Cherchez l'erreur

Publié le : 24/09/2008 00:00:00
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Paul Dautrans

justice

J’ai confiance dans la justice de mon pays. Je ne crois pas du tout aux allégations absurdes des enfants Roche, allégations selon lesquelles la magistrature française aurait été progressivement infiltrée et mise sous contrôle par des réseaux pseudo-maçonniques à caractère maffieux. Les rumeurs concernant les complicités pédophiles dans la magistrature ? Je me gausse. Les assertions partisanes selon lesquelles l’indépendance de la justice ne serait que de façade ? Je pouffe. L’hypothèse selon laquelle la corruption de l’institution judiciaire aurait servi de Cheval de Troie aux intérêts politiciens ? Je m’esclaffe !

Non, non, vraiment, j’ai confiance dans la justice de mon pays.

Cependant…

Il peut arriver, parfois, que certaines décisions de justice me laissent… dubitatif.

C’est ça : dubitatif. Voilà le mot.

Par exemple, cette semaine, je ne comprends pas pourquoi les Identitaires ont été condamnés, très lourdement, pour un tract qualifié « d’incitation à la haine raciale ».

Ce tract, intitulé « Ni voilée ni violée », n’était à vrai dire pas un modèle de finesse dialectique. Je peux comprendre qu’il ait suscité de la part des personnes de confession musulmane un certain sentiment de malaise, dans la mesure où il établissait un amalgame entre d’une part le comportement répugnant des violeurs collectifs sauvageons de banlieue, et d’autre part la culture arabo-musulmane. Personnellement, je n’aurais certainement pas distribué ce tract, parce que je pense qu’il ne faut pas tout mélanger : la généralisation des « tournantes » caractérise aussi bien les ghettos noirs nord-américains que nos banlieues françaises, ce qui prouve bien que l’islam n’est pas directement la question.

Mais, bref, qu’on adhère ou pas au message du tract, il y a quelque chose de bizarre dans cette condamnation.

En effet, qu’apprenions-nous dans la foulée de la condamnation des Identitaires ? Voici que la Cour d'appel de Versailles (Yvelines) a prononcé hier une nouvelle relaxe, en faveur de l'un des chanteurs du groupe de rap «  La Rumeur », poursuivi pour diffamation de la police nationale par le ministère de l'Intérieur. La Cour d'appel a notamment considéré que les propos proférés lors de la sortie de l'album « L'ombre sur la mesure » en avril 2002, ne se référaient à aucun fait précis et ne tombaient donc pas sous le coup de la loi sur la presse de 1881.

« Les rapports du ministre de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété, » écrivait le rappeur Hamé. La Cour d'appel a souligné dans son arrêt que ledit Hamé « se garde bien tout au long de la chronique de se référer à des événements déterminés ou des situations précises. » Elle estime donc que « les propos ainsi replacés dans leur contexte ne constituent qu'une critique violente et générale des comportements abusifs susceptibles d'être reprochés sur une période d'un demi-siècle aux 'forces de l'ordre' à l'occasion d'événements pris dans leur globalité, qu'ils soient passés à l'histoire ou relèvent de l'actualité. »

Mais alors on s’étonne que dans le même temps, les Identitaires aient été condamnés pour un tract « ni voilée ni violée » qui, lui aussi, « se garde bien de se référer à des événements déterminés ou des situations précises ». Après tout, on aurait pu s’attendre à un avis du genre : « les propos ainsi replacés dans leur contexte ne constituent qu'une critique violente et générale des comportements abusifs susceptibles d'être reprochés sur une période de plusieurs siècles aux populations originaires du Dar-el-Islam à l'occasion d'événements pris dans leur globalité, qu'ils soient passés à l'histoire ou relèvent de l'actualité. »

Notez bien qu’en ce qui me concerne, un avis de ce type me scandaliserait. Puisqu’en gros, cela reviendrait à dire : « vous avez le droit d’insulter qui vous voulez, tant que vous restez dans les généralités ». MAIS, ce que je veux faire observer, c’est que si le rappeur Hamé a le droit de dire ce qu’il dit au motif qu’il reste dans les généralités, alors on ne voit pas pourquoi les Identitaires ne bénéficieraient pas du même droit.

J’ai confiance dans la justice de mon pays. Quand on me dit que ce genre de « deux poids, deux mesures » est révélateur d’arrière-pensées politiques, je demande des preuves. On me répond d’ordinaire que si je regarde de près les décisions politiques, je constaterai que les acteurs qui contribuent à la dissolution de l’Etat-nation d’une manière générale et / ou du sentiment identitaire européen, sont mieux traités que ceux qui, d’une manière générale, défendent l’Etat-nation et / ou le sentiment identitaire européen. A chaque fois, je réponds la même chose : oui, mais où est la preuve ?

Non, non, vraiment… Je vous mets au défi de me prouver que si le sieur Hamé bénéficie de l’indulgence de la justice, c'est parce que l’objectif secret de nos élites est la destruction de l'Etat dont elles sont issues. Je vous mets au défi de me le prouver !

En attendant, je continue à avoir confiance dans la justice de mon pays.

Crénom, je suis un bon citoyen, moi.

Ah mais !

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