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E&R, ce que j'y ai vu

Publié le : 24/02/2010 23:00:00
Catégories : Politique

humeurJe viens de démissionner de mon poste au Bureau National d’E&R et de quitter l’association. Sans entrer dans les détails, cette démission n’est pas liée à la crise récemment survenue dans cette association. Si cette crise n’avait pas eu lieu, j’aurais annoncé mon départ après le congrès prévu initialement fin mars, et que j’avais aidé à préparer. Le divorce Alain  Soral/Marc George (voir les détails ici pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton) n’a fait qu’accélérer les choses. Le congrès annulé, je n’ai plus de raisons de différer mon départ.

Pour éviter qu’on glose inutilement sur mes motivations, les voici en quelques mots. Je me suis tout simplement rendu compte qu’on ne pouvait pas réellement écrire, publier et militer. Il y a des contraintes de temps. C’est que militer dans une association comme E&R, mine de rien, c’est du boulot !

Et puis, être « marqué » E&R, c’est se couper plus ou moins de tous ceux qui n’y militent pas, et surtout de tous ceux qui militent ailleurs !

La conversation standard avec un militant dans une organisation opposée à E&R pouvait ces derniers mois donner le résultat suivant :

« J’ai lu ton bouquin, c’est pas mal, tu m’as presque convaincu, mais tu milites à E&R. »

« Et alors ? »

« Et alors, je ne peux pas donner raison à quelqu’un qui milite à E&R ! »

Je quitte donc l’association en bons termes avec mes ex-camarades, et si je fréquenterai peut-être encore E&R comme intervenant externe, je n’en suis plus membre. Objectif : maison d’édition, écriture. Et plus d’étiquette sur le dos. Ça va simplifier les choses.


*


Mon départ me donne l’opportunité de faire le bilan de ces deux années.  Un bilan dont la publication a été acceptée par la direction de l’association – je le précise pour qu’on comprenne bien que je ne fais pas là un immonde boulot d’indic : il s’agit du bilan, distancié et donc, peut-être, instructif, d’un bon compagnon de route.

J’y ai vu quoi, à E&R ?

On peut classer les E&Riens en cinq catégories. Par ordre d’importance numérique décroissante : les braves gens, les réseauteurs, les focalisés, les mabouls, les provos.

Les braves  gens : exaspérés et inquiets

Ce sont les plus nombreux à E&R. Ils font le gros de la troupe. Disons 75 %, à titre indicatif. Ils se décomposent en deux sous-catégories : Monsieur Moyen exaspéré et Monsieur Moyen inquiet.

Monsieur Moyen exaspéré, voilà l’E&Rien de base typique. En général, il est exaspéré par un peu tout. Mais il y a toujours un sujet de fixation particulier. La conversation avec lui peut donner à peu près ce qui suit :

« C’est incroyable comment on se fout de notre gueule au boulot ! Avec l’inflation cachée, mon salaire réel a diminué de 20 % depuis l’euro ! »

« C’est clair que les chiffres d’inflation sont truqués. Mais il y a tant de choses truquées… »

« Comme tu dis ! Dire qu’on veut nous faire croire que Sarkozy est un homme d’Etat, que le CRIF ne se fout pas de notre gueule, que l’Europe c’est la démocratie, etc. »

Monsieur Moyen exaspéré est arrivé à E&R via son sujet d’exaspération principal. Il a vu une vidéo sur le web traitant du pouvoir d’achat, alors il a adhéré (remplacez le pouvoir d’achat par le CRIF, Sarko, l’Europe de Bruxelles, ou tout autre sujet selon le monsieur Moyen exaspéré dont on parle). Ce qu’il vient chercher à E&R ? Il ne le sait pas très bien lui-même. Disons qu’il veut sortir de l’isolement, partager le malaise diffus qu’il ressent, et qu’il ne parvient pas toujours à cerner. Fondamentalement, Monsieur Moyen exaspéré est à la recherche d’une communauté structurante. Il sent qu’il oscille entre la révolte paranoïde et l’anomie, et il aimerait bien qu’on lui propose un troisième terme. Alors il vient, il parle, il découvre des gens qui ressentent (plus ou moins) le même malaise que lui.

