Interview M. Drac par J. Livernette

Publié le : 29/11/2009 23:00:00

Dollar Hitler

Publié initialement sur le blog de J. Livernette


Présentation de l’auteur ?

Je travaille comme contrôleur de gestion dans un grand groupe depuis une quinzaine d’années. Je suis donc un spécialiste de la micro-économie. Je me suis risqué dans la macro-économie avec « Crise ou coup d’Etat ? » parce que nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie sans poser la question du système dans son ensemble.

Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com, où nous travaillons beaucoup en ateliers. « Crise ou coup d’Etat ? » est donc en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec l’auteur qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ».

Pouvez-vous présenter votre bouquin dans ses grandes lignes ?

Il y a trois parties.

La première partie décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective aussi par rapport aux décennies précédentes. En gros, j’explique que la politique macro-économique consiste, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, haute banque (si tant est que ce terme ait encore un sens distinct) et surtout banques d’affaires adossées aux banques commerciales.

La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisé pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classe en Occident.

Enfin, la troisième partie essaye d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaye en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Et que nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghai peut dégénérer profondément. Tout simplement parce que nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha déjà sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre est « Crise ou coup d’état ? », est-ce à dire de la manière dont la question est posée qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ?

En fait, je pense qu’il y a une crise : le basculement latent du centre de gravité de l’économie-monde. Pour dire les choses de manière très schématique : la haute finance anglo-américaine a voulu capter l’offre de main d’œuvre asiatique pour achever d’écraser les peuples occidentaux, avec en arrière-plan l’idée que la montée en puissance de la Chine serait assez lente pour que les USA conservent toujours clairement le leadership technologique et militaire. La politique de Vladimir Poutine a été le grain de sable qui enraya cette machine, et les USA doivent maintenant casser la Russie, ou à défaut l’éloigner de la Chine, pour conserver la prééminence malgré un déclin économique relatif, inéluctable vu le potentiel asiatique (Chine, Inde, appuyées sur les ressources naturelles de la Sibérie). S’ils échouent, le protectorat européen pourrait s’émanciper, dans la foulée d’une Allemagne qui penche de plus en plus clairement vers l’Est. La vraie crise, c’est cela. Elle est économique dans ses causes, géostratégique dans ses conséquences.

A côté de cette vraie crise, il y a un coup d’Etat déguisé en crise. Ce coup d’Etat, c’est la vampirisation de l’économie productive US, et à un degré moindre européenne, par une économie spéculative devenue folle. Il est très difficile de dire, en la matière, si ce coup d’Etat a été entièrement planifié, ou si, dans une certaine mesure, l’intelligence émergente construite par les marchés ne s’est pas en partie imposée aux oligarchies. Mais ce qui est certain, c’est qu’au final, tout s’est passé comme si par une politique systématique de mise en endettement, la haute finance avait préparé un ajustement brutal de la structure de classe et le démantèlement d’un modèle démocratique que nos oligarques jugement aujourd’hui inadapté, face à la montée en puissance d’un monde chinois qui, rappelons-le, n’a rien de démocratique. Ce coup d’Etat a pris la forme d’une crise financière, mais en réalité, je pense avoir montré que cette crise-là, la crise des « subprimes », pour dire les choses simplement, a été fabriquée, et qu’elle vise en réalité à garantir le pouvoir des oligarchies malgré l’autre crise, la vraie, celle qui se joue à l’échelle géostratégique.

Pour vous, donc, la crise des subprimes n’est pas la vraie crise. Elle est la partie visible de l’iceberg, celle que l’oligarchie financière anglo-atlantiste a souhaité mettre en avant.

Bien sûr. La « crise des subprimes » a été fabriquée par deux évènements déclenchant : l’abolition des règlementations qui interdisaient l’adossement des banques d’affaires aux banques commerciales, et le maintien par la FED, de 2002 à 2005, de taux directeurs ridiculement bas par rapport à l’inflation réelle. Il est impossible que les régulateurs n’aient pas vu où tout cela conduisait. Tout simplement impossible. Qui nous fera croire que Greenspan a pu croire que les taux d’intérêt réels négatifs seraient maintenus éternellement ? Qui peut croire une chose pareille ? Il est bien évident qu’un pays obligé de rechercher des financements extérieurs ne peut pas offrir des taux négatifs de manière permanente.

Soit dit en passant, Bernanke, actuellement, continue à prétendre le contraire. L’actuelle « reprise » en trompe-l’œil n’est donc que la réédition de la mécanique qui a déjà conduit à la crise de 2008…

L’effondrement de ce fameux iceberg est-il totalement prémédité ? Pour la finance internationale, le but serait de détruire l’économie occidentale pour la transférer en Asie, en Chine plus précisément.

