Conseils aux Derniers Français 4 : Ne lâchez pas l’affaire !

Publié le : 11/06/2007 00:00:00
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Bon, soyons honnête : les résultats des élections législatives nous amènent à douter très sérieusement du niveau intellectuel des électeurs français. Déjà, qu’aux présidentielles, il se trouve une majorité d’andouilles pour s’imaginer, à gauche, que Ségolène défendra les travailleurs, et à droite, que Sarkozy est patriote, ça nous avait mis la puce à l’oreille...

Mais là, qu’aux législatives, alors que Sarkozy a déjà démontré qu’il ne tiendrait pas ses promesses, alors qu’il est déjà évident qu’il est immigrationniste, pro-Turquie et partisan de l’Europe de Bruxelles, libre-échangiste et mondialiste… que là, donc, il se trouve encore une forte proportion d’électeurs de la droite dite nationale pour ne pas voir qu’il fallait mettre un coup d’arrêt à l’élan du personnage… eh bien là, donc, c’est sidérant de connerie. Tout ceci m’inclinerait presque à croire cette rumeur internétique, à laquelle au départ je n’accordais guère de crédit : le QI moyen des Français aurait baissé de 6 points en 20 ans. C’est peut-être l’explication, après tout. Peut-être tout simplement que les gens sont cons.

Peut-être bien, hein ?

Bref, je laisse cette délicate question à ta sagacité, ami lecteur.

Pour ma part, je me refuse à trancher.

Disons que j’ai des soupçons.

Quoiqu’il en soit, Derniers Français, ne lâchez pas l’affaire ! Même si, ce soir, vous êtes sans doute nombreux à vous dire : « C’est foutu ! », ne lâchez pas l’affaire ! Rien n’est foutu, loin de là.

Je ne peux que redire, ce soir, ce que je disais déjà il y a un mois : fondamentalement, le résultat de ces élections ne change rien. Certes, nous avons confirmation que le peuple est, pour dire les choses aimablement, mal informé, et qu’en conséquence, la démocratie ressemble de plus en plus à une médiacratie, au fur et à mesure que les capacités d’abrutissement du système excèdent de plus en plus nettement les facultés de raisonnement de nos contemporains. Certes, c’est triste.

Mais il n’y a pas de quoi en faire un drame : au fond, rien de nouveau sous le soleil. Sur le plan des conséquences concrètes, que les partis hors système fassent 10 % ou 25 %, cela ne change rien. Le système se maintient, voilà tout. Et il est évident qu’il se maintiendra, aussi longtemps qu’il sera en mesure de remplir les mangeoires, afin que les veaux ne lèvent pas la tête.

Ce qui est important, désormais, ce vers quoi il faut tourner nos regards, c’est le moment où les mangeoires seront vides. Je ne peux que redire ce que je disais déjà, il y a un mois : les chiffres vraiment importants, ce ne sont pas les scores électoraux.

2.500 milliards d’euros : c’est le vrai chiffre de la dette française, si on y réintègre les retraites des fonctionnaires. C’est à peu près 150 % du PIB C’est trop, c’est beaucoup trop pour que le système puisse s’en sortir autrement qu’en vidant un certain nombre de mangeoires.

25 % : c’est la proportion d’enfants qui ne savent pas lire en sixième. C’est trop, c’est beaucoup trop pour que le système compense la désindustrialisation par l’émergence d’une véritable économie des services. Parmi les futurs bacheliers au rabais, il y aura beaucoup de veaux à la diète.

2 millions : c’est le nombre de Français qui vivent dans des zones de non-droit. C’est trop, c’est beaucoup trop pour le système puisse éternellement placer un couvercle sur la cocotte minute. Tôt ou tard, il va falloir payer cher, très cher, pour résoudre ce problème-là, et donc il faudra vider des mangeoires, plein de mangeoires. Il y a des veaux gras qui vont maigrir, pour que certains veaux trop maigres ne foutent pas le feu à l’étable. Ça promet.

100 milliards d’euros : ça pourrait être le déficit commercial de la France vers 2009, partis comme nous sommes. C’est trop, c’est beaucoup trop. La France n’est pas l’Amérique, elle n’a pas la possibilité d’imprimer du papier monnaie pour se payer ses folies. Il y a un moment où les veaux vont devoir se serrer la ceinture. Un sacré coup.

2.500 milliards d’euros de dette, 25 % d’analphabètes, 2 millions d’émeutiers potentiels, 100 milliards de déficit commercial : voilà les chiffres importants.

Dans les cinq ans qui viennent, elle va devoir gouverner, l’Union pour la Magouille et la Prévarication, enfin pardon je veux dire l’UMP. Or, il n’y a rien dans la campagne de Sarko, rien non plus dans les discours tenus avant les législatives, qui soit à la hauteur des enjeux réels. Le « choc moral » rendu possible par un cadeau de 10 milliards d’euros d’impôts, c'est une plaisanterie même pas drôle. Il est bien évident que d’ici deux, trois ans maximum, on va nous annoncer des mesures d’austérité.

C’est là que ça va devenir intéressant.

Quand les veaux vont constater que les mangeoires commencent à se vider.

C’est ce moment-là qu’il faut préparer, chers amis. Et j’aime autant vous dire que l’affaire risque fort de ne pas se conclure dans la paix civile et la démocratie.

Il est temps de nous préparer à ce qui vient vers nous un peu plus sérieusement qu’en votant pour Neuneuil, ou pour qui vous voudrez…

Jusqu’ici, on était dans le spectacle, le vrai combat est devant nous.

A vue de nez je dirais : entre 2010 et 2015, début des festivités.

A vue de nez, hein ?

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