Évènement

Christophe Barbier, on en reparlera

Publié le : 26/09/2009 23:00:00
Catégories : Actualité

 

Décidément, Christophe Barbier est en forme ! Après nous avoir offert son grand numéro "Marine, rien que pour ses yeux", l'animal nous annonce que si les salariés de FT se suicident, c'est parce que... jadis, ils étaient trop dorlotés !

Soyons honnêtes : nous aimerions bien que Christophe Barbier aille expliquer tout ça aux intéressés, en face à face. Juste pour voir dans quel état il sort de la réunion...

Plus sérieusement, dans le discours convenu de ce libéral-libertaire néoconservateur pur et dur, il y a un petit angle mort. Ce petit angle mort, c'est la perception que les salariés de France Télécom peuvent avoir de l'injustice qui leur est faite. Il faut en effet se souvenir que le passage de l'entreprise publique au secteur privé s'est accompagné de deux phénomènes dont les salariés sont parfaitement conscients :

a) Entre 1998 et 2001, à l'époque de Michel Bon, à l'époque où Lazard Frères conseillait France Télécom, l'entreprise publique a perdu environ 50 milliards d'euros (une paille !) dans des montages financiers foireux - 50 milliards d'euros qui n'ont pas été perdus pour tout le monde, et certainement pas pour les amis de Christophe Barbier, ces messieurs de Lazard Frères...

b) Avec le passage au privé, les rémunérations des hauts dirigeants de l'entreprise jadis publique ont connu une croissance vertigineuse. En 2001, précisément au moment où Lazard Frères & co. "conseillaient" si bien FT, le PDG de cette société se goinfrait déjà 2 bons millions d'euros par an. Il y a fort à parier que, le salaire des grands patrons ayant explosé depuis cette date, il gagne aujourd'hui beaucoup plus. Or, il faut se souvenir que quelques années plus tôt, le patron d'une entreprise publique de ce type ne gagnait "que" quelques centaines de milliers d'euros par an. Typiquement un énarque/inspecteur des finances, il culminait au sommet des salaires offerts par la fonction publique, soit environ 400.000 euros.

Tout cela, les salariés de France Télécom le savent très bien. Tout comme ils savent très bien que la privatisation s'est accompagnée, à France Télécom, d'une redistribution des cartes qui a été systématiquement favorable à la catégorie des "analystes symboliques" (pour parler comme Christopher Lash), c'est-à-dire aux gens qui vivent par et pour l'entretien des fonctions annexes (et largement parasitaires), sans lien avec la production effective (marketing, en particulier). On peut donc se demander si ce qui fait se suicider les employés de cette entreprise jadis publique, plus que le constat de leurs difficultés présentes, ce n'est pas l'injustice, l'inéquité, la spoliation, l'humiliation, et pour tout dire le spectacle répugnant de l'ignominie affreuse d'une classe dirigeante sans honneur. Cette question se pose, n'est-ce pas ?

Il n'est pas très difficile de voir que le système défendu par Barbier est au bout de son rouleau. Nous approchons du moment où, à force de piller l'économie réelle pour financier l'économie virtuelle, les émules de Goldman-Sachs vont se retrouver avec, sous le tas de monnaie qu'ils ont accumulé, un précipice béant, dans lequel ils tomberont avec les peuples qu'ils ont ruinés.

Rendez-vous au fond du trou, monsieur Barbier. Votre comportement a été relevé...

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