Non, je ne pense pas qu’on puisse dire les choses comme ça. C’est plus compliqué.

Le but de l’oligarchie anglo-américaine est de construire un mondialisme où son pouvoir ne serait pas ou peu remis en cause. Elle ne veut pas que le centre de gravité de l’économie-monde bascule vers l’Asie, bien au contraire. Son problème, c’est justement qu’il bascule, et qu’elle n’y peut rien, à part se préparer à gérer ce basculement pour y survivre, et retrouver plus tard, dans un autre contexte, la place centrale qu’elle estime devoir être la sienne.

Reprenons la chronologie pour comprendre. Dans les années 80, deux phénomènes vont nous faire passer d’un monde à un autre. Le premier, c’est l’implosion du système soviétique, implosion rendue possible par l’Initiative de Défense Stratégique et l’encerclement de l’URSS, stratégie rendue elle-même possible, pour les USA, par l’établissement d’un système financier post-Breton Woods, « dollar as good as oil ». Cela, pour l’oligarchie US/GB, c’est une victoire. Une victoire, soit dit en passant, qui semble avoir entraîné chez certains une forme de folie des grandeurs

L’autre phénomène, c’est la fin du maoïsme et l’ouverture progressive de la Chine. Ce phénomène-là est, pour les dirigeants occidentaux, à la fois une menace et une opportunité.

C’est une menace, parce que le potentiel de développement chinois est fabuleux. La Chine est un pays milliardaire en hommes. Elle possède, pour des raisons culturelles et anthropologiques, une main d’œuvre de très bonne qualité. En mieux, il n’y a que les mains d’œuvre allemandes et japonaises. Elle possède aussi un territoire certes surpeuplé, mais tout de même pourvu de ressources naturelles non négligeables. Et en outre, si elle trouve un accord avec la Russie, elle dispose d’un hinterland sibérien immensément riche en ressources. La Chine adossée à la Russie, de toute évidence, a les moyens de devenir beaucoup plus productive que les USA.

Mais l’ouverture de la Chine est aussi, pour les dirigeants occidentaux, une fabuleuse opportunité. Rien ne dit en effet que ce milliard de Chinois vont travailler pour Pékin. Si les multinationales occidentales parviennent à capter cette offre de main d’œuvre, la guerre de classe, en Occident, est définitivement gagnée par le Capital. Ceci, d’ailleurs, est tout aussi vrai pour l’Inde.

Reprenons la chronologie. 1989 : la tentative de déstabilisation de la Chine échoue. L’armée prend les choses en main, la répression est féroce. Je crois que 1989 a été une tentative de « révolution orange » avant la lettre, conduite par les mêmes forces qui avaient contraint Gorbatchev à la Perestroïka, et sans doute avec le soutien d’une partie de l’appareil du PCC. Son échec a été le premier grain de sable dans le plan des mondialistes anglo-américains.

Malgré tout, dans les années 90, les Américains croient encore qu’ils peuvent faire travailler la Chine pour eux. L’opportunité est trop belle de casser les peuples occidentaux, pour lesquels, comme je l’explique dans le bouquin, l’oligarchie dominante n’a guère de respect. D’où l’organisation d’un système de libre échange inéquitable, et cela en grande partie par les multinationales occidentales elles-mêmes.

Il va s’avérer, ensuite, que c’est un jeu de dupes. Les Chinois ont accepté ce néocolonialisme des multinationales occidentales en l’encadrant très sévèrement. Le PCC n’a jamais perdu le contrôle des procédures d’outsourcing utilisées par les multinationales occidentales. Il a accepté l’investissement occidental pour capter les transferts de technologie, c’est tout. Simultanément, il a poursuivi une politique d’alliance avec Moscou.

C’est là qu’intervient le deuxième grain de sable dans le plan mondialiste : l’arrivée au pouvoir, à Moscou, de Vladimir Poutine. Les dirigeants anglo-américains ont, pendant les années Eltsine, organisé le pillage de l’espace ex-soviétique. Ils sont allés trop loin. La Russie de Poutine inaugure une politique de la bascule entre Pékin et l’Occident, politique qui se transforme, à partir de 2005, en alliance chinoise. Qu’est-ce que cela implique ? Tout simplement que les USA ont nourri le tigre chinois pour le dompter, mais qu’avec l’alliance russe, ce tigre s’est donné les moyens d’échapper au dompteur !

