Assumer le paganisme contemporain

Publié le : 01/10/2012 14:01:20
Catégories : Société

lunenoire« Les dieux des païens sont des démons »

Psaume 95-6

Le magazine La Vie a dévoilé l’avant-projet de loi visant à instituer le mariage gay, fallacieusement et stupidement appelé « mariage pour tous », comme s’il s’agissait d’une conquête égalitaire et non d’une exigence communautaire exorbitante. En ce qui concerne les textes de loi régissant le mariage, les termes « père » et « mère » vont être supprimés et remplacés par le terme « parent ». Les époux sont ainsi asexués.

L’avant-projet de loi, reconnaissons lui ce mérite, est d’une totale honnêteté et ne cache en rien le cœur de son objectif. Lisons donc :

« Institution pluriséculaire où se reflètent traditions et pratiques religieuses, le mariage est traditionnellement défini comme étant un acte juridique solennel par lequel l’homme et la femme établissent une union dont la loi civile règle les conditions, les effets et la dissolution.

Prérogative exclusive de l’église durant l’Ancien régime, le mariage civil, révocable et enregistré en mairie a été institué par la loi du 20 septembre 1792.

Ce mariage laïc, qui pour l’essentiel transpose les règles du droit canon, n’a toutefois pas été défini par le code civil, qui traite des actes du mariage, puis dans un titre distinct des conditions, effets et de la dissolution du mariage. Nulle part n’a été expressément affirmé que le mariage suppose l’union d’un homme et d’une femme. Cette condition découle toutefois d’autres dispositions du code civil.

De fait, jusqu’à une époque récente, l’évidence était telle que ni les rédacteurs du Code, ni leurs successeurs, n’éprouvèrent le besoin de le dire expressément. La différence de sexe n’en était pas moins une condition fondamentale du mariage en droit français, de sorte que son non-respect constituait une cause de nullité absolue du mariage (art 184). »

Ce que le législateur français reproche au mariage civil est donc qu’il est une transposition du droit canonique dans le droit civil. De cette origine religieuse découlerait une discrimination. La substance méta-religieuse du mariage est donc à supprimer au nom de l’égalité. La conséquence de ce qui précède est que le mariage civil est appelé à mourir sous le coup de la consécration du mariage pour tous. Car le mariage pour tous n’est plus un mariage, une union entre un homme et une femme, une institution religieuse ou post-religieuse, mais une union purement et simplement païenne, vidée de tout caractère chrétien ou monothéiste. Ce paganisme, ni la société, ni l’intelligentsia, ni nos élites politiques ne semblent encore être capables de l’assumer.

Le ridicule tue ou le mariage gay sans le mariage gay

Il y a plus de deux cents ans de cela, un certain Maximilien Robespierre brocardait les députés tartuffes de la Convention qui voulaient une « révolution sans la révolution », soient ceux qui se revendiquaient du prestige de la Révolution Française sans assumer ce qu’elle induisait politiquement.

Ce type de tartuferie a depuis lors perduré. La France a par exemple connu ceux qui voulaient l’immigration sans l’immigration. Ainsi, la classe politique française s’est massivement ralliée en 2003 à la loi interdisant le voile à l’école, loi qui soit-dit en passant, est absolument injustifiable du point de vue de la laïcité, puisque la laïcité impose à l’Etat d’être neutre religieusement et non aux citoyens. S’il y a plusieurs millions de musulmans en France aujourd’hui, ce n’est pas parce que des Français de souche se sont massivement convertis à l’islam, ce phénomène restant marginal, mais simplement parce que la France est l’objet d’une immigration massive depuis plusieurs décennies. La loi sur le voile cherchait à cacher ce sein, pardon, cette immigration qu’on ne saurait voir.

Le mariage pour tous est un mariage gay qui ne veut pas s’assumer. Car enfin, n’est-il pas étrange que le texte de loi ne dise pas limpidement que le mariage gay est désormais possible ? Pourquoi ne pas avoir fait une disposition spécifique ? Pourquoi ne pas avoir ajouté un mariage gay à côté du mariage civil classique ? Pourquoi mélanger les deux ? En quoi était-il inéluctable que le mariage gay se traduise par la disparition du père et de la mère ?

La réponse est double. Un, le mélange des  mariages hétérosexuels et gay est une façon de mieux subvertir le mariage authentique, soit l’union entre un homme et une femme (devant Dieu si possible).

Deux, et c’est le plus important, parce que le législateur a parfaitement conscience du ridicule qui consiste à parler de mariage entre deux pères ou deux mères. Il sait qu’il est en train de créer un nouveau type d’union complètement délirant. D’ailleurs, nous prenons le pari que le nombre de mariage gay restera assez faible. Et ce pour une simple raison : les homosexuels (que nous ne confondons pas avec les gays, les gays étant des homosexuels cherchant à instituer leur sexualité), à l’instar des hétérosexuels, ont peur du ridicule. Et le mariage gay, quoiqu’en dise ses défenseurs, et comme en témoigne le législateur qui a honte de ce qu’il fait au point de ne pas oser l’écrire clairement, est ridicule.

Réduction du peuple à l’état de masse

Dans Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt nous explique que la condition et la finalité du totalitarisme est la mutation du peuple en masse. L’homme masse est celui qui ne se reconnait dans aucune formation politique, ni dans aucune classe. L’homme masse des années 30 fut par exemple le fruit du chômage et de l’inflation.

