A propos de mon article sur Metapedia

Publié le : 09/10/2011 14:07:18

articles

Je reçois ce matin un email d’un lecteur (du moins je le suppose), qui m’informe que « ma » page wikipédia pourrait être supprimée (il paraît que ma notoriété est trop faible).

A quoi je réponds : « Mon Dieu, grand bien leur fasse ! Merci de m'en informer. Cordialement, Michel Drac ».

La page en question avait été créée par un autre lecteur. Il m’en avait informé avant, me demandant de jeter un coup d’œil à ce qu’il écrivait. J’avais précisé quelques détails, et puis j’étais passé à autre chose.

Wikipédia est une belle initiative, mais je n’en fais pas un enjeu important – aussi longtemps qu’on n'y raconte pas d’âneries à mon sujet, peu importe : « wiki » n’est pas un prescripteur de lecture. Disons que l’intérêt d’y avoir une page écrite par un lecteur bienveillant, c’est qu’on est sûr de ne pas y avoir une page écrite par un lecteur… malveillant !

Et puis, on y trouve parfois des erreurs gênantes. Parcourant la page, je m’aperçois par exemple que Wiki me rajeunit de deux ans. C’est sympa.

Enfin, bref. Les wikipédistes sont chez eux sur wikipédia, ils y font ce qu’ils veulent.

Cela étant, une idée m’est venue, à l’occasion de cette affaire. Au fait, est-ce que j’ai une page sur Métapédia ?

Et là, je vais sur Métapédia, et j’y trouve ma page.

Oh, le fou rire.

*

J’y apprends en vrac :

-          Que je suis « un blogueur et conférencier identitaire (lié au courant ‘national-sioniste’) » ;

-          Que je suis « un sympathisant d’Israël » ;

-          Que je suis « un défenseur de causes marginales et incapacitantes ».

Alors, là, comme il s’agit quand même de moi, je me permets de répondre :

Premièrement, qu’il est comique de voir que Métapédia n’a semble-t-il abordé mon travail que sous l’angle du positionnement par rapport à la question israélienne. Cette question doit représenter à tout casser 1 % de mon propos. Il est stupéfiant de voir à quel point les gens projettent sur vous leurs obsessions propres. Une bonne fois pour toutes : la question israélo-arabe ne me préoccupe que dans la mesure où elle rejaillit chez nous, via une situation internationale dont nous sommes partie prenante à notre corps défendant ; j’interprète d’ailleurs l’obsession de cette question comme une stratégie perverse de guerre cognitive (lire « Choc et simulacre »).

Deuxièmement, que je ne suis pas « identitaire », en tout cas je n’ai jamais été membre du Bloc Identitaire. Il est exact que j’ai discuté avec des identitaires (dont Fabrice Robert), et que dans l’ensemble, je regardais en 2007 avec sympathie leur projet de ré-enracinement. Cela ne fait pas de moi un « identitaire ». L’identité est certainement une des questions décisives de notre temps. Mais je ne l’ai jamais abordée sous l’angle spécifique défini par le Bloc Identitaire. S’il fallait trouver une référence derrière mon propos sur l’identité, on ferait mieux de chercher du côté de Simone Weil (aïe, ils vont penser que c’est parce qu’elle était d’extraction juive !...).

Troisièmement, que j’ignore ce qu’est au juste le courant « national-sioniste » dans l’esprit des gens de Métapédia, mais que s’ils entendent par là les tentatives de pénétration des milieux « natio » par le MOSSAD, j’en suis tellement proche que je les ai dénoncées à plusieurs reprises. Et pour cause : j’en ai été témoin, et comme je pense qu’il faut que mes compatriotes et camarades soient informés de ces choses, j’ai pris sur moi de raconter ce que j’avais vu (ce qui, on l’admettra, n’est pas précisément de nature à me valoir beaucoup de copains chez les sayanim).

Quatrièmement, que je ne suis pas un « sympathisant d’Israël ». Ma position sur le conflit israélo-arabe est très simple : je pense que les gens ont le droit d’exister dès lors qu’ils existent. Je pense que cela vaut pour les Palestiniens – je signale au passage que je suis allé, en janvier 2009, avec E&R, à la manifestation contre l’opération Plomb Durci, ce qui, on l’admettra encore, est assez curieux pour un « sympathisant d’Israël ». Mais je pense aussi que cela vaut pour les Israéliens. C’était peut-être une erreur de créer ces gens. Mais puisqu’ils ont été créés, ils ont le droit d’être eux-mêmes (ce qui n’inclut pas le droit de nier l’existence des autres). Je refuse absolument de constituer je ne sais quelle « exception juive », ni dans le bien, ni dans le mal, ni en positif, ni en négatif. Israël doit être soumis au droit international, respecter le droit des gens, et il va de même de ses adversaires, un point c’est tout. Voilà ma position, et très honnêtement, si cela fait de moi un « sympathisant d’Israël », alors il va y avoir beaucoup de « sympathisants d’Israël ».

Cinquièmement, que si les causes que je défends (1) s’avèrent à l’expérience vraiment incapacitantes, alors je cesserai de les défendre. Mais pour l’instant, je reste sur ma position : ce qui est incapacitant, c’est précisément de refuser la constitution d’une contre-société. Paradoxalement, c’est justement en se mettant à distance d’un système qu’on peut ensuite faire retour vers lui pour l’influencer de manière décisive. Je pense, quant à moi, que ce qui est incapacitant, c’est de sombrer dans une obsession « israélienne » qui fait qu’on perd de vue la complexité du monde. Et ce qui, à l’inverse, crée des capacités, c’est de s’organiser, de se rendre indépendant à l’égard du système (sous l’angle matériel en particulier), et de développer un espace mental collectif autonomisé à l’égard du flux émis par l’adversaire.

En conclusion, et comme je me doute que Métapédia ne sera nullement convaincu par mon argumentaire (chez ces gens-là, si on n’est pas obsédé anti-Israël, c’est qu’on est obligatoirement pro-Israël), je demande ici à l’administration de ce site de supprimer « mon » article. Comme je le disais précédemment à propos de wikipédia, cela ne me fait ni chaud ni froid d’être référencé dans ces encyclopédies en ligne. En revanche, ce qui me fait de l’effet, c’est d’y lire des choses fausses à mon sujet. Je refuse absolument d’être pris en otage dans les grotesques querelles qui déchirent une partie de la « mouvance » ; les gens qui s’absorbent dans ces querelles prouvent par là qu’ils ne sont pas tournés vers l’action : je ne veux pas être mêlé à leurs affaires.

Si la page n’est pas supprimée, je demande a minima un lien vers cet article. C’est bien le moins, et si ce « moins » ne m’est pas accordé, je ne manquerai pas de faire une large publicité à Métapédia.

( 1 ) Il s’agit de la constitution d’une contre-société « fractionnaire », c'est-à-dire une dissidence sécessionniste. Détail amusant : Métapédia signale que j’opère cette défense dans une interview donnée à Rivarol, un journal qui, n’en doutons pas, demande souvent des interviews aux « sympathisants d’Israël », et d’ailleurs les obtient !

Partager ce contenu