Macron Acte V : L’agonie politique d’une imposture

Publié le : 21/12/2018 11:26:29
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« De toute la politique, il n'y a qu'une chose que je comprenne, c'est l'émeute » 
- Gustave Flaubert “Lettre à Louise Colet” 8 août 1846.


L’agonie politique - sauf si l’essoufflement apparent du mouvement des gilets jaunes devait se confirmer et rien n’est moins sûr - d’un président godelureau, dévalué pour avoir avili la fonction présidentielle par ses exhibitions répétées avec des transsexuels et des voyous ethniques de bas étage, ne devrait pas se prolonger indéfiniment. Sauf si les dirty tricks, les petites et grandes manœuvres politichiennes qui se profilent, aboutissent aux résultats escomptés, à savoir passer ce mauvais cap des tempêtes populaires pour retrouver la mer des Sargasses de la mondialisation heureuse. Autrement dit, un monde reconstruit au service exclusif (ou presque) des nouvelles féodalités[1] oligopolistiques qui couvrent désormais la planète d’un maillage de plus en plus serré.

De Moch au petit sire Macron

Le petit sire Macron, sûr de lui et dominateur (à l’instar de ses maîtres d’outre-Manche), s’est cru habilité par un suffrage populaire éhontément et institutionnellement truqué (son écrasante majorité à la chambre ne représentant que 15,5% des inscrits[2]) à déconstruire la France à marche forcée selon le plan de formatage imposé par l’Unification économique mondiale… un messianisme qui ne dit pas son nom ! Aujourd’hui, depuis cinq longues semaines, débordé par une situation qu’il a lui-même provoquée (et dont il n’a pas uniquement hérité quoiqu’il en dise), sa chute ignominieuse s’annonce dans le fracas d’une fronde populaire que les autorités ne sont pas parvenues à discréditer en lâchant les chiens de garde de l’orthodoxie sociale-libérale-libertaire que sont les Black blocs et les racailles de la Grande Ceinture.

Des événements qui resterons dans la mémoire vive des Céfrans, devenus pour l’occasion les cibles des tirs à intentions meurtrières des Flash-Ball (lanceur de balles de défense) utilisés par les forces de police (les brigades anti-criminalité BAC dit-on). Des armes en principe sublétales (mais authentiquement vulnérantes), qui ont été au cours de ces cinq samedis de colère utilisés à tir tendu visant spécifiquement les visages des manifestants comme en atteste les nombreuses images prises aux cours de ces samedi insurrectionnels. Plusieurs d’entre eux ont ainsi (apparemment) perdu un œil, mais curieusement la presse habituellement si prolixe lorsqu’il s’agit d’atteintes aux signes d’identité confessionnelle de telle ou telle minorité prétendument française (mais de très fraîche date), reste formidablement muette sur les blessés, les énucléés, les estropiés (mains arrachées par des grenades de désencerclement) … toutes victimes d’une authentique volonté de blesser voire de tuer.

À cette échelle du non vu depuis la répression par les socialistes (SFIO) Jules Moch (ministre de l’Intérieur) et Daniel Mayer (ministre du Travail) des grèves insurrectionnelles des houillères du Nord du 4 octobre au 29 novembre 1948[3]

Jules Salvador Moch (ne pas confondre avec Groucho Marx)
Ministre de l’intérieur de nov. 1947 à février 1950

Malaise dans la civilisation

Ne pas oublier que M. Macron bien qu’il se soit efforcé dans son adresse à la nation le lundi 10 décembre au soir, de faire porter sur ses prédécesseurs la responsabilité de ses propres fautes et de l’actuel délabrement du pays profond - « Ce sont quarante années de malaise qui ressurgissent » - est de facto l’héritier, le fils puîné, des quatre chefs de l’État qui l’ont devancé et par conséquent leur continuateur et dans le cas Mitterrand, son exécuteur testamentaire. Le radsoc Chirac subclaquant compris ! Et puis n’a-t-il pas été le ministre chéri de Hollande, non ?

