La nouvelle question juive (G. Faye)

Publié le : 20/07/2008 00:00:00
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Faye

AVIS A LA POPULATION :

Prenant les devant, l'équipe Scripto avise ses lecteurs que la publication d'une note de lecture sur un ouvrage de Guillaume Faye n'implique pas que scriptoblog.com prenne partie. Scriptoblog n'a pas de ligne, c'est un espace neutre et un lieu de dialogue entre toutes les sensibilités de la dissidence française, ce qui implique que toutes les sensibilités peuvent s'y exprimer. Certains membres de scriptoblog peuvent approuver Faye, d'autres peuvent le désapprouver (et ne se priveront pas de le faire savoir, si besoin est). On appelle ça le pluralisme.


Reconnu comme l'un des auteurs majeurs de la mouvance identitaire, père de l'archéofuturisme et prophète de la convergence des catastrophes, Guillaume Faye s'est enfin penché sur le problème, sur la « question » plutôt, celle sur laquelle tout le monde l'attendait au tournant: La question Juive.

Comme à son habitude, Guillaume Gaye aborde la question de front, dénué de tout point de vue moral, sous l'angle pratique de la pure « raison politique » On reconnaîtra dans la rigueur des analyses un solide bon sens païen, qu'il prend toujours soin d'équilibrer avec des projections apocalypto-catastrophistes hallucinantes. Un style tout en douceur qui contribue au charme littéraire de notre « extrémiste », charme auquel nous sommes plus d'un chez scripto à avoir déjà succombé...

Mais revenons à nos moutons, et en l'occurrence, à l'un des troupeaux les moins égarés du monde occidental : Les Juifs (à prononcer à voix basse dans les lieux publics).

Ce qui ressort du livre de Faye, c'est une admiration indéniable pour le peuple d'Israël, et un agacement de plus en plus marqué pour l'antisémitisme goy, surtout celui de sa famille de pensée qu'il voudrait plus tournée vers la Realpolitik, notamment au regard des défis qui attendent le monde occidental dans la décennie à venir.

Commençons par les juifs eux-mêmes, donc. Vaste sujet.

Comme le disait un juif célèbre (Karl Marx sans doute, à moins que ce soit Woody Allen…), le juif n'est pas une race, c'est une interrogation psychanalytique. Guillaume Faye décrypte ainsi toutes les facettes de la psychologie juive : schizophrénie de la double appartenance, paranoïa plus ou moins justifiée, idéalisme humaniste, supériorisme spécifique etc…traits de caractères complexes et contradictoires qui semblent avoir été inventés pour rendre fou (voire antisémite) le goy moyen. Ce qui est intéressant dans la démarche de Faye, c'est que ces psychanalyses sonnent comme des justifications voire des excuses à tout ce que les antisémites on pu reprocher au juifs au cours des siècles, et qu'elles sont aussi ce qui caractérisent l'identité juive à laquelle son peuple reste, malgré toute les épreuves, irrémédiablement attaché.

C'est sur ce point précis que l'admiration de Faye perce : au-delà de ses qualités propres (capacité d'analyse, génie, énergie créatrice…) on ne saurait reprocher à un peuple (blanc, de surcroît) d'être si remarquablement ethnocentré et attaché à son identité, et les goys feraient mieux de prendre exemple sur lui plutôt que de se sombrer dans un antisémitisme aussi écervelé que le philosémitisme institutionnel.

S'il reconnaît de nombreux mérites aux juifs, Faye ne nie pas non plus leur rôle dans la décadence générale de l'occident, et plus particulièrement dans l'immigrationisme cataclysmique que la France a subie durant les trente dernières années. Mais à chaque fois que ce qui ressemble à un reproche est formulé, il est mis en parallèle avec l'ethno-masochisme goy ou une martyrophilie chrétienne aux effets tout aussi pervers et bien plus dévastateurs.

Ainsi, l'immigrationisme des intellectuels juifs ne seraient finalement qu'une exagération du climat goy environnant. Voilà qui nous rapprochent des théories d'Emmanuel Todd développées dans Le Destin des Immigrés sur un certain mimétisme des élites juives envers les structures idéologiques des pays hôtes : attachement à l'universalisme humaniste d'un Levi Strauss en France, fierté différentialiste d'un Disréali en Angleterre, ou suprémacisme racial d'un Thomas Mann en Allemagne Le juif ne devenant ainsi qu'une sorte de moteur ADSL du trait culturel dominant du pays hôte. L'antiracisme ayant été la le prêt à penser des élites françaises depuis le milieu des années 80, on imagine les dégâts qu'on pu faire quelques intellectuels juifs avec l'outil mis à disposition.

