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Des femmes et des armes (2) | Par Vol West

Publié le : 29/11/2012 18:18:00
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- La femme indocile.

En opposition à la femme "douceur", il existe "la femme violente", qui n’est pas forcément liée à celle qui protège sa famille. 

La guerrière qui vit en chaque femme prend la poussière car notre quotidien nous permet de ne pas avoir à y faire appel très souvent (et heureusement), mais en situation extrême, cet aspect "guerrière" peut s'avérer pertinent, voir essentiel et salvateur. 

Hormones ou pas, toutes les femmes peuvent être indociles et violentes. Cette "énergie suprême du désespoir" n’est pas un mythe.   

Ce qui est dommage selon moi, c’est d’attendre de se retrouver dans une situation extrême pour réagir et devenir les acteurs de notre propre vie. Une simple préparation avec un hobby différent ou original peut vous permettre de devenir résiliante dans le quotidien, et donc forcément en cas de problème. 

Aussi important que le fait de vouloir être une bonne mère ou une épouse séduisante, il faut également savoir être une femme résiliante.

Il est donc important pour moi de montrer l’exemple à mes filles. Je ne serai pas toujours là pour veiller sur elles, et je veux qu’elles soient douces, mais aussi des guerrières indociles. 


 - La défense passive.

L’attention reste le meilleur moyen de prévention des risques: changer de trottoir si besoin, éviter des situations ou certains lieux, limiter les moments où nous sommes en position de faiblesse…sont autant de stratégies souvent suffisantes pour enrayer l'exposition aux risques. 

Par exemple, je détestais me rendre chez le médecin seule, les soirs d’hiver, avec un enfant dans le maxi-cosi, et l’autre dans les bras car il ne marchait pas beaucoup. Difficile, voir impossible, d’être pleinement attentive à mon environnement et donc d’anticiper.

D’autant qu’à la base je n’ai pas un sens de l’observation très développé...à part pour regarder les nuages, les arbres ou les oiseaux. 

D’une manière générale, il est toujours très compliqué de sortir avec des enfants en bas âge dans des conditions optimales: surveiller seule "tic et tac en train de découvrir le monde", et le monde qui les entourent en même temps, s’avère laborieux et intense. 

Heureusement et jusqu’à présent, mon autorité n’est pas remise en cause, j’explique simplement les risques sans jamais dramatiser.    

Vivre dans un environnement le plus sain possible est aussi important. J’ai déménagé souvent, et je déménagerai encore, quitte à changer de travail et d'environnement pour obtenir une qualité de vie qui me correspond.

La tenue vestimentaire: ah...le sujet qui fâche ! 

Je suis on ne peut plus partagée concernant la tenue à adopter pour une survivaliste, car mon tempérament rebelle me pousse à me dire que je suis une femme libre de m’habiller comme je l’entend. 

Mais il faut être réaliste sur la condition féminine, ou plutôt sur le regard des hommes et plus précisément le regard des hommes instables psychologiquement, dont le nombre reste incalculable et semble augmenter !

Je suis donc limitée et je déteste ça…surtout pour le principe !

Realistiquement parlant, je ne peux décemment pas me vêtir comme je l'entend pour aller travailler ou pour aller chercher mes filles à l’école. Mais je garde l’esprit. 

Je préfère ne pas aborder le douloureux thème des chaussures…j’ai simplement envie de dire que parfois, certains modèles peuvent servir d’outil de défense intéressant ! 

Le rangement des outils et le respect de certaines règles de sécurité a également une part très importante dans mon "rayon prévention des risques".

Inutile de détailler plus, chaque situation et environnement étant différent...la prévention est personnalisable à souhait.


