« Entre guerre économique et chaos social » | Compte rendu par Nice Provence Info.

Publié le : 12/04/2016 05:21:47
Catégories : Auteurs , Conférences , Evènements , Lucien Cerise , Michel Drac

Ce samedi 9 avril, l’association niçoise Culture Populaire présentait les conférenciers Lucien Cerise et Michel Drac. Les journalistes de Nice Provence Info étaient sur place. Voici leur compte rendu de l'événement : 


Nous sommes réunis, pour cet événement, dans une salle privée en centre-ville de Nice. Ce local est un peu petit pour recevoir les nombreux auditeurs ayant répondu à l’appel. Qu’à cela ne tienne, on se serre. L’accueil est chaleureux. Des places au premier rang nous ont été réservées. On nous offre aimablement des boissons pour patienter.

En raison d’un petit problème technique sur le rétro-projecteur, Lucien Cerise doit intervenir avant Michel Drac contrairement au déroulement prévu. Ce qui a un peu déstabilisé la logique chronologique de la conférence. Pour plus de clarté, nous rétablirons dans ce compte-rendu l’ordre des interventions tel que prévu.

Thème du jour : « France, Europe : entre guerre économique et chaos social ».

Michel Drac et Lucien Cerise

Michel Drac nous explique les origines de la guerre économique et ses évolutions à travers l’Histoire pour aboutir à la situation de la France sur l’échiquier global qu’il nomme « chronique d’une défaite programmée ».

Au préalable, il introduit les notions fondamentales de « nomadisme » et de « sédentarisme » qui, en interaction avec les « institutions » et les « peuples », constituent l’ossature des phénomènes décrits.

Pour lui, tout commence au Moyen-Âge où l’on se bat uniquement pour du territoire. À la Renaissance, on assiste à l’émergence de puissances commerciales qui cherchent à ouvrir les territoires « fermés ». C’est le premier pas vers le mondialisme (exemples : Venise, puis Amstersdam et Londres notamment, New-York actuellement).

Avec la révolution industrielle, apparaissent les puissances bancaires et leur logique de nomadisme prédateur. À partir de là, l’imbrication entre tous les acteurs se complexifie. Dans le monde moderne, les puissances nomades prennent le pas sur les États-Nations. On se bat désormais pour des flux de capitaux.

Aujourd’hui la clé de la guerre économique est la maîtrise monétaire. L’enjeu unique est la puissance : d’abord, la volonté farouche de l’acquérir, ensuite − et surtout − la résolution, par tous les moyens, de la conserver. D’où l’affrontement entre « nomades » et « sédentaires ». Dans cet affrontement, la hiérarchie des acteurs commence au niveau le plus élevé par les États puis, successivement, les entreprises, les médias, les institutions internationales et les ONG.

Concernant la France, Michel Drac indique qu’elle possède des points forts malheureusement plombés par une dynamique de la défaite, un esprit colbertiste tenace, une population vieillissante, une puissance en recul… Les conséquences en sont le refus d’une politique de puissance et l’inclination à se réfugier dans le giron de l’Europe et de ses normes. Ainsi le pays se trouve-t-il déconnecté, vassalisé et donc vulnérable.

Lucien Cerise commence par présenter son ouvrage « Neuro-pirates, Réflexions sur l’ingénierie sociale ».

Il nous décrypte ensuite la stratégie du « chaos contrôlé » qui permet la prise de pouvoir par les puissances pour gagner la guerre économique évoquée par Michel Drac en déconstruisant les sociétés existantes pour les reconstruire sur le modèle adapté à leurs besoins.

Cette stratégie s’appuie, selon lui, sur trois tactiques qui sont :
1) la « furtivité » : il s’agit de détruire en endossant soit le rôle de victime soit le rôle de sauveur ;
2) l’utilisation de « forces de procuration » pour ne pas s’engager directement (exemple : le conflit syrien où l’implication d’Israel et des USA apparaît désormais) ;
3) l’« abus de confiance » : l’objectif étant de créer des sociétés « ouvertes » (exemple : l’Open Society Foundation de George Soros).

Lucien Cerise liste ensuite tout ce qui sert la déconstruction des valeurs d’une société : pression LGBT, mariage pour tous, GPA, théorie du genre, cosmopolitisme, transhumanisme… Il rappelle qu’en 1970 déjà Edmond de Rotschild déclarait : « Le verrrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! »1

Ainsi, conclut-il, pour les puissances à l’œuvre dans l’organisation du chaos contrôlé, l’ADN du monde doit être retravaillé et rien ne doit être laissé de côté. Il révèle à la stupeur générale qu’il existe même des avocats en train de plancher sur les futurs « droits des robots » !

Après deux heures d’exposés denses, les orateurs se prêtent au jeu des questions-réponses portant sur leur propos et l’actualité, notamment les « Panama papers » et les Nuits debout…

Nous quitterons la salle satisfaits d’avoir vécu un moment de réel enrichissement intellectuel.

Michel Lebon & Charles André

1Dans un entretien accordé à la revue « Entreprise » (ancêtre de la revue « l’ Expansion ») et publié en pages 62 à 65 du n° 775 en date du 18 juillet 1970.

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