Mais charité bien ordonnée commençant par soi même, Faye est donc bien plus sévère envers les goys qu'envers les juifs. Après avoir renvoyé aux oubliettes de l'histoire la théorie de la domination juive sur la finance internationale (désormais sous domination asiatique ou de celle des pétrodollars), Faye s'agace contre les "névrosés" du révisionnisme, monomaniaques contre-productifs, il s'énerve aussi des compassions palestiniennes d'une certaine extrême droite irrémédiablement immature, énervement qui culmine avec le rapprochement soralien entre le Jean-Marie Le Pen et Dieudonné. Certains antisémites en venant même par mimétisme inversé à adopter la posture de martyr persécuté si chère aux juifs eux-mêmes. Tout cela fait un peu figure de querelles enfantines, on n’en sort pas.

Non, ce qui importe à Guillaume Faye dans cette Nouvelle Question Juive, c'est que justement, elle est nouvelle, et qu'il serait grand temps pour son camp d'opérer les ajustements stratégiques imposés par les évolutions récentes.

Tout d'abord, l'événement le plus important des dernières années est pour Faye l'invasion de l'Europe d'un flot massif d'immigration de peuplement allogène qui menace non seulement l'identité mais aussi l'existence même des peuples européens. Les juifs, malgré tous leurs défauts et leur mauvaise foi, ne constituent pas une menace physique contre l'existence de notre peuple, certains juifs ont même fini pas comprendre qu'ils étaient (encore une fois) les premiers sur la liste du grand règlement de compte historique qui s'annonce avec le monde musulman, ce qui en ferait plutôt des alliés objectifs. Sachons donc reconnaître nos ennemis, et comme ne cesse de le souligner Faye, il ne faudrait pas confondre querelle de famille et conflit de civilisations. Par ailleurs, la question juive elle-même ressemble de plus en plus à un combat d'arrière garde. Un monde structuré autour des pôles émergeants Chinois et Indien dans lequel l'Occident perd de son influence est aussi un monde beaucoup moins « judéocentré », où la shoah n'apparaîtra bientôt plus que comme une péripétie historique. Un vrai cauchemar pour les juifs qui craignent presque autant l'indifférence que les persécutions.

Enfin, si l'existence d'Israël n'est pas remise en cause pour l'instant, la démographie de la région la condamne à moyen terme. Le raidissement des politiques de défense de l'Etat Israélien commandés par une politique de survie ne manquera pas de le discréditer auprès de ses soutiens occidentaux eux mêmes soumis sur leur sol à une immigration musulmane de plus en plus pressante et sourcilleuse. Entre Islamo-arabophilie et Judéo-protection, il n'est pas du tout certain que nos doux chefs d'Etats sociaux-démocrates ou démocrates-sociaux choisissent la seconde. Les juifs français, qui ont pu constater que l'antijudaïsme musulman émergeant est beaucoup mieux toléré au sein même de leur pré-carré médiatique que l'antisémitisme gaulois en voie de disparition, en sont parfaitement conscients. Et ce ne sera pas la première fois que la France cède sous les pressions d'un occupant…

Les juifs se retrouvent donc en première ligne du conflit de civilisations qui gronde à l'horizon, et ils s'y retrouvent en compagnie d'un dernier carré de goys refusant encore de baisser les bras : les identitaires. Une cohabitation pour le moins incongrue qui pose la question du "compromis historique" entre les identitaires et les juifs.

A cette dernière question Faye répond comme on pouvait s'en douter par l'affirmative, tempéré par une attitude d'égoïsme pratique en invitant ses lecteurs à répondre à certaines questions pertinentes : Quel intérêt pourrait bien avoir les identitaires de voir disparaître l'état d'Israël et de donner ainsi des signes d'encouragements aux masses musulmanes? Quel intérêt à froisser la communauté juive si bien implantée dans les médias par des provocations d'adolescents attardés? Pourquoi cette haine du juif chez certains catho-tradis alors qu'ils sont par leur religiosité même totalement judéo-centrés? Pourquoi ne pas se rapprocher de l'ethnocentrisme Juif lorsqu'il corrobore à 100% nos parti-pris idéologiques? Etc…

A la sentimentalité goy qui rejoint dans son immaturité certains aspects de la paranoïa juive, Guillaume Faye prend de la hauteur et adopte la position du "Gentil" (distinction clé pour l'auteur) c'est-à-dire de celui "qui ne considère pas le peuple juif comme un ami ni comme un ennemi, mais comme un allié éventuel selon les circonstances face à des menaces communes et bien réelles".

Cela pourra paraître paradoxal à certains, mais face à la terrible montée des périls, Guillaume Faye demande en quelque sorte au "Goys" de devenir "Gentils".

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