’être insignifiant, le signe ne se lit plus sur la carte. Il en sort.

Dans un texte récemment publié sur Ring, « LES DERNIERS HOMMES LIBRES », Maurice G. Dantec nous affirme que :

« Aux États-Unis et à Israël, il faut en effet ajouter les Cantons suisses qui ont voté contre l'invasion, une demi-douzaine de pays européens où la tension anti-islamique ne fait que s'intensifier chaque jour que Dieu fait, l'Inde, berceau de notre civilisation, la nation australienne, qui a déjà pris ses dispositions contre les adeptes de la sharia, tout comme le Canada, sans parler du peuple russe, qui ne s'en laisse pas conter et subit déjà les rétorsions des hérétiques de la Mecque, ou des hérétiques de ces derniers, en provenance de Téhéran. »

Peut-on faire remarquer à MgD que…

Le président des USA (je n’ai pas dit le président américain) a déclaré récemment, lors d’un discours au Caire : « Nous nous rencontrons à un moment de tension entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde (…) Je suis venu ici pour déclencher un nouveau départ (…) fondé sur l'intérêt commun et le respect mutuel. L'Amérique et l'islam ne doivent pas s'exclure, ne doivent pas être en compétition. » Cerise multiculturelle sur le gâteau mondialiste, Barack Obama a ensuite rappelé les liens qui unissent les Etats-Unis à l’islam et au monde musulman, faisant référence à son histoire personnelle (son père, citoyen kenyan, était musulman). Et il a conclu sur un sonore : « l’islam fait partie intégrante de l’Amérique. » Navré de faire remarquer à ce bon monsieur Dantec que l'Onusie et les USA, désormais, sont deux visages du même monstre (au point, d'ailleurs, que Barack Obama peut présider indifféremment l'Amérique et le Conseil de Sécurité de l'ONU).

L’Inde n’est pas le berceau de notre civilisation, mais une branche distincte de la famille des peuples indo-européens. Je n’avais pas remarqué que le système de castes hindou était à l’origine de la variante nord-américaine de la civilisation européenne, variante dont MgD se réclame avec une louable constance. Cela m’avait échappé.

Il y a une petite nuance entre la situation des cantons suisses et celle de l’Etat d’Israël : les Suisses autochtones ont demandé aux musulmans de ne pas revendiquer de souveraineté politique au sein d’un Etat-nation où, par ailleurs, les citoyens peuvent librement pratiquer leur religion sans que cela n’affecte leur statut (c’est évidemment le sens du vote suisse - rappelons que l'affaire est partie d'une construction de minaret demandée par les Loups Gris, organisation politico-religieuse turque, et qu'Oskar Freysinger a explicitement défini l'action comme visant à rendre possible l'assimilation des musulmans) ; alors que les Israéliens pratiquent à l’égard des populations musulmanes autochtones une politique d’apartheid (physique pour les Palestiniens, social pour les Arabes israéliens). Ce n’est pas la même chose. Défendre le principe d’une nation unitaire sur le plan politique n’implique pas qu’on confonde le politique et le religieux. Quand des autochtones revendiquent l’unicité de leur peuple, ils n’agissent pas comme des colons spoliateurs des indigènes. Il est possible que de Montréal, on ne voie pas la différence. Eh bien, prenez l’avion, et comparez sur site (les mêmes remarques valent pour l’Ontario et la lointaine Australie).

Rappelons encore qu’il y a vingt millions de musulmans en Russie, et que Vladimir Poutine a toujours été extrêmement clair sur ce point : ils sont, comme tous les citoyens de la Fédération, soumis à la « dictature de la Loi ». Ce qui veut dire qu’on leur accorde, sur le plan politique, une indifférenciation totale. Tout ce que le Kremlin demande aux musulmans russes, c’est d’être des Russes musulmans, et de bons Russes musulmans. Si la Russie de Poutine a « buté les terroristes jusque dans les chiottes », selon une formule célèbre, elle l’a fait avec ses citoyens de confession musulmane, dans leur écrasante majorité à peu près totalement indifférents au sort d’une bande d’islamistes tchétchènes financés, c’est notoire, par les services secrets US. Etre sur la même ligne, inversée mais parfaitement dans l’axe, qu’un Bernard Kouchner : voilà qui doit pousser à s’interroger sur les catégories qu’on emploie. Quand une boussole marque le Sud, on n’y lira le Nord qu’à condition de projeter la ligne sur le plan où elle se situe.