Soulignons à ce propos que la lame de fond des gilets jaunes n’est bien entendu pas uniquement revendicative. Le dire c’est enfoncer une porte ouverte. Elle dépasse, et de très loin, les seules questions du pouvoir d’achat, du prix du carburant et des fins de mois difficiles.  Elle est aussi et surtout en effet l’expression d’un profond malaise sociétal induit par quatre décennies dévastatrices de socialisme parasitaire. Toutefois le mal vient de plus loin, c’est indéniable. Notamment avec la permanence d’une chimère toujours renaissante depuis la nuit des temps, celle qui promet aux croyants et aux jobards des lendemains qui chantent, sans larmes ni sueur. Phantasme qui s’est donnée libre cours après le 10 mai 1981 sous ses deux espèces complémentaires : le pillage des caisses de l’État et des ressources du Pays associé à un sectarisme idéologique (le politiquement correct) inédit. Tyrannie consensuelle et terrorisme intellectuel dont l’emprise continue à s’accentuer sur la société au fur et à mesure de la progression du social-libéralisme sous ses trois espèces que sont mondialisation, l’américanisation et la tiers-mondisation. Trois moments (aspects) d’un seul et même monothéisme molochien avons-nous dit, soit la fusion des peuples atomisés en monades consuméristes au sein d’un magma planétaire, chaos culturel, sentines génétiques et uniformisation et interchageabilité pour tous.

Marrakech mon amour 

C’est bien ce que nous annonce et nous promet le Pacte de Marrakech (“Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”signé honteusement par la France le 10 décembre dernier), qui s’articule entre autres, sur une super loi Fabius-Gayssot destinée à museler toute liberté d’expression sur les quatre continents habités… sous couvert (objectif 17) de lutte contre le racisme dont les migrants pourraient être l’objet. Les pauvres ! Il est à ce titre question de « recadrer le discours sur la migration, pour qu'il cesse de véhiculer des idées trompeuses ou faussées et donne une image exacte de l'importance que revêt la migration et du rôle positif qu'elle peut jouer dans le monde actuel » … Il s’agira en outre de promouvoir au niveau étatique « les reportages indépendants et objectifs… à sensibiliser et éduquer les professionnels des médias » en leur imposant des critères et des grilles terminologiques ainsi que des « standards [normes] éthiques ». Faute de quoi les médias s’exposent à des sanctions pécuniaires (subventions), voire judiciaires pour ceux qui feraient « la promotion de l'intolérance, de la xénophobie, du racisme et d'autres formes de discrimination envers les migrants ».

Tous les despotismes, et les plus durs, commencent par réduire le peuple au silence. Et c’est que ce que l’on a vu après les élections législatives à la proportionnelle de mars 1986 qui ont acté la déconfiture de la Gauche. Deux ans après tout était rentré dans l’ordre et le système parlementaire se trouvait verrouillé pour les trente années qui suivirent excluant du débat démocratique un gros tiers du corps électoral. À présent se sont des lois relatives aux fake news qui visent à contrôler toujours plus étroitement les réseaux sociaux et la Toile, et partant, nos modes de penser en général… ceci en complément de l’évolution des algorithmes censeurs par prédestination.

Il est de ce point de vue emblématique que le point 5 relatif à l’immigrations ait été éliminé de la concertation dans le cadre du fameux « Dialogue » de six mois entre le gouvernement, les instances politiques et la société civile, destiné à apaiser les actuelles tensions sociales et comme par hasard inauguré le 16 décembre, alors que la décrue du mouvement des GJ n’était encore qu’une hypothèse de travail ! Immigration/migration qui pourtant devrait se trouver au cœur du débat. Car pour sortir de l’imbroglio budgétaire dans lequel se débattrait (soi-disant) notre malheureux gouvernement pris qu’il serait entre le marteau des revendications populaires et l’enclume de l’impérieuse nécessité d’une réduction de la dépense publique, nul ne semble songer un instant qu’il suffirait (une possibilité parmi de nombreuses autres) de limiter substantiellement notre  généreux accueil de migrants pour voir réduit d’autant notre déficit… de quarante à cinquante milliards, montant qui ne seraient pas à ponctionner sur les salaires ou les retraites comme le gouvernement en avait l’intention initiale.  

Idéologie du dialogue et manipulations

Pour ceux qui n’auraient pas encore saisi, ce prétendu dialogue sur une demie année, panacée pour sortir de la crise, n’est qu’un os à ronger lancé au populo et un moyen de gagner du temps en escomptant la lassitude… puis à terme l’épuisement du mouvement. Tout est fait pour jouer la montre et l’attentat de Strasbourg, intervenu à point nommé malgré les mesures de sécurité extrêmes prises aux abords du marché de noël (et autres point de contrôle que le terroriste a traversé sans encombre bien qu’armé[4] !) a très opportunément soufflé la flamme de la colère populaire.

