Évènement

Les Croix de Feu et le P.S.F (P. Rudaux)

Publié le : 21/10/2010 23:00:00
Catégories : Economie

colonel-de-la-roque

« J’exhorterai ce patriotisme à demeurer maître de lui-même afin qu’il redevienne définitivement maître du pays. La réconciliation sera l’œuvre non d’un homme ou d’un parti, mais du peuple entier. » (Colonel de La Rocque)

S’il fallait donner un exemple appuyant la thèse que l’histoire est écrite par les vainqueurs, l’épopée des Croix-de-Feu et du Parti Social Français, dirigés par le charismatique Colonel François de La Rocque, apparaîtrait tout indiquée. Ce fut le plus grand parti de masse de notre histoire nationale, aujourd’hui relégué aux oubliettes par une histoire communiste et libérale-libertaire. Redécouverte de l’incarnation la plus aboutie du nationalisme chrétien.

Le climat détestable créé par une politique politicienne totalement corrompue, dans l’après-Première Guerre Mondiale, gangrène le pays. Les Ligues factieuses, en réaction, prolifèrent. Maurice d’Hartoy, ancien militaire, fonde l’Association des combattants de l’avant et des blessés de guerre cités pour action d’éclat, les « Croix de Feu », en 1927 ; à ceux-ci s’adjoignent en 1929 les Briscards, anciens combattants non décorés. La même année, le colonel François de La Rocque prend la présidence de la ligue. Son parcours pendant la guerre est exemplaire : retrouvé à demi-mort de soif dans le désert, il fut décoré de la croix de guerre et de la rosette de la Légion d’honneur, onze fois cité, criblé de balles par les Allemands – il reçut l’extrême-onction par deux fois mais survécut – et revenu mutilé à 55%.

Il demande, en allant rejoindre les Croix de Feu, à ne plus toucher sa retraite de grand blessé. Inquiet sur l’avenir de la Nation en raison d’une paix jugée bâclée, mais aussi à cause des scandales et de la « subversion communiste », il entend redonner aux Français « ce sens de la fraternité, ce dépassement de soi, cet élan duquel on peut tout attendre, dans la paix comme dans la guerre. La France s’amollit, se décompose. Il lui faut susciter des élites à tous les échelons. »

En 1930, la ligue s’étend avec les fils et filles de Croix de Feu, et s’oriente davantage vers les questions économiques et sociales. Fin 1931, la présence protestataire de 1 500 Croix de Feu à la conférence du Trocadéro – qui prône le désarmement – les fait connaître du public. En 1933, une nouvelle branche du mouvement, les Volontaires Nationaux, est créée pour ceux qui n’ont pas combattu durant la Guerre. En 1934 enfin, sont créées les sections féminines du Rassemblement national autour des Croix-de-Feu.

Le constat du colonel est sans appel : « Le régime des partis, tel qu’il fonctionne, perd la France. » Un constat partagé par nombre de ligues factieuses, que le climat délétère des années 30 contribue à revigorer. Le point culminant est l’affaire Stavisky, du nom d’un financier cosmopolite d’origine juive polonaise, escroc corrupteur (de politiciens et de journalistes), affaire qui mènera au coup de semonce du 6 février 1934, auquel se joindront d’ailleurs certains communistes (1). La Rocque et son mouvement y participent pour montrer leur mobilisation, sans volonté de coup d’Etat, avec pour slogan « Nous voulons vivre dans l’honneur et dans la propreté. »

Le pouvoir fait ce jour-là tirer sur la foule parisienne, une fois de plus. Suite à cette mobilisation, entre 10 000 et 17 000 personnes adhérent quotidiennement aux Croix de Feu. Toutefois, La Rocque refuse de rejoindre le Front national que veulent créer les chefs de la droite, pour ne pas trahir ceux qui « ne veulent ni de la droite, ni de la politique classiques ».