Quant aux « mesures de rétorsion » prises par Téhéran à l’égard de Moscou, je suppose qu’il faut voir là une allusion aux prudences de l’Iran à l’égard du rôle de la Russie dans la filière d’enrichissement de l’uranium. Ici, nous touchons aux mystères de la politique internationale. Suggérons tout de même à MgD de se demander si, au fond, tous ces gens-là, à Tel-Aviv, à Moscou, à Téhéran ou ailleurs, ne jouent pas tout simplement leurs cartes nationales, en fonction de leurs intérêts bien compris, sans qu’il faille y voir une quelconque « guerre de religion ». M’est avis que le pétrole et le gaz naturel jouent dans cette histoire un rôle nettement plus important que la théologie chiite. L’éventuelle implosion du dollar est nettement plus en cause que la question des icônes orthodoxes dans le regard musulman. Moscou soutient l’Iran juste assez pour se donner des monnaies d’échange avec les USA et Israël, Pékin fait de même. Au reste, à Téhéran, on n’est pas dupe. Voilà de quoi il s’agit.

En réalité, en 2009, Dantec apparaît comme un homme que l’histoire a dépassé.

Dantec continue à croire que l’on peut changer le cours des choses en infiltrant le courant néoconservateur pour le faire aller au-delà de sa logique initiale. Mais il n’a pas vu que ce courant a déjà perdu la partie. La commission trilatérale tient sa revanche. L’occidentalisme agressif est sur la pente descendante : le mondialisme multipolaire de Brzezinski l’a emporté au sein des élites US. Je n’ai, pour ma part, guère de doute sur le caractère inéluctable de cette orientation : la réalité des rapports de force économiques, politiques et militaires, entre l’OTAN et l’OCS, a déjà scellé le sort du courant neocon. Dantec, c’est un gars qui tente d’entrer par effraction dans les soutes du Titanic. Pas très porteur, tout ça. La puissance atlanto-sioniste a exactement la même solidité que le bilan de la FED des Greenspan et Bernanke. Encore quelques « bonnes années » pour la banque Goldman Sachs, messieurs Rubin et Summers, et il ne restera plus rien de l’Amérique. Patience. Rira bien que rira le dernier. Voilà ce qu’on doit penser, de l’autre côté du capitalisme.

Dantec continue à croire que le choc des civilisations est un discours de propagande, qu’on peut retourner pour l’amener à remodeler la réalité en profondeur. Mais il se trompe : ce discours de propagande n’est déjà plus qu’un levier, par lequel les mondialistes peuvent déstabiliser les nations de l’intérieur, sans aller jusqu’à la refondation d’une véritable alternative culturelle. Dantec a cru, au tournant du siècle, qu’un véritable esprit impérial pourrait naître de la tentative désespérée de l’impérialisme. Il s’est planté : l’impérialisme est toujours un stade dans le processus de dégénérescence d’un capitalisme donné. Ce n’est pas une vision du monde. C’est l’aveu qu’on n’a plus de vision du monde. Il existait un projet derrière le discours de Dantec : l’Empire contre la décadence. Ce projet est mort. L’impérialisme n’a fait qu’accélérer le processus de décadence. L’Occident est fini. En tout cas sous la forme que nous lui connaissions depuis cinq siècles. Maurice G. Dantec devrait s’intéresser davantage à l’économie. Pour faire de la géopolitique, c’est plus utile que la science-fiction.

Si, comme on peut le penser, l’avenir est à une mondialisation multipolaire, ces pôles seront, fondamentalement, organisés par des coalitions d’Etats-nations, regroupés autour d’une puissance phare, ou d’une alliance structurelle entre « petites » puissances-phares. Mais il n’y a plus aucune raison de penser que les USA, ruinés, désindustrialisés, travaillés par un double mouvement d’implosion culturelle et d’explosion ethnique, pourront durablement s’imposer comme une nation phare, centrale pour le monde occidental (sans parler de la planète entière). Le choc des civilisations aura peut-être lieu, mais il ne débouchera que sur le chaos. Le risque, en l’occurrence, est que ses organisateurs ne se trouvent débordés par l’ampleur du désordre qu’ils auront semé. Il est possible qu’un nouveau césarisme vienne sanctionner l’implosion de la démocratie : mais rien ne garantit que ce césarisme soit « occidental ». Oh que non. Quand bien même ce césarisme serait américain, il risque fort d’avoir, à l’égard de l’Occident, le rapport pour le moins distendu qui caractérisait Barack Obama au Caire.

