Évènement

Australie, terre d'avenir

Publié le : 15/12/2008 00:00:00
Catégories : Politique

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L’excellent blog américain « Reflecting Light » attire notre attention de francophones résidant à la périphérie de l’Empire anglophone sur une intéressante évolution législative dans une lointaine province australienne

La discrimination contre les hommes blancs dominants va bientôt être encouragée dans le but de renforcer le statut des femmes, des handicapés et des minorités culturelles et religieuses. Cette discrimination positive – qui vise à traiter les gens différemment en vue d'obtenir l'égalité pour les groupes marginalisés - est appelée à être légalisée sous les modifications prévues à la Loi sur l'égalité des chances annoncée la semaine dernière par le procureur général Rob Hulls. Les lois devraient également protéger les droits des personnes ayant un casier judiciaire pour obtenir un emploi, aussi longtemps que leurs méfaits sont sans rapport avec le travail demandé.

La chef « e » de la commission pour l’égalité des chances, le docteur Helen Szöke, a déclaré que : « Les hommes ont connu un grand succès dans le monde des affaires, des biens et des services. De toute évidence, ils vont voir leur position affectée, car ils seront en compétition d'une manière différente avec des personnes qui ont été traditionnellement marginalisées. Nous allons ouvrir de justes opportunités à tous. »
Le patronat local a exprimé des inquiétudes, hier, concernant l’utilité de ce projet de loi, et demandé si il risquait d’attenter au droit des entreprises à prendre des décisions d'affaires légitimes. À l'heure actuelle, toute personne ou organisme qui souhaite mettre en exergue la race ou le sexe pour une opération précise doit obtenir une exemption. Les entreprises et les organismes publics, accusés de discrimination peuvent être tenus responsables si une plainte a été déposée. Mais les changements proposés vont beaucoup plus loin, permettant à la Commission d'enquêter sur la discrimination, d’effectuer des perquisitions ou de saisir des documents en cas d’échec dans la conduite du changement. Ainsi, les entreprises et les particuliers devront changer leurs façons de faire, même si aucune plainte n'a été reçue. Des mesures pourraient être prises si un acte illicite « était susceptible de se produire », et pas seulement dans les cas où la discrimination a été effective. La commission aurait aussi des pouvoirs importants pour faire respecter ses décisions par voie de justice.

Hallucinant, non ? Si vous avez violé un bébé, du moment que vous postulez pour un job « sans rapport avec les bébés », la loi vous protège. Par contre, si vous êtes un homme blanc compétent dans un service où il n’y a pas assez de femmes (ou de Noirs), la loi exige qu’on vous vire pour faire de la place…

Techniquement, cela veut dire que l’ensemble antiracisme/féminisme est en train de se transformer en dynamique inquisitoriale, avec pouvoirs d’exception et, en appui de ceux-ci, une justice d’exception. Lorsqu’on en arrive à menacer de poursuites publiques au motif que « des discriminations pourraient avoir lieu », cela signifie qu’on est dans la logique de la loi des suspects : la justice n’est plus là pour appliquer le droit, mais pour intimider le corps social afin de l’obliger à se conformer à une idéologie, par la contrainte.

Le programme est simple. Egalité des sexes, c'est-à-dire égalité arithmétique des sexes au regard des catégories de l’économie. Egalité des races, c'est-à-dire égalité arithmétique des races au regard des catégories de l’économie. Egalité arithmétique, et réduite à l’économie. Suppression de toute catégorie différentialiste extérieure au jeu des forces du marché. De gré ou de force. Voilà le programme.

On remarquera avec intérêt que cette évolution n’inclut aucune mesure d’aucune sorte pour lutter contre les inégalités sociales. A aucun moment, il n’est question d’étudier la légitimité du partage de la plus-value entre employeurs et employés. A aucun moment, il n’est envisagé de simplement poser la question de la légitimité des rapports de classes. On s’apprête, en cette lointaine Australie, à faire du « white male » une catégorie de suspects, par définition, et cela au moment même où, par le libre-échange et l’immigration, on ne cesse de renforcer les inégalités de classes en détruisant la classe moyenne – laquelle est, pour l’essentiel, formée par des ménages hétérosexuels blancs.

Scriptomaniak vous laisse additionner deux plus deux.

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