Évènement

"Le gouvernement d'union nationale": un trompe l’œil mondialiste

Publié le : 22/05/2013 23:09:43
Catégories : Politique

Publié dans l'AF n°2863

Par Adrien Abauzit

Dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Marx nous prévenait déjà : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands évènements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois.
Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. Caussidière pour Danton, Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848 à 1851 pour la Montage de 1793 à 1795, le neveu pour l’oncle. »
Ajoutons à notre tour, l’Union sacrée de Poincaré pour le gouvernement d’union nationale de Benoît Apparu. Peu crédible en effet. D’autant que Benoît Apparu s’est empressé de préciser que le Front National, soit un électeur sur cinq, serait évidemment exclu de cette union réputée nationale. Le 7 mai, Jean-Louis Borloo, plus prudent mais plus honnête, parlait simplement d’une loi d’union républicaine. Quel que soit le nom de la formule retenue au final, on comprend bien qu’il s’agit pour le pouvoir de reconduire l’UMPS par tous les moyens.


L’UMPS rebaptisée, mais toujours au service de l’UE et de l’OTAN
La thèse des partisans du gouvernement d’union nationale est la suivante : le PS, seul, est impuissant. Il ne sortira la France de la crise que par la conjugaison de son action avec l’UMP, voire l’UDI et le Modem, soit par autant de partis politiques dont l’horizon unique est la soumission aux traités européens. De cette UMPS rebaptisée, ressortirait une série de réformes consensuelles nécessaires au redressement de la France. Ce scénario politique est pour le moins grotesque.
En effet, des traités européens dépendent directement la politique monétaire, commerciale, industrielle et budgétaire. En outre, 80% des lois votées au parlement ne sont que des lois de transposition des directives européennes. Dès lors, qu’importe que l’on trouve au gouvernement un pion européiste portant l’étiquette du PS, de l’UMP, de l’UDI ou de Modem, puisqu’au final s’appliquera la politique du néolibéralisme bruxellois.


Dans les domaines régaliens, la même chanson est toujours jouée quel que soit le parti républicain aux manettes : impunité pour les racailles en matière de sécurité, ouverture des frontières en matière d’immigration, atlantisme servile en politique étrangère.
On ne le devine alors que trop : un gouvernement d’union nationale n’apporterait strictement rien de neuf. Il ne serait que la perpétuation sous un nouveau masque de la politique qui est pratiquée par l’UMP et le PS depuis au moins 1983, ce libéralisme sociétal entrelacé au néolibéralisme bruxellois : le libéralisme-libertaire.


Le réveil du peuple français
Il s’est passé en France ces dernières semaines un phénomène auquel nous n’osions plus croire. Electrisée par le mariage gay, une partie de la France, longtemps tétanisée, sonnée par le libéralisme-libertaire d’Etat, est sortie de son apathie. Quelle est cette France ? D’aucuns diront la France catholique, d’autres la France conservatrice ou pourquoi pas encore la France de droite.
Après un long sommeil, cette France a décidé de partir à l’assaut du libéralisme-libertaire hérité de mai 68. Ce mouvement était imprévisible. Personne n’aurait songé au moment de l’élection de François Hollande que le mariage gay flanquerait une telle pagaille, qu’une telle résistance sortirait des entrailles de la France. Cette résistance fait tache d’huile et gagne chaque jour qui passe de nouveaux partisans. Mais ce qu’il y a de plus exceptionnel, c’est que les partis de droite eux-mêmes sont dépassés et se voient dicter la marche à suivre. Pour la première fois depuis mai 68, l’opinion semble pouvoir s’imposer aux partis en place.


Le bras de fer officieux
Le pouvoir sent le cours des évènements lui échapper. La résistance conservatrice qui est née est institutionnellement incontrôlable. Le gouvernement n’a rien à lui opposer si ce n’est la propagande médiatique et la répression policière.
Une guerre civile idéologique est engagée. Dans les mois à venir, deux camps vont s’affronter : ceux qui veulent sauver le libéralisme-libertaire et ceux qui veulent le liquider. D’un côté le pouvoir, de l’autre, le peuple français en colère.
Face à cette exaspération, notre classe politique doit réagir pour conserver ses places et continuer de servir ses maîtres. La carte Sarkozy a été utilisée. La carte Hollande est déjà consumée. Alors que faire ? Que faire pour donner l’illusion du changement tout en maintenant un statu quo au service du mondialisme ? Créer un gouvernement d’union nationale.
Ce gouvernement sera un os à ronger donné à l’opinion française. Un os destiné à la calmer, à l’illusionner, à la tromper, à la vider de son énergie, pour qu’elle perde le bras de fer qui l’oppose à l’UMPS. La gravité de la situation actuelle est cependant telle que le gouvernement d’union nationale ne pourrait être qu’une rustine temporaire.
Qu’on se le dise : dorénavant, les choses ont changé. Par la crainte qu’il inspire, le peuple peut imposer ses vues à des dirigeants qui depuis des décennies se sont illustrés par des actes répétés de haute trahison. La balle est désormais dans le camp du peuple de France. A lui, par ses efforts continus, de gagner ce bras de fer historique qui l’oppose au domestique du mondialisme : l’UMPS.

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