Évènement

L'école, second axe de la renaissance

Publié le : 25/03/2009 00:00:00
Catégories : Politique

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Il y a des évidences qu'on ne discute pas, qu'on refuse même de discuter dans notre cercle de réflexion, tellement la réalité est éclatante de vérité. Il y en a une, particulièrement, qui ne fait pas débat : malgré les armées de sociologues (combien de sociologues y a-t-il en France ?), propagandistes, « philosophes » (à la BHL) nous certifiant que le niveau monte (ou même plus modestement que, parfois, il stagne, il fait une pause momentanée voyez-vous)…

… nous continuons à penser que la soi-disant « Education Nationale » est la plus invraisemblable pétaudière depuis la chute de l’URSS, ex aequo avec la régulation financière dans l’anglosphère. Dans la catégorie « désastre total derrière les communiqués triomphalistes », les Américains ont Wall Street, et nous, nous avons le ministère de l’Education Nationale.

L’effondrement du niveau d’instruction en France est absolument évident. A part les bureaucrates de l’Educ’ Nat’, il n’y a d’ailleurs plus personne pour le contester. Il suffit de causer quelques minutes avec un prof doté d’un minimum d’expérience pour être fixé sur la question. Les enseignants du secondaire racontent tous la même chose : des générations entières complètement déstructurées, même plus capables de construire une phrase simple en respectant les règles élémentaires de la syntaxe. Aveu : étant moi-même issu de ce système aberrant, j’ai mis des années à m’en remettre, et je commence tout juste à pouvoir, à nouveau, écrire vraiment ma propre langue. Le décalage  intergénérationnel est flagrant : les gens nés après 1980 écrivent en moyenne moins bien que ceux nés avant, et ceux nés après 1995, on n’en parle même pas. Par rapport à mon époque, déjà bien dégradée, on a encore « progressé » dans l’art de déconstruire la pensée des futurs citoyens. A ce rythme, pour 2030 environ, je pronostique le retour aux pictogrammes… Après, je ne sais pas. La disparition du langage articulé, peut-être. Une France peuplée exclusivement de Morsay, c’est sûr que ça serait plus facile à gouverner qu’une France capable de lire Marx et Proudhon…

Il est évident que ce saccage a été programmé, dans une logique de guerre de classes. Se reporter à la note de lecture publiée sur ce site suite à l’ouvrage de Brigheli, « La fabrique du crétin ». Je n’y reviens pas.

La question que je voudrais aborder est différente. C’est : « et à supposer que nous soyons un jour prochain en situation d’agir, que faire ? »


*


L’instruction publique : voilà comment nous appellerons l’Education Nationale après avoir vidé manu militari le ministère de sa population actuelle, du ministre au concierge en passant par l’ensemble de la bureaucratie existante. Nous en ferons le second pilier de la renaissance. Et ceci pour des raisons que nous allons détailler.

Nous avons vu, dans le texte précédent, qu'une souveraineté économique, alimentaire, nécessite moult compétences. Nous allons devoir répondre à des défis immenses, notamment énergétiques. Nous ne pourrons pas faire l’impasse sur le progrès technique, n’en déplaise aux adeptes de la décroissance tous azimuts.

A l'heure actuelle, notre système éducatif est calibré pour faire fonctionner un système basé sur la rente de situation. Il construit une base majoritairement presque analphabète, extrêmement malléable et parfaite pour fournir des consommateurs de titytainment à une petite minorité de dominants, eux-mêmes sans grande culture générale, mais très bons techniciens, capables de faire tourner l'ensemble économie-monde tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Disons le clairement : pour répondre aux défis qui nous attendent, cette structure, sans même aborder la question politique sous l’angle moral, est dépassée pour des raisons bêtement pratiques. La réalité d’un monde concurrentiel, violent, où l’Ouest blanc et l’Est jaune entreront inévitablement en compétition pour le leadership sur la planète imposera la constitution en Europe de nouveaux peuples d’élite. Les dirigeants de l’Occident contemporain s’accrochent stupidement à leur modèle dépassé sans comprendre qu’ils ont eux-mêmes sapés les bases de leur puissance en s’enfermant dans un modèle de reproduction sociale sclérosant. Il faut sortir de leur logique.

Ce changement de paradigme impliquera forcément des changements dans les structures de l'instruction publique. Voyons lesquels.

Tout d'abord, bien loin de créer une école « immergée dans la société » et pilotée dans une optique utilitariste de classes devant répondre aux besoins d'un système économique favorisant la rente, autrement dit l’ensemble des forces qui soit interdisent le progrès, soit le limitent en le cantonnant dans un sous-ensemble de la société globale, l'école retrouvera son statut d'institution au service de la Nation.

Seule une institution peut s’inscrire dans la durée, dans le long terme, par opposition à une société civile toujours ballotée entre des effets de mode successifs. De toute manière, l'école est un relais entre le passé et l’avenir, ce qui lui impose une certaine distance d’avec le présent. Cette institution ne peut atteindre son but sans une sanctuarisation de son espace symbolique, qui passe, inévitablement, par le retour de la hiérarchie maitre/élève. Dans notre école inscrite dans la durée, les enfants ne seront pas « au centre du système ». Ils seront à la périphérie, avec pour mission de se rapprocher du centre en traversant les cercles concentriques de la sélection la plus rigoureuse. Ça les traumatisera ? Eh bien, tant mieux, un traumatisé qui surmonte son traumatisme est un homme fort. La dimension traumatique de l’éducation ne doit pas être évacuée. Mieux vaut pour les enfants encaisser jeunes les coups qui apprennent à encaisser, que devenir de petites lopettes élevées dans le coton, et qui trébuchent dès que la vie devient difficile. Nous savons de quoi nous parlons, nous avons vu évoluer nos anciens camarades de classe.

