Évènement

Lettre ouverte à Monsieur Chris Landre | Par Francis Cousin

Publié le : 03/12/2017 16:22:24
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , Francis Cousin

Pour une clarification sur la disparition de la chaine « EntretiensFrancisCousin ». 
Lettre ouverte à Monsieur Chris Landre.


βλὰξ ἄνθρωπος ἐπὶ παντὶ λόγῳ ἐπτοῆσθαι φιλεῖ.

L'homme borné en son in-compréhension, face à la vérité du Logos est effrayé par son propre vide.
Héraclite, Fragments sur la Nature de l'être

L'idéologie est un processus que le soi-disant penseur accomplit sans doute avec conscience, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement lui restent inconnues, sinon ce ne serait point un processus idéologique.
Engels, Lettre à F. Mehring, 14 juillet 1893


Le 22 novembre 2017, je vous envoyais le courriel suivant :

Bonjour,

J'espère que même si je n'ai pas de nouvelles, votre cheminer de conscience et de joie creuse sa fertilité pratique...

J'ai aujourd'hui deux correspondants qui en dialogue avec d'autres correspondants me signalent que la chaîne de nos entretiens aurait disparu...

Qu'en est-il ?

Cordialement,
FC


Le lendemain, 23 novembre, sans réponse, je renouvelais le même envoi…
Le lendemain, 24 novembre, toujours sans réponse, je renouvelais le même envoi…


Le 25 novembre, vous avez fini par me répondre la chose suivante
:

Bonjour M. Cousin, désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, je découvre votre message aujourd'hui. J'ai en effet supprimé la chaîne "EntretiensFrancisCousin".

Il y a plusieurs raisons à cela, mais la principale est que je ne peux plus personnellement dépenser mon énergie à entretenir la fabrique de suiveurs d'une idéologie "cousiniste", elle-même alimentant un anti-cousinisme primaire, les deux étant à mon avis très éloignés de la compréhension de la future société sans classes.


Votre fuyante justification est fantastique…

Et votre laconique « J'ai en effet supprimé la chaîne EntretiensFrancisCousin » est remarquablement tordant… Quelle bienséance ! A force de vivre virtuellement en écran machinique, de rencontrer peu et de confronter encore moins, vous en oubliez toute relation d’intelligence humaine !

Il en ressort que vous avez décidé tout seul dans votre bunker informatique et sans jamais m’en parler de faire disparaître une production commune sur laquelle j’ai quand même très large part, en vous auto-attribuant la mission de commissaire politique d’une brigade de l’internet dont vous avez secrètement créé la fonction et les missions de supervisation avant-gardiste. Ce qui vous conduit à lamentablement parodier le Ministère de la Vérité dénoncé dans 1984. On est là très, très loin du contre-despotisme aliénatoire d’Empédocle, du Christ, des Luttes de classes en France, de la Commune de Kronstadt et des barricadiers de Barcelone 37 et de Paris 68…

Pour ce qui concerne la subjectivité de votre « avis », on sombre dans l’extravagance. En sus, des raisons dont vous nous épargnez l’énumération (?), il y aurait donc la principale ; votre énergie épuisée par un site à l’arrêt pourtant depuis des mois… C’est un peu court et vous semblez là bien malingre et vulnérable…

Quant à votre frayeur face aux tiraillements idéologiques entre « cousinistes » et « anti-cousinistes » (sic !), elle est symptomatique de votre niveau de connaissance historique du mouvement réel de la pensée radicale lequel a toujours vu, en toutes époques, des interrogatifs, des malheureux, des incultivés, des suivistes, des touristes, des paumés, des drogués, des pauvres types, des infiltrés et des salauds en tous genres fétichiser en adulation ou en aversion les propos in-compris de ceux qui parlent en in-soumission afin d’éclipser de la sorte leur propre honte de se dérisoirement traîner en subordination…

Il est curieux qu’un technicien si averti de la compréhension de la « société sans classe » n’ait ici pour seule issue, non pas la démonstration franche et loyale vers le dé-clore, mais l’échappement et le sauve-qui-peut dans le caviarder et l’escamoter du cadenassage…

Il s’est, de tout temps, rencontré dans la longue histoire des luttes de la tradition primordiale de l’être générique, des individus qui confondaient de manière totémique ce qui est transmis avec celui qui le transmet… Je vous remercie mais, compte-tenu de la longue durée de mes engagements d’invariance communarde, je suis assez grand pour défendre moi-même ce que je prône à l’encontre de ceux qui me font dire, dans un sens ou un autre, le contraire de ce que je déclare….

