Festival du vide en Algérie : Charlie Macron et la Chocolaterie | Par Christian Combaz

Publié le : 16/02/2017 19:08:36
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Sur internet il y a quelques jours on lisait le titre suivant à propos d'Emmanuel Macron : "il voyage en Algérie pour se donner une stature internationale".


Et là même le lecteur le plus habitué à gober des âneries issues de l'esprit fertile de Laurence Haïm, sa porte parole, ne pouvait que se révulser à l'idée qu'on puisse aller chercher en Algérie, dans l'Algérie de Bouteflika, une renommée internationale.

A la rigueur, s'il s'agissait d'impressionner les habitants de certaines nations émergentes, ce déplacement aurait pu avoir une vague utilité mais essayer d'impressionner les Français, en ce moment, en leur disant "regardez je suis bien vu en Algérie", c'était un calcul idiot. Donc comme Emmanuel Macron n'est pas entièrement idiot il avait une autre idée derrière la tête et quand on cherche les arrière-pensées d'un personnage aussi fabriqué par le système on tombe sur le système. C'est Matrix. On débouche directement dans l'arrière boutique, dans l'atelier de la pensée macronienne, dans la chocolaterie de Willy Wonka, celle où les écureuils mettent les noisettes dans le chocolat.

Malheureusement comme VRP de sa propre chocolaterie, notre ami Willy est très approximatif, puisqu'il nous dit que la relation qu'il veut instaurer entre la France et l'Algérie est comparable à celle que la France a bâtie avec l'Allemagne. Nous n'allons même pas essayer de dresser comme lui un parallèle entre l'Algérie et l'Allemagne, ce serait offensant pour l'un au moins des deux pays. Mais nous allons tout simplement corriger ce qui est sorti de la fabrique de Macron-Willy Wonka ce jour-là : un acte manqué de la plus belle espèce, qui laisse augurer de plantages épouvantables pendant les prochains débats. Il voulait sans doute dire que la relation idéale entre l'Algérie et la France serait comparable à celle qui unit la Turquie et l'Allemagne, mais quelque chose dans son Surmoi a déclenché au dernier moment la sirène d'alarme, et il a contracté sa formulation de manière absurde. En vérité ce qu'il fallait comprendre, c'est "faisons de l'Algérie le réservoir de main d'oeuvre modérément voire pas du tout qualifiée que constitue la communauté turque en Allemagne, ainsi nous pourrons produire à bas coût et finir par fabriquer une sorte de peuple purement économique qui prendra l'avion comme l'autobus et qui assurera, à l'industrie française, une prospérité à la chinoise, c'est à dire basée sur la consommation de masse et l'industrie du luxe, avec pratiquement rien entre les deux".

Ah! il y a bien le problème de la culture de ces deux peuples, de leurs religions, dont on nous dit à tort qu'elles sont incompatibles à cause de l'Histoire, des valeurs humanistes, de la place de la femme, etc. Choisissons donc un personnage qui soit le plus petit, mais alors vraiment petit, dénominateur commun entre les deux cultures. Par exemple Roger Hanin, qui continuait à traiter de frères ceux qui avaient égorgé ses cousins en 1960. Et allons fleurir sa tombe à Alger, avec un gros ruban Macron pour la photo, et une déclaration navrante de Laurence Haïm, miss Hillary 2016, sur "ce lieu où les religions se sont réconciliées". Le problème c'est qu'à supposer qu'il y ait eu réconciliation, ce qu'on nous montre sur les photos au cimetière, c'est pas de religion du tout. La tombe ne comporte aucune croix, aucune étoile juive (Hanin était né Lévy), et l'arrière plan du cimetière non plus. Donc c'est assez facile de se réconcilier en matière religieuse sur une absence de religion mais la démonstration macronienne reste au niveau du gimmick imaginé dans une officine de pub parisienne.

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Christian Combaz réédite son livre à succés, « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos » en juillet 2018 aux éditions Le Retour aux sources dans une nouvelle édition augmentée de plusieurs chapitres.

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