A cela s’ajoute le fait que le modèle financier promu par les dirigeants occidentaux n’est tout simplement pas viable. Si les USA avaient encore les moyens d’intimider la Chine, cette non-viabilité pourrait être soldée sur la Chine. Mais ce n’est plus le cas. Entre 2000 et 2005, les Chinois ont accepté de jouer le jeu, finançant le déficit commercial US en achats de bons du trésor, malgré les taux d’intérêt absurdes. A partir de 2005, une renégociation commence. La Chine accepte la réévaluation du Yuan (partielle, au demeurant), et les USA remontent leurs taux d’intérêt. Dès lors, l’implosion de la bulle immobilière est en vue.

La suite, c’est la gestion cahin-caha d’un plan de domination globale en train de se disloquer sous les yeux de ses concepteurs. Il ne faut pas croire que l’oligarchie actuelle a choisi le contexte de son action. Elle ne choisit, depuis l’alliance russo-chinoise, que sa manière de gérer ce contexte…

Quand et comment a réellement commencé cette sorte d’implosion du système capitaliste financier ?

Si l’on doit remonter à la racine, il faudrait pratiquement s’intéresser aux circonstances qui ont entraîné la création de la FED, après la crise de 1907 !

Cependant, si on se limite aux causes directes, sans remonter aux causes des causes, on peut dire que l’implosion a commencé dès la récession de la fin des années 1950, et qu’elle a été avérée à la fin des années 90. Le moment où le capitalisme financier occidentalo-centré implose franchement, c’est en effet l’explosion de la « bulle Internet », fin des années 90, après de multiples signaux d’alerte (crise asiatique, en particulier). La décennie 2000, sous cet angle, n’a été qu’un immense village Potemkine, avec une reprise totalement artificielle, fabriquée par les USA à coup de taux directeurs absurdes et de déficit commercial délirant. Une « reprise », donc, qui les a ruinés. Etrange reprise…

L’argent-dette, l’usure, la spéculation sont-ils pour vous les principales causes de cette crise ?

Oui et non. En réalité, ce sont des symptômes. Le mal est dans la nature même du système capitaliste, dans ce que l’on appelle la dérive inégalitaire, et son corollaire obligé, la loi des rendements dégressifs.

Le mécanisme est le suivant : le capitalisme aboutit à rendre les riches toujours plus riches, spontanément. Il fabrique en effet du profit en sus de la création de richesse réelle (c’est sa vocation). Ce profit fait qu’il y a de plus en plus de capital accumulé, en sus de la croissance du marché. Le capital croît plus vite que le marché, puisqu’une partie des surplus de productivité n’est pas redistribuée aux acteurs de la consommation ou de l’investissement (entreprises, Etats et particuliers). Dès lors, pour sortir de la contradiction interne, il faut que le capital fabrique de la valeur financière en sus de la richesse productive. Ce que je vous dis là n’a rien d’une innovation : c’est la base de l’analyse marxiste, une base d’ailleurs admise par une grande partie de l’école libérale.

Comment va-t-on créer de la valeur sans créer de la richesse ? Par la spéculation. Comment va-t-on financer la spéculation ? Par l’usure (taux d’intérêt supérieurs à la réalité de la croissance économique). Comment va-t-on financer l’usure ? Par l’argent-dette, pour étendre les bilans plus vite que les comptes de résultat. Comment va-t-on faire en sorte que cet argent-dette fasse des petits, plus vite que la croissance réelle ? Par le développement d’une économie virtualisée, qui permet en quelque sorte d’émanciper l’économie financiarisée de sa base productive. Tout le ressort de la crise est là, et si on remonte à la cause, on voit que c’est la dérive inégalitaire. Le capitalisme crève, parce qu’il ne partage pas.

En France, la défection du président De Gaulle a-t-elle été le début de la fin ?

Disons que c’est le moment où la France a eu confirmation qu’après sa mort (quelque part entre 1916 et 1940), elle n’avait pas le droit de renaître. La tentative gaullienne était de toute manière vouée à l’échec, soyons lucide. Mai 68 n’a jamais été que le moment où un peuple exténué s’avouait à lui-même qu’il ne désirait plus qu’une chose : mourir en jouissant. Mais bon, ceci nous entraînerait trop loin du sujet.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que le régime gaulliste refuse les accords secrets sur la non-convertibilité du dollar, accords passés sous l’égide de Londres dès 1966. Et que ce même régime gaulliste « saute » peu après avoir envoyé paître la haute banque basée à Londres. Cherchez à qui le crime profite…

Barack Obama incarne-t-il un espoir selon vous ? Ou est-ce celui de Wall Street ?

Je crois surtout que ce brave monsieur Obama n’est pas grand-chose. Si l’on examine sa biographie, on remarque qu’il a été détecté, à l’université, dans les années 80, par un prof de haut renom, Z. Brzezinski, ex-conseiller spécial du président Carter, et secrétaire général officieux de la commission trilatérale. On me permettra de penser qu’il doit sa carrière sans doute à son immense talent… et aussi, un peu, au soutien de commission trilatérale !