Votre cas a cependant là involontairement un côté très riche car il va de soi que du point de vue de la conscience radicale, celui qui – un seul petit instant – peut envisager, pour quelque raison que ce soit, de céder à la névrose de censure, d’appropriation et de non-débat signale son appartenance consciente et inconsciente à une tendance toxique qui ne peut mener assurément à la défense subversive de ce que justement a toujours revendiquée l’anti-censure des surgissements incendiaires mais bien - à l’inverse – à cette tendance vénéneuse qui a voulu les faire taire, murer et enterrer…Quel que soit par ailleurs l’alibi, l’ambition et les illusions du censeur, il ne peut jamais reproduire que la représentation du non-vivant, du déloyal et du faussé. La censure de l’appropriation est l’espace moderne du regard tordu et inquiet de la conscience trompeuse. Et l'unification aliénatoire qui s’accomplit par l’appropriation de la censure n'est rien d'autre que le langage officiel de la mystification étatique de la séparation généralisée engendrée par le fétichisme de la marchandise.

Personne ne vous a jamais mandaté pour faire la police dans l’audition des vidéos que nous avons produites ensemble. Le fait que par-delà les délirants habituels de tous bords, il y ait d’abord des humains d’intelligence qui s’en servent positivement vous a visiblement échappé. Cela suffit pourtant largement au mouvement réel qui n’a nul besoin de l’arrogance du professeur Landre pour avancer en authenticité.

Lorsque j’avais votre âge, j’en savais certes beaucoup moins qu’aujourd’hui mais il y a une chose essentielle que j’avais tout de suite comprise ; la pensée critique ne peut vivre qu’en grandissant et le principe constant de l’acceptation radicale de toutes les expressions de la parole humaine, même et surtout les plus opposées, est la condition sine qua non du mûrir qui ne peut nécessairement passer que par le total refus d’empêcher la large diffusion universellement absolue du contra-dictoire. Votre volonté de stopper le flux de nos vidéos, en sus de ses déplorables implications bureaucratiques annonce en premier lieu le décès éthique de celui qui s’est ainsi clairement caractérisé comme inapte à l’honnête disputation et donc à la joie créatrice de la vie. C’est là sa mort annoncée dans le simple radicalisme idéologique maniaque où des personnages, tous plus terribles et ridicules les uns que les autres, se regardent comme le parti honteux des propriétaires de la conscience surveillée et qui ainsi veulent éliminer de leur route toutes les formes non assimilables à la morbidité de leur propriété.

Dans le même temps, je vous ai téléphoné plusieurs fois… Et bien entendu, vous n’avez pas décroché… Répétant la même évidence, et vous demandant d’assumer un minimum de logique, de correction et de vertu face à une situation aussi calamiteuse… Je vous ai invité à me re-contacter pour qu’un minimum d’éclaircissement puisse se faire… Planqué en vos abris, vous n’avez jamais rappelé…


J’ai alors laissé un message qui reprenait en substance le courriel suivant que je vous ai simultanément adressé le 25 novembre :

Cette chaîne n'appartient à personne, ni à vous ni à moi... Elle est à tout le monde en tant que produit du mouvement réel des contradictions historiques du Logos du temps présent... Toute décision unilatérale d'appropriation et de censure est donc par essence expression contrerévolutionnaire d'une métastase de la police de la pensée...

Toujours sans réaction de votre part, je vous ai adressé le 26 novembre, le courriel, qui suit :

Curieusement, votre téléphone ne répond pas... Je vous rappelle que quel que soit la particularité des perceptions qui font votre actuel chemin, il existe des principes de base de la critique radicale et qu'ainsi en matière de pensée, d'expression et de diffusion, les groupes et les moments radicaux qui ont produit les textes qui viennent habiller votre chaîne d'information, ont toujours eu pour principe intangible: A bas l'appropriation et il est interdit d'interdire...

Je vous demande donc le minimum de savoir-vivre et de cohérence nécessaire afin de rétablir au plus-vite la chaîne de nos entretiens qui n'est point possession singulière de quiconque mais simple moment de la critique universelle du fétichisme de la détention...

Toujours sans réaction de votre part, je vous ai adressé le 27 novembre, le courriel qui suit :

Au nom à la fois de la critique radicale et de la transparence du relationnel humain, je vous demande de ne point vous dérober et de parler en vérité anti-fétichiste tout en comprenant que censure et appropriation sont très éloignées de la compréhension de la "future société sans classes".

