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Publié le : 15/06/2007 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par intervenants , Articles par thèmes , L'équipe Scripto , Société

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Un de nos amis nous signale l'excellent blog (anglophone) Reflecting Light.

Vient de paraître, sur ce blog, un petit article, signé par un monsieur Rick Darby, qui permet de prendre la mesure des évolutions en cours chez les locuteurs natifs du patois saxon. Nous vous offrons donc la traduction de ce petit bijou de lucidité.

Sachant que les pathologies nées dans l'anglosphère finissent tôt ou tard par contaminer notre pauvre France, voilà, donc ce qui nous attend...

Attention, personne sensible s'abstenir.

[ on trouvera la version originale ici ]

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Traduit de "Reflecting Light"

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En Grande-Bretagne, pays où la liberté individuelle périclite à vitesse grand V, on en est à développer un test psychologique d’embauche pour détecter les candidats qui ont dans le cerveau un « racisme intérieur ».

Les candidats doivent mettre des images de visages blancs et noirs dans les catégories « bon/positif » et « mauvais/négatif » en utilisant les touches fléchées d’un clavier. En les faisant répondre aussi vite que possible, le test vise à déjouer ce qu’on appelle le « contrôle cognitif » - l’intervalle de temps, court mais significatif, requis pour donner une réponse « acceptable » plutôt qu’une réponse instinctive et « honnête ». Le programme va jusqu’à calculer automatiquement un indice de réponse qui indique le niveau de préjugé racial.


Ce test est en cours de développement à la London Metropolitan University et il est destiné au secteur public et aux compagnies multinationales. Ses concepteurs disent qu’il est plus difficile à tromper que beaucoup de tests psychométriques utilisés pour jauger la personnalité. Ce test a été condamné la nuit dernière comme un cauchemar kafkaïen potentiel, où les individus seraient pénalisés pour des pensées logées dans leur subconscient profond.


Cette affaire va plus loin que le politiquement correct, qui fait taire tout le monde dès qu’on aborde certains sujets sensibles.  C’est même un pas au-delà du contrôle de la pensée : bientôt les agences gouvernementales britanniques (une large fraction de la main d’œuvre au Royaume-Uni) et les compagnies multinationales vont se transformer en chiens de chasse psychométriques, chargés de pister les personnes affligés d’un « racisme » inconscient. Même Staline serait obligé de s’incliner admirativement devant cette nouvelle manière d’éliminer les déviants !


Un certain Nigel Marlow, directeur des études de psychologie à la London Metropolitan University, qui est en train de développer le test, a plaidé pour son emploi, disant que les organisations devraient prendre des mesures concrètes pour traquer les « attitudes implicites »  et les opinions à caractère raciste. « Quand certaines attitudes implicites se manifestent, souvent de manière non écrite, elles se transforment peu à peu en attitudes stéréotypées ; une croyance, par exemple, que certains membres de certains groupes ont certaines caractéristiques positives ou négatives, opinion souvent infondée », explique-t-il. « Le test, dont nous espérons qu’il sera disponible dans les 12 mois, est un moyen subtile d’attraper les racistes. Il est fondé sur la théorie de l’attitude implicite, qui suggère que les gens ne sont parfois même pas conscients de certains préjugés profondément enracinés ».


En d’autres mots, on pourra vous refuser un job pour des idées que vous n’avez jamais exprimées, et que vous n’êtes pas conscient d’avoir eues. Décidément, l’Oncle Joe pointe le bout de son nez ! C’était d’ailleurs dans les habitudes de Staline de faire fusiller des membres du Parti Communiste ou du gouvernement soviétique, comme ça, des membres pris au hasard. Le calcul était le suivant : obligés de vivre avec constamment la crainte de se faire liquider sans avoir commis le moindre faux pas, les apparatchiks prenaient l’habitude de courber l’échine, volonté et personnalité brisées.


Dans la même veine, le citoyen ordinaire d’aujourd’hui va trembler à l’idée qu’on pourrait découvrir en lui des traces de « racisme intérieur ». Et cela, bien entendu, va le démoraliser, il sera toujours plus préoccupé de sauver sa peau, si bien qu’il aura de moins en moins la force de caractère nécessaire pour résister.


Comme tant d’autres chasses aux sorcières inspirées par le politiquement correct, ce test portant sur le « racisme intérieur » va rencontrer certains désaccords – c’est déjà fait, d’ailleurs. Est-ce que vous croyez que ça va changer quelque chose ? Moi, en tout cas, je ne le pense pas. Les ronchons vont se calmer, et les gens s’habitueront à une servitude de plus, un poids supplémentaire posé par l’Etat néojacobin britannique sur les épaules des Anglais.


Les choses n’en sont pas encore là aux USA. Pas encore. Mais ne croyez pas que nous (l’auteur de l’article est américain) soyons immunisés contre cette maladie. Les nouvelles du jour nous apprennent qu’à Kansas City, un « parks commissionner » (personne chargée des jardins publics) est la cible d’organisations représentant divers groupes raciaux et religieux, ainsi que de plusieurs conseillers municipaux. Ces gens veulent que ce « parks commissioner » soit licenciée à cause de ses opinions, sans que cela ait le moindre rapport avec ses aptitudes professionnelles. Il semble que cette personne soit hostile à l’immigration clandestine. Cela fait d’elle quelqu’un susceptible de créer des divisions (bien entendu, les « pro-illegal » ne créent jamais de divisions).


Robert Conquest, le grand historien des dommages incalculables infligés à l’humanité par les régimes communiste et nazi, a souligné que ces désastres ne provinrent pas fondamentalement de problèmes sociaux inhérents à ces régimes, mais des solutions apportées à ces problèmes – des solutions qui durcirent les idéologies, d’abord en Etat-parti unique fondé sur l’idéologie, ensuite en tyrannie.


Il est exact que le racisme a jadis fait partie de la civilisation occidentale, à un degré plus ou moins prononcé (je veux parler du véritable racisme, pas de l’insulte tous-usages lancée à la ronde par nos modernes gauchistes). Et la lutte pour éliminer le véritable racisme fut une lutte honorable et morale. Mais puisque le combat a été gagné, pour l’essentiel, l’antiracisme s’est développé à la manière du système soviétique : il s’est mué progressivement en une croyance  intolérante et fanatique, croyance qui a fini par rendre possible une forme de pouvoir politique allant jusqu’au contrôle sur la vie quotidienne.


Cette idéologie obéira-t-elle au même schéma que ses prédécesseurs ? La nouvelle religion civique, le politiquement correct, est déjà une forme de totalitarisme soft, qui exige de chacun qu’il se censure avant de parler de certaines questions – ou se couvre prudemment par une introduction du genre « Je ne voudrais pas paraître sexiste/raciste/xénophobe… mais… »


Nous avons clairement atteint le stade de la rigidité idéologique, et très bientôt, nous devrions atteindre celui du Parti Unique, quand les Républicains et les Démocrates continueront à lutter pour le pouvoir, mais seront pratiquement sur les mêmes positions concernant l’immigration, la politique sociale et les questions raciales. Nous sommes encore à quelque distance de la tyrannie, mais du train où nous allons et dans une perspective historique, la probabilité n’est pas négligeable que nous y parvenions.


La Bête est de retour.

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