Évènement

Le rivacotron : Julien Dray

Publié le : 17/06/2010 23:00:00
Catégories : Humour

Dray

Pendant que vous vous tourniez les pouces, votre Paulo des familles a bossé, mesdames et messieurs les scriptoblogueurs. Et Paulo, grâce à son doctorat en sciences bizmuchiennes appliquées, a enfin triomphé des obstacles techniques immenses qui séparaient l’humanité de sa plus grande découverte : le Rivacotron.

Sans entrer dans des détails techniques qui passeraient au-dessus de la tête de 99,96 % des lecteurs de ce blog (c'est-à-dire tout le monde sauf moi), voici comment fonctionne la technique R.I.V.A.C (Réplication Intégrale Virtuelle de l’Architecture Cérébrale).

Un émetteur bizmuchien à haute fréquence zbignoulo-modulée envoie un bombardement de particules de type Kanterbrau 88 (n’y voyez pas une allusion) vers le haut du corps de la cible (essayer de viser la tête). L’impact de ce bombardement déclenche une onde retour de type Smirnov 17 (toujours pas d’allusion, c’est de la physique quantique). Cette onde retour est percutée par l’émission Vougeot 89 d’un autre émetteur bizmuchien, et la percussion produit une réplication parfaite de l’architecture cérébrale, à l’échelle subatomique. Il faut ensuite introduire cette réplication dans un simulateur d’activité cérébrale informatisé, et on dispose d’un clone virtuel parfait du cerveau visé. La désactivation des zones cérébrales virtuelles servant à l’énoncé du mensonge est ensuite un jeu d’enfant.

Il ne vous reste plus qu’à interroger l’interface homme-machine connectée au clone cérébral virtuel, et vous pouvez escompter une interview totalement imaginaire, et cependant plus vraie que n’importe quelle interview réelle, de personne à personne. Magie de l’informatique !

Pour tester mon invention, j’ai décidé que le premier client du Rivacotron serait Julien Dray.

C’est parti !


*

Julien Dray, bonjour !

Shalom aleichem, Scriptoblog ! Très heureux d’être votre invité.

Euh, oui, aleichem shalom… Alors, monsieur Dray, comme ça, il paraît que vous avez apostasié votre foi antiraciste ?

Vous faites allusion à mes déclarations récentes, au sujet de la génération qui s’est trompée, là ?

Vous m’avez compris.

Je vous ai compris, mais la réciproque n’est pas vraie. Je n’ai rien abjuré du tout, au contraire.

Comment cela ?

La différence entre un goy et un Juif, c’est qu’un goy croit qu’on lui parle quand on fait semblant de lui parler, alors qu’un Juif sait très bien que les Juifs ne parlent qu’aux autres Juifs. Aux goys, j’ai dit dans les années 80 : « vous devez être antiracistes jusqu’à voir le racisme partout. » Aux goys, je dis maintenant, de manière relativement subliminale : « eh, le racisme, faut pas le voir partout. » Les goys y voient une contradiction, parce qu’ils n’ont pas compris que dans les deux cas, je ne leur parlais pas à eux. Mon vrai message était pour mes potes, entre initiés, et ce message est, dans les deux cas : « Quoi que je doive dire pour servir les intérêts d’Israël à un instant T, je le dirai. »

Pouvez-vous être plus précis ?

Je vais vous expliquer, mais d’abord, une précision : débarrassez-vous de vos idées préconçues sur le soi-disant « complot juif ». Une bonne fois pour toutes : cela n’existe pas. Il existe évidemment des complots dont certains Juifs sont partie prenante, voire des complots dont certains Juifs sont organisateurs, cela peut arriver. Mais c’est un phénomène anecdotique, qui ne décrit pas du tout le fonctionnement réel du monde juif. Ce qui décrit le monde juif, ce n’est pas la notion de complot, c’est la notion, tout simplement, de monde. Le monde juif est un monde – et pas un complot. Voilà ce qu’il faut bien comprendre. Vous me suivez ?

Oui, mais je ne vois pas où vous allez !

Patience, petit scarabée. Les conclusions, c’est à la fin, pas au début du discours !

Poursuivez, poursuivez, je vous en prie.

Qu’est-ce qu’un monde ? Est-ce un système organisé, hiérarchique, verticale ? Non. Un monde n’est pas une organisation. Est-ce un réseau polycentrique ? Non, un monde n’est pas un milieu.

Un monde, voyez-vous, c’est un monde.