Toujours et encore sans réaction de votre part, je vous ai adressé le 28 novembre, le courriel qui suit :

Je constate la persistante extrême difficulté de dia-logue avec vous... Je vous demande pour une dernière fois de sortir de votre enclosure et de rétablir d'une manière ou d'une autre l'accès ouvert aux vidéos que vous avez cru bon d'effacer en totale contradiction avec les acquis radicaux d'anti-censure et d'anti-appropriation dont vous continuez cependant à vous réclamer...


On continue toujours et encore d’attendre bien évidemment votre réponse…

Mais comment donc quelqu’un d’apparemment honnête et censé et semblant effectivement s’intéresser à la critique communiste peut-il devenir fou d’appropriation, de réclusion et de censure au point de nier en pratique tout ce qui fait son engagement en théorie ?

Pour comprendre une telle confusion, il suffit simplement de faire œuvre dialectique de généalogie… Il y a plusieurs années, vous m'avez contacté tout d'abord aux fins de clarifier certaines questions historiques et philosophiques qui vous ouvraient un chemin jusqu’alors in-connu puis ensuite vous en êtes venu à me proposer de faire avec vous différentes vidéos permettant une réappropriation de la critique communiste par-delà toutes les défigurations marchandes du monde moderne de l'inversion et de l'in-connaissance.

Dans la durée, s'est donc constitué un matériel de réflexion qui avec ses forces et ses faiblesses permet néanmoins à nombre de gens, pour autant qu'ils sortent de la pathologie narcissique contemporaine, d'aller enfin plus loin que la creuse parlerie youtubique aujourd'hui à la mode.

Il y a quelques temps, vous avez soudainement changé la présentation et l'énoncé de cette chaîne sans la moindre explication préalable. Lorsque je vous ai fait part de mon étonnement suite à diverses interrogations reçues, vous vous êtes borné à quelques très courtes locutions justifiant bien sommairement un nouveau parcours souhaitant vous distancier du territoire de nos entretiens antérieurs. Visiblement, le bordel des foules narcissiques du spectacle des réseaux sociaux de la marchandise qui s’était emparé de la surface de nos entretiens non, pour commencer à transformer le monde, mais pour simplement cultiver des espaces névrotiques de consolation fantasmagorique, vous a fatigué, déprimé et fait peur. Et au lieu de faire ici saut qualitatif vers la ligne de démarcation maximaliste pour démontrer en quoi le spectacle de la critique est l’anti-thèse normale de la critique du spectacle et vous confronter activement aux foutaises de la fausseté, vous avez déserté la lutte difficile pour le réarmement théorique et abandonné le dé-voilement de la complexité du monde afin de vous laisser engloutir dans le retranchement en la banalité des bavardages sur le cours dominant des choses ordinaires. Bref, la part de vous qui n’a pas résolu ses meurtrissures a pris le pas sur celle qui avait tenté de les surpasser.

J'ai alors simplement pris acte de votre décision puisque cela n'empêchait nullement que nous demeurions en contact en l’attente de possibles clarifications espérées et que continuent d'être consultées les rencontres critiques que nous avions menées ensemble auparavant. En revanche, cela vous a concrètement conduit à notamment abandonner les productions de fond sur l'aliénation généralisée et la crise de la valorisation capitaliste pour intensifier prioritairement la simple mise en scène focalisée de leurs effets techniques et sexuels les plus ordinairement navrants et voyeuristes. Ainsi, la chaîne Bhû, même si elle tient visiblement à se bien décorer de morceaux de phrases radicales, semble désormais fixer toute son audience sur la facilité spectaculaire de l'écume parlotée des superficies sociétales énormément négligeables. Mais après tout peu importe... Chacun fait ce qui lui ressemble sur le marché des consommations de l'apparence...

Depuis notre dernier et rapide croisement avant les vacances d'été où j'ai souhaité vous faire convivialement découvrir quelques crus notables du sang de la terre, je n'ai malheureusement plus eu de vos nouvelles si ce n'est quelques propos fort laconiques en réponse à mes souhaits cordiaux d'approfondissement et de découverte.

Bref, vous êtes entré en phase de fermeture crispée préférant à la chaleur humaine, au dialogue et aux secousses de la confrontation, le sommeil du solipsisme et de la claustration...Comme l'écrivait Engels à Bebel dans une correspondance mémorable de 1873; à chaque stade du développement social des contradictions de la conscience radicale, une partie des gens reste accrochée et ne réussit pas à passer le cap.