Il faut comprendre que notre monde est mort. C’est foutu. La question, maintenant, c’est : qu’est-ce qu’on fait après l’enterrement ?

C’est ici que le discours de Dantec cesse d’être inintéressant, pour devenir franchement contre-productif.

Dixit l’impétrant :

« Pour le Jamaat-ud-Dawa, aile publique présumée du groupe armé islamiste pakistanais interdit Lashkar-e-Taïba (accusé par l'Inde d'avoir perpétré les attentats de Bombay), "cette nouvelle décision viole les principes de compréhension mutuelle et de tolérance religieuse."

On ne vantera jamais assez les talents comiques, souvent mal reconnus, des abrutis islamistes. Mais rien n'égale ceux de leurs esclaves nihilistes, égarés par troupeaux entiers au sein de nos "démocraties".

Car pour Alain Bonnet de Soral (authentique patronyme de cet ultra-jacobin trans-hémicyclique) et son comité « Égalisation-et-Réconcialité », le diagnostic est très exactement le même. »

Eh bien, tant qu’à commettre un autre délit d’initié (encore plus microscopique), voici un tuyau pour le métaprophète néo-canadien : ce n’est pas le diagnostic d’E&R. Notre écrivain canadien, avant d’affirmer que la ligne de « Égalisation-et-Réconcialité » est la même que celle du Jamaat-ud-Dawa, aurait peut-être bien fait de lire le texte que je reproduis ici in extenso :

«

La France In Sha Allah ! Par Albert Ali, écrivain Français, patriote et musulman

Les minarets : des missiles sarrasins qui ne décolleront jamais ?

J'entends tout le monde crier au scandale,  une "réprobation unanime" selon Elkabach !

De quoi parle-t-on ? D'abord à travers ce référendum, nous observons de façon éclatante le fossé réel entre les opinons et sentiments refoulés des peuples européens et l'image médiatique que l’on donne de leur opinion.

Décalages entre les sentiments réel et les prévisions des sondages, toujours prompt à nous rassurer que le multiculturalisme se porte bien et que les européens acceptent naturellement la diversité ethnico-religieuse, que les élites leur imposent depuis 40 ans.

Nous oublions, que la présence musulmane récente en Europe et en France soulève des problématiques singulières et uniques.

Qui ne relèvent pas de l’opinion ou de l‘intelligence, de la raison pure ou du débat politique, la présence musulmane engendrée par une immigration massive et unique dans l histoire de France, soulèvent plus que des débats de société, elles mettent en jeu une modèle de société qui peux précipiter la France dans le chaos !

Pour la France par exemple, on oublie que l'identité française s'est en partie construite en opposition à ce que représente, pour résumer je dirais « les mahométans » depuis 732 !

De Poitier aux croisades, de la Reconquista franco-espagnole à la littérature coloniale, de la guerre d'Algérie aux émeutes des banlieues, l'imagerie dominante et volontairement fabriquée par les élites du moment, reste fondée sur une opposition entre ces deux univers : hier la France fille aînée de l’Eglise et l'univers musulman "oriental", aujourd’hui la France mère de la laïcité face à un islam rétrograde et prosélyte.

Ce qui signifie qu'un référendum de ce type donnerait les mêmes résultats partout en Europe et encore plus en France ou il frôlerait j’en suis persuadé – parce que je voterais aussi contre les minarets – au moins 70 % !

Tout simplement parce que la visibilité musulmane dérange, et là je vais décevoir bon nombre de mes amis et frères  issus de l’exil méditerranéen, je suis intimement convaincu qu'elle dérange à juste titre !

Je sais certains vont me dire, "on est chez nous, on est chez nous !", que la liberté de culte est garantie etc.

Ce discours majoritaire chez les musulmans, est fondé sur la croyance que l'appartenance citoyenne, nous garanti la pérennité de notre existence sur le sol national !