Ici, la chronologie des évènements est instructive. Un mois après le 6 février naît à gauche le Comité d’action des intellectuels antifascistes et de vigilance. Le 27 juillet, un pacte d’unité d’action contre le fascisme, signé par les communistes et les socialistes, consacre la naissance du Front populaire. Peu après, le gouvernement d’Union nationale de Gaston Doumergue échoue, en raison de la démission d’Edouard Herriot et de son cabinet (orchestrée par Mandel). S’évanouit alors l’espoir de rénovation des institutions, cheval de bataille des Croix de feu avec l’antimarxisme-soviétique.

Mais le mouvement, à l’époque encore simple ligue, n’entend pas laisser le pays à l’abandon, et s’organise. En raison du nombre pléthorique d’adhérents, les sections d’arrondissement se subdivisent en quartiers et sous-quartiers ; des bibliothèques, foyers de jeunes et centres d’éducation physique sont ouverts. Les organismes centraux prennent de l’ampleur, les activités sociales se multiplient. Seules, les soupes populaires ne sont pas revendiquées « Croix de Feu » par la ligue, l’œuvre ici dépassant la propagande.

Pendant ce temps, le colonel s’isole et rédige la même année son livre Service Public, où il expose son but : « relèvement et continuation de la France, unité politique, géographique, spirituelle, traditionnelle. » En outre, sont réclamés les « droit au travail, droit au salaire, intéressement à l’entreprise, congés payés, création d’un conseil économique. »

Atypique, l’orientation de la ligue est sujette à interprétation – et calomnies. Est-elle fasciste (au vrai sens du terme, loin de l’inflation sémantique contemporaine de nos puceaux mono-neuraux « antifa ») ? Rudaux répond négativement : « La Rocque condamne la déification de l’Etat, son intrusion dans la cellule familiale, l’emprise sur l’enfant, dénoncée par l’Eglise romaine et bientôt par les pasteurs luthériens, le parti unique, le syndicat gouvernemental unique. »

Quelles accointances avec la pensée de Maurras ? Si ce dernier souhaite que la direction échoie à un seul homme pour pallier les risques de division, le colonel n’entend pour sa part pas renverser la République, mais la réformer ; non la détruire, mais la refaire. Comme Barrès, il pense par ailleurs que la France a besoin d’être « respiritualisée ». Au fond presque dans la lignée de Péguy, les Croix de Feu veulent un christianisme social et patriotique. Les idées de la ligue catalysent une multitude d’influences, au-delà même des figures que nous venons de citer. De tendance catholique centriste (pour l’époque), « cet état d’âme, bientôt incarné, dégagé de tout système, apparaît, quand il se politise, comme un amalgame de patriotisme jacobin, de nationalisme rénové et, dans une certaine mesure, de socialisme proud’honien », résume Rudaux.

Profitons-en pour préciser quelques points supplémentaires au sujet de la ligue : nationaliste chrétien, La Rocque refuse cependant l’intrusion du clergé dans les affaires étatiques ; partisans de l’école libre, les Croix de Feu préconisent qu’au rôle instructif de l’école s’y associe celui d’éducation ; ils sont en outre opposés à la franc-maçonnerie et aux sociétés secrètes. Quant à la question très fin 20ème siècle du râââcisme, sur laquelle on ne peut aujourd’hui pas passer, laissons la parole au colonel : « Notre racisme s’appelle christianisme. Ce n’est pas, dans le plan de notre œuvre, affaire de religion, mais de spiritualité, de tradition, de nature. » Un exemple pour éviter toute confusion : la présence au sein de la ligue de chrétiens arméniens volontaires de 1914-1918 et d’anciens combattants musulmans en Afrique du Nord, la ligue étant présente dans les colonies.