En semaine dernière, plusieurs correspondants m'ont alerté sur le fait que la chaîne de nos entretiens avait été brutalement fermée. J'ai donc tenté à diverses reprises de vous joindre par courriel puis par SMS et appels téléphoniques pour savoir ce qu'il en était...Bien entendu, tout entier recroquevillé sur votre incapacité à pouvoir justifier un tel escamotage policier, vous avez fait sourde oreille et n'avez pas pu produire le moindre petit début d'ébauche d'élucidation consistant…Point n'est là besoin d'ergoter et de perdre son temps...Comme toujours, le mouvement réel des situations, des silences penauds ou des bafouillages falots porte toujours en lui-même la totalité de sa signification. De cette façon, vous vous désignez vous-même regrettablement comme un grossier personnage typique, en osmose impeccable avec l'errance misérable qui caractérise la vulgarité de l'époque actuelle de la valeur d'échange égocentrique et boursoufflée....

Quoi de plus sordide et de plus affligeant qu'un médiatique de la fausse critique se pare sans cesse de portions de textes de critique vraie pour les défigurer, les asseptiser et les piétiner !

La production de la chaîne de nos entretiens que vous avez unilatéralement abrogée est du domaine public dans la réalité du mouvement réel impersonnel et universel. Elle n'est pas plus à vous qu'à moi...Elle n’est à personne puisqu'elle est ouverte à la conscience de tout le monde... Et il est tout à la fois tordant et saugrenu de vous voir prétendre théoriquement à l'abolition de l'économie politique de l'appropriation et simultanément arbitrairement décréter pratiquement votre prise de possession forcenée de cette réalité afin de la faire justement disparaître tant elle met à mal la représentation cinématographique de vos dérobades et fabulations.

Le comble du trompe-l'oeil du trucage étatique dont vous semblez former une savante succursale de supercherie incontestable, c'est de s'acharner à rendre invisible le visible pour mieux tenter de faire obstacle à la critique subversive qui, elle, s'efforce comme le montra Parménide - au contraire - de sans cesse visibiliser le non-visible...

Ainsi, non seulement vous vous affichez comme un funeste usurpateur et un pitoyable censeur qui pour dissimuler sa criante incompétence à la compréhension réelle du monde, s'arroge le droit - adéquat à la schizophrénie mégapolitaine de la falsification contemporaine - de soustraire à la vue ce qui le dérange et signale son indigence...En négation de la décence commune, de la courtoisie et de la dé-contraction analytique fraternelle propre à tout ce qui fit le mouvement révolutionnaire du réfléchir insurgé et de son il est interdit d'interdire, vous vous faites là mesquinement ; désastreux et dérisoire flic honteux de la diffusion filtrée de la pensée...

Quel aveu d'impuissance, de lâcheté, d'angoisse et d'ignardise....Votre bluff pitoyable révèle là toute la néantisation de votre existence et l'incontournable fait que vous vous situez ainsi pleinement dans le camp de la contre-révolution....

Votre incapacité à être constitue ici votre seule excuse et si vous ne parvenez pas un jour à produire la négation subversive de vos déchirures, blessures et évitements, vous ne pourrez in fine que définitivement sombrer dans la pathologie du système de mystification qui englue morbidement Eρως / Érôs en Θάνατος / Thánatos...

Vous vous renvoyez vous-même, de ce fait, aux poubelles de l'histoire, en cette fosse tragique où ceux qui au lieu d’ouvrir les fermetures, ferment tellement les ouvertures qu’ils finissent par s’y auto-détruire… Là où escamoteurs, fusilleurs, appropriateurs, commissaires de l'autorisation et bureaucrates de l'intelligence ont toujours bricolé, traficoté, retranché et caviardé pour faire obstacle à la Commune universelle de la transparence et investir dans la préservation gendarmée de la misère du pouvoir de leur asphyxie mentale. On connaît la musique, elle est mauvaise et elle finit toujours mal…

A un de ces jours, peut-être... A la condition que vous parveniez, dans le devenir de la crise mondiale du faux omniprésent, à faire enfin vraie relation émeutière à vous-même...

En attendant, on peut toutefois légitimement se demander ce que continue à venir foutre la lettre phi (Φ) sur le site de diffusion de votre cul-de-sac journalistique tout entier fondé sur le simulacre, la futilité et la réclusion. Même accoutré de votre très drolatique adresse persistante : https://fr-fr.facebook.com/bhuphusi... , vous ne pouvez faire illusion et l'outrance de la facétie vous revient par conséquent en pleine figure...Le flasque censeur appropriateur est ainsi tourné en ridicule et d’abord par son propre culot d’aller se mettre théâtralement à l’abri derrière un masque de comédien prétendument phusique…Au regard des présocratiques, de Hegel, de Marx et de toute l'humanité réfractaire, l'on observe que vos actes, par la finitude colossale de leur resserrement et de leur fixation inquisitoriale, finissent de la sorte dans le contrôle malsain et la coupure maladive, c'est à dire aux antipodes justement de l'infinie phusis / φύσις du Logos radical que vous foulez allègrement aux pieds en une hypocrisie incommensurable de réification sans restriction.

