L'histoire de France d’Éric Zemmour dans le cadre du "catholicisme d'Israël" | Par Pierre Hillard

Publié le : 13/09/2018 23:59:59
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Commentaire de Pierre Hillard au livre d’Éric Zemmour, Destin français (Albin Michel, septembre 2018).


Éric Zemmour est un homme de grande culture. Il tranche par rapport à de nombreux journalistes et choque souvent par ses propos en dénonçant, par exemple, l'invasion migratoire en France et en Europe.

Il est vrai que le test de la Drépanocytose fait uniquement aux nouveaux nés originaires d'Afrique du nord ou subsaharienne (comme le précisent les textes officiels) permet de savoir dans le cadre de l'Association française pour le Dépistage et la Prévention des Handicaps de l'Enfant (AFDPHE) qu'environ 40% des naissances en France viennent de ces contrées (9% en Bretagne et presque 75% en Île-de-France). Cependant, même si cet ouvrage dit des choses justes, Éric Zemmour insuffle dans ses propos un tour d'esprit ne correspondant pas aux caractéristiques propres de la civilisation française. 

Par certains aspects, nous pouvons constater que ces référents vont dans le sens du noachisme, religion exclusivement réservée aux non-juifs (les gentils) émanation de la synagogue dont les fondamentaux sont le rejet de l'Incarnation et du sacerdoce catholique... tout l'opposé du catholicisme trinitaire. A cela, il ne faut pas oublier les répercussions politiques comme, par exemple, le baptême de Clovis instaurant le principe, sous l'égide de l'évêque Saint Rémi, que le roi de France est le "Lieutenant du Christ", caractéristique qui a perduré jusqu'au sacre de Louis XVI .

Cet élément fondamental rappelant le rôle de médiateur du roi de France entre ses sujets et son suzerain, c'est-à-dire le Christ, fut solennellement réaffirmé par la Triple donation de Sainte Jeanne d'Arc, le 21 juin 1429 à Saint-Benoît-sur-Loire. Éric Zemmour se garde bien d'évoquer cet événement capital relaté dans le "Breviarium Historiale" envoyé en juillet 1429 au pape Martin V, document qui a servi par la suite, entre autres, à la béatification puis à la canonisation de Sainte Jeanne d'Arc. Comme il l'écrit dans son livre, il ne croit ni à la résurrection du Christ ni au dogme de l'Immaculée Conception ce qui est logique pour une personne de confession juive. Cependant, cela n'empêche pas Éric Zemmour d'affirmer qu'un Français doit être marqué par le catholicisme via l'Eglise, sa pompe, le culte des images, un style, le tout en lien avec Rome et Athènes. Nous rappelons que pour être catholique, nous n'avons pas à faire le tri entre ce que l'on aime et ce que l'on n'aime pas dans cette religion.

En effet, pour être catholique, il faut croire à la résurrection du Christ et au dogme de l'Immaculée Conception. L'auteur en vient même à faire un chapitre sur Saint Louis appelé le "roi juif" dans le but de le confondre avec le sacre du roi David, méthode permettant de rappeler, certes, une source d'inspiration propre à la monarchie française mais, d'une manière habile, de faire passer à la trappe le principe de l'Incarnation à l'origine du parachèvement de l'Ancien Testament. Les fondamentaux de la royauté française exprimés lors du sacre à Reims n'ont de valeur qu'en raison de la proclamation de la divinité du Christ. Éric Zemmour de par ses référents religieux et philosophiques ne peut pas défendre ce type de civilisation qui a perduré 1300 ans de Clovis à Louis XVI. A cela s'ajoute une distinction entre le public et le privé prôné par Éric Zemmour. Comme le rapporte le journaliste Emmanuel Berreta (le Point, 8 avril 2010) dans un article intitulé : "Qui est vraiment Éric Zemmour ?", ce dernier n'hésite pas à affirmer : "C'est comme moi, je m'appelle Éric, Justin, Léon. Mais, à la synagogue, je m'appelle Moïse".

Un catholique ne peut pas adopter cette manière de raisonner. Il n'est pas étonnant de voir ce journaliste être fidèle aux principes de 1789 anticatholiques dans leur essence avec la rupture du baptême de Clovis et à Napoléon 1er qui a enraciné ces principes. Par ailleurs, il égratigne les Rothschild et certains aspects du judaïsme sans aller plus en avant. Par exemple, il critique la Charia mais se garde bien de remettre en cause le Talmud et la Kabbale d'essence anticatholique.

Parmi les grands hommes, il admire Clemenceau alors que ce dernier acquis aux intérêts anglais empêcha, en octobre 1918, l'armée alliée de Franchet d'Espèrey présente en Europe centrale de fondre sur Berlin vide de toute résistance ce qui aurait permis de casser l'Allemagne. L'Angleterre ne le voulait absolument pas et Clemenceau fut l'agent docile de cette politique concrétisée par le Traité de Versailles en 1919 dont la France paya la note en 1940. Enfin, soulignons cette incongruité de mettre sur le même pied d'égalité le maréchal Pétain et le général de Gaulle. Pétain a voulu combattre les principes de 1789 remplacés par le triptyque "Travail, Famille, Patrie" en luttant contre la franc-maçonnerie (fermeture des loges, Cf. Bernard Faÿ). De Gaulle en 1944/45 a rétabli les principes de la maçonnerie et ceux de 1789. La tournure d'esprit d’Éric Zemmour est imprégnée de la Haskalah ("Les lumières juives"), liée à la sécularisation de la société en lien avec le noachisme, c'est-à-dire contraire aux fondamentaux de la civilisation française née du baptême de Clovis sous l'égide de l'évêque Saint Rémi, ce dernier rappelant que le non-respect des principes de ce baptême conduirait à des punitions.

Monsieur Zemmour, votre livre sous des apparences agréables et avec, parfois, des propos justes, ne défend pas authentiquement la France et sa civilisation, méthode permettant de conduire des Français patriotes sous de mauvais cieux... le "catholicisme d'Israël" avec ses répercussions politiques et spirituelles comme l'a si bien expliqué le rabbin Elie Benamozegh dans son livre "Israël et l'humanité".

Pierre Hillard
24 septembre 2018


Pierre Hillard : « Éric Zemmour connaît le livre de Carroll Quigley » …
A la page 468 de son livre, « Destin français » (Albin Michel, 2018), Éric Zemmour cite « Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine » de Carroll Quigley (éd. Le retour aux sources, 2015).

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