Évènement

Le temps des pétasses

Publié le : 03/07/2008 00:00:00
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Paul Dautrans

27robes

27 robes.

Ce film est une daube. Je l’ai pas vu, mais je sais que c’est une daube.

Comment je sais ? Facile.

Je sais à quoi m’en tenir, because : ce film est fait pour un certain public ; et ce public-là aime les daubes ; et les scénaristes ricains connaissent leur métier.

Moralité : pour les connasses qui aiment les daubes, ces enculés de Cainris font des daubes.

Et là, c’en est une, c’est sûr.

Une belle, même.

Bref. C’est pas ça, l’important.

L’important, c’est : l’affiche.

Regardez bien cette affiche : elle dit quelque chose de fabuleusement intéressant.

Si, si, je vous assure.

Je décode.


« Katherine Heigl est divine en héroïne célibattante. »

Traduction. Mot à mot.

Divine : Katherine Heigl représente une divinité, c'est-à-dire une idole.

Héroïne : meuf qui vit un truc hors norme.

Célibattante : contraction de célibataire et battante. Célibataire : femme qui n’a pas de mari, et généralement pas d’enfant ; battante : femme qui se bat (surtout dans la vie professionnelle).

Traduction complète :

Voici un film qui vous présente une idole à adorer pour sortir de l’ordinaire afin d’oublier que vous ratez votre vie de femme en bossant comme une conne pour engraisser les actionnaires de votre boîte.

C’est le message sous-jacent. C’est ce que la gourde standard va acheter en allant mater cette daube.

A gauche : « Mon boss », avec un petit cœur à côté. Message : elle aime son boss. La « célibattante » est amoureuse du Capital qui l’encule, qui l’encule, qui l’encule par le pognon. L’amour comme disent les gourdes, c'est-à-dire le besoin de se faire remplir, va vers le pognon, soit le pouvoir, c'est-à-dire la bite.

A droite : « Même pas en rêve ». Le résumé du film indique que ce jeune homme beau et con à la fois est un reporter qui va évidemment triquer pour la « célibattante » de mes deux. Son job, c’est de faire la bite de substitution, celle qui bande dur et qui n’a pas la chatte.

Traduction : la « célibattante », à condition d’aimer le pognon, a le choix symbolique de la bite qui la tronchera. Le message, c’est : soit une bonne « célibattante », et tu pourras choisir tes bites, tu jouiras du pouvoir de choisir la bite, c’est toi qui décideras de quelle bite te nique, et tu auras le pouvoir sur les mecs, puisque c’est toi qui pourras les éponger – ou pas.

J’ai pas vu le film, mais je suppose que le pitch, c’est : la meuf est amoureuse de son boss, son boss en aime une autre (la rivale, sinon y a pas de film), on se demande si la meuf va réussir à voler l’homme patron pognon grosse bite à la rivale chatte en feu voleuse de foutre, finalement elle y arrive pas mais à la fin, elle comprend que l’important, c’est l’amûûr, et elle se donne au petit jeune homme gentil à qui elle faisait pas attention au début du film. Comme ça, elle prouve que le pouvoir de sa chatte-jouissance est supérieur à celui de la bite-pognon du patron.

Ainsi, la « célibattante » finit quand même par avoir un polichinelle dans le tiroir, mais elle s’est donné l’impression d’exister par elle-même, le temps qu’elle existait, voyez, elle n’est pas qu’une pondeuse de futurs RMIstes, la preuve elle a choisi la bite et le foutre qui va avec et en plus elle a compris que le pognon, y a pas que ça dans la vie. « Ah ouais, » dit la pétasse, « je est un autre et c’est pas moi qui suce la queue du boss pour avoir une promo, c’est l’autre, moi les mecs ils bandent et ils rampent à mes pieds, yeah. »

A quoi ça rime, cette sinistre instrumentalisation du bovarysme féminin ?

Réponse sur les nibards de la pouffe : « La vie, c’est pas du sur-mesure ».

Traduction : la vie, ça coûte comme du sur-mesure.

Voilà, tout ça pour ça. Cette affiche à la con indique le programme : faut être comme une pouffe qui veut une bonne bite pour ce soir, qui veut avoir le choix de la bite, qui veut faire dresser les bites sur son passage, qui veut donc s’habiller en sur-mesure, et qui a du mal parce que le sur-mesure, ben c’est cher dans la vraie vie.

Et qui donc, la pétasse, veut sucer son boss, un bon moyen pour se faire de l’oseille. Du bon oseille pour s'acheter du sur-mesure, et les bites qui vont avec. La boucle est bouclée.

CQFD

Cette affiche, c’est de la propagande.

Ça dit : tendez votre cul, on vous paiera et ça vous fera jouir.

Ça dit : soyez des putes, c'est tendance.

Bandenazes, z’aviez pas remarqué, hein, en passant tous les jours devant, dans le métro ?

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