Cette société est en liquidation...Ainsi s'annonce aussi et heureusement la banqueroute de tous les escrocs qui prétendent la contester tout en en reproduisant, d'une manière déclarée ou honteuse, les techniques et les postures de prohibition et de proscription.

Ce n'est pas un hasard si l'un des premiers documents fondateurs de la récusation communiste du fétichisme de la marchandise est le texte de Marx rédigé en 1842 en contestation totale de toutes les censures. Car procéder à la critique de la domestication dans la perspective de l'émancipation humaine, c'est évidemment toujours mettre en perspective la nécessité de briser le pouvoir coercitif des amputations, obstructions ou limitations qui entendent porter atteinte à la fertilité de la polémique et de la controverse sans totem ni tabou....En expression vivante des luttes les plus extrêmes de l'histoire, Marx critique du vrai capitalisme, c'est avant tout Marx critique du faux anti-capitalisme et de toutes les idéologies qui se parent fallacieusement de conscience pour mieux empêcher et gêner la large manifestation plurielle de la conscience du vrai.

Vous avez donc eu l'idée thérapeutique (un soir ou un matin !) d'aller pianoter nerveusement sur votre clavier compulsif pour ostraciser et effacer cette chaîne d'entretiens que votre réification a considéré comme sa chose. Vous avez voulu gommer ce qui vous renvoie au fait que vos limites sont en train de neutraliser vos aptitudes. Mais au lieu de cacher le charlatanisme de votre posture, cela l'a finalement révélé au plus haut point de vileté. Comme le disait Rosa Luxemburg, au regard de la critique radicale, il s'agit de toujours et toujours davantage penser différemment, en refus de tous les anathèmes et mises à l’index. En décrétant avec une arrogance impayable que vos pouviez-vous auto-déléguer préposé à ce qui doit et ne doit pas passer sur internet, selon ce que votre exigüit en décide discrétionnairement., vous avez validé tous les jugements, répressions et opprobres par lesquels la fabrication concrète de l'aliénation reproduit son soliloque.

L’assurance de soi sans la consistance produit continûment la vanité et le malaise et c’est de là que naît toujours invariablement le désir de censure qui signale bien sûr et toujours la censure du désir…Votre fouillis mental egocentrique est vulnérable car à force de vous gaver cérébralement de textes radicaux perçus en hors-sol anhistorique et lus en sombre vase clos, vous avez tué en vous la relation dialectique chaude de l’humain à l’humain dans l’incarnation véritable du mouvement réel du questionner des profondeurs. Un caractère irrésolu ne prépare guère à résoudre ses aigreurs, ses tourments et ses embrouillements et c’est pour cela que pour vous dissimuler à vous même que vous vivez en fait une régression aux antipodes de l’être générique, il vous a fallu cacher ces vidéos auxquelles au fond votre écartèlement ne parvient pas à faire face. C’est l’évidence même de votre insonorité et de votre in-signifiance… Dès lors, ce que devient votre attristante chaîne événementielle à sensation facile et pour laquelle vous passez très inutilement de longues heures d’investissement narcissique indique bien historiquement votre juste sens, c’est à dire à la fois le niveau de votre destination, de votre signification et de votre sensualité. De cette manière, on s’en retourne effectivement aux Manuscrits de 1844 et aux Grundrisse mais cette fois à l’envers absolu…

La vraie critique est née des humbles hommes bien-veillants dans le dé-couvrir de la terre communière. Elle tournera toujours le dos à toutes les médiatisations oppressives du crétinisme manipulateur dans le re-couvrir de l'usurpation marchande, petit, grand ou moyen qui prétend savoir policièrement ce qui doit être administrativement apporté ou retiré à l’écoute et à la vue de l’humanité en recherche…

Qui habet aures audiendi audiat !

A bas les flics de la pensée, les censeurs et les appropriateurs !

Vive le débat infini et sans limite et Merde aux médiocres et aux Tartuffes !

Vive la Commune en la Gemeinwesen !

Francis COUSIN
2 décembre 2017.


Ndlr : La chaîne Aufhebung ! en association avec Adrien Sajous (auteur de « Sociologie du gamer », éd. Kontre-Kulture, 2016) et les éditions Le retour aux sources rendront à nouveau accessibles prochainement l'ensemble des vidéos de la chaîne « EntretiensFrancisCousin ». En attendant, vous pouvez écouter l'intégralité des interventions de Francis Cousin sur SoundCloud.

Partager ce contenu