Évènement

Intervention de Michel Drac à la première Internationale solidariste

Publié le : 19/05/2011 23:00:00

internationalesolidariste

Bonjour mesdames et messieurs,

Serge Ayoub a employé la phrase clef quand il a dit : « faire en sorte que la France redevienne la propriété des Français ».

Je ne suis pas à la base un militant. Je suis un patriote français, mais pas un nationaliste idéologique. Mais aujourd’hui, nous sommes dans une situation où vous, les nationalistes, pour des raisons historiques précises, vous êtes exactement synchrones avec la lutte qu’il faut conduire pour libérer votre peuple.

C’est pourquoi je suis ici.

Le peuple français aujourd’hui n’est plus propriétaire de son pays. On vous fait croire que vous vivez dans une démocratie. On vous fait croire en quelque sorte que vous seriez, chacun d’entre vous, titulaire d’une part sociale d’une société de personnes qui serait la France. Ce n’est pas vrai : vous êtes des employés très précaires, sur un site imprécis d’hébergement d’activités dont la seule finalité est la maximisation des rendements du capital. Vous êtes la main d’œuvre taillable et corvéable à merci de France Société Anonyme, filiale de World Company.

L’objectif politique aujourd’hui, le seul qui compte, c’est de faire en sorte que nous, nous tous, nous redevenions propriétaires de notre pays. Economiquement, quand on a dit ça, pratiquement, on a dit tout ce qu’il fallait dire d’essentiel.

Je vais essayer d’expliquer un petit peu, en termes très simples, comment fonctionne le système capitaliste contemporain, et pourquoi vous, nationalistes, vous êtes aujourd’hui les seuls à être vraiment synchrones avec les luttes qu’il faut conduire.

La base de ce système, c’est la création monétaire. En réalité, le fond de l’affaire, à l’échelle mondiale, c’est qu’il y a des gens qui sont en train littéralement de racheter la terre à l’humanité, en échange de rien. Ces gens, ce sont les gens qui se sont octroyé la création monétaire, essentiellement via le pouvoir de la Federal Reserve, aux Etats-Unis, et secondairement via l’ensemble des banques centrales organisées selon le modèle historique de la Banque d’Angleterre.

Il n’y a qu’un seul moyen de nous redonner la possibilité d’agir économiquement : c’est de faire sauter le système de confiscation de l’émission monétaire. Et vous, nationalistes, vous êtes les seuls à pouvoir faire ce travail-là. Aucune des autres grandes tendances de l’échiquier politique ne peut vraiment le faire.

L’extrême gauche a été prise au piège de son internationalisme. Elle est devenue une collection de tribus d’idiots utiles, c'est-à-dire utiles aux forces du capital globalisé. Dans un monde où c’est ce capital hautement mobile qui impulse de fait le rythme de la mondialisation économique, tous ceux qui veulent l’unification croissante du monde se retrouvent toujours, qu’ils le veuillent ou non, au service objectif de ce capital. L’extrême gauche n’arrive pas à sortir de ce piège.

Premier exemple, nous avons une extrême gauche qui continue à croire qu’on peut indéfiniment approuver une politique immigrationiste, sans jamais poser la question de l’immigration comme armée de réserve du capital. Pourquoi ? Parce que les gens de cette tendance sont piégés dans leur internationalisme, qui leur interdit de percevoir la frontière autrement que comme un enfermement. Ils n’ont toujours pas compris qu’elle pouvait, aussi, être protectrice des peuples.

Deuxième exemple, nous avons une extrême gauche qui continue à croire que les combats libérateurs sont nécessairement des combats libertaires, alors que les stratégies de domination du système capitaliste contemporain reposent largement sur la libération de certaines pulsions à l’intérieur des individus. L’extrême gauche n’a pas fait la sur-critique qui permettrait de se placer en surplomb de ces processus de domination, et elle est elle-même devenue un dispositif fonctionnel du système de domination globale.

La gauche gestionnaire est depuis longtemps devenue l’aile gauche du grand parti du capital. On le voit bien aujourd’hui avec un homme comme Dominique Strauss-Kahn, qui a de fortes chances de devenir le candidat du Parti Socialiste en 2012.

Quant à la droite libérale, elle est piégée par son libéralisme. Elle ne veut pas comprendre qu’aujourd’hui, dans le monde économique réel, la seule liberté concrète, c’est celle du renard des multinationales dans le poulailler des PME. Elle ne veut pas voir que la seule liberté concrète dans le domaine économique, c’est la liberté du capital spéculatif, virtualisé, de profiter de sa mobilité supérieure pour mettre en concurrence en permanence les mains d’œuvre.

