Évènement

I love Benny

Publié le : 23/02/2011 22:44:07
Catégories : Economie

dollar_fuck

Sunny, yesterday my life was filled with rain.
Sunny, you smiled at me and really eased the pain.
The dark days are gone, and the bright days are here,
My sunny one shines so sincere.
Sunny one so true, I love you.

Boney M, Sunny

 

Une récente dépêche Romandie News nous informe que : « USA: les cours du pétrole ne menacent pas la reprise »

Renseignement pris, il s’avère qu’un monsieur Goolsbee (Yale, Skull & Bones, et accessoirement « président du Cercle des conseillers économiques du président des Etats-Unis ») a déclaré :

Un, qu’il y a une reprise économique en cours  aux USA.

Deux, que la hausse des  cours du pétrole ne menace pas cette reprise.

Position partagée par son big boss, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner (ex FED de New York, CFR, FMI, poulain de Robert Rubin). Lequel a déclaré, dans un rare élan comique : « l'économie mondiale est dans une position bien plus forte qu'avant la reprise pour faire face à une hausse des prix du pétrole. »

Comme on est fatigué cette semaine, comme on a beaucoup de travail et pas le temps  de peaufiner la note de lecture promise à la tyrannique administration de scripto, on propose de rebondir sur ces déclarations pour partager un petit sourire en coin.

Où l’on rappellera donc :

Un, qu’il n’y a aucune reprise économique en cours aux USA, il y a juste un type qui s’appelle Benny et qui fait tourner la planche à billets pour maintenir les indices boursiers et permettre à l’Etat US (ruiné) de payer sa tournée une dernière fois. Ce qui maintient à flot, pour l’instant, vaille que vaille le seul moteur de l’économie américaine à part la guerre, j’ai nommé la consommation.

Benny, you smiled at me and really eased the pain...

Deux, que la hausse des cours du pétrole ne menace pas cette reprise aussi longtemps que le pétrole est payable en dollars, puisque, justement, Benny peut imprimer les dollars pour acheter le pétrole.

En fait, la hausse du pétrole est même plutôt une bonne chose pour Benny, parce que ça lui permettra de dire qu’on a besoin de plus de dollars pour acheter le pétrole.

Jusque là, Benny est content, et nous, on est content pour lui. On adore sa barbe, elle est très soignée. On aime bien  les barbus. Solidarité.

The dark days are gone, and the bright days are here...

Trois, qu’en revanche, si par malheur le pétrole ne pouvait plus être acheté en dollars, la « reprise » US serait fortement menacée, puisque cela impliquerait que Benny ne peut plus faire tourner sa planche à billets. Ou, plus exactement, que plus il va la faire tourner, moins les billets auront de valeur. Justement parce qu’ils n’auront plus d’équivalence en pétrole.

Quatre, et c’est là que les « Athéniens » s’atteignent, nous rappellerons encore que la principale raison du bordel en Lybie, et ailleurs aussi, outre l’existence de régimes qui feraient presque passer le Sarkozystan pour un modèle de démocratie éclairée… eh bien que cette principale raison est, précisément, à chercher du côté de la planche à billets de Benny.

C’est que, voyez-vous, quand Benny imprime ses dollars, il les confie à des gens qui spéculent avec. Ça fait monter les prix du blé. C’est comme ça qu’on a de l’inflation, sans hausse des salaires.

Benny trouve que ça s’appelle une déflation, parce que dans le manuel que lui a légué son tonton Greenspan, il est écrit que l’inflation, c’est seulement quand les salaires montent.

C’est compliqué, le monde selon Benny.

Chez nous, il y a monsieur Trichet qui a le même manuel, mais c’est rien, juste un Benny de compensation qu’on a donné aux Français.

Bref. Qu’est-ce que je disais ?

Ah, oui, l’inflation.

Car, n’est-ce pas, ce qui est sûr en tout cas,  c’est que pour les pauvres en Afrique du Nord, c’est tout simple, ça fait une inflation.

Si, si, on le jure à Benny : qu’il leur demande, aux pauvres et il verra ce qu’ils répondront.

C’est d’ailleurs pour ça qu’ils se révoltent : parce que c’est une inflation, sans hausse des salaires.

Et donc, nous dirons pour conclure que, cinq, voici le moment où les « Athéniens » se dépassent carrément.

Car, voyez-vous, la vraie question est de savoir si les régimes qui sortiront de ce bordel vont continuer à vendre leur pétrole contre les dollars imprimés par Benny à la chaîne, ou encore si quelqu’un, quelque part, va lâcher, à un moment ou à un autre, une amabilité comme : « Benny, fuck you, go to hell ».

Ou à peu près.

Chose qui, à notre avis, finira par arriver quand la « hausse modérée du pétrole », après avoir mis sur la paille les pauvres du fin fond de la Tunisie profonde, commencera à poser des problèmes à tous les gens qui n’ont pas la planche à billets de Benny.

Ce qui fait quand même pas mal de monde.

Benny devrait d’ailleurs, à ce propos, aller dans un magasin s’acheter ce qu’on appelle un planisphère, comme ça il pourrait compter les pays qui n’ont pas un nom d’Etat américain. Ça va l’étonner, sûrement.

Voilà, cinq choses qu’on avait envie de dire…

… de dire quand, pensant à tout cela et apprenant avec délectation que deux navires de guerre iraniens font des ronds dans l’eau en Méditerranée, au large des côtés israéliennes, et nous doutant bien encore que ce n’est pas du tout pour narguer les Juifs mais juste parce que les élèves-officiers iraniens aiment les belles croisières…

… de dire quand, donc, on a pris connaissance des déclarations rassurantes de MM. Goolsbee et Geithner.

C’est alors qu’on a esquissé un sourire en coin.


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