L'internationale sur le « Végétarisme ».

Publié le : 27/01/2017 17:40:28
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Végétarisme, végétalisme, fruitarisme, véganisme...


« Nous allons tous devenir végétariens, soit de façon volontaire, soit de façon imposée. »
- Jacques Attali, interview sur Europe 1, 2015

« Je n’avais jamais réalisé que les « végans » seraient en mesure de me traquer, me harceler, et capables d’agression à mon encontre.
Je ne savais pas que j’avais affaire à des gens qui sont comme dans un culte et fondamentalistes dans leur mentalité.
Je ne peux pas parler en public sans une garde rapprochée maintenant, et ils m’ont fait savoir qu’ils savent où j’habite. [...]
Il y a une idéologie très effrayante qui traverse cette communauté. »
- Lierre Keith, Le Mythe végétarien, 2013

« Les Hindous eux-mêmes n'ont pas toujours été végétariens.
Avant d'avoir envahi la vallée du Gange et de s'y être établis, ils étaient, des bergers nomades dont l'alimentation se composait principalement du lait et de la viande des bêtes de leurs troupeaux.
Ce n'est que lorsque leur mode de production eut changé, lorsque l'agriculture eut pris la place de l’élevage parce que le pays du Gange présentait bien des conditions favorables à l'agriculture, mais non à une exploitation étendue de pâturages, ce n'est qu'alors que l'abatage d'un boeuf ou d'une vache, de celui qui laboure et de celle qui donne le lait, devint peu à peu un acte de prodigalité criminelle. [...]
Si le mode de production d'un peuple change, son alimentation change aussi sans que change le climat. » - Karl Kautsky, La Question Agraire, 1900

« Pourquoi donc le coton, la pomme de terre et l'eau-de-vie sont-ils les pivots de la société bourgeoise?
Parce qu'il faut pour les produire, le moins de travail, et qu'ils sont par conséquent au plus bas prix.
Pourquoi le minimum du prix décide-t-il du maximum de la consommation?
Serait-ce par hasard à cause de l'utilité absolue de ces objets, de leur utilité intrinsèque, de leur utilité en tant qu’ils correspondent de la manière la plus utile aux besoins de l’ouvrier comme homme, et non de l'homme comme ouvrier?
Non, c'est parce que dans une société fondée sur la misère, les produits les plus misérables ont la prérogative fatale de servir à l'usage du plus grand nombre. »
- Karl Marx, Misère de la philosophie, 1847

« Chaque progrès de l'agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. [...]
La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du processus de production sociale qu'en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse: la terre et le travailleur. »
- Karl Marx, Le Capital Livre I, 1867

« Après avoir tué l'élevage [...] au profit d'une production industrielle de viande avec du bétail transformé en usine à fabriquer des protéines, l'agrobusiness a programmé la fin des exploitations agricoles.
Il faut néanmoins préparer l'opinion, en douceur, par de subtiles manipulations [...]
Ainsi en termes de santé et d'environnement, on établit « scientifiquement » que la consommation de viande ne peut-être que néfaste.
Dès lors, on crée un mouvement dont la finalité sera de faire accepter un nouveau concept auquel les start-up américaines, pilotées par la puissance financière de l'agrobusiness, travaillent de façon acharnée: la mise au point de produits de substitution, notamment la « viande in vitro ».
De nos jours on est tout à fait capable de créer en laboratoire des fibres musculaires et de les faire se contracter en « steak », pour les proposer demain à la consommation. [...]
Se profile à l'horizon une nouvelle façon de se nourrir, présentée comme plus écologique et meilleure pour la santé, en fait sous la dépendance exclusive de l'agrobusiness qui met au point de nombreux brevets.
Plus besoin d'éleveurs, la casse sociale sera à la charge des collectivités nationales. [...]
La subtilité est de ne pas apparaître directement, mais d'amplifier le phénomène du végétarisme et la défense du droit animal, pour mieux faire accepter « la pilule »: ces produits de substitution protéinés, vitaminés, aromatisés…
Ainsi le courant végétarien devient, à son insu, l'allié de l'agrobusiness et de la fin programmée des exploitations agricoles. »
- Laurent Chevallier, docteur en nutrition, 2016

