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La barbarie à visage humain

Publié le : 16/10/2018 20:30:41
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Jack Donovan

Jack Donovan s'oppose aux chimères d’une évanescente « conscience globale » et pulvérise l’imposture de la bonté universelle.


On peut être gay, américain et porter une vision massivement illibérale du monde. La preuve par Jack Donovan, figure de l’Alt right américaine, provocateur ultraréactionnaire, homosexuel et néo-païen. Pour Jack, la voie des hommes, c’est « la voie de la chasse en horde ».

Jack Donovan s'oppose aux chimères d’une évanescente « conscience globale » et pulvérise l’imposture de la bonté universelle. Evangéliste de la maîtrise de soi, il méprise le monde moderne mercantile et féminisé. Survivaliste et communautariste il plaide pour un néo-tribalisme ethnocentré et inégalitaire. Dans « Devenir un barbare », il s'attaque à « L’empire du Rien » et enseigne avec pédagogie les fondamentaux de la pensée tribale.

Voilà un donc un livre qui tombe à point nommé, c’est à dire au moment précis où notre Europe est livrée sans combattre aux hordes ethniques, l’accueil de l’« autre » s’effectuant au nom d’un bien étrange universalisme compassionnel.

L'empire du Rien

Ontologiquement, l'Empire du Rien c’est le vide émasculé de la vie moderne, le déracinement et le désespoir rédimés par un moralisme à prétention universelle. Matériellement, c’est un syndicat d’intérêts, un système qui met en relation d’affaires des sociétés transnationales, des médias, des institutions financières. C’est encore le méprisable quotidien de « chefs de service tâchant de justifier leur budget ». Dans ce monde, la courtoisie molle supplante l’honneur. Plus de Dieux ni de héros, puisqu’il n’y a plus de monstres ni de dragons (cela effraye les consommateurs).

Le peuple de l’Empire a été persuadé que liberté est synonyme de licence. Il croit qu’il est libre parce qu’on lui permet de fumer de la marijuana et de changer de sexe ad libitum. L’inclusion, c’est bon pour le business.

« N’importe qui vaut son pesant d’or dans n’importe quel centre commercial » et la culture consumériste bourgeoise vend aux populations pacifiques -interchangeables et à genoux - des identités flottantes, vides et jetables. L’ennemi de la modernité libérale est toujours la communauté du peuple, seule force qui pourrait exiger que les élites répondent de leurs crimes. L'État moderne libéral offre donc sa protection armée aux élites irresponsables qui n'assumeront jamais physiquement leurs trahisons.

De leur côté, les mouvements de justice sociale :

« travaillent à imposer des valeurs globalistes, un universalisme moral et des "droits humains" qu’ils ont élaboré sur la tête de gens qu’ils n’ont jamais vus ».

Le sous-jacent d'altruisme universel exige de chacun le souci égal pour les souffrances de chaque homme dans le monde entier. Idée absurde et inhumaine que nous sommes tous les bergers les uns des autres. Ce non-sens paralysant conduit les hommes à se disputer sur des questions sur lesquelles ils n'auront jamais aucun contrôle. La manipulation de masse est toujours au bout de ce chemin de bonne volonté universelle.

Aujourd’hui, des institutions internationales placent ainsi une morale hors sol parfaitement abstraite au-dessus des exigences concrètes de leurs mandats. Voir le traitement de la question migratoire par l’Union Européenne.

Nous et Eux

Mais que se passerait-il si nous cessions de prétendre nous soucier de tout ? L’Universaliste, qui n’a pas à s’occuper concrètement de ses proches, revendique la responsabilité du bien-être de l’humanité entière. Mais l’Universaliste n’a rien d’un Dieu omniscient ; il n’est qu’une « faillite nauséabonde ».

Le barbare reconnait que d’autres ont des intérêts et des valeurs irréconciliables avec les siens. Imagine-t-on un Viking expliquant à des moines pourquoi il a « raison » d’attaquer leur monastère ? 

Il « met fin aux relations sans signification, unilatérales et fantasmatiques » ; il se concentre sur les besoins de ses proches et forme des alliances discriminatoires. Car l'amour est un choix, un acte discriminatoire. « L’emblème de la paix est une rune de mort »

Mais comment un homme peut-il devenir un barbare ?

Selon Donovan, il faut cultiver la force, le courage, la maîtrise et l’honneur. Le « nous » d’un homme comprend la famille, les amis, le pays, le groupe ethnique.

Adopter le style de vie barbare c’est devenir plus lié à la communauté et moins lié à l'État et toujours savoir distinguer entre le « nous » et le « eux ». C’est en défendant la frontière tribale, en tuant la bête qui menace ses proches que les hommes trouvent l’accomplissement de leur « voie virile ».

Il ne s’agit pas de rejeter la douceur méprisable de la modernité pour revenir à l'individualisme atomisé, mythe libéral. Dans l’état de nature, les hommes n'ont aucun droit. La tribu offre une protection contre les dangers et un mécanisme communautaire permet de régler les différends. « Le vagabond individualiste est une anomalie déviante » .

La plupart des gens laissent encore l’Etat porter des appréciations morales à leur place. Le barbare ne s’excuse pas pour sa virilité et ne se satisfait pas de la médiocrité . Il deviendra donc l'ennemi de la société ce qui exige de lui un surcroit de force, à la fois physique et émotionnelle. La seule option viable est celle du tribalisme.

« On ne peut s’opposer au broyeur de viande de l’ensemble universel que par la séparation tribale ».

Hardi barbares ! Pillons gaiement la Rome décadente !

S’agit-il d’être fair-play avec l'Empire du Rien ? Certes pas.

Les intérêts tribaux vont à l’encontre de l’éthique universaliste et marchande. L’homme tribal « prend à l’Empire pour son peuple et ne donne rien à l’Empire en retour ». La pureté absolue qui consisterait à priver les siens des outils et des ressources de l’Empire ne peut conduire qu’à la pauvreté et à la vulnérabilité. Il convient donc que le barbare emploie le changement de vitesses moral, cesse de penser en citoyen d’un Empire qu’il n’hésitera pas à piller au nom des siens.

Pas mon peuple, pas mon problème.

Thierry Thodinor.
16 octobre 2018

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