Mais revenons au contexte politique de la France de 1934. Weygand, La Rocque et De Gaulle, séparément, alertent : la défense nationale est insuffisante, en particulier face à la montée d’Hitler. Les divisions internes françaises n’en continuent pourtant pas moins de s’exaspérer (les Gauches ont entre temps créé « L’Unité d’action pour la paix et la liberté ») : de nombreuses agressions et assassinats ont lieu de la part des communistes contre les militants Croix-de-Feu. En 1935, Ybarnégaray, vice-président de la ligue, propose au Parlement de dissoudre toutes les ligues armées, proposition adoptée. L’année suivante, le Front populaire accède au pouvoir, porté – d’après le colonel – par quatre facteurs majeurs : les dirigeants envoyés par Moscou, l’or prodigué par les Soviets, le mécontentement légitime et généralisé des Français, l’impéritie des bien-pensants. Si alors Blum, premier président socialiste marxiste, prend des mesures appelées depuis longtemps par les Croix-de-Feu, telles le salaire minimal, les congés payés et les contrats collectifs, la semaine de 40 heures favorise Hitler.

La même année, sur injonction de l’extrême-gauche, Croix-de-feu et Volontaires nationaux sont dissous. La Rocque décide alors de transformer la ligue en parti politique : le Parti Social Français est né, fort en 1939 de 13 000 sections, présent dans 17 pays, et disposant de deux millions d’adhérents, un chiffre à faire rougir tous les partis politiques réunis en ce début de 21ème siècle (à noter que Jean Mermoz en sera un des vice-présidents) ; la ligue, à ses meilleurs jours, comptaient 950 000 adhérents. Le nationalisme est affirmé, ainsi que l’attachement à la République : la couverture de la brochure-programme montre une Marianne écartant faisceau, croix gammée, marteau et faucille.

Ainsi, si la ligue est dissoute, la mobilisation est toujours d’actualité, comme lors du 4 octobre où les velléités putschistes des communistes furent contenues par les hommes du colonel. L’œuvre sociale du PSF se situe d’ailleurs elle aussi dans la continuité des Croix-de-Feu. Une vraie formation est dispensée, art oratoire, technique économique et financière. Des centres sociaux sont ouverts, et la section Travail et Loisirs entend éviter à l’enfant les dangers de la rue pendant que les parents travaillent, en l’encadrant et lui proposant des activités, au travers desquelles le lien social se tisse. Dans la foulée des Croix de Feu, « tout l’éventail des professions et des origines sociales est représenté », des maçons et des petits électriciens se retrouvent chefs de section, commandant à des hommes de classe supérieure qui préfèrent « rentrer dans le rang ». Solidaire en actes, le PSF soutient les commerçants connaissant des périodes difficiles en envoyant les militants fréquenter lesdits établissements pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que les affaires reprennent. Son action sociale jointe à sa structure paramilitaire vaut d’ailleurs au parti l’appellation (à l’époque pas ironique) d’Armée du salut. Enfin, sur un plan plus politicien, La Rocque est contre la suppression des partis, car « l’émulation pouvait se montrer bénéfique » ; il souhaite en réduire le nombre par fusion spontanée, et surtout épurer les mœurs électorales et parlementaires (c’est l’ère des partis qui est dénoncée, pas l’existence des partis en elle-même). Favorable au vote féminin et familial avant l’heure, il reste par ailleurs opposé au vote de l’armée.

La guerre approche. Le PSF dispose de 11 députés, 198 conseillers généraux, 344 conseillers d’arrondissement, 2692 maires, 10 257 conseillers municipaux. Le PSF se veut « auxiliaire de la défense passive », car après Munich, l’impréparation de la France force le positionnement de La Rocque : « ni pacifisme, ni bellicisme » - contrairement au communiste Thorez qui depuis plusieurs années envisage « froidement, calmement, le déclenchement de la guerre. »