« Le capitalisme est par essence un mode de production végétaliste.
C'est pourquoi le carné disparaît de plus en plus à mesure que la marchandise s'empare du monde.
Il est donc tout à fait logique que les citoyens de l'économie capitaliste de la mort du goût, qui ont peu à peu sombré dans l'industrie morose de la mangeoire industrielle où priment les produits standardisés et transformés de l'insipidité nocive à coûts réduits, se réfugient dans divers fétichismes alimentaires sans viande.
La viande aujourd'hui est une production industrielle vidée de toute saveur ancestrale; un vieux steak de bœuf devient finalement aussi pauvre qualitativement qu'un nouveau steak vegan "sans viande".
L'émergence de tendances alimentaires alternatives signifie à la fois pour la classe capitaliste un appauvrissement supérieur de l'alimentation générale à des fins de rentabilisation de la force de travail, et pour le prolétariat universalisé une aspiration falsifiée à retrouver de vraies saveurs gustatives.
Avant la révolution capitaliste médiévale, la consommation de viande a toujours été imposante dans le cadre d'une utilisation communautaire jouissive des sols et de la pâture.
C'est à partir du XVIe siècle que le développement de la marchandise accélérant l'extension des cultures et la hausse générale des prix fit progressivement passer les populations, appauvries par les transformations de la modernité, d'une alimentation avant tout animale à une alimentation en premier lieu végétale.
La part céréalière dans l'alimentation s'est accrue fortement au sortir du Moyen Âge afin de permettre une reproduction de la force aliénée de travail à moindre coût.
En 1308 à Francfort-sur-l'Oder, l'on mangeait annuellement 100 kilos de viande de bœuf par personne.
Les hommes qui viennent travailler auprès des Frères Prêcheurs de Strasbourg reçoivent, eux, entre 600 et 700 grammes de viande chaque jour en un temps médiéval où de multiples ordonnances attentivement préciser dans toute l'Europe qu'il convient de nourrir par bons mets carnés, deux fois quotidiennement, les employés embauchés.
À l'époque de Saint Louis au XIIIe siècle, il y avait en France plus de 8 millions de porcs élevés alors qu'ils étaient deux fois moins nombreux en 1789 pour une population et un territoire pourtant bien plus considérables.
À Berlin à la fin du XIVe siècle, un individu mange trois livres quotidiennes de viande, soit douze fois plus qu'au XIXe siècle en ce temps de déportation générale des masses rurales prolétarisées vers les grandes manufactures de la démocratie urbaine de la valeur.
L'alimentation constitue un thème fondamental pour saisir les mutations du monde liées à l'essor des processus de production et de communication de la marchandise tels qu'ils uniformisent la survie en la société marchande afin d'accélérer la circulation des individus aliénés dans l'engrenage des réseaux formatés de la seule consommation admise.
Manger est à la fois un acte biologique, historique et culturel.
On ne mange pas pareil selon qu'on se trouve en une communauté non-mercantile ou que l'on demeure dans la société de l'argent à ses différents seuils de développement civilisationnel.
L'homme est ce qu'il mange et sa pratique alimentaire est toujours d'abord l'expression du mouvement pratique fondateur de l'allégresse du vivre ou bien de la sécheresse des résignations du ramper.
Se bien pourvoir en viande (du latin "vivenda" qui désigne le cœur de vie de l'alimentation humaine!) a été l'un des moteurs essentiels de l'hominisation, obligeant l'homme à inventer communautairement des pratiques de chasse et de coordination, des règles de répartition et des disciplines de différenciation gustative puisque l'homme ne mange pas n'importe comment n'importe quelle chair animale et qu'à partir de l'usage du feu, il s'est pourvu d'une nourriture énergétique beaucoup plus digeste qui lui a permis de parvenir à disposer des substances essentielles dont la vie du corps a besoin pour développer le métabolisme de son habileté pensante. »
- L'Internationale, pour un monde sans argent et sans État: le Communisme universel, 2016

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