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Le Conseil Constitutionnel valide notre esclavage

Publié le : 11/08/2012 14:38:54
Catégories : Politique

L’auteur confesse sa naïveté : un court instant, il espéra que le Conseil Constitutionnel ne soit pas un capitulard et que tel la Cour de Karlsruhe en 2009, il mette un bâton dans les roues de l’Union européenne et invalide le Pacte budgétaire européen, dit TSCG. La composition du Conseil pourtant empêchait tout espoir de ce type, puisque ses membres sont tous européistes, ou nommés par des européistes, donc  idéologiquement compatibles avec les attentes du Système.

 

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Le Nouveau Premier Cercle

 


Coming out néolibéral de François Hollande

François Hollande n’est pas un homme de gauche. Nul scoop ici. Etant un partisan de l’Union européenne, il est un défenseur du néolibéralisme, qui constitue l’essence juridique de cette institution, comme le marxisme-léninisme était l’essence des constitutions soviétiques. Mais cette évidence pouvait être masquée par la mascarade médiatique quotidienne, qui qualifie de gauche le Parti socialiste bien que celui-ci ne puisse mériter cette appellation depuis au moins l’Acte Unique, véritable mise en branle du néolibéralisme.

Dorénavant, même la propagande ne pourra plus travestir la vérité. Le Pacte budgétaire européen dans sa lettre, dans sa principale disposition, qu’est la fameuse règle d’or, interdit les déficits, ce qui,précisons-le, depuis les Mérovingiens, ne s’est que très rarement produit dans l’Histoire de France. Le TSCG est donc l’antithèse du keynésianisme, école qui est censée être l’ADN du Parti socialiste. De ce résidu d’identité politique il ne restera bientôt plus rien.

Le jeu de tartufe de François Hollande était clair dès la campagne présidentielle. Durant celle-ci, il fit semblant d’exiger une renégociation du traité. Confession suffisante pour traduire son indifférence au sort réservé à la France. Car un tel piège à loup ne doit pas être renégocié : il doit être abrogé sur le champ. Mais évidemment il n’en fut rien, Hollande fit semblant de renégocier, l’Allemagne fit semblant de ne pas être contente et au final, pas une lettre, pas une virgule du traité ne fut modifiée. Parallèlement, pour faire passer la pilule, le Théâtre de Guignol, accompagné comme toujours de la stupidité journalistique, a parfaitement rempli sa tâche, en faisant croire à un fléchissement de l’Allemagne sur la question du ridicule Pacte de croissance. Nos maîtres en rigolent encore.

Cette nouvelle avancée du mondialisme, signée par Sarkozy et cautionnée par Flamby, aurait pu avoir une vertu: permettre au peuple de France de comprendre que PS et UMP sont les deux faces de la même médaille.Mais entre les JO et Secret Story, il est à craindre que le peuple de France ait peu d’attention à accorder à toutes ces considérations.

Les traités européens sont anticonstitutionnels

Dans le considérant 16 de sa décision, le Conseil constitutionnel ose affirmer ceci : « pas plus que les engagements antérieurs de discipline budgétaire, celui de respecter ces nouvelles règles ne porte atteinte aux conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale. »

Mais comment prétendre que la souveraineté nationale ne sera pas impactée par ces règles budgétaires suicidaires ? Il est évident que la règle d’or, par les restrictions budgétaires qui en découleront inéluctablement, va imposer au peuple français des politiques que ni lui, ni ses représentants n’ont choisis.

L’interdiction de faire du déficit est une condamnation à la rigueur, de surcroît en temps de crise. dIl faudra faire des économies terribles pour la soutenir. Or cette rigueur, répétons-le, n’a pas été commandée par le peuple, elle n’a même pas été commandée par ceux qu’il a élu, en tout cas pas directement. Cette rigueur, cette politique, est née de la volonté des technocrates européens. Jamais le peuple français n’a été consulté pour savoir si oui ou non il adhérerait à ce programme de rigueur, par ailleurs tout à fait évitable si la France sortait de l’Union européenne. Plus qu’une simple atteinte, ici, la souveraineté est niée. Elle est hors-sujet. Le peuple n’a pas à se prononcer, son pouvoir suprême est annihilé. Quelqu’un d’autre décide à sa place.

