Etre le prix

Publié le : 24/05/2008 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par intervenants , Articles par thèmes , Carceller , Sociologie

aldo

« Si pour bien s’habiller il suffisait de revêtir la dernière tendance ou d’investir beaucoup d’argent dans sa garde-robe, on trouverait des nababs de la mode à tous les coins de rue. »
- Alan Flusser

Marre de la politique, passons à autre chose.

Petite note de lecture sur « The Mystery Method », génial manuel de drague écrit par un génial dragueur (sous pseudo évidemment).

Et accessoirement, petit chef d'oeuvre de psychosociologie appliquée...

Théorie générale : le monde est divisé en deux types d'hommes.

D'un côté, une masse océanique d'hommes moyens, pas forcément moches ou stupides, mais réduits à un modèle standard d'être humain, sortis d'une chaîne de production industrielle, aseptisés, lisses. Nous les nommerons AFC, acronyme de ‘Average Frustrated Chump’.

De l'autre côté, une minorité d'homme ayant compris qu'il faut assumer sa qualité d'homme, c'est à dire être un dominant, pour pouvoir vivre une existence pleine de sens et créer un cercle vertueux. Nous les nommerons alpha.

Afin de distinguer ces deux types d'humanité, nous allons les mettre en concurrence dans un situation précise où le mensonge n'est pas possible, la sanction arrivant tout de suite. Imaginons que nos deux hommes soient en soirée, disons un bar de nuit de bonne tenue, avec l'idée de faire des rencontres féminines.

Notre AFC arrive.

Généralement, et comme 99% des gens, il s'habille trop grand, les coutures tombant, non pas sur les épaules, mais sur les bras, lui donnant une dégaine d'enfant dans des vêtements d'adultes. La plupart des hommes pensent que des vêtements grands leurs donneront un aspect plus costaud, alors que l'effet est inverse. Notre AFC n'a pas mis sa chemise dans son pantalon (intolérable, sauf si c'est une chemise d'été en voile), abaissant ainsi son centre de gravité. Erreur : l’une des fonctions principales du vêtement masculin est d’attirer le regard sur le visage, non sur les pieds ou les genoux.

Pour pantalon, un jean de mauvaise facture, généralement délavé clair, trop grand, auquel le gars a fait un ourlet extérieur à la main. Erreur : si vous faîtes un ourlet, faites le à l'intérieur, cela ne rajoutera pas une nuance de plus à votre tenue et évitera d’attirer le regard.

Bien sûr, le gars aime les couleurs, il en porte 4. Un vrai carnaval.

Une paire de chaussure requin de Nike ou bien de mocassins blancs simili cuir acheté en promotion à Carrefour.

Le pire étant que notre AFC pense, de bonne foi, être bien habillé.

Notre Alpha arrive enfin.

Lui, c'est autre chose.

Sa chemise grise, col officier, en popeline pur coton égyptien 170s double retors, ajustée, les coutures tombant pile sur les épaules, est rentrée dans son jean semi-slim en toile enduit noir avec de légers reflets bleu foncé, et une ceinture en cuir grise vient en rappel de ses bottines

Teinte dominante : gris anthracite. L'allure générale est impeccable, bien sûr, carrure d'athlète, le regard est porté naturellement sur le visage, ce qui est plus pratique, vous en conviendrez, pour entamer une discussion.

Sobriété, élégance, esthétique : les maîtres mots de notre alpha.

L'harmonie est au rendez-vous.

La soirée est peuplée de femmes, pas seulement, puisque des hommes sont présents, bien évidemment, dans l'espoir de rencontrer une donzelle pour une nuit ou plus.

Notre AFC, intoxiqué par l'idéologie féministe véhiculée par les médias, pense qu'il faut faire des compliments aux femmes, être gentil et surtout attentionné pour avoir les grâces de la princesse, naissepa.

Comme il n'a pas le courage d'aborder un groupe de filles, il se rabat sur une isolée. Quand il aborde la fille, avec toute la grâce d’un mec en Nike, il ne se peut s'empêcher de lui avouer qu'elle est très jolie. L'AFC se croit obligé de payer un verre à la fille, genre je t’achète, et il lui raconte ses études difficiles en informatique et son problème de recrutement d'ingénieur qualifié au fond de l'Auvergne méridionale.

L'Alpha sait, quand à lui, que l'on n'aime pas ce qui est moyen, et que les femmes sont attirées par ce qui a de la valeur. Donc, il sait qu'il lui faut devenir « le prix », alors les compliments, les coups à boire et autres déclarations gentillettes, on oublie.