Monsieur Moyen inquiet, voilà l’autre E&Rien de base. Un peu moins nombreux que Monsieur Moyen exaspéré. Il est généralement plus formé politiquement. Il a parfois milité dans un parti politique (beaucoup de parcours improbables, genre ex red-skin fréquentant désormais un bar natio, ancien chevènementiste passé au souverainisme de droite, des gens  qui se cherchent). La conversation standard avec lui ressemble plus ou moins à ceci :

« Sais-tu s’il est vrai que la dette publique est le produit des intérêts composés ? »

Réponse.

« Sais-tu si la Grèce peut réellement faire faillite ? »

Réponse.

Etc.

Fondamentalement, Monsieur Moyen inquiet est à la recherche d’informations. Il a plus de recul que son cousin, Monsieur Moyen exaspéré. Il ne recherche pas une communauté structurante, plutôt une grille de lecture.

Monsieur Moyen milite-t-il ? Parfois oui, parfois non. Quand il a le temps, disons. Pas plus que ça. Reste-t-il à E&R ? Pas forcément. Cela dépend de son trajet personnel, des gens qu’il rencontre dans sa région, si ça accroche ou pas. Le turnover est assez élevé à E&R, d’une manière générale. Monsieur Moyen y entre, y passe une période intéressante où il apprend beaucoup, puis il s’en va.

Un des intérêts d’E&R est là, dans la possibilité de faire se rencontrer ces Monsieur Moyen. C’est un lieu de brassage.

Les réseauteurs : natios, trotskos & islamos inside !

Les réseauteurs sont des E&Riens qui sont, aussi, membres d’un parti ou organisation communautaire, ou bien ont eu des  responsabilités non négligeables dans un parti ou une organisation communautaire. En tout, à peu près 15 % des effectifs, à vue de nez. Il y a trois grands groupes : les natios, les trotskos (et assimilés) et les islamos.

Les natios sont, je crois, les plus nombreux parmi les réseauteurs. Ils se subdivisent en deux catégories : le natio fronto-centré et le natio fronto-distancié.

Le natio fronto-centré est adorable mais insupportable. En général, une conversation avec lui donne à peu près ceci :

« Tu comprends, au FN, il y a une guerre entre les marinistes et les gollnischistes. »

« Nan ? Pas possible ? »

« Si, si, c’est terrible. Ah, ces salauds de marinistes / ces reliques de gollnischiens (ça dépend du natio fronto-centré), quelle plaie ! »

« Bon, cela dit, tu sais, puisque le FN a refusé la candidature Soral, ce n’est plus notre problème. On s’est désarrimé, là. Ils auraient admis la candidature Soral, je ne dis pas, je serais peut-être allé au FN. Mais là, la question est réglée. »

« Ah non, pas possible, ça. Le FN est le centre du monde. Tout tourne autour de lui. LA question-clef, c’est Marine ou Gollnisch ! »

« Pour être honnête, cher camarade, tu sais, moi… Marine, Gollnisch, je m’en fous. »

« Mais tu ne sais pas ce qui se passe là-dedans ! C’est crucial, la terre va s’arrêter de tourner si ces salauds de marinistes / ces reliques de gollnischiens l’emportent ! Tu veux que je te raconte leurs stratégies ? »

« Euh, non. »

« Attends, je te raconte… »

Eh oui, le problème du natio fronto-centré, c’est qu’il ne comprend pas que son interlocuteur ne s’intéresse pas aux problèmes du FN, n’a aucune stratégie à cet égard, et n’est pas du tout entré à E&R pour infiltrer le FN ou quoi que ce soit de cet ordre (la candidature Soral était une candidature Soral, pas E&R). Le pire, c’est que le mariniste fronto-centré va vous prendre pour un gollnischiste si vous ne manifestez qu’une indifférence polie – et inversement si vous avez affaire à un gollnischiste, il vous prendra pour un mariniste. Rigolo mais épuisant.

