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Jack Donovan : "Les hommes doivent devenir des meutes de loups"

Publié le : 13/09/2018 12:32:30
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Jack Donovan

« Dans le passé, les barbares étaient des « outsiders » aussi bien au sens culturel que physique. Ils étaient de quelque part et d’ailleurs. Ils vivaient hors de portée des limites de « l’Empire » et razziaient ses marches et frontières. Ce n’est plus possible, car « l’Empire » est partout.


Les porteurs de drapeaux disent souvent : « Si vous n’aimez pas mon pays, alors quittez-le ». Mais il n’y a nulle part où aller. Pas d’échappatoire.

Il n’y a plus de nouveaux mondes, plus de territoire non cartographié à découvrir, prêt à être habité et fertile. La portée du mercantilisme et de sa monoculture universaliste s’étend sans cesse, même dans des régions instables et sauvages comme l’Afrique ou l’Afghanistan, et il poursuivra son expansion jusqu’à ce qu’il y ait un McDonald’s dans chaque mosquée et que la religion la plus volatile du monde soit modérée en une autre identité de consommateur sans signification.

Vous pourriez dépenser toutes vos ressources et les meilleures années de votre vie en essayant de foutre le camp dans quelque farouche oasis, rien que pour découvrir quelques années plus tard que « Globocorp » passera votre éden au bulldozer pour faire place à des magasins de chaîne et condominium.

Les hommes nés dans « l’Empire » (en carton et plastique) ne sont pas et ne peuvent devenir d’heureux mangeurs d’insectes et de bananes. Presque tous les hommes sont des produits de « l’Empire », nés dans des hôpitaux en béton et élevés en gobant des snacks artificiels saccharinés tandis que des dessins animés les tiennent occupés. Tout ce qu’ils ont c’est le rêve d’une vie différente et l’impression que tout ce qu’il vaudrait la peine d’avoir est systématiquement assassiné pour faire place à davantage de faiblesse, d’avantage d’avidité sans objet et d’indolence semi-solitaire. Les hommes nés dans « l’Empire » ne peuvent revenir en arrière et être des barbares nés ou s’enfuir vers quelque lieu magique où devenir des barbares. La seule voie pour devenir des barbares c’est de créer ce lieu magique à l’intérieur même de « l’Empire », y creuser de petites poches et devenir des « outsiders » qui sapent « l’Empire » à l’intérieur de ses frontières.

Devenir un « outsider » de l’intérieur est similaire à ce qu’Ernst Jünger appelait : « Le recours aux forêts ». Quand on ne peut pas échapper à la modernité, il faut rompre spirituellement et bâtir un monde dans un monde. Jünger croyait que chacun de nous porte quelque graine de vie primordiale inquantifiable, quelque chose de vivant qui nous permet de voir une forêt de vie et de sens même dans le désert du monde moderne mécanisé. Il imaginait ses rebelles forestiers comme des loups solitaires. La nécessaire révolte contre l’universalisme moderne est le tribalisme, il faut des meutes de loups. Les hommes doivent devenir des meutes de loups – des hommes civilisés qui se transforment en quelque chose de sauvage et d’étranger à « l’Empire », transportant la forêt en nous-mêmes, même environnés de métal et de verre, nouant des liens indestructibles au milieu d’« amis » par beau temps et d’étrangers superficiellement concernés.

Cette transformation d’homme civilisé en loup, de penseur bureaucratique en barbare, exige une révolution spirituelle – un profond changement de pensée et d’approche aussi bien envers les grandes questions que les défis quotidiens. »

- Jack Donovan.


- Extrait de « Devenir un Barbare ».
Après « La voie virile » (2014) et « Un ciel sans aigles » (2017), Le retour aux sources vous présente l’œuvre définitive de Jack Donovan. Préface de Piero San Giorgio.

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