M. François Hollande ayez du bon sens et vous vaincrez le chômage plutôt que de l’aggraver !

Publié le : 19/09/2013 21:18:51
Catégories : Adrien Abauzit , Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité

Le non regretté François Mitterrand déclara un jour de 14 juillet qu’« En matière de lutte contre le chômage, on a tout essayé ».


Effectivement, la gogôche avait essayé tout ce que son pauvre logiciel ringardo-bureaucrato-debilo-soviétoïde avait en stock. Toutefois, à côté des rustines inefficaces de la gauche, existent mille et unes armes à ce jour inutilisées. L’échec des gouvernements successifs en matière de chômage n’est pas une fatalité. Ce n’est que la conséquence logique de leur soumission à la bureaucratie orwello-européiste et à tous les dogmes du mondialisme. La France possède en elle toutes les ressources pour vaincre le chômage. Mais pour cela, il faut armer nos entreprises de boucliers et d’épées pour arrêter la destruction d’emplois et décupler la création d’emplois.

L’extraordinaire esprit d’entreprendre du peuple français

Selon une idée reçue, le jeune français n’aurait qu’un rêve : celui de devenir un jour fonctionnaire. Plus largement, le peuple français, du fait de ses origines paysannes et d’une tradition étatiste, serait un peuple peu porté à la culture d’entreprise, contrairement, par exemple, au peuple anglais. La réalité dément catégoriquement cette chimère. Sans parler de l’auto-entreprenariat, en moyenne, plus de 20 000 entreprises sont créées chaque mois en France. Malgré le bourbier administratif, malgré le guet-apens fiscal, malgré l’absence d’aide réellel des pouvoirs publics, malgré l’absence de filet de protection des entrepreneurs, chaque mois, des dizaines de milliers de français, face à l’adversité, se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Ce chiffre n’est pas anodin. Il atteste de la créativité et du désir de liberté de notre peuple. Comme le disait Jean Bodin, il n’est de richesse que d’hommes.

Arrêter le massacre du libre-échange et du Deutsch Mark

Les travaux indispensables de Maurice Allais ont révélé depuis maintenant bien longtemps la cause principale de la destruction d’emplois dans notre pays. Cette cause, c’est le libre-échange que nous impose aveuglément et suicidairement la Commission européenne. Cette politique consiste à priver les entreprises françaises de tout droit de douane contre les produits fabriqués à l’étranger. Pour schématiser, cette politique coûte à la France depuis trois décennies la destruction de 50 000 emplois dans l’industrie par an. La facture de ce Waterloo économique s’élève à plusieurs millions d’emplois. Précisons que l’Union européenne est la seule zone du monde assez stupide pour appliquer une telle politique. La terre entière est protectionniste, à l’exception de Bruxelles. Pour anticiper sur les critiques de nos contradicteurs qui nous accuseront de vouloir faire de la France une Corée du Nord bis, nous leur répondrons que sans protectionnisme, à moins de baisser les salaires des salariés de l’industrie en dessous du RSA, l’industrie française est condamnée à mort. A ce sujet, notons que les gesticulations médiatiques de Monsieur Montebourg en faveur du « redressement productif » resteront un brassage de vent hypocrite tant qu’il ne s’attaquera pas à la racine du mal : les traités européens.

Ce massacre à la tronçonneuse a été aggravé par l’adoption du Deutsch Mark par la France, Deutsch Mark étrangement rebaptisé euro. Le Deutsch Mark est sans aucun conteste la meilleure monnaie pour les exportations allemandes de machines-outils ; les entreprises teutonnes jouissant dans ce domaine d’un quasi-monopole, elles peuvent écouler leurs produits au prix qu’elles souhaitent. En revanche, cette monnaie est particulièrement inadaptée et donc nocive à l’économie française. Louis Gallois en convenait lui-même lorsqu’il était à la tête d’EADS. L’euro fort est un boulet aux pieds de nos exportations. Voilà donc au final le programme que nous réserve Bruxelles : obligation d’importer la camelote étrangère et plomb dans l’aile de nos exportations. Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite. Pour notre part, nous pensons que la conclusion qui s’impose aux non-candidats au suicide est la sortie urgente de l’Union européenne. Gageons que l’histoire tranchera bientôt cette question.