Celle-ci détruit l’œuvre construite pendant treize ans par tout le mouvement Croix-de-Feu/PSF. Pendant que les saboteurs communistes font le jeu du Reich, le Parti a arrêté sa ligne le 1erseptembre 1939, avec pour principes «soutien total de l’effort national, mais observations aux pouvoirs publics, aide et même substitution aux autorités dans les tâches où elles apparaîtraient défaillantes. » La Rocque met au service de la France le Petit-Journal, organe du PSF, ainsi que l’armature du Parti, en envoyant notamment des colis aux prisonniers. Il n’aime pas personnellement Pétain, mais en appelle, conformément à ses convictions de toujours, au loyalisme : « Vis-à-vis du gouvernement, discipline, rien de plus, rien de moins. » Le PSF devient le Progrès Social Français. S’il soutient certaines mesures vichystes, comme la responsabilité des ministres et hauts fonctionnaires ou encore le corporatisme sous contrôle d’Etat, il dénonce l’abolition du décret Crémieux : partisan de sa révision, il est défavorable au numerus clausus à l’égard des Juifs, chez qui il distingue les assimilés, qui ont versé leur sang durant la guerre, des apatrides.

De l’intérieur, le colonel de La Rocque résiste pour trois raisons : « assurer la continuité du pouvoir en favorisant sa transmission au nouveau chef qui allait s’imposer, de la légalité à la légalité, poursuivre sa mission de guide moral d’une partie de la nation, contribuer enfin à réintégrer la France dans l’effort de guerre allié. » En 1942, il fonde le réseau Klan, qui collecte des informations d’ordre militaire et entend contribuer au maintien de l’intégrité du territoire français et de l’empire. Le réseau Klan est essentiellement militaire. Le PSF et ses filiales sont dissous par les Allemands en novembre 1942.

C’est vraisemblablement au mois de mars 1943 que sont définitivement mortes les dernières chances de voir aboutir l’œuvre du colonel et le travail pour une unité nationale au sein de notre pays. En effet, après plusieurs entrevues avec La Rocque, le maréchal Pétain déclare au grand dam des membres de Vichy, tous ennemis du colonel : « Je recevrai le colonel de La Rocque régulièrement tous les huit jours. Ses vues me sont nécessaires », suite notamment aux invitations du colonel à se rapprocher des alliés.

Deux jours après, La Rocque et les principaux dirigeants du PSF sont arrêtés. La suite est connue : quand le colonel revient, il pèse 42 kilos, après 26 mois de déportation et de détention. Il est mis en accusation par les communistes, grands vainqueurs de la guerre. Thorez, pendant toute la guerre réfugié chez ses maîtres de Moscou, revient en France non comme déserteur, mais pour juger les vrais patriotes. Principaux adversaires idéologiques du PSF, les communistes l’accusent d’avoir collaboré et d’être pro-nazi. Règne alors cet étrange climat que Rudaux nomme la « drôle d’après-guerre ». De Gaulle fait séquestrer le colonel pendant plus de trois mois. Affaibli, ce dernier meurt en 1946. La France, quant à elle, refuse l’homologation du réseau Klan dans la Résistance, et même la carte de déporté à La Rocque – une injustice réparée, pour la carte, par le général De Gaulle en 1961, trois ans après son retour au pouvoir. Rudaux conclut : Le PSF, redouté par les partis qui disposaient de l’appui des forces étrangères (USA, URSS), a été sacrifié à la politique d’apaisement de l’après-guerre.

Le résumé de ce livre très descriptif ne peut être que succinct. Néanmoins, nous pouvons, avec un goût amer, en retenir plusieurs leçons :

- Premier point : La Rocque, ou le chaînon manquant entre Pétain et De Gaulle : le Maréchal a le premier repris le devise « Travail, Famille, Patrie », inventée par le colonel ; le Petit-Journal exposait en manchette : « L’ordre français a toujours reposé sur trois éléments : Travail, Famille, Patrie. » Toujours loyal, le colonel n’en a pas moins résisté – tout comme le Maréchal, à son niveau. Au sujet de De Gaulle, il n’est que de lire notre petit résumé pour voir d’où vient l’inspiration du général : sécurité nationale, volonté d’unité des Français, économie mi-planifiée mi-libérale. Pour conclure sur ce premier point, citons Rudaux : « En commun, les trois soldats ont eu conscience des tares qui rongeaient leur pays et des premiers remèdes à appliquer. Selon les circonstances, leur tempérament, leur degré d’habileté, ils ont pu différer sur les méthodes. L’un d’eux n’a pas accédé au pouvoir. Un autre, affaibli par l’âge, n’a pas été libre. Le mieux servi par le destin et peut-être le plus audacieux n’a pas bâti une maison sans reproche. » Entre pétainistes et gaullistes, on se déchire souvent sans comprendre qu’on a, entre soi, un maillon manquant.

