Évènements

Conseils aux Derniers Français 2 : « On prend les mêmes et on recommence »

Publié le : 18/05/2007 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles auteurs , Articles par thèmes , Auteurs , Billets d'actualité , Michel Drac , Politique

asterix_croquis

Ce petit billet rapide, en ce 18 mai de l'an I du sarkozysme triomphant, pour vous faire partager mes étonnements. Je me demande vraiment comment nos descendants jugeront notre époque. Le sarkozysme débutant s'annonce comme quelque chose d'assez déconcertant. Par exemple, cette idée légèrement surréaliste que c'est en prenant les mêmes hommes pour faire la même politique, en pire hélas, qu'on va créer une rupture.

Je m’explique.

Pour être élu, le Sarko des familles a travaillé son public selon les méthodes éprouvées du marketing.

« Eh, chef, y a des segments porteurs : le travail, la famille, la patrie, l’atlantisme, l’islamophobie, le libéralisme économique, non à la Turquie, le karcher… »

« D’accord. Rédigez-moi des discours bien vibrants sur le travail, la famille, la patrie, l’atlantisme, l’islamophobie, le libéralisme économique, non à la Turquie… et c’est quoi la suite, déjà ? »

« Le karcher, chef ! »

« Ah, oui, le karcher… Très important, le karcher… Faites-moi penser à sortir le karcher du garage à chaque meeting, que tout le monde le voie bien… »

« Okay patron. »

« Bon, après, évidemment, le problème, c’est comment on emballe tout ça… Voyons, voyons… Quelqu’un a une idée ? L’argument de vente unique, n’est-ce pas ? Quelqu’un ? »

« Pourquoi pas la ‘rupture’, chef ? »

« Ah, oui, voilà, la rupture… Très bien, la rupture… Rupture et karcher sont les deux mamelles du Sarkostan… »

Et hop ! On fait campagne, et on vend la rupture.

Et le karcher.

Et puis après ? Une fois élu ?

Eh bien après, une fois élu, on remise le karcher au garage, naturellement. Et puis en fait de rupture, on désigne un gouvernement qui ressemble à un « worst of » des gouvernements précédents, de droite et de gauche, depuis vingt ans !

Dure, dure, la rupture avec mai 68 sous l’égide de Bernard Kouchner.

Dure, dure, la rupture avec l’affairisme sous le patronage d’Alain Juppé.

Dure, dure, la rupture avec le chiraquisme, tous derrière Alliot-Marie.

Dure, dure, la rupture avec l’assistanat généralisé et les fausses solutions, Borloo ça rime avec placebo.

Dure, dure, la rupture avec la promotion canapé, quand on a P. et B. dans son gouvernement (anonymat confidentiel défense).

Je ne sais pas au juste quelle proportion d’électeurs sarkozystes a voté pour la « rupture ». Mon avis : beaucoup ont fait semblant de vouloir une rupture. Mais là, leur problème, c’est qu’ils ne pourront même pas faire semblant. On a rarement eu un gouvernement aussi faible en terme de poids politique réel. En fait, c'est peut-être la première fois qu'on voit quelque chose d'aussi médiocre en fait de gouvernement, en France.

Malaise prévisible à brève échéance… Alors, désormais, citoyens, Français qui aimez la France, récitez comme un mantra, dès que vous croisez un sarkozyste :

« On prend les mêmes et on recommence »

« On prend les mêmes et on recommence »

Etc.

Partager ce contenu