De la même façon le pouvoirs cherche à diriger les GJ vers une voie de garage, celle du référendum d’initiative citoyenne (RIC) dont la mise en place, si elle était décidée, demanderait des années pour évidemment à l’arrivée ne jamais voir le jour (mais qui existe déjà depuis 2008 dans la Constitution [alinéas 3 à 6], inapplicable par nature comme de bien entendu… ce dont la presse vint tout juste de s’apercevoir ; un référendum d’initiative partagée dont les conditions sont à ce point grotesques qu’en parler est une insulte à l’intelligence) parce que l’on nous dira par exemple qu’il est incompatible avec le Traité de Lisbonne… Une autre bonne façon de gagner du temps et de mettre définitivement l’éteignoir sur les braises de la colère populaire.

Pour ne pas conclure provisoirement, les pseudos élites qui croient nous gouverner, confitent dans leur morgue (chuztpah) et leurs ignorances, se sont mises en tête que les français bovinisés, gavés d’hormones télévisuelles, ayant été élevés hors sol comme des veaux de batterie dans les usines à formatage idéologique que sont devenues les écoles de la Républiques, n’étaient plus capables de réaction, abrutis et avachis qu’ils étaient dans et par l’opulence consumériste spectaculaire. Mais voilà, ces bœufs de céfrans, quand l’ensilage vient à manquer, peuvent encore devenir furieux et pire, s’enrager jusqu’à vouloir des têtes au bout des piques.

Au lieu de se gaver de psychanalyse notre intelligentsia aurait mieux fait de lire Le Bon avant de se précipiter pour signer des deux mains le pacte de Marrakech conçu pour achever le grand métissage visant à effacer définitivement les vertus primitives de nos vieux peuples. La vague soixante-huitarde, ultralibérale et libertaire, qui en mai 1968 avait balayé les caciques de l’alliance gaullo-communiste de 1944, est apparemment parvenu à son terme en venant se briser sur le socle – déjà entamé mais non encore totalement détruit – des invariants ethnoculturels, confessionnels et historiques de la nation française[5].

Reste que l’incroyable surdité/cécité de nos pseudos élites confine indubitablement à l’autisme puisqu’elles n’ont rien vu ni entendu ni compris du grondement profond qui montait depuis bien longtemps des entrailles d’une nation soumise à d’iniques pressurages de nature à susciter des enragés. Bas les masques : la bobocratie cosmopolitiste que l’on croyait être acquise à toutes les grandes causes humanitaires (sans-papiers, sans-logis, racailles sans foi ni loi ou plus exotiques tels les Rohingyas) d’un seul coup et d’un seul, montre son vrai visage, celui d’une haine épaisse, visqueuse à l’égard des petites gens de la franchouille. Quelle surprise, les humanistes n’aiment pas les ceusses de leur propre pays. Il est vrai qu’ils n’en n’ont pas (de patrie) et vivent à longueur d’années dans ces no man’s land que sont les hall d’aérogares.On comprend mieux que dans la France des oubliés, l’on passe finalement d’une simple grogne récurrente et souterraine à l’insurrection sans concession. 

Jean-Michel Vernochet
17 décembre 2018

Un groupe d’officiers généraux accuse Emmanuel Macron d’avoir perpétré un acte de haute trahison en avalisant le 10 décembre 2018, le pacte migratoire de l’ONU, dit Pacte de Marrakech. Signé par 164 États, celui-ci autorise des déplacements de populations sans limites ni restrictions et place la critique des migrations au rang des « discours de haine » passibles des rigueurs de la Loi.


Notes : 

[1] Voir certains albums visionnaires du bosniaque Enki Bilal tel « Froid Équateur » 1982.

[2] La République en marche a obtenu 306 sièges et le MoDem 42, au second tour des élections législatives du 18 juin 2017, ne représentant à eux deux que 18,88 % des inscrits. C’est ce que la démocratie moderne nomme une majorité représentative. 

[3] 60 000 CRS et soldats sont mis en ordre de bataille face à 15 000 grévistes retranchés dans les puits de mine. Moch fait ouvrir le feu avec pour bilan officiel six morts. Un intense répression policière et judiciaire suit : 3 000 mineurs sont arrêtés, 1500 sont emprisonnés. Néanmoins, pas rancunier, le PCF signera en juin 1972 avec la “volaille socialiste” (qu’elle ne sera jamais parvenue à plumer), le « Programme commun » de gouvernement qui permettra à la canaille soixante-huitarde d’accéder au pouvoir en 1981 dans le sillage de F. Mitterrand.     

[4] Voir les analyses de Xavier Raufer à ce sujet.

[5] Le Bon « Lois psychologiques de l’évolution des peuples » 1895.

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