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Le triomphe de la société du suicide ?

Publié le : 08/03/2018 12:32:57
Catégories : Actualités des éditions Le Retour aux Sources , Auteurs , Philippe de Vulpillières , Recensions

Fort curieux ouvrage que cet essai publié par les excellentes éditions Le Retour aux Sources et dont le titre claque comme une impitoyable sentence. 


L’homme tue et la femme rend fou est un OLNI, un « objet littéraire non identifié », un livre à la fois court et dense, foutraque et brillant, étonnant et détonnant, agaçant et stimulant mais toujours percutant. L’auteur veut aider à « comprendre l’architecture de la société du suicide » et pour ce faire, en se basant notamment sur de nombreuses citations bibliques, il décrit notre monde tel qu’il ne va pas depuis sa rupture avec la pensée et la pratique catholiques et l’équilibre que celles-ci apportaient à la société, et plus particulièrement au couple et à la famille. Le sujet pourrait paraître éculé, vu et revu sous de nombreuses plumes, mais il est pourtant traité ici avec originalité et verve, et la pertinence de l’analyse, illustrée par quelques fulgurances stylistiques et des formules brillamment assassines, emportera l’adhésion du lecteur même le plus originellement dubitatif.

Nous plongeons ainsi dans les arcanes d’une société de Narcisses dépressifs, entièrement vouée à l’apparence et à la séduction, eux-mêmes au service du dernier Dieu toléré : l’argent. Une société vide et vaine, celle de la jouissance triste et du festivisme obligatoire, une société qui rend malade :

« Il y aurait en France 12 millions de personnes atteintes d’une pathologie mentale, soit un Français sur cinq »

Et pousse lentement et inexorablement au suicide :

« De décembre 2006 à décembre 2012, sous la présidence de Felipe Calderon, la guerre entre forces de l’ordre et narcotrafiquants au Mexique (115 millions d’habitants) s’est soldée par 60 000 morts violentes, soit le nombre approximatif de décès par suicide, en France (66 millions d’habitants, sur la même période. »

On n’est pas obligé de partager tous les points de vue de l’auteur – notamment son appétence pour la « pudeur » islamiste opposée à l’exhibitionnisme occidental post-moderne – pour apprécier ce diagnostic féroce et acide, cette dénonciation implacable de l’impasse d’un monde « férocement athée » et privé de transcendance, condamné à la pantomime sinistre de la séduction permanente qui mène à la guerre de tous contre tous.

« En immolant l’amour conjugal, la parentalité et l’enfance sur l’autel d’un immense, inique et lubrique parc d’attractions pour adultes, les voyoutes intellectuelles et autres divines marquises du féminisme plongent un nombre exponentiel de familles dans le désordre et la misère avant d’y entraîner le corps social tout entier. »

Une lecture vivifiante, à défaut d’être très joyeuse ou optimiste. A prendre comme un alcool fort, pour se fouetter le sang et l’âme.

Xavier Eman
Pour la revue Livr'arbitres

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