Heureusement, le natio fronto-centré est minoritaire parmi les natios. Le natio fronto-distancié a été, pendant ma période E&R, ma meilleure surprise (avec le patriote « issu » dont je parlerai plus loin). Je suis témoin que le natio fronto-distancié (donc celui avec lequel on peut parler d’autre chose que du FN) est un citoyen français respectable, pas du tout la « brute d’extrême-droite » décrite par la presse du système. Son niveau de formation politique est très élevé, sa compréhension des enjeux contemporains remarquable. Fait comique et révélateur : dans cette association trans-courants, les heurts ne sont en réalité jamais venus de l’impossibilité du dialogue entre les courants. Ils sont venus des problèmes internes à chacun des courants présents. Et cela vaut, aussi, pour les relations entre le natio fronto-distancié et le patriote « issu ». Au sein d’E&R, à ma connaissance, il n’y a eu aucun problème sérieux pour discuter entre « Français de souche » et « Français de branche ». Aucun. Parfois, on s’accroche. Jamais on ne se ferme. Note pour plus tard.

Après les natios, voici les trotskos et assimilés. Pour moi, qui n’avais jamais fréquenté les milieux d’extrême gauche, une découverte complète. Intéressant.

On observe le même phénomène qu’avec les natios : ceux qui se décentrent et ceux qui n’y parviennent pas. La conversation entre trotskos non décentrés ressemble souvent à ceci :

« Alors voilà, Rosa Luxembourg en 1913 (suit un long exposé incompréhensible pour qui n’a pas lu 50 000 pages  de textes marxistes). »

« Ah mais non, car la querelle Trotski/Lénine ne se situe pas sur ce plan (suit un autre exposé du même tonneau – le reste de l’assistance écoute, bouche bée). »

Le trotsko décentré, c’est autre chose. Lui, il est là pour faire la révolution. Dans son esprit, E&R est une école, où l’on va forger une avant-garde. Le côté positif, c’est qu’une conversation avec lui est instructive (se munir d’un stylo et d’un calepin). Le côté négatif, c’est qu’il ne s’agit pas vraiment d’une discussion, plutôt d’un cours. Le trotsko décentré, même décentré, reste modelé, en profondeur, par sa doctrine. C’est très structurant (ce qui est sûr, c’est que lui, il n’est pas victime d’anomie !), mais c’est parfois, hélas, enfermant. J’ai souvent eu l’impression, en parlant avec les trotskos décentrés, qu’il y avait une glace entre eux et moi, comme une frontière invisible et infranchissable. Je regrette de n’avoir pas eu plus de temps à consacrer au trotsko décentré. Il y a quelque chose, là, que je n’ai pas compris.

Enfin, dans la famille réseauteurs, voici les islamos (et assimilés, disons les Français  « issus », patriotes et encore inscrits dans leur « communauté » d’origine). Alors là, c’est LA grosse surprise.

La distance entre l’image que je me faisais des Français musulmans et leur réalité est abyssale. En tout cas pour ce qui concerne l’avant-garde observée à E&R, la francisation de ces musulmans est beaucoup plus avancée que ce que j’imaginais (savoir si l’échantillon est représentatif de quelque chose, en tendance…), et elle n’implique aucune dés-islamisation. En réalité, ceux qui, au sein de la population immigrée, ont un « problème » avec la France ne sont pas les musulmans. J’en ai maintenant la certitude. C’est exactement le contraire : ceux qui ne parviennent pas à construire une identité française cohérente ne sont pas ceux qui sont enfermés dans l’islam, mais au contraire ceux qui, ayant perdu l’armature islamique, n’ont plus d’armature du tout, et ne peuvent donc plus construire aucune identité.