Que l'égalité de droit proclamée, doit être appliquée sans concessions, d'autant plus que le passé colonial de la France et l'exploitation de l'immigration, sont des facteurs aggravants pour l'Etat,  qui devrait se repentir, sortir son mouchoir et accessoirement son chéquiers et faire amende honorable parce qu’il est foncièrement mauvais et injuste par nature, son racisme est systémique et nous sommes opprimés !

Misère quelle naïveté !

IL n'y a pas plus candeur délirante que croire qu'il suffit de dire "je suis français" et que par magie, tous les droits nous seraient dus !

Je pense que le vote suisse est le révélateur du fossé existant entre ce que les populations européennes et particulièrement françaises refoulent depuis 40 ans et l'image générale de tolérance et d'hymne au multiculturalisme relayée par nos élites médiatico-politique.

Quand on fait un peu d’empathie et je fais cela depuis des années, on est effaré de voir les Français en particulier et les européens en général enfermés dans un tel mutisme.

Se prendre dans la tronche un tel déferlement de vagues migratoires incontrôlées, subir dans le silence la substitution ethnique dans certains quartiers, vivre avec un niveau de violence inouïe dans les parties populaires des grandes villes et ne pouvoir rien dire ?

La solution en attendant la Saint Barthélemy c’est de se soulager dans les urnes !

Voila ce que mes compatriotes, de confession plus ou moins musulmane - disons les enfants de l’immigration post coloniale - je ne sais pas d’ailleurs comment les définir, ils ont une identité multiforme et fragilisée, ne comprennent pas.

Les détenteurs des papiers français, pourrais je dire, ne nient pas leur appartenance nationale, mais souhaitent aussi se définir par les fragments de culture et de traditions héritées de nos pères.

« Je suis français, et aussi algérien ou marocain, mais pourtant banlieusard et surtout musulman aussi n’oublions pas ! »

Mazette ! Quel couscous !

La clef pour comprendre ce symptôme qu’est le  refus des minarets, réside avant tout dans la définition de notre appartenance.

Tant que nous ne n’aurons pas défini notre appartenance en termes clairs, le doute et la suspicion, les inconscients historiques refoulés et les représentations médiatiques, engendreront l’incrédulité des autochtones face à nos slogans pseudo citoyens et les manifestations extérieures d'islamité.

Un minaret représente dans l’inconscient collectif des peuples européens autochtones un missile sarrasin, qui n'a pas encore décollé !

Cela nous ne pourrons jamais le modifier avec des slogans sur « nos droits », parce que simplement, 1300 ans d'histoire qui ont accouché de ce sentiment, légitimement répandu dans toutes les couches de la population.

Ce n'est pas en invoquant des slogans sur nos prétendus droits et notre prétendue francité, que par magie l'islam et ses pratiquants seront accepté et mieux encore les multiples communautés immigrées venues du sud et leurs enfants nés en Gaulle.

Le véritable défi - le temps presse dans 10 ans il sera trop tard - est d’ancrer le noyau irréductible de l’islam en tant que spiritualité et théologie réformée et revivifiée, au sein des terroirs français .

Il s’agit de programmer volontairement et intelligemment – c’est à dire hors de tout sentimentalisme – l’acculturation volontaire de nos enfants pour en faire des français à la culture et aux traditions franchouillardes semblables au sein des générations suivantes.

Avec comme affirmation culturelle dominante majoritaire, la culture française et ses attributs essentiels, langue raffinée, relation charnelle à la terre, maîtrise des concepts et raisonnements issus de l’histoire intellectuelle du pays, volonté affirmée d’un avenir commun, patriotisme sincère, les autres attributs liés à la mémoire historiques ou à la religion historique étant hors de portée.

En sommes des franchouillards, chtis, bourguignons, marseillais et bretons, musulmans qui assumeront pleinement leur francité et la relation charnelle sincère avec les terroirs ou ils vivent !

Débarrassés des résidus de cultures immigrées, qui par définition sont déracinées donc vouées à s’appauvrir, nos enfants, les musulmans de France de demain - c’est à dire dès le 1er janvier 2010 – seront l’avant-garde patriotique porteuse de valeurs universelles.

Ils deviendront les nouveaux hussards, symbolisant non plus le ghetto, la culture urbaine appauvrie, le rap bling bling voué à l’enfer de Skyrock, le culte du fric et des poufiasses, l‘insulte au drapeau français érigée comme modèle d’expression, mais désormais les chevaliers reflétant,  la droiture, le courage, le travail, la spiritualité, la famille, l’entreprenariat, le respect, le service, l’érudition, la langue de Molière.

