Évènement

Du mérite

Publié le : 22/01/2009 00:00:00
Catégories : Politique

couronne

Afin de comprendre les nécessaires réformes destinées à la restauration du principe de liberté collective, contrepoids aux sacro-saintes libertés individuelles, il nous faut disséquer le système actuel, celui qui s'étend sous nos yeux, nous écrase de toute sa malhonnêteté et nous inflige le pire double discours totalitaire qu’on n’ait jamais vu.

Une dissection qui m’a amené à une conclusion inattendue, et que je vous livre ci-après…


La devise républicaine, cette sainte trinité de la modernité bourgeoise, celle qui est écrite en lettre d'or, parfois, sur les frontons des bâtiments publics, voilà un idéal qui aura été piétiné par ceux qui n'ont que le mot « république » à la bouche, mot valise pour eux synonyme de « bien », répété comme en mantra pour s'absoudre des passées, présentes et futures trahisons nécessaires au maintien de leur domination illégitime.

A l'origine, historiquement, la république, dans sa jeunesse, eut l'ambition d'abolir les liens du sang comme critère d'accession au pouvoir politique.

D’où la « démocratie », d’où la légitimité issue du suffrage, simple artifice de la domination bourgeoise. L'Ancien Régime, bien sûr, n'était pas l'enfer décrit par les républicains post-1789. Mais il faut reconnaître qu’on ne pouvait durablement maintenir la transmission héréditaire du Pouvoir dans les nouvelles structures socio-économiques de l'industrie et de la banque, désormais largement dominante sur le foncier, sur l’économie rurale, sur la terre. La bourgeoisie remplaça donc l'aristocratie militaire, de robe également, et surtout foncière. Voilà concrètement ce que recouvre la légitimité du suffrage, en pratique et à gros traits : c’est un moment de l’Histoire où la bourgeoisie accomplit sa mission historique. Et voilà donc, à très gros traits, les 200 dernières années d'histoire politique de notre nation.

En 2009, il est temps de faire le bilan.

Et ce bilan est loin, bien loin des intentions originelles – tout simplement parce qu’une fois sa mission accomplie, la bourgeoisie a refusé de passer la main.

Désormais, le pouvoir est divisé entre industriels, artistes, politiques, intellectuels et médiatiques - c'est à dire entre les deux sphères d'un système de domination, à savoir la sphère culturelle, légitimant, par le vecteur idéologique, la sphère économique. Or, on constate avec effroi que la transmission héréditaire est à l'honneur dans tous ces milieux. La bourgeoisie est désormais contre-révolutionnaire.

Nous avons supportés, en tous cas pour les plus âgés d'entre nous, une génération de la sphère culturelle remplie d'idiots utiles, d'idéologues fous, de donneurs de leçons, d'agents de puissances étrangères, d'artistes politisés – et voilà que 40 ans plus tard, nous nous tapons leurs rejetons, encore plus médiocres que leurs parents, et tout aussi serviles et méprisables.

Inutile de faire une liste précise, les plus avertis auront reconstitués l'arbre généalogique de cette caste héréditaire qui nous donne des leçons d'ouverture à chaque apparition médiatique.

Le tableau est à peu près le même dans la sphère économique – économie de haut vol s'entend. Qui reprend les rênes d'un empire des mains du géniteur, qui s'inscrit dans une longue lignée de dirigeants…

Et pendant ce temps, ces mêmes patrons subventionnent des associations promouvant l'immigration, la mixité « sociale » et toute l'industrie idéologique visant à promouvoir leurs intérêts au nom de l'humanisme et des droits de l'homme – et de la société ouverte, totalitairement ouverte.

Par conséquent, et 200 ans après le début de l'expérience républicaine, nous constatons la résurgence d'une sorte d'aristocratie des temps modernes, qui est bien loin d'avoir les qualités de la médiévale classe des meilleurs. Entre ceux qui payaient le prix du sang et ceux qui ne le payent pas, il y a toute la distance qui sépare les médiocrates au service des ploutocrates et ceux qui tombèrent sur les champs de batailles de l'Europe ou d'Outre-mer.

Or, ce qui est très instructif, c’est que si le caractère héréditaire semble être une variable importante dans la constitution de cette caste dominatrice et sans noblesse, cette même caste nie tout caractère héréditaire à la nation française – qui serait, selon elle, un « carrefour » d'immigration, un melting-pot né aux alentours des années 70. Les français seraient en quelque sorte un peuple multi-fourre-tout, sans contours précis, sans identité particulière, sans passé, ou alors honteux, un peuple incapable de s'autodéterminer faute de pouvoir même se connaître. Il serait en effet raciste et discriminant, selon nos nouveaux maîtres, de prétendre nous connaître nous-mêmes, à travers notre filiation charnelle.

En somme, ceux d'en haut se réservent le principe héréditaire de la transmission du pouvoir, pendant que les Français s'en retrouvent dépouillés et doivent le laisser aux vents de l'immigration. Nous en arrivons pour finir à la négation du principe démocratique - étymologiquement, pouvoir du peuple, et sans hérédité, pas de peuple. La bourgeoisie a fini sa révolution, dans l’autre sens du mot : elle nous a ramenés au point de départ.

On comprend facilement la politique de classe derrière ce double standard. Elle ne surprendra que ceux qui n'ont pas compris que nous tuer est le seul moyen, pour nos maîtres, de continuer à maîtriser ce suprême paradoxe : un pouvoir fermé, dans une société ouverte.

Il est inamissible que le pouvoir politique soit privatisé par une classe qui tend à se reproduire biologiquement ou par création de clones idéologiques. Cette féodalité sans noblesse nous est insupportable désormais, puisqu’elle nous refuse ce qu’elle s’accorde. De surcroît éclate enfin l'incompétence de cette classe des intouchables d’en haut, face à une crise qui aurait dû être évitée si seulement nous avions pour nous diriger autre chose que de mauvais acteurs de cinéma.

Nous devons réagir. Il faut reposer les bases d'un contrat entre le peuple et lui-même. Nous devons, et c’est là que je voulais en venir, refonder la méritocratie républicaine, le véritable ferment de notre liberté collective - ce que la République de jadis portait en elle de meilleur, sa part de progrès authentique.

Seule la méritocratie permettra que les meilleurs de la nation puissent diriger les destinées de la maison France. La qualité n'étant pas forcément héréditaire, la sélection des meilleurs éléments de la nation doit se faire au niveau de l'école, dans un système scolaire réformé, c'est à dire à l'exact opposé de ce que nous connaissons aujourd'hui. C’est là que se trouve le fondement de notre refondation, j’en suis persuadé.

En effet, si nous subissons aujourd’hui les excès d’un pouvoir fermé dans une société ouverte, la méritocratie rend possible un pouvoir ouvert dans une société fermée. Elle empêche la confiscation du principe de filiation et de transmission, qui est la véritable essence du pouvoir mondialiste. Elle détruit à la racine la caste qui, voulant réserver la conscience à ses familles, en vient à détruire tout principe familial extérieur à elle-même – et la nation, au sens biologique du terme, n’est jamais qu’une famille élargie.

Ce qu’il nous faut, au final, c'est tout simplement la conception républicaine que nos ancêtres ont élaboré progressivement depuis deux siècles, rien de plus, mais un peu moins. Car cette conception doit être débarrassée de la domination des marchands et de leurs sbires divers (bureaucrates, clercs aux ordres). Ce qu’il nous faut, c’est refaire 1789, mais pas pour le compte de la bourgeoisie cette fois. Pour notre compte, pour le compte d’un peuple qui veut n’être dominé que par le mérite.

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