Ce qui est amusant, à ce propos, c’est d’évoquer les « racailles de banlieue » (copyright Nicolas Sarkozy) avec un islamo. La conversation ressemble à peu près à ceci :

« Nous avons fabriqué des monstres. Ils parlent de l’islam, ils n’y comprennent rien. D’ailleurs, ils ne comprennent rien à rien. Quand ils retournent en Afrique du Nord, ils sont vus comme des étrangers. Ici, ils sont vus comme des étrangers. Ils parlent dix mots d’arabe et les utilisent régulièrement, au milieu d’un Français appauvri, pour se redonner une fierté, à travers une Algérie qu’ils fantasment. C’est un désastre absolu. Une minorité parvient à cumuler et marier les deux identités, la majorité est complètement paumée, et n’est, littéralement, plus rien. » (verbatim)

D’une manière générale, je sors de mon passage à E&R avec six convictions sur cette question :

  1. L’analyse de Soral est absolument juste, un bon musulman déteste la caillera, il est totalement absurde de mettre les exactions des bandes sur le dos de l’islam,
  2. Il y a une minorité très éclairée, qui peut réellement devenir une richesse pour notre pays (eux, ce sont vraiment des chances pour la France),
  3. Cette minorité est atterrée par l’évolution majoritaire de son propre groupe. Elle est très, très inquiète, et redoute de servir de bouc-émissaire aux échecs du système. Elle a besoin d’aide pour faire évoluer la majorité dont elle constitue l’avant-garde,
  4. Le sketch qu’on joue sur la burka est, purement, du sketch ; la  majorité des musulmans sont eux-mêmes contre, ils considèrent que c’est un signe d’arriération (moment comique, j’ai été jugé trop « burka-tolérant » par certains islamos, me fichant pour ma part complètement de la tenue vestimentaire de ces dames),
  5. Les musulmans détestent les islamophiles, et encore plus les islamolâtres. Ils considèrent que ces attitudes sont contre-productives, parce qu’elles déplacent le problème. Au lieu de se demander « comment insérer paisiblement l’islam en France ? » (une religion parmi d’autres, dépolitisée comme les autres), l’islamophile renvoie un miroir à l’islamophobe, et la question devient « l’islam, bon ou mauvais ? ». Pour un Français musulman conscient, il n’y a peut-être pas de pire faux ami qu’un islamolâtre,
  6. Comme les autres réseauteurs, les islamos ont surtout, en fait, des problèmes pour communiquer entre eux (entre chiites et sunnites, en particulier).

Quant au « ressenti » de la caillera elle-même, je n’en sais rien. A E&R, il n’y a pas de caillera. C’est évidemment la limitation de l’exercice.

Les focalisés : spécialistes  et obsessionnels

Les focalisés sont une minorité à E&R. Cette minorité est très visible en interne, parce que, le focalisé sachant beaucoup de choses sur un sujet donné, il devient rapidement le centre du débat quand le débat arrive sur le sujet en question. Je dirais, à vue de nez, qu’il y a un peu moins de 10 % de focalisés à E&R, mais qu’ils captent spontanément 50 % du débat (le reste appartient aux réseauteurs).

Attention : il y a focalisé et focalisé.

Le focalisé spécialiste est un type tout à fait raisonnable, qui a décidé de creuser un sujet précis (le 11 septembre, l’influence sioniste en France, les magouilles de l’agro-alimentaire, les paradis fiscaux, etc.). Un des gros problèmes de l’organisation, depuis deux ans, est de n’avoir pas su détecter ces spécialistes compétents et d’avoir omis de les mettre en valeur. Mention spéciale pour les vrais spécialistes du 11 septembre, j’ai été abasourdi par le sérieux du travail d’analyse effectué sur ce dossier, il y a des quasi-pros de la question qui pourraient sans problème donner des leçons aux « experts » médiatiques autoproclamés.

Le focalisé obsessionnel, c’est tout à fait autre chose. Par certains côtés, il ressemble presque au maboul. Là, mention spéciale et inévitable aux obsessionnels des « Inuits ». Eh, les mecs, pensez à autre chose de temps en temps ! Vous ne voyez pas qu’en ramenant tout à cette question, vous commettez l’erreur fatale de vous inscrire dans la grille de lecture de votre ennemi ?