Bien entendu leurs mosquées ressembleront comme pour les chinois chrétiens et musulmans à des lieux de cultes français. C'est-à-dire sans minaret ni coupole, sans faïence du bled ni tapis d’orient !

Mais des édifices inspirés des traditions de construction issus des terroirs, perpétuées par les compagnons, avec du granite du Morvan en Bourgogne, ou des toits ardoisés en pays angevins, sans oublier la brique rouge des Flandres à Lille.

Pourquoi pas même des arcs et des plafonds inspirés des arts architecturaux de l’Eglise millénaire ?

Mieux encore, nos maisons d’Allah, seront baptisées par des noms de l’histoire de France.

Près de chez moi une mosquée– usine réhabilitée – dirigée par un jeune musulman s’appelle déjà : Mosquée Eva de Vitray !

Cet enracinement des musulmans et de l’islam est la condition sine qua non pour éviter le clash des civilisations que les ennemis de la France, collabos de l’Empire mondialiste souhaitent. Mais aussi la voie ultime pour ressusciter les traditions et les identités charnelles de nos terroirs oû nous résidons, seuls éléments de résistance opératoires face au seul et unique ennemi des peuples.

Non pas le colonialisme révolu, encore moins le racisme ou le refus à l’emploi mais le mondialisme destructeur des identités fortes, des peuples et des frontières, dont nos pères et nous même sommes les jouets inconscients et la potentielle 5ème colonne pour un Kosovo dans le 9-3 !

»

Ce texte a été publié sur le site d’E&R. Inscrit dans la rubrique « Espace E&R », qui répertorie les textes assumés par l’organisation. Voilà pour la ligne « Jamaat-ud-Dawa » d’« Égalisation-et-Réconcialité ».

Avant de parler, monsieur Dantec, on s’informe.

Comme le dit fort justement Albert Ali, le face-à-face n’oppose pas aujourd’hui l’Occident à l’Islam, mais les nations au mondialisme destructeur des identités. Quand des « racailles de banlieue » (l’expression est passée ici dans le langage courant) se comportent comme on sait (c'est-à-dire comme des porcs), ce ne sont pas des musulmans qui affirment leur opposition à l’Occident (ces types-là ont du mal avec Mickey Parade, c’est vous dire s’ils connaissent la différence entre Montaigne et Averroès). Ce sont des barbares, issus d’un effrayant no man’s land anthropologique, élevés dans le consumérisme le plus « occidental » (au sens où l’Occident a été retourné contre lui-même). Ces barbares sont le produit d’un système de pensée, le mondialisme, qui repose sur le prédicat non-dit (et souvent non su) que toute frontière, toute limite, toute peau doit être abolie, qui permettrait à l’être de se constituer et de se défendre. Ce sont, littéralement, des morts-vivants.

Notre problème, aujourd’hui, est de sauver la Ville d’une invasion de morts-vivants. Nous devons refaire une peau. Reconstruire l’être. Définir.

Nous n’avons donc nul besoin qu’on vienne nous jeter dans les pattes une sous-idéologie du « choc des civilisations », dont il est de plus en plus évident qu’elle ne plaît qu’à ceux obligés de se définir en négatif. Nous avons, voyez-vous, d’autres urgences.

J’ai pu apprécier le Dantec des Racines du mal, malgré ses outrances. Parce qu’il y avait un projet réel derrière son propos. Ce Dantec-là disait, en substance, que le choc des barbaries pouvait être l’occasion de faire renaître une culture. Mais le Dantec qui vient aujourd’hui, dix ans après avoir quitté la France, nous recracher une chansonnette neocon passée de mode, me laisse penser que décidément, il y a des erreurs dont on ne revient pas, des compromis qui salissent irrémédiablement.

Que restera-t-il de Maurice G. Dantec ? Quelques bons romans, et un rêve mort-né. Ce n’est déjà pas si mal, surtout qu’il reste une deuxième vie à écrire. Encore faut-il savoir tourner la page.

Je suggère à Maurice G. Dantec, un écrivain à qui je conserve malgré tout mon estime (ne serait-ce que parce que ses livres sont objectivement meilleurs que les miens), de bien vouloir arrêter la mescaline, redescendre sur terre, et upgrader sérieusement son système-expert.

 

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