- La défense active.
a) L'abstrait.
Notre apparente fragilité peut être un outil intéressant…être sous estimé permet souvent de créer un effet de surprise pouvant être déterminant dans une situation critique.
Dans l'absolu, l'attitude, la détermination et la rage sont pour moi "les nerfs de la guerre" !
Ces deux "armes" immatérielles sont autant si ce n’est plus importantes que celles matérielles. 
Lors de ma période étudiante, je suis parvenue à faire fuir un gars qui devait penser que j’étais "un buffet ouvert". J’ai rarement senti une telle violence monter en moi: une véritable marmite sous pression. 
J’ai insulté ce pauvre type comme je n’ai jamais insulté qui que ce soit dans ma vie, du coup, il est parti en courant, et je courrai après lui du mieux que je pouvais malgré des chaussures pas très adaptées.
Je me souviens encore de la tête des deux-trois personnes qui me regardaient, en se demandant si j’étais folle ou si vraiment il m’était arrivé un truc grave. 
Ridicule et grotesque je le concède: si jamais il avait eu des copains plus loin, j’aurai été maline seule, sans spray de défense ou de quelconque outil...ni aucune notion de self défense. J’étais tellement énervée que j’aurai pu, en voulant lui "foncer dessus", m’écrouler à ses pieds à cause d’un trottoir mal placé... 
C’est à mon sens le gros problème de cette conception de la défense basée uniquement sur des outils immatériels comme je le faisais. Ça peut marcher sur un coup de chance, mais...
Une amie pense que son coté explosif et son tempérament "bien trempé", seront suffisant pour la sortir d’une situation difficile. Elle ne préfère pas y penser, c’est aussi une question de destin selon elle. 
C’est tout le mal que je lui souhaite, mais cela ne me suffit pas. 
La maîtrise d’outils efficaces et adaptés a la confrontation physique est à mon sens mon seul réel salut pour équilibrer "le champs de bataille".  
b) Le concret.
Physiquement, et sans pour autant être une sportive de l’extrême, il faut quand même pouvoir être dynamique et réactive.  
Techniquement, deux outils incontournables pour moi sont un bon spray au poivre (qui fonctionne également contre les chien), et une bonne lampe tactique (Fenix LD10 par exemple) à avoir en permanence sur soi. 
En fait tout ce qui peut être utilisé pour déstabiliser un éventuel agresseur, a partir du moment que cet outil reste accessible et efficace. 
Cependant, un de nos plus gros challenge en tant que femme reste l’accessibilité... 
C’est vrai qu’en France nous sommes limités concernant les outils de défense pouvant être portés sur soi. Encore que, en tant que femme, nous bénéficions incontestablement d’une certaine tolérance. Les services de l’ordre sont les premiers témoins de la violence humaine. Ils ont des mères, des soeurs, des filles, et sans doute qu’ils les ont déjà équipés de ces outils. 
Nous pouvons également faire preuve d'imagination pour détourner certains objets. Le parapluie de l’Abbé est un parfait exemple. 
Encore une fois, tout dépend de votre environnement et de votre quotidien. L’ombrelle de la poussette de votre enfant, la couche radioactive de votre bébé, le pic qui fait tenir vos cheveux, vos chaussures à talons…avec la bonne attitude, tout peut servir a contrarier une agression.
Personnellement, je préfère compter sur des outils que je maîtrise et porte en permanence sur moi. Après, j’espère ne pas avoir besoin d’innover avec ce qui se trouvera autour de moi...  
L’idéal pour une femme mais impossible de le porter dans la rue en France (enfin on y arrive): 
Le Glock 19 ! Ou toute autre arme à feu en fait ! 
Dans mon cas, en défense je privilégie cet outil car potentiellement je risque d’avoir besoin de mon autre main pour rassurer ou sécuriser mes enfants. 
Je suis la dernière ligne de protection. 
Il paraît que les femmes détestent les armes car c’est dangereux. 
Ah...mais en fait tout est dangereux:
Ma voiture, mes mains, mon vélo, mon attitude, ma maladresse, mon inattention, mes paroles...tout cela est potentiellement létal.
-Je peux tuer un enfant qui a échappé à la vigilance de ses parents avec ma voiture. 
-Pousser par inattention une vieille dame dans des escaliers parce que j’ai un maxi-cosi dans une main, ma fille dans l’autre, et le sac à langer dans le dos. 
-Je peux blesser quelqu’un par mon attitude ou mes mots jusqu’à un point de non retour (il y a des mères ou des pères qui détruisent purement et simplement leurs enfants avec des échanges dégradants et un manque d’amour systémique). 