Au point d’ailleurs que je me demande si certains obsessionnels ne furent pas envoyés en mission, précisément pour détourner l’association et l’enfermer dans une perspective contre-productive…

Il est clair que le gros problème des focalisés spécialistes, dans les années qui viennent, sera de construire une muraille de Chine entre eux et les focalisés obsessionnels, qui déconsidèrent le travail des gens sérieux. Le test pour savoir à quel genre de focalisé on a affaire : vérifiez si le gars peut parler d’autre chose. Si oui, c’est un spécialiste. Si non, c’est un obsessionnel. En cas de doute : vérifiez si le gars recoupe ses sources. Si oui, c’est un spécialiste.

Les mabouls : complètement barrés !

Une initiative comme E&R attire inévitablement les timbrés. En général, ils ne restent pas longtemps. Une fois détectés, on leur fait sentir (avec tact) qu’ils devraient peut-être consulter.

La conversation avec un maboul est, cela dit, souvent charmante et très drôle. Cela peut donner par exemple :

« Tu sais quoi ? J’ai inventé un dispositif pour s’élever dans les airs à l’aide d’un sac gonflable à l’hélium. »

« Ah oui ? Et ça sert à quoi ? »

« Ben, en cas de raz-marée, quand la vague arrive, tu montes au-dessus. »

« Ah bon. Quand même. »

« Attends, avec le projet HAARP, les Ummites qui ont le contrôle de l’Amérique vont vouloir détruire les vénusiens qui tiennent l’Eurasie. Et nous, on est au milieu. C’est grave, non ? »

« Je confirme, c’est grave… »

Les mabouls qui ont transité par E&R avant de se faire relâcher poliment dans la nature étaient de gentils mabouls. En tout cas, ceux que j’ai rencontrés (je ne sais peut-être pas tout). Pour être honnête, ils ont contribué au charme de l’expérience.

Les provos : de tout un peu

Dernière catégorie : les provos. Peu nombreux, mais féroces. Dans la famille nous avons : le militant d’extrême-gauche débarquant pour prôner la lutte armée (silence dans la salle), le demi-flic qui cherche à détecter les fragilités psychologiques pour dresser les membres les uns contre les autres (dixit un provo, dans un moment de relâchement : « il s’aime bien Soral, c’est là-dessus qu’il faut jouer si on veut démolir E&R »), l’autre demi-flic cherchant à entraîner l’association sur le terrain antisémite, le militant d’extrême droite paranoïaque (« si Untel est barbu, c’est qu’il appartient à Al-Kaïda »), etc. Un des problèmes de l’association a sans doute été, depuis deux ans, la difficulté de repérer rapidement les provos (qui peuvent facilement passer pour des obsessionnels ou des demi-mabouls). Pas simple, croyez-moi, d’animer une « association trans-courants ». Pas simple du tout.

Un bilan

Je ne sais pas ce que va devenir E&R. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour deviner que la direction va être tiraillée entre deux contraintes :

-          un fonctionnement hiérarchique à maintenir, pour écarter les mabouls et maîtriser les provos (l’association a des ennemis, demandez donc à Besancenot !),

-          un fonctionnement transversal pour favoriser le dialogue interne (la vocation d’E&R).

Je ne sais pas comment l’association va arbitrer entre ces deux nécessités, ni d’ailleurs en vue de quelle stratégie. La crise récente fait qu’E&R sera refondée purement et simplement. On verra ce qui en sortira.

A suivre…

En attendant, ce qui est certain, c’est que je dois à Soral (et à sa bande) d’avoir pu rencontrer tous les personnages évoqués ci-dessus. S’il n’avait pas fondé E&R, je n’aurais jamais pu dialoguer avec les patriotes français « issus de l’immigration », les intellectuels musulmans qui se pensent français, ni, d’une manière plus générale, découvrir l’extraordinaire complexité du rapport entretenu par les Français avec leur pays. Merci, donc, aux fondateurs d’E&R.

Dernière question…

Devez-vous entrer à E&R ? Je vais vous dire : l’important, c’est d’y être passé.

Fondamentalement, c’est un point de départ, une école, un observatoire. Un pays où on peut (encore) discuter est un pays qui a (encore) quelque chose à dire au monde. Et un des points chauds de ce quelque chose était, ces deux dernières années, E&R.

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