Évènement

Des gagneurs et des gagneuses

Publié le : 26/10/2009 23:00:00
Catégories : Société

prosti

Aujourd’hui les potos, je voudrais parler de la concomitance de deux phénomènes, concomitance que je trouve marrante. Il y a quelques années, avec Nico Sarko au ministère de l’Intérieur, des mesures ont été prises pour qu’il n’y ait plus de prostituées dans les rues de paris, au bois de Boulogne, etc. Et effectivement, avec Sarko au ministère, le nombre de péripatéticiennes dans nos belles rues s’est effondré. Il en reste, évidemment, mais faut les chercher. Elles sont planquées au bois de Vincennes, dans des coins bien précis, des voies publiques où y a pas trop de public. On ne risque plus tellement de tomber dessus par hasard, l’ordre règne. Hourrah Sarko !

Le petit problème, c’est qu’entretemps, il s’est passé quelque chose d’assez curieux. Les salons de massage se sont multipliés dans les quartiers bobos (XII°, en particulier).  Existe-t-il un lien de causalité entre disparition des prostituées dans les rues et multiplication des salons de massage ? C’est sûr que si vous allez demander au monsieur (ou à la dame) qui tient la caisse dans un salon de massage, on vous répondra que non. Un monsieur vient, il veut se faire masser (il a le droit), il paye 30, 40, 50 euros, et puis il file dans l’arrière-boutique avec une masseuse (curieusement, il n’y a presque pas de masseurs). Après, ce qui se passe dans l’arrière-boutique, c’est entre la masseuse et le client. Le monsieur ou la dame à la caisse, eux, n’est-ce pas, ils n’en savent rien. Ah ben, forcément, ça se passe dans leur dos. Z’ont pas d’yeux dans le dos les gars.

Le problème, c’est que sur Internet, on trouve des fils de discussion entiers de mecs qui dissertent sur les performances buccales des masseuses selon les salons…

Donc, là, n’est-ce pas, le problème, c’est qu’une masseuse qui propose à son client des performances buccales en constatant que ledit client, passez-moi l’expression, bande comme un taureau, ben ça s’appelle de la prostitution. Donc le monsieur à la caisse, n’est-ce pas, c’est quand même un proxo, vu qu’il a fourni les moyens de ladite prostitution. Ben ouais. Il peut toujours dire qu’il n’était pas au courant, le gars, mais franchement, qui va le croire ? C’est malin comme procédé, ça permet de jouer les proxos sans y toucher, mais sur le fond, hein, ça ne trompe personne.

Récemment, détail croustillant, il y a d’ailleurs eu une affaire de proxénétisme dans un salon de massage, figurez-vous. Enfin je veux dire : une affaire dont la police s’est occupée. Les voisins s’étaient étonnés que ce salon de massage ne soit fréquenté que par des hommes, voyez-vous. Glorieux voisins, qui veillent sur la vertu publique !

Ce qui m’étonne, moi, c’est qu’il y a dans cette rue d’autres salons fréquentés uniquement par des hommes, et que ceux-là n’ont pas été fermés.

Et ça m’étonne aussi que ça n’ait étonné personne, ça…

D’où je conclus (parce que j’ai l’esprit mal tourné) que quelqu’un dans le Milieu a dû déplaire à un commissaire de police, et que c’est le fin mot de l’affaire. Vu que, n’est-ce pas, quand un proxo tombe, c’est parce qu’il a joué le mauvais braqueur ou refusé de se mettre à table. Nihil novi sub sole, pas vrai ?

Et sinon, si j’ai tout faux, si vraiment nos zéroïques poulets sont lancés dans une traque éperdue au salon de massage proxo, je leur conseille de faire Google + « salon de massage forum témoignages ». Une enquête vite bouclée !...

Bref.

Tout ceci, chers amis, pour arriver à la conclusion que la bobocratie, comme tout ordre moral de type bourgeois bien pensant, est d’une hypocrisie sans bornes. Il n’y a plus de péripatéticiennes dans les rues de Paris, c’est vrai, mais Internet regorge d’annonces d’escort girls upperclass (VIII°, XVI° arrondissement), et de salons de massage (XII°, X° bobo). Faut reconnaître, soyons beau joueur, que les photos donnent d’ailleurs plus faim que le dramatique spectacle qu’offrait dans les années 90 la rue Blondel qui rime avec bordel. Là-dessus, je ne conteste pas.

Mais pour le reste, hein ? On a tout bonnement caché le sein qu’on ne voulait pas voir… tout en en réservant le bénéfice à ceux qui pouvaient le payer. Eh ouais : Sarko en père la vertu, ça donne la tartufferie réservant les putes au bourgeois, et les super-putes au super-bourgeois. Tout ça pour ça. Féminisme et puritanisme, mon œil ! Histoire de fesses et de fric, oui…

Enfin, c’est comme ça. Pendant ce temps-là, soyez tranquille bonnes gens, les réseaux albanais, chinois, nigérians et bulgares prospèrent. Eux dont le succès fut bâti sur la disparition du « Julot-casse-croute » du temps jadis, disparition voulue, déjà, par les tartuffes pudibonds des années 80/90…

Dormez, bonnes gens, les trafiquants de chair humaine continuent à casser les jambes des filles dont le passeport a mystérieusement disparu…

Mais y a plus de putes dans les rues.

C’est vrai que ça faisait désordre.

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