Donc, la droite libérale, comme la gauche réformiste, comme l’extrême gauche, est coincée par le système global qui verrouille, en dernière analyse, le pouvoir des institutions chargées de l’émission monétaire.

En revanche, il y a une mouvance qui, par une sorte de tête à queue de l’histoire, est devenue aujourd’hui l’aile marchante potentielle dans la lutte contre cette confiscation de la terre par les financiers. Cette mouvance, c’est le nationalisme.

Le nationalisme est une idéologie. Mais c’est la moins idéologique de toutes les idéologies. Elle s’intéresse forcément à la nation, donc à une réalité charnelle. Or, aujourd’hui, cette réalité charnelle se révolte contre le programme que les financiers veulent lui imposer à l’échelle globale. Beaucoup d’entre vous, ici, sont des indices, des signes de cette révolte du réel contre le programme.

Et cela se fait autour de la nation principalement, parce que ça ne peut se faire autour de rien d’autre, quand on entre sur le terrain vraiment politique. Au niveau local, au niveau régional, il peut se faire beaucoup de choses concrètes. Mais c’est trop petit pour faire face au mondialisme. La taille critique pour dire non au mondialisme, c’est la nation – plutôt un grand pays comme la France. C’est la plus grande communauté humaine incarnée.

C’est pour ça que je suis ici, bien que je ne sois pas un nationaliste idéologique.

Je suis un patriote, parce qu’un homme qui n’aime pas sa patrie, n’aime pas l’humanité et n’a plus rien à faire sur terre. Mais je ne suis pas un nationaliste idéologique – le nationalisme est une construction idéologique du XIX° siècle, qui a ses qualités et ses défauts…

Mais ce qui est sûr, c’est que dans le monde d’aujourd’hui, la force politique qui peut entrer en lutte réellement, concrètement, en face de cette machine à voler la terre aux peuples, c’est le nationalisme. Vous Français, quand vous dites que vous êtes propriétaires de la France, sans le savoir, ce que vous dites, c’est que l’humanité est propriétaire de la terre.

Dans un contexte aussi tranché, aussi net, il n’y a pas à hésiter. C’est pour ça que je suis ici aujourd’hui. Il faut dire à un certain nombre de gens qui ont un cursus proche du mien, qui ne viennent pas a priori du nationalisme : aujourd’hui, la question, ce n’est plus « quelle est la couleur de ton teeshirt ? ». Aujourd’hui, la question, c’est : « pour ou contre la Banque ? ».

La question n’est plus de savoir si ce gars-là, il fait peur ou pas parce qu’il est habillé en noir : ça, c’est de l’enfantillage. La question, c’est : « pour ou contre la Banque ? ».

Si quelqu’un est contre la Banque, alors ce quelqu’un est pour l’humanité. Il est dans le camp où je veux me situer, où de plus en plus de gens voudront se situer : le camp de ceux qui n’ont pas renoncé à leur âme. C’est la seule chose qui compte ; tout le reste, au regard de cela, est parfaitement secondaire.

Ici, c’est un petit mouvement. C’est quelque chose qui naît. C’est tout petit. Mais c’est déjà intéressant.

Il faut comprendre que le nationalisme, historiquement, c’est une force qui a parfois été retournée, instrumentalisée par les pires adversaires de la nation réelle. Dans le face à face qui commence entre les peuples et la haute finance, il y a des gens qui vont jouer double jeu. Aujourd’hui, comme hier.

Et donc, je trouve ça très bien qu’il y ait des petits mouvements, avec des gens qui ne sont pas là pour négocier un strapontin dans un gouvernement, mais qui veulent au contraire impulser une ligne dure. C’est bien, parce que ça peut servir d’aiguillons à d’autres mouvements, plus grands, qui représentent bien sûr beaucoup plus massivement le nationalisme, mais qui sont en risque permanent d’être infiltrés par le grand parti des réseaux d’influence – des réseaux qui travaillent tous, directement ou indirectement pour le pouvoir bancaire.

Donc, si je résume mon propos, eh bien, vous avez raison d’être ici. Sans le savoir pour certains d’entre vous, vous êtes collectivement en train de planter dans le sol une marque qui va servir de point de référence à beaucoup de gens, dans les années qui viennent.

Je vous remercie de votre attention.

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