Évènement

De quoi les partis politiques français sont-ils le nom ? | Par Michel Drac.

Publié le : 15/07/2015 14:47:23
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Michel Drac

Nous avons l'habitude de cartographier l'espace politique français en y positionnant nos principaux partis. Et la plupart du temps, nous nous référons pour cela, inconsciemment, à l'imaginaire associé à ces partis. Vues sous cet angle, les choses paraissent simples.


Des noms comme « Nouveau Parti Anticapitaliste », « Lutte Ouvrière » ou « Parti Communiste Français » évoquent les grandes luttes de classes du passé, quand un prolétariat héroïque affrontait une bourgeoisie conservatrice. Ces noms sonnent comme le célébrissime premier couplet de l'Internationale: « Debout, les damnés de la terre! Debout, les forçats de la faim! ».

« Parti de Gauche » et « Parti Socialiste » réveillent plutôt la nostalgie des Trente Glorieuses. Ces noms résonnent comme l'hymne mitterrandien des années 70: « Ne croyons plus aux lendemains qui chantent, changeons la vie ici et maintenant! ». En arrière-plan se profile le lointain souvenir de la Section Française de l'Internationale Ouvrière, de Léon Blum et d'une alliance de classe, bénie par l'instituteur, entre employés et petits fonctionnaires.

Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen                                             © AFP 2015. L. BONAVENTURE/P. KOVARIK/PH.HUGUEN

La droite française n'arrête pas de changer de nom. Maintenant, elle s'appelle les « Républicains ». Nous avons désormais un grand parti français dont l'imaginaire renvoie à des références états-uniennes. Un parti formé pendant un épisode de « Dallas » et calibré comme un blockbuster hollywoodien. « Saving President Sarko », tel est le nom du film. C'est assez ridicule.

Depuis quatre décennies, les lettres « F » et « N » sont associées à un logo calqué sur celui du MSI, un parti fasciste italien. Tous les vaincus du XXe siècle français se sont ralliés à cet étendard: les épurés de 1945, les victimes des guerres de décolonisation, une partie des milieux catholiques traditionnalistes. Le FN en a retiré une image sulfureuse.

Tous ces imaginaires partisans n'ont rien à voir avec la réalité. Notre gauche radicale n'est pas ouvrière. Le Parti Socialiste n'est plus vraiment le parti des enseignants et des employés. Les « Républicains » n'incarnent pas le rêve américain — à vrai dire, ils ne font rêver personne. Et le FN n'a plus grand-chose à voir avec ses origines fascisantes.

Lire la suite de l'article sur Sputnik.


Partager ce contenu