Pour prospérer, le totalitarisme a besoin que le peuple n’existe plus, qu’il soit réduit à l’état de masse. A ce titre, l’homme enraciné est par essence et par instinct l’adversaire du totalitarisme. Il en est comme immunisé.

De nos jours, le totalitarisme de marché, en s’attaquant à l’esprit de l’homme, a fait du citoyen occidental contemporain un homme déraciné. L’homme masse a resurgit, et de façon d’autant plus sûre que désormais les pays d’Europe sont tenus par des partis uniques, des UMPS, qui empêchent toute reconnaissance dans une formation politique. A ceci s’ajoute l’impossibilité de se structurer dans une classe sociale puisque la classe ouvrière n’a plus de conscience de classe, que le précariat n’en a pas encore et que le monde agricole est à genou.

Pour soumettre l’individu contemporain, il faut le maintenir à l’état de masse, l’empêcher de s’enraciner à tout prix. Coûte que coûte, il faut lui interdire de se structurer à partir de référent politique, culturel, religieux ou encore philosophique. L’effondrement de l’école et la fin du service militaire y contribuent beaucoup. La famille, par la transmission qu’elle exerce, est peut-être le dernier grand vecteur d’enracinement permettant à l’individu contemporain d’échapper à l’aliénation. Les attaques qu’elle subit actuellement ne relèvent pas du hasard et s’inscrivent droit dans le processus totalitaire de notre temps.

Le Système ne veut pas que l’individu puisse se structurer, s’enraciner. Il doit rester un morceau de chair sans âme, perdu dans une masse amorphe dans laquelle il n’est qu’un atome. Ainsi, a-t-il été décidé qu’il ne sera ni un père ni une mère. Ces statuts, ces référents, ces rôles, perdront leur reconnaissance légale et sociale après la loi sur le mariage pour tous. A terme, peut-être, c’est leur existence sociale qui disparaîtra, si l’on songe au processus de création des êtres humains purement scientifique proposé dans Le meilleur des mondes, d’Aldous Huxley. Divagation ? Il suffit d’ouvrir les yeux pour s’apercevoir que notre monde n’est plus à cette folie anthropologique près.

Une union païenne pour une France païenne

Ainsi donc est prête à naître une nouvelle union complétement laïcisée. Le substrat religieux du mariage n’existera bientôt plus, et puisque l’union n’est plus exclusivement entre un homme et une femme, ce sont les deux critères constitutifs du mariage qui vont disparaitre. La conclusion qu’il ressort de cette constatation est la suivante : le législateur va créer une institution qui est autre chose que le mariage, une union païenne.

Ceci est une façon d’entériner un état de fait : la France n’est plus une terre chrétienne, c’est une terre païenne. Soyons francs, combien de Français ont pour logiciel intellectuel les impératifs moraux du christianisme ? Extrêmement peu, de toute évidence, y compris parmi ceux se disant croyants ou pratiquants. D’ailleurs, l’Eglise elle-même en un sens, en tout cas son clergé, est devenu païen puisque la problématique du salut des âmes est totalement absente de son discours. Ses préoccupations sont purement matérielles et nullement spirituelles. L’Eglise de France semble d’avantage soucieuse de respecter les dogmes du politiquement correct que ceux des Ecritures et de la Tradition.

La France, disions-nous, est païenne. Parler de justification en société fait passer pour un extra-terrestre, un illuminé, un fou. Par-ci, par-là on retrouve bien quelques traces anthropologiques du christianisme, comme dans le socle familial traditionnel, mais celui-ci semble être proche de la phase terminale. Le Christ a été évacué de la vie française. C’est un fait. Un fait dramatique, à l’origine de nombre de nos maux, un fait aussi indéniable que douloureux.

Le Christ avait prévenu les apôtres  « vous serez haïs de tous à cause de mon nom » (Marc 13-13). Jamais cette phrase n’a été autant d’actualité depuis les persécutions chrétiennes des premiers siècles de notre  ère.

Que le lecteur croit bien que si la France était restée chrétienne, elle ne tremblerait pas quand le Qatar investit son argent dans nos banlieues. De même elle ne tremblerait pas face à l’islamisation, non pas du pays, car il est faux de dire que la France s’islamise, mais des musulmans de France. Elle serait aussi capable de détecter plus facilement les traîtres à la solde de la mafia mondialiste, et ne goberait pas tout le baratin politiquement correct par lequel les médias et l’intelligentsia l’ont émasculé. Enfin, on peut gager que sans paganisation, la France ne serait pas prise dans cet effroyable processus de décivilisation (racailles, Christine Angot, Secret Story, place du football etc.) dans lequel elle se décompose.

Aussi l’auteur souhaite-t-il que l’on cesse de parler de déchristianisation de la France. La nature ayant horreur du vide, il a bien fallu que le peuple, en abandonnant le Christ, se donne à une autre spiritualité. C’est pourquoi il faut assumer la paganisation de la France. Sans juste diagnostique, le malade ne guérira pas.

Et si par hasard certains chercheraient le remède contre nos maux, nous leur suggérons d’entamer leur quête autour de la verve de Saint-Paul :

« Le langage de la Croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, il est puissance de Dieu. » (1 Co 1-18).

Que le Système pardonne à l’auteur ce blasphème antipaïen. A bon entendeur…

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