La très mauvaise nouvelle du jour

Publié le : 15/03/2012 23:18:03
Catégories : Economie

dollar brule

Après s'être prononcé dans un premier temps contre le déclenchement des CDS (il y a une ou deux semaines), l'ISDA, association qui régit les CDS, vient de changer son fusil d'épaule. De mon point de vue, la raison en est simple. Ne pas les déclencher équivaudrait à tuer ce juteux et opaque marché de gré à gré de produits dérivés qui a permis l'enrichissement sans fin des banques anglo-américaines (détentrices de 85% du marché). En juin 2011, le marché des CDS (encours notionnels) représentait 32 400 milliards de dollars (49 % du PIB de la planète), dont 21 400 milliards atteindront leur maturité entre 1 et 5 ans (source BRI).
Mettre fin à ce marché représenterait la fin de l'enrichissement exogène des marchés financiers et du libre-échange outrancier. Autrement dit, le non-déclenchement des CDS serait une aberrante autorégulation de la part des acteurs qui sont à la fois juge et parti.

En outre, le non déclenchement des CDS serait perçu comme un appel du pied envers les économies des PIIGS, qui sans nul doute choisiraient alors la voie du défaut de paiement sous la pression de la vox populi.
Les banques et autres assureurs n'ayant pas l'obligation de prévoir les conséquences des événements à crédit au passif de leur bilan, le déclenchement des CDS coulera les banques exposés qui sont déjà à la peine sur la consolidation de leurs fonds propres.
Nous pouvons nous attendre à une crise de confiance des acteurs bancaires qui vont refuser de se prêter de l'argent et vont préférer placer l'argent à la BCE malgré le faible taux de rémunération à 0.25%.
Inutile de vous préciser ici combien le resserrement de la crise du crédit bancaire a été à l'origine de l'emballement de la crise de 2008.
Inutile d'enchaîner en disant que l'application des accords de Bâle III va devenir une chimère comme le furent les accords de Bâle II.
Par contre, ce que nous connaissons des comportements rationnels des marchés nous permet de prévoir que les capitaux vont se réorienter vers les marchés à plus faible rentabilité mais à plus grande sûreté que sont les matières premières, denrées alimentaires et autres sources énergétiques.
La crise risque donc de prendre une nouvelle tournure incontrôlable et je risque ici une prévision : une inflation à plus de 10% dans un court délai.
Bienvenue dans les joies de la stagflation...

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