- Deuxième point : La Rocque, ou comment aimer la République malgré la Ripoublique. Il s’agit d’oblitérer le républicanisme clientéliste pour promouvoir le républicanisme d’action. Si tant de personnes ont adhéré et sympathisé avec les Croix-de-Feu et par la suite le Parti Social Français, c’est grâce à une praxis manifestée, une organisation cohérente et volontaire, des réalisations sociales, et en même temps à une présence forte, prête à pallier tout danger communiste, à une époque où ce danger était réel, et recoupait une influence étrangère massivement non souhaitée. Citons le colonel : « Le plus beau cadeau qu’un Chef puisse faire à des enthousiasmes qui s’offrent, c’est de leur donner une organisation. »

- Troisième point : La Rocque, où la figure du Chef, que l’on appelait « patron ». Le colonel incarnait le « nationalisme chrétien », pas seulement dans ses paroles, mais aussi dans ses actes. Droit, il le restera jusqu’au bout, d’où l’amitié que lui voua Lyautey, au-delà d’un certain nombre de conceptions partagées. S’il organise, au sein de la vie civile, il poursuit cette œuvre en détention et déportation : organisation de conférences et cours du soir, exercice physique avant l’appel du matin, partie de ration (déjà réduite) donnée à ses camarades les plus faibles, fraternisation avec les communistes internés, soutien à un codétenu communiste jusqu’à son exécution… Jusqu’à cette lettre adressée à Himmler où il revendique l’entière responsabilité des actes du PSF et demande en tant que chef à être envoyé dans le camp le plus dur où un militant PSF soit déjà enfermé. La Rocque a voulu vivre totalement son nationalisme chrétien fait de charité, de spiritualité, de don de soi, d’abnégation, de sens du sacrifice, de fraternisation et de droiture, tout comme son vice-président, Noël Ottavi (loyal jusqu’au bout, mort en déportation). « A l’opposé d’un homme de caste, le colonel-comte ne renie pas son nom à « rotule » ; il estime que sa naissance lui confère essentiellement des devoirs. » (Rudaux)

- Le quatrième et dernier point en découle : La Rocque, ou la Chance Pour la France (la vraie, celle-là). Pendant treize ans, les 13 000 sections ont progressivement maillé le territoire français, métropolitain comme colonial. L’influence du PSF était toujours grandissante, le Parti faisait ses preuves sur le terrain, l’idée de cohésion nationale reprenait progressivement du sens, jusqu’au soutien du comte de Paris (la famille royale, donc) et du pape Pie XII. Le PSF, aussi, une chance manquée (2) : alliance objective oblige, le Vichy ultra-collaborationniste, par lequel le Maréchal fut dépassé, eut une première fois raison du Colonel, et le travail fut terminé par les communistes, collaborateurs de la première heure mais vainqueurs de 1945. Voilà qui explique l’effacement quasi-complet de ce Parti Social Français et de son chef de nos mémoires – et des programmes, sauf pour le dire fââsciste – bien qu’il ait été en réalité le plus grand parti, numériquement, de l’Histoire de France.

Quant à nous nationalistes, au vu de ce que nous a réservé l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, et au vu des perspectives ouvertes à notre pays par le PSF et sa mystique, disons qu’une nouvelle mystique, et un chef digne de ce nom, seraient les bienvenus.

