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Hollande chez Leclerc : Macron-Le-Quesnoy rejette son prédécesseur dans la France des Groseille | Par Christian Combaz

Publié le : 15/05/2018 13:15:42
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Christian Combaz, nous livre une chronique ironique sur le succès du livre de François Hollande et de ses dédicaces dans les librairies en province, notamment à l’espace culturel du magasin Leclerc de Plérin en Bretagne. Selon lui, ces dédicaces relèvent de la persistance rétinienne et rien de plus.


Les rédactions parisiennes s'interrogent sur ce que signifie la faveur avec laquelle est accueilli François Hollande dans les grandes surfaces au moment de dédicacer son livre. Les éditorialistes parisiens prennent un air gourmand pour nous dire qu'il est très habile et qu'il pourrait rebondir, mais au bar de Campagnol Josyanne avec deux N, et sa soeur Cindi, deux  filles couvertes de tatouages qui passent localement pour des paumées, m'ont raconté leur voyage en train malgré les grèves pour aller voir leur mère qui est dans une maison de retraite en Bretagne.

Vous allez me demander quel est le rapport avec François Hollande eh bien figurez vous qu'elles ont entendu dire à Saint Brieuc qu'il dédicacerait son livre au Leclerc de Plérin qui est une petite ville pas plus grosse que Millau et elles y sont allées. Et moi au comptoir comme ça, pour irriter l'abonné au Monde, vous savez le macronien de service qui contrôle la parole populiste et qui grommelait déjà de manière préventive contre ce que j'allais dire, j'ai interrogé Josyanne avec deux N sur son "analyse" à propos de l'ancien président. Jje lui ai demandé par exemple, avec une ironie imperceptible, si elle avait voulu acheter son livre parce qu'elle approuvait son action au niveau européen, ou parce qu'elle avait apprécié sa façon d'aborder les enjeux dans un monde multipolaire, alors là elle a regardé Cindi, elles ont haussé les épaules toutes les deux, et elles ont pris à témoin l'abonné au Monde comme si décidément je ne comprenais rien à l'essence du charisme en politique et elle ont dit presque en même temps "ben non t'es taré ou quoi ? on voulait faire un selfie, Cindi a un nouveau téléphone."

- Mais, leur ai-je dit, donc vous êtes allées le voir pour quoi faire exactement? 
Et là Josyanne m'a offert l'un des grands moments de Campagnol elle m'a dit "l'autre jour on a parlé avec Elie Semoun et Frank Dubosc, l'an passé j'avais pris des photos avec Jenifer mais quand j'ai montré les selfies aux amies de ma mère à la maison de retraite la moitié ne savaient même pas qui c'était, tandis que là on y est retournées avec la photo de François Hollande comme ça entre nous deux, eh bien je te jure, on a eu un succès, les vieilles dames voulaient que je revienne le lendemain pour le montrer à quelqu'un d'autre qui n'était pas là ce jour là."

 Et moi toujours sans lâcher du regard l'abonné au Monde, qui pensait encore que ces deux filles témoignaient de l'existence d'un électorat de gauche caché qui n'avait pas dit son dernier mot, je leur ai demandé de porter l'estocade à ma place, je leur ai demandé: "donc finalement c'est parce qu'il est connu et c'est tout", et avec cette irritation des filles idiotes qui croient toujours que ce sont les autres qui sont stupides elle m'a répondu: "eh ben tu crois que j'aurais fait vingt bornes et une heure de queue pour un mec qu'on voit jamais à la télé ?"

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Christian Combaz réédite son livre à succés, « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos » (2017, autoédition) en juillet 2018 aux éditions Le Retour aux sources dans une nouvelle édition augmentée de plusieurs chapitres.

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