La gauche haineuse de la France et racaillophile menace nos libertés ! - Par Adrien Abauzit

Publié le : 06/07/2013 01:09:00
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Plus les mois passent et plus Orwell, Huxley et Kafka se font ringardiser.


Stéphane François, chercheur au CNRS, et Nicolas Lebourg, historien, membre de la Gauche populaire, ont repoussé encore plus loin l’orwellisation et la tartuferie dans un texte d’une   nullité affligeante, intitulé « Sauvons la République des extrémismes », publié le 2 juillet sur le site du Monde, comme par hasard.

Entre la novlangue et le politiquement correct, un nouveau concept : l’altérophobie

Selon Messieurs François et Lebourg, c’est certain, la République est menacée. Par l’Union européenne, qui repose sur la négation du suffrage universel et la négation de la séparation des pouvoir, et qui l’a en outre dépouillé de sa souveraineté ? Par le gouvernement, qui a ouvert le plus violent cycle de répression d’Etat depuis la guerre d’Algérie ? Par des associations financées par le contribuable, qui font des procès à tout bout de champs afin de réduire à peau de chagrin notre liberté d’expression ? Non. Par les extrémismes. Enfin celui de droite, qui se caractériserait par un nouveau concept : l’altérophobie, dont le substrat idéologique serait la contestation des valeurs égalitaires (traduction ?).

Ceci aurait mérité précision. Si l’on doit considérer que le mariage gay est une mesure égalitaire, une mesure de gogôche, faut-il en déduire que ceux qui s’y opposent sont des altérophobes sur qui il faut sévir ? En ce cas l’auteur de ces lignes serait lui-même un altérophobe revendiqué.

 Il est plus qu’irritant que deux individus de gauche osent parler d’ « altérophobie ». Car qui en France, depuis des décennies, n’accepte pas ce qui n’est pas elle ? Qui ne supporte pas que l’on ne soit pas de son avis ? Qui fait appel à l’inquisition politiquement correcte, médiatique et judiciaire, pour faire taire ses contradicteurs ? Qui n’accepte pas que des opinions contraires à sa doctrine soient exprimées ? Qui considère comme illégitime tout ce qui ne vient pas de son corpus ? Alors, qui ? Allez, soyons honnête cher lecteur, qui ? Précisément cette gauche bobo, moraliste, libérale-libertaire, européiste, mondialiste, faussement généreuse, faussement progressiste, faussement antifasciste, faussement antiraciste, haineuse de la France, racaillophile, narcophile, thanotophile, hypocrite, déracinée, nuisible et méprisable, cette gauche Petit et Grand journal, cette gauche On n’est pas couché, cette gauche Pascale Clark, cette gauche qui va du NPA à l’UMP, cette gauche qui va de Besancenot à Benoît Apparu.

Nos deux sbires, donc, en appellent à la « répression républicaine » contre les altérophobes. Répression républicaine ? Il est vrai que dire répression d’Etat ferait mauvais genre, après tout, on est cool à gauche…

Abolition des libertés publiques pour les altérophobes

Réduit à un statut d’untermensh, les altérophobes, selon nos Messieurs François et Lebourg, doivent être privés de leurs libertés fondamentales : « la République doit faire savoir sa fermeté par l’instauration de peines planchers, de privation de droits civiques pour ceux qui menacent son contrat social ». Les auteurs visent particulièrement les libertés d’expression, d’association et de manifestation. Gageons qu’il ne s’agirait que d’un début.

« Lutter contre la haine »… par la police de la pensée ou le retour du déviationnisme

« En somme, il faut considérer que, au stade où nous en sommes d’accommodation de notre société aux haines, il importe de mettre en place un dispositif capable de réprimer aussi bien en haut qu’en bas ».

Ayant une maîtrise limitée de la novlangue, votre serviteur ne voit pas ce qui est désigné par les auteurs à travers cette notion d’ « accommodation de notre société aux haines ». En revanche leur conclusion est claire et assumée : « mettre en place un dispositif capable de réprimer ».