« Sans la mystique animatrice, un programme se dessèche et reste stérile comme une plante privée d’air. » (La Rocque)

( 1 ) L'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), satellite du Parti communiste français, manifesta également ce jour-là.

( 2 ) Sur cette période et les causes de l’échec du PSF, on lira aussi, sur ce blog, trois notes de lecture :

Sur l’impossibilité, à l’époque, de définir une troisième voie entre communisme et capitalisme, « Le Troisième Reich », de Moeller van den Bruck, et la biographie de cet auteur par A. De Benoist.

Sur les stratégies des milieux financiers au même moment : « Le choix de la défaite », d’Annie Lacroix-Riz. Cette stratégie explique évidemment l'échec du PSF.

Citations :

« Contre la défaillance des institutions, contre les scandales s’exacerbant d’année en année, mêlés à la masse parisienne, aux cris de : « A bas les voleurs », les anciens combattants se révoltèrent un jour. Menés par un chef lucide, les meilleurs d’entre eux firent mieux : ils bâtirent. » (Philippe Rudaux)

« Entre autres conditions du réveil, [La Rocque] insiste sur l’adaptation des progrès sociaux et scientifiques aux données fixes dont nulle civilisation ne saurait se passer sans retour à la barbarie préhistorique : travail, famille, patrie. » (Philippe Rudaux)

« Les aspirants dictateurs, remarque Paul Reynaud, proviennent toujours de la gauche. Les exemples abondent de l’aisance avec laquelle leurs partisans tombent d’un camp dans l’autre, dans les deux sens. Une forte proportion de nazis provenait du communisme. En France, les intellectuels antifascistes bondissent du marxisme aux autres extrémismes et vice versa avec une souplesse qui serait inexplicable s’il n’y avait une parenté évidente entre les totalitarismes. Le fascisme antibourgeois, anticonformiste, est l’objet de la haine des communistes, très proches de lui par certains aspects, parce qu’il en est le principal concurrent. » (Philippe Rudaux)

« Que voulaient les Croix-de-Feu ? Que la République fût servie par un chef intègre et stable, comme eux intéressé et rebuté à la fois par le maniement des affaires publiques. Qu’il incarnât le sens de la grandeur nationale. Que son passé fut sans ombre, sa vie privée sans tache. Qu’indépendant des groupes économiques et syndicaux, il ne fut point la créature d’un clan, d’une société secrète, d’une classe sociale. S’il se réclamait d’une confession religieuse, que celle-ci ne compromît pas l’Eglise et n’influençât en rien ses actes, sinon dans l’ordre moral. Un régime fort, sans dictature, une mise en condition du Parlement, tant qu’il ne se sera pas amendé, la limitation de ses prérogatives au vote du budget et au rôle purement législatif qui lui incombe, des sessions courtes pour éviter l’épuisant harcèlement de l’exécutif : toutes mesures que réclamait le Parti Social Français. Le choix des ministres parmi des techniciens ou des élus qui abandonnent leur mandat sont des revendications textuellement exprimées dans « Service public », au même titre que l’économie mi-libérale mi-dirigée, la réforme du capital, sa collaboration avec le travail et l’intéressement de l’ouvrier à l’entreprise. » (Philippe Rudaux)

« Si l’Etat, bien orienté, sait faire la synthèse, rien ne peut mieux lui permettre de sains diagnostics. Si l’Etat commet la faute de fabriquer lui-même son exclusif instrument d’investigation, il est sûr de se tromper ou d’être trompé. Au sein d’une France rénovée, l’ère des partis devra être close, même des partis uniquement dévoués au bien général, comme notre P.S.F. On ne peut concevoir le fonctionnement normal des institutions qu’à l’abri des coalitions irresponsables. Il suffira que les tendances diverses puissent s’affronter sur la base de conceptions économiques, sociales, politiques (au sens supérieur du mot) et diplomatiques, ces deux dernières entrant en jeu au seul échelon national. » (La Rocque)

Partager ce contenu