Au reste, la composition de son administration ne laisse guère de doute quant à ses affinités réelles. Cette administration est entièrement peuplée, aux échelons clefs, d’hommes de Wall Street. Peut-on voir des adversaires de Wall Street dans un Summers, dans un Geithner, tous deux disciples de Robert Rubin (l’homme qui abolit, sous Clinton, la muraille entre banque d’affaires et banques commerciales) ? Je ne le pense pas.

A mon humble avis, Obama doit sa place au fait que l’oligarchie US s’est dit qu’il serait temps de mettre un Noir à la tête du pays. Changeons la couleur du président pour ne pas avoir à changer de politique. Je crains que ce ne soit pas plus compliqué que ça.

Donc ne jetons pas la pierre à Obama. Il n’est rien, au fond. Juste un bon acteur embauché pour remplacer un acteur déplorable. Ce sera le plus grand président américain depuis George W. Bush !

Un ami américain me disait l’autre jour qu’à son avis, quand un président venait de prêter serment, on l’emmenait dans le bunker sous la Maison Blanche pour lui montrer un film sur l’assassinat de Kennedy. Le film qui dit la vérité. Puis on lui posait la main sur l’épaule, et on lui demandait : « Mister President, do you have a question ? »

Le pire, c’est que ça se passe comme ça de facto !

Comment voyez-vous l’évolution de la situation économique mondiale ?

Il est difficile de répondre à votre question pour deux raisons : d’abord nous ne savons pas ce que seront les prochains mouvements des acteurs, ensuite il n’est pas du tout certain que nous ayons encore les vrais chiffres. La FED a étendu son bilan dans l’opacité la plus complète, et les opérations hors bilan sont semble-t-il énormes. Alors…

Disons que si la logique est respectée, l’actuelle « fausse reprise » va se poursuivre tant que les taux directeurs resteront nuls. Puis, à un moment qu’il n’est pas possible de préciser, la FED sera obligée de remonter ses taux pour empêcher un effondrement du dollar. Alors le système repiquera du nez, et on entrera dans une deuxième vague de la crise, probablement bien plus violente que la première vague. Le facteur déclenchant a de fortes chances d’être la sortie définitive de la Chine de la zone dollar, et l’établissement d’un nouveau système financier international. La configuration exacte de la crise dépendra en grande partie de la nature de ce système. C’est sans doute ce qui se négocie actuellement en coulisse.

Pour nous, européens, le risque est de faire les frais d’un accord in extremis entre Chine et USA…

Quelles solutions serait-il judicieux d’y apporter ?

La révolution, évidemment ! Il est évident qu’on ne sortira de l’impasse qu’en réhabilitant le partage. Et il est évident qu’il ne faut pas compter sur le pouvoir actuel pour opérer cette réhabilitation. Il faut donc remplacer ce pouvoir par un nouveau pouvoir. Il n’y a plus aucune autre sortie possible, à part, évidemment, l’hypothèse catastrophique d’une conflagration générale, avec à la clef un nouveau fascisme.

C’est une situation historique très intéressante. Nous entrons dans une période cruciale. Pour la première fois depuis des siècles, les peuples vont se retrouver dans la situation d’avoir à choisir entre l’esclavage et la révolution. Cela sourde d’ailleurs littéralement de partout. Et en particulier, je vous le ferai remarquer, aux USA. « The Revolution, a Manifesto », est le titre d’un best-seller rédigé par le congressman Ron Paul. « Don’t start the revolution without me » est celui d’un autre best-seller, rédigé par le très américain (mais pas idiot du tout) Jesse Ventura. En Europe même, la rébellion est aux portes. En France, il y a eu des millions de personnes dans la rue, récemment, pour refuser la politique socioéconomique du gouvernement Sarkozy. En Allemagne (et c’est peut-être, pour nous, le plus important), il y a des signes de plus en plus probant de la révolte latente de la nouvelle puissance allemande contre son brutal protecteur américain. Je crois d’ailleurs que le coup de grâce, pour l’Empire, pourrait bien venir de là. A mon avis, le moment décisif ne sera pas celui où les peuples vont se révolter par la rue (nos contemporains me paraissent bien trop mous pour ça). Je crois que le moment décisif, qui est peut-être très proche, sera le moment où une partie des élites va entrer en révolte contre une autre partie. Ou plus précisément : le moment où une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou.

C’est ce moment qu’il nous faut préparer. Parce qu’à ce moment-là, il y aura enfin quelque chose à faire. Je veux dire : à part commenter.

 

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