-Ou encore je peux me tuer à vélo sur une sortie solitaire en abordant mal une descente. 
Bref, la liste est longue, car la vie est un danger permanent, et personne ne vie dans une bulle de protection contre les dangers du monde. 
En cas d’agression violente chez moi, la seule réponse efficace et adaptée a la situation pour défendre la vie de ma famille est une arme à feu. 
Je partage totalement la vision de volwest sur le sujet, et ses vidéos ont étés une véritable révélation pour nous. 
Certes cela implique une certaine responsabilité, mais j'accepte volontiers celle-ci en prenant toutes les dispositions nécessaires pour la sécurité et le bien être de mes enfants au quotidien.  
Si vous acceptez de prendre le risque de mettre votre enfant dans une voiture pour l’emmener à l’école a 100Km/h, alors que vous n’avez aucune emprise sur les conducteurs que vous pouvez croiser sur votre chemin, pourquoi ne pas accepter un risque moins grand car il dépend de votre seule vigilance ? Fermer une armoire blindée et ne pas laisser traîner d’armes est une démarche simple et efficace.
Vous avez plus de chances d’être percuté par un conducteur inattentif que de devoir tirer de nuit sur un criminel, qui malgré le bruit de votre échange au téléphone avec la gendarmerie, entre quand même dans votre chambre ou celle de vos enfants. 
D’ailleurs, et puisque nous en parlons, je n’aurai aucune hésitation. 
J’ai une vie stable, normale, je ne demande rien à personne et je ne veux tuer personne. 
Par contre, en situation de danger imminent pour ma famille, je tire pour arrêter la menace. C’est aussi simple que cela. Je ne me pose aucune question, et je n’aurai aucun scrupule ni aucun sentiment de culpabilité. 
J’ai été la "femme optimiste", mais je n’ai jamais été et ne serait jamais la "femme bisounours". 
Et au passage, quand mes enfants auront l’âge légal et la maturité de tenir et d'utiliser une arme à feu, ils seront formés et informés…tout comme je peux leur expliquer que l’eau chaude: ça brûle. 
On en revient à l’auto-confiscation. Je ne confisque pas mes filles de la voiture et de l’obtention d’un permis de conduire (plus tard), tout comme je n’ai pas envie de leur confisquer la maîtrise de cet outil de défense. 
On m’a déjà répondu: "mais je ne me sens pas capable de m’en servir…" 
Je ne me sentais pas capable de conduire une voiture, cela ne m’a pas empêché d’avoir mon permis de conduire du premier coup. 
J’adore le tir, c’est très ludique en plus d’être selon moi nécessaire, et l’accueil d’une femme est toujours très positif.
La première fois que je suis rentrée dans un club de tir c’était à Paris, grâce à mon oncle, le lendemain d’un entretien pour un diplôme...ma tenue vestimentaire et mes chaussures étaient inappropriés (ce n’était absolument pas prévu: il ne s’imaginait pas que cela puisse m’intéresser), mais personne ne m’a jugé, au contraire, tous voulaient me transmettre leur passion.
Et pourtant je n’ai pas passé le cap de l'achat et de la possession tout de suite: démarches administratives, manque de temps... 
Chacune son rythme et/ou son moment. Si votre binôme est déjà dans un club, vous n’avez qu’à vous laisser tenté !
Il n’est pas nécessaire non plus de maîtriser tous les noms, tous les calibres et tous les termes plus ou moins techniques…pour s’amuser et être efficace. 
Donc non, toutes les survivalistes ne ressemblent pas à la «lesbienne aux tendances communistes ou para militaires», ce sont des femmes lambda qui vivent "normalement". 
Loin d’être hermétiques au survivalisme, peut être qu'elles abordent seulement et simplement les sujets qui les intéressent. 
Malheureusement, la défense ne fait pas souvent partie de leur priorités. J’espère seulement que leur prise de conscience ne sera pas liée à un événement personnel et dramatique, mais à la lecture du blog de volwest. 
 Pour moi, la recette idéale d’une Survivaliste serait:
- être bonne samaritaine mais indépendante,
- être généreuse mais méfiante,
- être emphatique mais ferme,
- être sensible mais forte,
- être calme mais indocile,
- être douce mais juste,
- être légère mais assidue.
Tous ces ingrédients sont en chaque femme…l’idéal étant d’oser trouver le bon dosage selon chaque situation. 

Vol West
Novembre 2012

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