En vérité, si l’on veut respecter l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en vertu duquel « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. » et l’article 3 de la Constitution de 1958 qui dispose que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum», il faut invalider les traités européens. Aucun d’entre eux n’est constitutionnel, puisque la souveraineté n’est ni exercée par le peuple, ni par ses représentants, mais par des commissaires européens non élus, des juges de la CJUE non élus et une technostructure européenne évidemment non élue.C’est d’ailleurs pourquoi Pierre Mendès-France s’opposa, dans un discours qui n’a pas pris une ride, au traité de Rome. Lisons plutôt : « L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d'une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

L’article 20 de la Constitution de la Vème République dispose quant à lui que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. » Autre grief d’inconstitutionnalité. Les politiques monétaire, budgétaire, commerciale, industrielle, et indirectement, étrangère, fiscale et sociale, sont déterminées par les institutions européennes. 80 % des lois sont la transcription en droit français de directives émanantde la Commission européenne. Est-il sérieux deconsidérer que dans ces conditions, le gouvernement détermine encore la politique de la nation ?

Le plus insupportable dans cette situation,reste que toutes les pourritures des médias, de la classe politique, économique et intellectuelle, qui n’ont que le mot démocratie à la bouche, sont les premiers à soutenir ce régime qui trouve ses bases et la cause de sa pérennité dans la négation du suffrage universel.

Tout ce qui est exposé ci-dessus est accessible au plus médiocre des juristes. Si la Conseil Constitutionnel depuis des décennies valide des traités de toute évidence anticonstitutionnels et antidémocratiques, c’est parce qu’il se prononce en opportunité politique,après avoir pris ses ordres,et non en droit. Il est regrettable qu’une institution qui représente un réel progrès démocratique trahisse ainsi sa mission. Car derrière, ce sont nos libertés qui en pâtissent.

Place à l’esclavage

Ne nous trompons pas sur le prix à payer d’un respect de la règle d’or. Le déficit de la France était de 107 milliards d’euros en 2011. Soyons agréable, mettons qu’il ne soit que de 80 milliards en 2012. Sachant que jamais le gouvernement n’osera cesser de rembourser les taux d’intérêts illégitimes de la dette, où et comment économisera-t-on 80 milliards d’euros ? Réponse : s’il est vraiment impératif d’économiser cette gigantesque somme, alors il faudra moins de policiers, moins d’enseignants, moins d’hôpitaux, moins de subventions, moins de Sécurité sociale, moins d’investissements publics, moins de services publics, moins de logements sociaux, moins d’inspection du travail, moins de musées, moins de justice etmoins d’armée. Plus de paupérisation, plus de criminalité, plus d’immigration incontrôlée, plus d’impôts, plus de taxes, plus de privatisations….

Ecrasé par un coût de la vie toujours plus pesant, humilié quotidiennement par les incivilités, la vulgarité et les violences des racailles, rongé par un stress au travail coûtant chaque année plusieurs dizaines de milliards d’euros à la Sécurité sociale, sommé de rembourser une dette irremboursable au prix d’un détricotage annoncé du code du travail, déraciné comme jamais dans son histoire par un totalitarisme de marché implacable et dopé aux antidépresseurs, le peuple de France est au bord de la rupture. Il n’est actuellement pas en l’état de recevoir un tel choc sans réaction violente. Or l’amorphie du peuple est un objectif constant du Système.

Tôt ou tard, le peuple de France sera soumis au traitement de cheval précédemment décrit. Mais pas tout de suite. Il est encore trop tôt. Le peuple de France ne sera pas consumé dans un grand bucher mais cuit à petit feu, progressivement, une fois qu’il aura bien été accoutumé à la dégradation sans fin de ses conditions de vie. Nos maîtres sont patients.

Aussi on peut parier que le traité ne sera respecté par aucun Etat de l’Union européenne, France et Allemagne comprises. Alors, après une année ou deux, il se passera la même chose qu’en 2005. Ces deux Etats se présenteront devant la Commission européenne pour demander des dérogations, exonérations et autres tours de passe-passe afin d’échapper à ses griffes et on s’accordera sur de nouvelles normes permettant à chacun de garder la face.

Entre temps, les masses européennes auront peut-être été suffisamment broyées par la dureté de la rigueur bruxelloise.Gageons que l’oligarchie profitera de ce moment de dévastation collective pour avancer à nouveau ses pions.Bien sûr, tout cela pourrait être évité en cas de sursaut du peuple…Mais en ces temps de JO, la capture du dahu nous parait plus probable.

 

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