Notre alpha se place en centre de la soirée, son body-language parle pour lui, ce qui évite de dépenser de l'énergie à palabrer. Il repère une groupe de filles, et il ne craint pas, lui, d’aborder ce groupe de façon franche, mais sans brutalité.

Pour créer une ambiance détendue, et donc que sa cible, une fille potable, se sente à l'aise, il se souvient d’abord qu’il doit être lui-même, tout simplement.

Il entame la discussion, légère bien entendu, en racontant une aventure qui lui est survenue à l'autre bout du monde, à l’époque où il traquait le tigre du Bengale au Brésil (à moins qu’il n’ait chassé l’anaconda en Alaska, aucune importance).

Le but : amener son auditoire dans son histoire, faire du story telling comme disait l’autre.

La première approche est réservée à l'homme, disons qu'il doit tenir 90% du temps de parole, n'espérez pas que la fille en face vous fasse la conversation.

Du moins, pas à la première rencontre.

Après, comme on le sait, c’est une autre histoire.

Bref.

Revenons à nos hommes.

Notre AFC patauge dans son CV d’expert-comptable à Saint-Quentin, la fille semble aussi intéressée que devant un épisode de Derrick, faut dire que le bonhomme tend justement à être aussi sexy qu’un épisode de Derrick, c'est dire.

Le body language de la fille révèle un total manque d'intérêt. Elle tourne le dos au mec, ne relance pas dans les blancs, elle a le regard perdu au fon du bar. L'AFC ne se rend compte de rien, il a oublié d'emmener sa cible dans son histoire qu'il n'a pas.

L'Alpha, de son côté, déroule le story telling à son groupe de filles, cela reste léger, pétillant, pleins d'anecdotes. Comment il a échappé à l’attaque d’un lion au Groenland, comment il a poursuivi un ours blanc pendant trois semaines au Kenya.

Il sait qu'il ne doit pas trop montrer de signes d'intérêt à sa cible, et il évite donc de lui parler directement trop souvent. Il sait aussi que les femmes sont en concurrence entre elles, et que la concurrence, ça fait monter tous les prix, donc le sien. Le petit malin ignore même carrément sa cible, par moment, ne se concentrant plus que sur les copines de la donzelle.

Si la cible est, pense-t-il, plutôt intelligente, il n'hésite pas à la ‘negger’, c'est à dire à la casser, discrètement et de façon subtile, pour la faire tomber symboliquement de son piédestal et lui faire perdre son assurance.

Une fille qui est belle, non seulement le sait, mais en plus, les féroces AFC lui disent à longueurs de journées, donc, pas la peine d'en rajouter. Se démarquer revient à ne pas lui dire, et même à la critiquer intelligemment.

L'Alpha a tout compris, il déroule le programme.

Notre AFC vient de perdre sa cible, qui a prétexté un changement de soirée, ou bien un autre alpha est passé dans le coin, lui ravissant sa proie.

Le gars enchaîne donc sur une autre fille isolée, cherchant des excuses à son échec, concluant qu'il faut qu'il boive un peu pour être dans le bon mouvement.

En fait, il n'a pas de plan précis en tête, il prendra ce qu'on lui donne, comme... le premier mendiant venu. Après 3 verres de Jet27, il arrive à être dans un état plus détendu, le problème étant que ses propos manquent de cohérence. Peu importe, cela fait rire sa cible. C’est un signe d'intérêt, mais ce n’est qu’un début…

L’alpha, de son côté, collectionne des signes beaucoup plus tangibles. Un regard soutenu (si vous ne soutenez pas le regard d'une fille, n'espérez pas l'avoir dans votre lit, donc ne baissez jamais les yeux), des ‘kinos’ (touché de la fille, l'homme évite d'en donner), un body language tourné vers l'homme, se toucher les cheveux, rire à des blagues pourries, présentation aux amies. Des choses concrètes.

L'Alpha a terminé son story telling (ça y est, il a sorti un requin de sept mètres du Léman). Quelques ‘negs’ si nécessaire (inutile si les signes d'intérêts sont flagrants), puis il passe à la deuxième étape du plan : isoler la cible, la sortir du groupe.

Il l'amène dans un coin plus tranquille pour être en tête à tête et créer une intimité rapidement, sans pour autant rentrer dans la zone de confort de la fille.

A ce moment, il parle moins de lui et se concentre sur sa cible, il essaie d'en savoir plus.

Généralement, une fois la glace brisée, les filles adorent parler d'elles, il est donc facile de les lancer sur leur sujet préféré : elles-mêmes.

