Évènement

L’Europe de Robert Steuckers par Thierry Durolle

Publié le : 17/04/2018 10:44:53
Catégories : Recensions

Dans la petite galaxie des alter-européistes, Robert Steuckers fait figure de personnalité incontournable.


Faut-il encore le présenter ? Il appartient d’ailleurs à la phalange des intellectuels de renom de la « Nouvelle Droite » (Alain de Benoist et Guillaume Faye); les lecteurs d’Europe Maxima le connaissent bien.

Deux choses viennent immédiatement à l’esprit quand on évoque son nom, la Konservative Revolution et la géopolitique. De la première, source d’inspiration de la « Nouvelle Droite » à bien des égards, il en esquisse les grandes lignes et les contours dans un livre de référence, à savoir La Révolution conservatrice allemande. Biographies de ses principaux acteurs et textes choisis (Éditions du Lore, 2014). À ce titre il dégrossit le travail d’Armin Mohler dont le maître ouvrage est de toute façon introuvable aujourd’hui. Quant à la géopolitique, elle représente probablement son plus grand centre d’intérêt. Ce n’est pas un secret que ce dernier souhaitait orienter la « Nouvelle Droite » vers un approfondissement de ce sujet, ce qui ne suscita pas l’adhésion de ses camarades d’alors. Cela ne l’empêcha pas de poursuivre, certes de son côté, à explorer le vaste champ de la géopolitique.

Décembre 2017 paraît enfin sa trilogie tant attendue, Europa. Trois volumes de plus de mille pages qui vont contenter la longue attente du lecteur ! Chaque tome porte un fil-directeur différent : les valeurs et traditions européennes pour le premier, l’Eurasie pour le second et la géopolitique européenne face au monde pour le troisième.

Le premier livre aborde une multitude de sujets. Un article sur la vision indo-européenne et eurasiste de l’Europe, un autre sur les notions d’empire, un autre encore – excellent – sur la bataille de Lépante, superbement exposée par l’auteur, ou encore un texte concernant les tumultes internes et externes de l’Europe. On notera l’intérêt que porte Robert Steuckers pour l’Iran avestique, part de l’indo-européanité, guère mise en lumière dans nos milieux.

Le deuxième tome traite de l’Eurasie, vaste sujet s’il en est ! Robert Steuckers rappelle l’histoire du mouvement eurasiste et de ses diverses incarnations. L’Eurasie et l’eurasisme suscitent l’enthousiasme dans nos milieux, enthousiasme partagé par le camarade Steuckers. Son adhésion, nous semble-t-il, est avant tout géopolitique, différente du néo-eurasisme d’Alexandre Douguine. Ànoter également trois articles passionnants sur l’islamisme radical et sur l’Iran de Khamenei. Ce tome brillant permet d’envisager les diverses perspectives eurasistes.

Enfin, le dernier tome est largement consacré aux pays non-européens. Au-delà de ce qui y est dit – la qualité et le sérieux de l’auteur sont évidemment au rendez-vous –, cette partie a pour but, croyons-nous, de montrer que l’Europe et par extension l’européanité sont justement ouverts au monde. Une identité sereine et sûr d’elle-même est par nature ouverte, et, bien que la nôtre soit mise à mal, nous nous devons de retrouver cette sérénité et de montrer le bon exemple.

En conclusion, la trilogie Europa mérite une attention toute particulière de la part des alter-européistes naturellement, des eurasistes aussi, mais également des férus de géopolitique en général. Nous sommes coutumier de la qualité des travaux de Robert Steuckers, et sans conteste cette trilogie ne fait pas exception. Ces trois volumes trouveront une très bonne place dans les bibliothèques des militants de la grande Europe, c’est du moins le destin que nous lui souhaitons.

Thierry Durolle
25 mars 2018
Pour Europe Maxima

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