C’est un plan spécifique de la Création. Dans mon esprit, il y a le plan matériel, si vous voulez, où se meuvent les créatures dotées d’un cerveau rudimentaire. Au-dessus, il y a un premier plan spirituel, où se meuvent les goyim, qui sont dotée d’une âme incorporant certaines fonctions, certaines composantes de l’âme totale. Et au-dessus de ce plan, il en est un autre : celui des Juifs, qui sont dotés des mêmes fonctions, des mêmes composantes de l’âme que les goyim – et de quelque chose de plus, d’une « couche » cérébrale supplémentaire, si vous voulez. Cela peut vous paraître fou, mais c’est ainsi : cent générations de rabbins ont fait en sorte que pour nous autres, Juifs, il existe un plan intermédiaire entre le monde des hommes et le plan spirituel supérieur où se trouvent les attributs inférieurs de D.ieu. Ce plan intermédiaire, c’est le nôtre : le plan du peuple-clergé.

On pourrait y voir une forme de racisme…

Et on aurait tort ! Seuls les Juifs retombés au niveau des goyim sont racistes. Ce sont un peu nos racailles à nous, si vous voulez ! S’ils ont besoin du racisme pour se séparer des goyim, c’est justement parce qu’ils ont cessé d’appartenir au plan supérieur, non ? Enfin, ça me paraît évident.

Bref, revenons à nos moutons.

Donc, comme je vous le disais, nous, Juifs, évoluons dans un plan supérieur de l’architecture mentale collective. C’est ce qui fait qu’il n’y a pas plus de complot juif que de beurre en broche : c’est tout à fait inutile de comploter pour nous unir. Ce qui nous unit, c’est la conscience d’appartenir à un autre monde que les goyim. Voilà comment nous fonctionnons.

Entre nous soit dit, je soupçonne fortement le clergé catholique de fonctionner aussi un peu comme ça, quoiqu’avec, sans doute, davantage de passerelles entre les plans supérieurs et inférieurs.

Bon, bon… Mais en quoi tout cela nous explique-t-il vos prises de position récentes ?

J’y viens.

A chaque fois qu’un Juif prend position, je veux  dire un Juif vraiment juif, là, pas un faux Juif, demi-juif, sous-juif… Enfin bref, quand un Elu prend position, il parle à deux niveaux. C’est un processus largement subconscient, tant il est intériorisé. Nous disons quelque chose dans le plan inférieur où se meuvent les goyim, mais nous sommes toujours attentifs à la réverbération de ce quelque chose dans le plan supérieur des Elus. Au point qu’en réalité, cette réverbération est le vrai message. Le discours tenu oralement, matériellement si j’ose dire, à travers l’onde produite dans l’air par la bouche, c’est pour les goyim. Le vrai message, c’est une onde d’une autre nature, écho de la première. Une onde immatérielle, dans notre monde à nous, dans le monde juif.

Vous me suivez toujours ?

Je commence même à vous précéder !

Fort bien. Je conclus, donc, sans m’attarder aux détails.

Comme il n’y a pas plus de complot juif unitaire que de politicien honnête en France, ce n’est pas de tout repos d’être juif, figurez-vous. Quand on se retrouve, dans le plan supérieur, à émettre des ondes qui ne vont pas dans le bon sens, le monde juif, dans une réaction que je qualifierai d’effet de l’instinct collectif, vous le fait sentir. Et ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère, mes coreligionnaires, quand ils règlent leurs problèmes entre eux !

Prenez Eric Zemmour, par exemple. Coupable d’émettre des ondes francophiles à une époque où, sur le plan supérieur, le flux mental collectif était franchement francophobe, on ne lui a pas fait de cadeau. Son âme a été, pendant vingt ans, condamnée à se terrer dans un cul de basse fosse, à manger des fallafels périmés, avec les œuvres complètes de BHL comme seule lecture autorisée. Brrr… Quand je pense à sa soif de revanche, j’ai la chair de poule. Je sais, je sens confusément, qu’il rêve de jeter mon âme dans ce même cul de basse fosse, pour que j’y relise en boucle les œuvres complètes de Marc Bloch.

Et les fallafels périmés, hein, vous y avez pensé, aux fallafels périmés ?!!

Pour lui, ça a été dur, mais pour moi, ça serait intenable. J’ai pris des goûts de luxe. Le temps, je ne le supporte que sur le cadran d’une montre suisse, moi, cher monsieur Scriptoblog. Ah, si vous saviez l’effet que ça fait de sentir les ondes collectives du plan supérieur qui vous portent, qui vous poussent, et de regarder sur le cadran d’une montre à 10.000 euros s’égrener les secondes qui vous rapprochent de l’anéantissement dans tous les plans, sauf ceux où résident les attributs divins…

Et après ça, vous me voyez dans le cul de basse fosse, remplaçant de ce pauvre Eric, à gober des fallafels périmés en lisant du Marc Bloch ??? Impossible. Je n’y survivrai pas.

Mais pourquoi vous jetterait-on au cachot ?

Mais voyons, parce qu’on vient d’en sortir le Zem !