L'Alpha privilégie les questions ouvertes, tout en gardant le contrôle de la discussion, comme un animateur de télévision. Il choisit les questions portant sur la sensibilité de la fille (elle aime ou elle aime pas ?)

A ce moment, il a le choix, il peut demander le numéro de téléphone de la fille ou l'embrasser si la complicité est forte.

Disons que notre alpha veut aller dans d'autres soirée le même soir, et donc se contentera de prendre le numéro de la fille.

On appelle ça : ‘numclose’, en terme technique, dans les communautés de dragueur (car, mais oui, il y a des communautés de dragueurs).

Notons que l'homme prend le numéro et ne donne pas le sien. Il doit garder le pouvoir dans la relation, il garde la liberté de rappeler la fille ou pas, et donc de donner suite à la relation ou pas.

Il prend donc le numéro de la cible et s'échappe vers d'autres horizons.

Nous ne détaillerons pas la suite des évènements qui pourront faire l'objet d'un autre article, mais sachez que l'alpha respecte deux règles :

Il n'appelle jamais la fille le lendemain, ce sont les AFC qui font cela. Il appelle la fille quelques jours plus tard, 3 à 4, voire plus. Partez du principe que vous n'avez pas besoin de la fille, d'autant plus qu'elle pensera sûrement à ce goujat qui ne l'a pas appelée tout de suite, comme le feraient les AFC de base.

Par ailleurs : jamais le week-end.

Si vous avez une vie, et l'Alpha n'est pas un nolife, vous avez autre chose à faire que de la relance téléphonique, même pour une fille. L'alpha n'est pas dans le besoin, en revanche, il crée le besoin chez sa cible, nuance.

Notre AFC, en fin de soirée, n'ayant pas réussi à prendre le numéro de sa cible (y a t'il pensé d'ailleurs ?), donne le sien. Erreur fondamentale. Si par chance, la fille le rappelle, trop content, il lui proposera un restaurant, ou autre sortie bien lourde dont l'on ne peut s'échapper en moins de 5 minutes.

Voilà une ébauche rapide du comportement de ces deux types d'humanités.

Le game, comme on dit dans les communautés précédemment citées, le game file cent pourcent pour l'alpha, bien entendu.

Analysons d'où proviennent ces deux comportements, c’est là que ça devient vraiment intéressant.

Comme nous l'avons souligné, l'AFC a été gavé à l'idéologie féministe. Mettre la femme sur un piédestal, en faire une princesse, se transformer en ‘Mister Nice guy’ pour charmer les femmes. Cette guimauve hollywoodienne qui a fait tant de ravage chez les hommes…

Tout ça, c'est bien évidemment un mensonge, une farce stalinienne. L'homme nouveau ou les lendemains qui chantent à la Saint-Valentin.

Les femmes recherchent un homme, c'est à dire ce qu'elles n'ont pas. Elles recherchent la virilité, qui a été confondue avec la brutalité par les idéologues genre Isabelle Alonso.

C'est ce rapport qui reste structurant dans les relations entre les sexes, concrètement. La virilité renvoie la femme à son caractère féminin et donc, la valorise par effet miroir. Voilà : c’était comme ça avant, c’est toujours comme ça aujourd’hui.

En revanche, se comporter en paillasson, c'est à dire, genre content de s’être fait castrer, et donc être un homme féminisé, voilà un repoussoir à femmes, car nul ne désire ce qu’il a déjà.

Une femme possède déjà la féminité, apportons lui la virilité.

Un homme est celui qui sait dire non, surtout à sa propre cible ou à sa femme. Secrètement, les femmes veulent un homme qui leur dira non.

Combien de femmes, dans un couple, aujourd’hui, décident de tout, des vacances, le logement, y compris la déco intérieure ?

Combien d'hommes n'osent plus avoir de vie en dehors de leur femme une fois en couple, se coupant de leurs anciens amis ? Saviez vous que dans 80 % des cas de divorce, c'est la femme qui s’en va ? – Bah oui, et pourtant les hommes pensaient avoir tout donné, avoir été parfaits…

C'est justement le problème : avoir tout donné, ne plus avoir de vie, ne rien faire sans sa petite ‘princesse’, s'effacer devant la toute-puissance matriarcale. Résultat : un divorce.

La vérité est qu'il faut rompre radicalement avec le mensonge féministe.

Redevenons des hommes, qui assument le fait d'être des hommes.

Des mecs à l'ancienne, pas des hommes-enfants.

Des mecs virils, quoi.

Partager ce contenu