Cette institution sera-t-elle obligatoirement étatique ? Cela se discute. L’Etat présente des avantages et des inconvénients. La coexistence d’une école privée et d’une école publique peut être un bon moyen d’empêcher l’école publique de se regarder le nombril. Disons qu’une école publique de qualité n’aurait de toute manière pas à redouter la concurrence des écoles privées, et qu’en ce sens, il n’y aura pas probablement lieu de toucher significativement aux compromis passés par les régimes précédents.

Fondamentalement, notre vision de l’école renvoie à un ensemble de concepts tirés de la III° République, ce que nous assumons pleinement. Nous sommes réfractaires à toute la démagogie post-68arde. En fait, notre vision de l’école est à peu près celle de Jules Ferry, avec cette nuance que nous nous rallions à la vision britannique selon laquelle une bonne éducation doit privilégier la formation du caractère, et que sous cet angle, rien ne peut remplacer le sport. Disons donc que nous sommes pour une instruction publique primaire combinant des classes du matin conformes aux pratiques des instituteurs de la III° République, et des activités d’après-midi assez proches de celles offertes en leurs temps par les pionniers soviétiques.

Cela dit, portons, tout de même, une critique à l'enseignement théorique version III° République, une critique qui fut, déjà, en son temps, formulée par Gustave Lebon. En effet, dans l'expérience désastreuse, et voulue politiquement, des pédagogues démagogues post-68, il se trouve que si nous avons jeté par-dessus bord tout ce que l’ancienne Ecole Publique avait de bon, nous en avons par contre conservé ce qu’elle avait de mauvais ! Ce mauvais, qui explique notamment la médiocrité croissante de nos élites actuelles, n'est autre que la méthode de sélection desdites élites. Dans notre système qui se veut méritocratique, ne pensez pas que nous sélectionnons les meilleurs, les plus créatifs, les plus intègres. Non, pas du tout. Nous sélectionnons tout simplement ceux qui ont... la plus grosse mémoire. Qu'est-ce qu’un concours à la Française, sinon l'examen qui permet de déceler celui qui retient le mieux, sans forcément comprendre en profondeur ? D'où d'ailleurs, le conformisme rigide de nos élites, véritables fabriques de perroquets sans envergure.

Une révolution aristocratique nécessite l'inverse. Inutile d'avoir des élites qui savent retenir des milliers d'informations sans savoir en tirer parti, inutile de créer des élites incapables de faire preuve d'initiative face à des situations inattendues. Une société aristocratique sélectionne ses élites à travers une école qui ne se contente pas de proposer un bourrage de crâne permanent, bien que la mémoire soit importante à certains niveaux. C’est pourquoi, au niveau des formations secondaires et supérieures, par nature ouvertes seulement à une minorité de la population (la formation primaire, si elle est de bonne facture, suffit à la majorité), nous nous éloignerons de l’ancien modèle français, pour nous rapprocher du vrai modèle américain, celui qui existait avant l’arasement des universités d’Outre-Atlantique par la bien-pensance politiquement correcte.

De manière générale, notre école sera un lieu ou les différentes facettes de l'homme seront façonnées, développées, et où le goût d'apprendre sera mis à l'honneur, où l'esprit créatif, dans le respect de l'autorité et en poursuivant toujours un but précis, sera éveillé pour construire des intelligences en action, des intellects connectés au concret. Nous voulons construire des peuples d’élite. Nous voulons que nos masses populaires aient un niveau de compréhension du monde supérieur à celui de nos actuelles classes moyennes supérieures. Nous voulons que nos élites aient une aptitude à diriger qui les prépare à évoluer dans un monde accéléré, toujours plus compétitif, toujours plus dangereux. C’est pourquoi nous ne voulons pas d’une éducation qui « épanouisse » les enfants. Nous nous moquons de savoir si les enfants sont épanouis. Nous nous moquons de savoir si les gens sont heureux, seuls les médiocres poursuivent un bonheur médiocre, et nous ne voulons pas un peuple médiocre. Nous refusons de n’offrir à nos classes inférieures qu'un avenir de bétail bien nourri. Nous tournons le dos à une éducation des classes supérieures qui tourne elle-même le dos aux catégories fondatrices de la pensée classique : de la honte la pudeur, de la pudeur l’effort, de l’effort l’excellence. Il n’est d’ailleurs pas exclus que pour poursuivre cette intégration européenne sans laquelle, on le pressent de plus en plus clairement, nous n’aurons pas d’avenir, nous réhabilitions le Latin, en somme la langue qui pourrait le mieux assurer l’unification des élites du continent, sans faire de jaloux.

Nous ne poursuivrons pas pour objectif de fabriquer je ne sais quel « homme nouveau ». Nous voulons simplement réhabiliter la construction de l’homme comme mesure de toutes choses. Nous refusons de réduire l’éducation à l’art de former des consommateurs/producteurs, des hommes boulons asservis à l’univers technicien et enfermés dans le règne de la quantité. Nous voulons un homme enraciné, conscient et fier de lui-même, se percevant comme une mesure qualitative à laquelle toute quantité doit être ramenée.

Je suppose que cette révolution aristocratique nous vaudra de nous faire traiter de fachos par les profs post-soixante-huitards puants. A quoi nous ne répondrons rien, puisque c’est l’exacte vérité – et même, à vrai dire, en-dessous de la vérité. Nous sommes plus que fachos, si par fachos on entend ce qu’entendent les idéologues de l’Educ’ Nat’. Des démagogues socio-libéraux de l’Education Nationale, de petites putes immondes, à qui je dois d’avoir dû réapprendre tout seul ma propre langue, et qui pourront d’ailleurs compter sur mes potes et moi, le jour venu, pour une explication virile.

Voilà qui est dit.

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