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Devenir un barbare ? - Recension du livre de Jack Donovan

Publié le : 20/10/2018 22:26:44
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Jack Donovan , Recensions

Il est devenu fréquent de comparer l’état actuel des choses à celui de l’Empire romain lors de son déclin, accéléré par les invasions barbares. Nombre de commentateurs, impossible et inutile de les citer ici, dressent un parallèle probant entre cette fin de civilisation et le déclin indéniable de la nôtre.


Avec l’immigration de masse et les hordes provenant du monde entier débarquant sur nos terres, le parallèle saute aux yeux. L’auteur américain Jack Donovan voit lui aussi poindre la fin du monde actuel, ce qu’il appelle l’Empire du Rien.

Contrairement à ceux qui voient dans les hordes étrangères les barbares qui mettront fin à la société mondialisée actuelle, pour Donovan, les barbares ne sont pas les étrangers – puisque l’Empire du Rien s’étend géographiquement sur l’ensemble du globe – mais ceux qui s’exileront de cette société par l’intérieur. Les barbares au sein de l’Empire.

François Duprat, éminence métapolitique au sein de la mouvance nationale, conspuait ces exilés de l’intérieur, ceux qui se coupaient de la société dans laquelle nous évoluons. Donovan, lui, les dresse en modèle. Cette société n’est pas la nôtre ; nous rejetons ses valeurs et en retour, elle nous rejette, alors faisons-en fi une fois pour toutes.

On le comprend bien, l’auteur qui vise à la formation de tribus indépendantes du système et à l’écart, du moins moralement et spirituellement, ne cherche pas à influencer la société, à la réformer ou à la sauver. Donovan n’est pas un adepte de la politique, ni de la métapolitique, mais, dans une approche évolienne, entrevoit la fin d’un monde sur lequel il faudra en rebâtir un nouveau. C’est aujourd’hui en construisant des tribus, des clans, en marge du système qu’on commence à fonder l’avenir de l’après effondrement.

En quittant le système et en repartant à zéro, avec de nouvelles bases morales, les tribus barbares en marge deviendront le socle du monde à venir. Comme ce fut le cas lors de la chute de Rome. Rien ne sert pour lui de combattre le déclin inéluctable, mieux vaut préparer le lendemain en agissant dès maintenant.

Cet ouvrage n’est point un manuel comme on en retrouve souvent dans les sections portant sur le survivalisme. Certes, les survivalistes y trouveront leur compte et sauront apprendre des orientations prescrites par Donovan, mais ce livre est avant tout un appel à changer de mentalité face au monde actuel. L’homme moderne doit cesser de se considérer comme faisant partie d’un tout, l’humanité. Plutôt que de viser à l’universalité et de se perdre dans l’infini et n’être qu’une infime partie d’un tout, il doit se fonder une communauté enracinée, une tribu qui vivra selon ses règles et ses valeurs.

Dans ce clan, l’homme deviendra quelqu’un, un être important pour ses pairs, et pourra se développer à son plein potentiel en prenant la responsabilité qui lui incombe au sein de son groupe. Sa loyauté ne doit pas s’exprimer envers la société actuelle, ou même ceux qui y vivent, mais d’abord et avant tout envers ceux de sa tribu, ceux qui l’aident à faire front.

À quoi bon se soucier de ce qui se passe à des milliers des kilomètres de soi, ce qu’il faut faire, c’est faire passer les siens avant tout.

C’est bien un des pièges de l’individualisme couplé avec l’universalisme de nous faire croire que chaque personne est unique et importante et peut avoir un impact considérable, que ce soit par ses actions individuelles ou son vote, sur le monde. Nos choix et nos actions n’ont un impact que dans nos cercles, d’où l’importance de comprendre cela et d’agir en conséquence en se dévouant à ceux qui composent justement ce cercle.

Donovan choquera de nombreux lecteurs en conspuant les idéaux nobles et chevaleresques pour les supplanter par une vision selon laquelle la fin justifie les moyens. Responsable de son clan, évoluant dans un monde hostile et chaotique basé sur des valeurs que nous rejetons, le barbare de Donovan n’a que mépris pour les lois ou le fair-play. Tous ne seront évidemment pas d’accord avec cette vision de la morale, mais il est fort à parier que plus le climat social deviendra tendu et nocif, et plus la répression s’accentuera, plus il y aura de gens qui adhéreront à ces idées.

Dans un monde en plein bouleversement comme le nôtre, il est toujours possible d’ignorer cet essai, mais alors que l’escalade – la chute – débutera, ces choix se feront de facto, d’où l’importance d’anticiper et de se préparer avant qu’il ne soit trop tard. C’est aujourd’hui, qu’on adhère ou non à tous les postulats de l’auteur, que nous devons nous réenraciner au sein d’une communauté et nous réapproprier l’esprit de clan qui habitait nos aïeux.

Remy Tremblay
EuroLibertés
19 octobre 2018

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