Vous pensez bien que le sketch désopilant joué devant les goyim par Eric, avec la permission des forces médiatiques, je veux dire des forces qui contrôlent les médias, eh bien ce sketch a un sens bien précis ! Vous avez remarqué qu’il est applaudi sur les plateaux, à chaque fois qu’il allume un Juif francophobe ? Tout ça n’arrive pas par hasard. Les goyim applaudissent quand l’animateur appuie sur le bouton « applaudissements nourris », situé sous son bureau, cher monsieur.

Ah bon ?

Les goyim n’ayant pas accès au plan supérieur, ils sont très sensibles au mimétisme des foules. Il suffit qu’un animateur déclenche quelques applaudissements préenregistrés, et les goyim embrayent. C’est un peu comme quand vous menez un troupeau : si vous savez conduire le bélier de tête, le reste suit.

Excusez-moi, mais votre propos me paraît plutôt décrire les imbéciles, pas les goyim. Il y a des Juifs très moutonniers, et des goyim très intelligents.

Oui, mais ça ne durera pas. Au final, vous verrez, la sélection se fera… Le processus n’est pas achevé, qui doit découpler les deux plans… Le temps n’est pas encore écoulé, mais il le sera un jour. Et quand on voit les choses depuis le plan supérieur, monsieur Scriptoblog, le temps n’est qu’un délai sur le cadran d’une montre suisse. On attend, on a confiance.

Mais bref, si vous voulez que je réponde à votre question, laissez-moi enchaîner mes idées !

Oui, vous avez raison. Vous nous disiez que les goyim applaudissaient.

Voilà. S’ils applaudissent, c’est parce que l’animateur appuie sur le bouton. Et si l’animateur appuie sur le bouton, c’est que les forces dirigeantes ont décidé qu’il fallait que les goyim applaudissent.

Et vous savez ce qu’ils veulent dire, ces applaudissements ?

Je le devine, mais dites-le nous.

Eh bien ces applaudissements sont un message envoyé par les forces dirigeantes aux Juifs. Ce message dit : « A présent, les ondes dominantes du plan supérieur sont inversées. Désormais, les intérêts d’Israël penchent en faveur non plus de l’importation des musulmans en Europe, mais de l’intensification des conflits avec le monde musulman. »

Voilà ce que ça veut dire, ces applaudissements.

Et là, vous voyez mon problème.

Vous êtes à contre-courant. Et c'est embêtant pour un prêtre, d'être à contre-courant dans sa propre hiérarchie ecclésiastique.

Plutôt. Il faut bien dire qu’on ne peut pas être et avoir été. Dans les années 80-90, pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer ici, les forces dominantes voulaient dé-franciser la France. Il s’agissait surtout de rendre impossible la révolte du troupeau parqué dans le plan inférieur, comprenez-vous ? Et pour cela, rien de tel que de le rendre inconscient de lui-même…

Aujourd’hui, le problème se pose en termes différents. La révolte du troupeau français est considérée comme un risque de deuxième ordre. Beaucoup plus sérieuse est la menace représentée par le troupeau musulman.

D’où les applaudissements qui ponctuent les tirades du Zem, quand il se fait Benamou ou d’autres.

Franchement, ça craint pour moi.

Mon âme hume déjà l’odeur des fallafels périmés, si vous voulez bien passez l’image.

Et donc, pour continuer à être, vous avez publiquement renoncé à avoir été ?

Exactement. Je n’aurais pas mieux dit. C’est tout à fait cela.

Dans le plan supérieur où se meuvent les Elus, j’ai fait passer un message. J’ai dit que je tournai avec le vent. Oh, bien sûr, je ne l’ai pas fait brutalement, comme un imbécile qui se dévoile dans le plan inférieur trop nettement. Dans ce plan-là, je suis resté soft. Suffisamment pour conserver mon influence auprès de la section de ce plan à moi confiée. Mais dans le plan supérieur, le message est passé, j’en suis sûr. Tout le monde a compris, chez moi : Juju, Israël, perinde ac cadaver, comme ils disent !

Je vais à nouveau pouvoir regarder l’aiguille tourner sur le cadran de ma montre préférée ! Un rituel plus minutieux que les prières à la synagogue !

Ah bon, vous allez à la synagogue ?

Pas besoin, cher monsieur Scriptoblog.

Pas besoin…

Et Dieu dans tout ça ? Il n'a pas son mot à dire ? Il ne vous place pas en situation de responsabilité, de son propre point de vue ? Il ne vous juge pas ?

Précisons ma question : Julien Dray, au fond, est-il un Juif qui a transféré dans le champ politique les modes de pensée caractéristiques du monde juif ? Un Juif après la mort de Yahvé ?

(silence prolongé)

Bon, eh bien, en tout cas, tout cela mérite publication. Julien Dray, merci pour cette interview !

Ah non, merci à vous.

C’est super, votre rivacotron.

En dix minutes, j’ai appris sur moi-même plus qu’en dix ans de psychanalyse !


Propos non-recueillis par Paul Dautrans pour www.scriptoblog.com


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