Évènement

La manif invisible

Publié le : 17/06/2008 00:00:00
Catégories : Actualité , Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par intervenants , Articles par thèmes , Marc Hetti

baillonOn reconnaît un vrai dissident au fait que le système n'en dit pas de bien. On reconnaît un dissident vraiment dangereux au fait que le système n'en parle pas du tout...

Le 31 mai, la section Ile-de-France du Bloc Identitaire devait tenir meeting dans une salle bien connue du 7 ème arrondissement parisien. La suite est connue : suite à d’amicales pressions de nos amis les « gauches » (vitres brisées, menaces de mort, etc.), la location a été annulée quarante-huit heures avant la date du meeting, obligeant les organisateurs à se rabattre sur un « meeting de rue » devant le siège du MEDEF précédé d’une manifestation partie de la salle où devait se tenir le meeting.

Il est de bon ton dans la réacosphère de se gausser de ce meeting où a notamment été scandé le slogan «  La Rue est A Nous ». Les joyeux drilles de ILYS, sous la plume de Nicolas, ont été particulièrement féroces à cet égard. Certes, cette manifestation avait un côté dérisoire au regard des enjeux du moment et il est évidemment facile de brocarder une manif’ réunissant plus de participants selon la police (300) que selon les organisateurs eux-mêmes (200) !

Cela dit, il est un aspect que personne n’a relevé jusqu’à présent et qui mérite pourtant qu’on s’y attarde : l’absence totale de couverture médiatique de cet événement. Absolument aucune ligne dans les journaux, pas un mot à la télévision, aucun journaliste des médias du Système présent, aucune caméra. Le néant médiatique !

Par comparaison, les Indigènes de la République, qui n’ont rassemblé que 150 personnes pour leur marche contre la République française raciste et coloniale commémorant la défaite de Dien Bien Phu, ont bénéficié d’une couverture médiatique impressionnante. Comme bénéficie de la « totale » la moindre manif’ en faveur des clandestins abusivement désignés en novlangue sous le nom de « Sans Papiers ».

Or, dans notre société hypermédiatisée, un fait qui ne passe pas à la télé et n’est pas repris par les journaux n’existe tout simplement pas. La manif’ des Identitaires est donc un non-événement. D’où la question que toute personne censée devrait immédiatement se poser : pourquoi un tel traitement ?

On ne peut à cet égard s’empêcher de faire le lien avec une autre initiative des Identitaires : la désormais célèbre Soupe au Cochon. Poursuivie en justice par les divers préfets concernés, interdite par le Conseil d’Etat au prix d’une incroyable régression (la jurisprudence « Benjamin », qui fixait de manière beaucoup plus libérale la règle en matière de liberté de réunion depuis plus de 70 ans, est considérée aujourd’hui par les spécialistes comme abandonnée), cette initiative somme toute limitée a déclenché une réaction du Système extrêmement violente, du type obusier pour écraser une mouche. Toutefois, la démesure de cette réaction a indirectement permis aux Identitaires d’accéder aux médias et de se faire connaître, ce qui était bien le but recherché…

Cette fois-ci, le Système ne s’est pas fait piéger. La manif’ a eu lieu dans un silence médiatique assourdissant. Et c’est ce silence qui doit nous interpeller. Sachant que les médias sont tenus - et bien tenus – par le Système, c’est en les ostracisant que celui-ci désigne ses adversaires les plus sérieux.

Dès lors, au-delà de l’amertume que peuvent légitimement éprouver les participants à une « manif’ invisible », ils peuvent tout aussi légitimement savourer la satisfaction d’être de ceux que le Système considère comme ses plus farouches adversaires.

Parce que se proclamer les adversaires résolus d’un Système qui vous invite à passer chez Drucker le dimanche après-midi, ça n’est pas très crédible. Ni même sérieux…

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