« Le dépôt de plainte pour incitation à la haine ne doit plus être le fait sporadique d’associations : l’Etat doit systématiquement rappeler à l’ordre républicain ceux qui s’en écartent. »

Aucune infraction pénale d’incitation à la haine n’existe dans notre droit. Le droit pénal étant d’interprétation stricte, les mots, plus que dans n’importe quelle autre branche du droit, comptent. Juridiquement, ce qui est suggéré par les auteurs n’a aucun sens. Toutefois, en décryptant, on ne comprend que trop : Stéphane François et Nicolas Lebourg souhaitent que le travail de police de la pensée de SOS Racisme, pour ne citer que lui, soit désormais pris en charge et accentué par l’Etat. Pour qui connait l’incroyable travail des associations antiracistes en faveur de la réduction de la liberté d’expression, et par extension de la liberté de pensée, il y a vraiment de quoi trembler.

« Cela passe peut être par un dispositif voué à ce fait, comme cela existe en Allemagne, et non sans penser également à l’exemple du pôle financier : l’instauration d’une structure permanente de veille et saisine du juge quant aux infractions aux principes fondamentaux de la République. »

Nous ne nous étions pas trompé : il est demandé de mettre en place une police de la pensée qui traquerait les propos contraires « aux principes fondamentaux de la République », entendre : au catéchisme politiquement correct. En résumé, il serait interdit de dévier de l’idéologie d’Etat. Messieurs Lebourg et François réinventent donc le déviationnisme.

Ainsi, le malheureux qui se risquerait à prendre ses distances avec l’idéologie d’Etat serait automatiquement rappelé à l’ordre par une procédure judiciaire implacable.

Pour rappel, ce sont les altérophobes qui sont dangereux, et non les instigateurs de telles mesures…

Lavage de cerveau…

« Cela signifie enfin un travail d’intégration des citoyens aux normes républicaines. La République n’est pas un marché idéologique ouvert. »

Les Français l’ignoraient, mais Messieurs Lebourg et François le leur apprend : dorénavant, ils devront être mieux dressés pour ne pas dévier idéologiquement. Pour se faire, il est préconisé l’instauration d’un lavage de cerveau :

« L’instauration de cours de morale républicaine est déjà un premier pas en ce sens. Dans le même esprit, les cours d’éducation civique doivent devenir effectifs. Matière sans épreuve au baccalauréat, les heures qui lui sont dévolues sont dans les faits utilisées pour tenter d’absorber le pléthorique programme d’histoire-géographie. Ce dernier doit justement être repensé non pour imposer un savoir officiel, mais réintroduire du commun : tout le long du cursus scolaire, instaurons un cours d’histoire-géographie de la France, venant compléter le cours général actuel et instituant un socle culturel commun. »

A nouveau, il est difficile de ne pas voir dans ces fameux cours de morale républicaine autre chose que les dogmes du politiquement correct : multiculturalisme, métissage d’état, immigrationisme obligatoire, théorie du genre, repentance, manipulation de l’histoire etc. Ainsi se combat l’altérophobie.

La liberté, c’est le totalitarisme

Après tant de critiques, il est temps de reconnaitre un mérite à nos deux hommes de gauche : la franchise. En effet, ils confessent très sincèrement vouloir instaurer une idéologie d’Etat à laquelle les citoyens seront obligés de se conformer. Ils admettent vouloir introduire en droit pénal français une nouvelle infraction : le déviationnisme. C’est donc très honnêtement et sans faux semblant qu’ils se prononcent pour la mise en place d’un Etat totalitaire.

Dans 1984, Orwell faisait dire au Parti que « la liberté c’est l’esclavage ». Pour la gauche, la liberté c’est la République, la République c’est le politiquement correct pour tous. Et le politiquement correct pour tous, imposé par le lavage de cerveaux de l’Education Nationale, le matraquage des médias et la persécution judiciaire, comment cela s’appelle-t-il, cher lecteur ? Chacun y verra ce qu’il veut. L’auteur de ses lignes, pour son humble part, y voit l’émergence d’un monde hideux et totalitaire. Mais très certainement cette pensée lui est-elle inspirée par une pulsion altérophobe…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/02/sauvons-la-republique-des-extremismes_3440676_3232.html

Adrien Abauzit
 
 

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