De la liberté et de l’air pour nos PME

Il y a des pays qui possèdent des gisements de pétrole. La France a des gisements d’emplois. Plus précisément, il y a des gisements d’emplois dans les PME françaises. Hélas, ces gisements sont inexploités. Comment alors faire jaillir de l’emploi de nos PME ? Fort simple : il suffit de leur donner de l’air et plus de libertés. Plus de libertés signifie plus de flexibilité.

Nous parlons ici de vraie flexibilité et non de ce qui a été présenté comme tel depuis trente ans par le PS et l’UMP. Il existe dans le droit du travail de nombreux instruments de flexibilités (contrats intermittents, horaires modulés etc.). Le problème est que tous ces instruments sont conditionnés à l’existence d’un accord collectif. Or, qui dit accord collectif dit syndicats. Notre tissu de PME étant un désert syndical, seules les grandes structures peuvent se payer le luxe de la flexibilité. Ceci n’a absolument aucun sens. Des règles dérogatoires doivent s’appliquer à nos PME. Il faut leur laisser le bénéfice de tous les instruments de flexibilité. Cela leur facilitera la vie et leur donnera la possibilité de créer un nombre d’emplois difficilement chiffrable mais assurément substantiel. Comme instrument de flexibilité, nous proposons également une période d’essai uniforme. Ceci fera hurler. Mais dans le monde du tertiaire, n’en déplaise aux puceaux du réel, souvent planqués à l’INSEE, au CNRS ou à l’Université, qui n’ont jamais mis un pied en entreprise et qui ne connaissent rien au monde du travail, une période d’essai de deux ou trois mois, renouvelable uniquement si la convention collective applicable le permet et si le salarié donne son accord, est souvent bien trop courte pour que l’employeur puisse juger de la capacité du salarié à bien remplir ses fonctions. De cette brièveté nait une crainte réelle de l’embauche. Si ce verrou psychologico-juridique sautait, là encore, comme par enchantement la création d’emplois décollerait.

Enfin, on ne peut éviter de dire un mot de la fiscalité. La fiscalité des entreprises est un scandale qui défie le bon sens. En France le taux de l’imposition de l’impôt sur les sociétés est de 33%. Certaines PME disposent d’un taux amoindri lorsque leur chiffre d’affaires est trop bas. L’idéal serait de que toutes les PME bénéficient d’un taux amoindri. La différence serait autant de marge de manœuvre pour des investissements et donc des embauches. Gageons aussi que nos entrepreneurs auraient l’esprit plus léger si l’épée de Damoclès qui pèse sur eux s’allégeait. Il n’y a rien d’anormal à ce que nos PME jouissent de ce traitement de faveur. Après tout, c’est un secret de polichinelle que les grands groupes défiscalisent à tour de bras, notamment grâce aux facilités accordées par le droit européen. La réduction de l’IS pour les PME ne serait donc que justice.

Un coup de pouce pour les PME naissantes

Outre toutes les mesures préconisées précédemment, un coup de pouce aux entreprises nouvellement créées doit être donné. L’aide à la création d’entreprise actuelle, qui consiste à décaler le paiement des charges dans le temps et non à les alléger, est ridicule, voire contreproductive. Résultat, nombre d’entreprises ne passent pas le cap du premier couperet fiscal. Pour permettre l’éclosion et la pérennité des entreprises naissantes, nous préconisons une exonération totale de charges pour au moins trois ans. Une fois devenues grandes, les entreprises concernées pourraient ensuite, comme les autres entreprises adultes, être assujetties au régime classique. Asphyxier les jeunes pousses par des charges, comme c’est actuellement le cas, est un non-sens total qui n’a ni justification économique ni justification sociale. La consolidation des entreprises par le régime que nous préconisons serait un turbo nucléaire pour l’économie française.

Un appel au bon sens

Dans nos considérations nous avons essayé de nous dégager de toute approche idéologique.

Nous avons tenté de cerner les maux qui pénalisent nos performances économiques avec lucidité et de relever les solutions qui semblent s’imposer par elles-mêmes. Le lecteur doit retenir que contrairement à ce qui se dit sur Canal +, la France est un pays exceptionnel. Le peuple français est un peuple ingénieux et méritant. Ayons confiance en nous. Dès que les forces au pouvoir cesseront de nous martyriser par le droit européen et de nous brider par une fiscalité inadaptée et des charges déraisonnablement élevées, alors, soyons en certains, le spectre du chômage sera terrassé en un temps record.

Adrien Abauzit

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