Myopie et néofascisme au Nouvel Observateur

Publié le : 25/09/2012 20:29:33
Catégories : Actualité

haldeL’une des leçons à tirer de ce bijou de littérature qu’est La lettre volée, d’Edgar Poe (plus grand américain de tous les temps), est que trop souvent, les hommes n’arrivent pas à voir ce qui se trouve sous leurs yeux. L’article du journaliste (?), ou plutôt, le travail d’indicateur du presque candide Renaud Dély, en est une limpide illustration.

Déroger au politiquement correct : le fascisme selon le Nouvel Observateur

Selon Renaud Dély, il y aurait en France, aujourd’hui, une nébuleuse néofasciste. Sur ce point, nous le rejoignons complètement. Il y a en France, de nos jours, des fascistes dangereux qu’il est impératif de mettre hors d’état de nuire. Ces derniers sont dangereux pour nos libertés publiques et notre prospérité économique. Ces fascistes, nous nous proposerons de les démasquer par la suite, car Renaud Dély, on pouvait s’y attendre, a mal fait son travail et n’a point réussi à les distinguer.

Sont catalogués comme néofascistes par le Nouvel Observateur, qui observe afin de pouvoir dénoncer, des personnalités très diverses que très souvent, peu de choses rassemblent. Ainsi, figurent dans cette « liste » :

  • Des pro-israéliens comme Elisabeth Lévy, Alain Finkielkraut ou Jean Robin et un antisioniste, tel Alain Soral.

  • Des libéraux comme ce même Jean Robin et Yvan Rioufol, et des individus plus favorables à un protectionnisme et à l’interventionnisme étatique, type Eric Zemmour ou toujours Elisabeth Lévy.

  • Nous retrouvons des pro-islam, tels Alain Soral et Robert Ménard (opposé à la loi sur le voile en 2003) comme des anti-islam, tels Richard Millet et Renaud Camus.

  • Des membres du Système, type Eric Zemmour et Yvan Rioufol, journalistes dans des médias de grandes écoutes ; Gérard Longuet et la Droite populaire, membres de l’UMPS ; Denis Tillinac, ami de Chirac et Patrick Buisson, ancien conseiller de Sarkozy.

  • Des individus condamnés à être bannis des grands médias et réfugiés sur le net malgré une certaine audience, types Robert Ménard, alain Soral et Jean Robin.

  • Des identitaires  revendiqués : Bloc identitaire et le site Fdesouche.

Difficile de trouver un point commun entre tous les personnages cités. Pourtant il y en a un. Un point commun qui n’est gage de rien mais qui pourtant les relie : tous ont à un moment donné dérogé aux canons idéologiques du politiquement correct, soit le reflet du versant libertaire de l’idéologie dominante actuelle qu’est le libéralisme-libertaire.

Le lecteur excusera l’auteur de se citer lui-même et de donner la définition du mot fasciste qu’il avait alors donné dans son premier ouvrage :

Fasciste

Autrefois, individu prônant l’institution d’un État autoritaire, la promulgation de lois raciales discriminantes, la constitution de milices, l’établissement d’un parti unique et la persécution des minorités.

Aujourd’hui, individu prenant ses distances vis-à-vis de la bien-pensance politiquement correcte.

La dérogation au politiquement correct, la bifurcation que celui-ci n’accepte pas est, notamment, la critique du multiculturalisme et du métissage, soient deux concepts antagoniques, mais qui ont comme finalité commune d’être chacun des synonymes d’une France déracinée.

La revendication d’une France enracinée serait donc une position fasciste pour le Nouvel Observateur. A ce titre, il devra alors ajouter à sa liste deux noms posthumes : Georges Orwell et Simone Weil.

Allons…Weil et Orwell, références fascistes, vraiment ? Restons sérieux. Conseillons plutôt à Renaud Dély de cesser, pour reprendre le mot de Pasolini, d’avoir une lutte antifasciste de retard et plutôt de s’interroger sur le fascisme d’aujourd’hui : celui du totalitarisme de marché au service du mondialisme. Malheureusement, plongé dans le formol de la sous-culture de l’intelligentsia bobo parisianiste et coupé de la réalité par sa condition de bourgeois, le donneur de leçons de morale Renaud Dély n’a jamais dû en entendre parler.

Pourquoi entend-on les « néo-fachos » du Système ? ou de l’émergence du libéralisme- identitaire

Par son travail d’indicateur, Renaud Dély espère certainement obtenir, outre le prestige symbolique de sa posture « antifasciste » qui lui permet d’endosser le beau rôle, des contreparties, une reconnaissance de la part du Système. En agissant de la sorte, en ayant indiqué au Système ceux dont la liberté d’expression devait être supprimée pour insoumission au politiquement correct, notre journaliste a fait du zèle et pense avoir rempli la tâche que le Système attend de lui. Il pense avoir agît justement en contribuant à bâillonner des individus jugés malfaisants par le clergé bobo-parisianiste.

Renaud Dély a en parti vrai : le Système veut que soit jouée la plaisanterie de la menace fasciste, entendons, du fascisme d’autrefois. Mais là où notre cardinal bobo se trompe, c’est que, d’une part, le Système ne lui octroiera rien en contrepartie des excommunications qu’il a lancé, et d’autre part, le Système ne clouera pas le bec des « fachos » présumés.

Et pour cela il est une bonne raison, que bien évidemment, Renaud Dély, du haut de sa très faible conscience politique, ne peut déceler. Que les choses soient claires, nous parlons ici spécifiquement des « fachos » travaillant dans le Système, et non de ceux bannis sur le net.

Les « fachos » du Système donc, n’auront pas la bouche cousue, parce que le Système veut qu’ils parlent. L’idéologie dominante, nous ne cessons de le répéter, est le libéralisme-libertaire. Autant certaines informations dissidentes peuvent être délivrées de temps en temps dans les médias du Système, car celui-ci n’est ni infaillible ni omniscient, autant la parole publique des individus régulièrement convoqués sur les plateaux de télévision et de radio est permise parce qu’elle correspond aux nécessités et aux finalités du Système.

Si l’on considère que la règle énoncée est juste, et que l’idéologie dominante est bel et bien le libéralisme-libertaire, alors, la présence sur les grandes ondes d’Eric Zemmour et d’Elisabeth Levy, les plus emblématiques d’entre les « fachos », est absolument inexplicable. Un, sur le plan économique, ils ne valident pas le néolibéralisme, la mondialisation et l’Union Européenne (trois synonymes). Deux, sur le plan sociétal, ils prennent à rebrousse-poil le politiquement correct bobo. Question alors : pourquoi ne sautent-ils pas ? Uniquement pour des questions d’audimat ? Télé et radio ont vécu avant eux et vivront après eux. Alors pourquoi ?

Pour une raison très simple : leur discours, quoique plus fins qu’on ne le dit, en tout cas pour le cas Zemmour, permet d’attiser le feu du choc des civilisations. Si l’on entend autant les voix d’Eric Zemmour, d’Elisabeth Levy, de Richard Millet et d’Yvan Rioufol, c’est parce qu’ils tirent sur la fibre identitaire, via par exemple une attaque en règle de l’islam. En somme, il est permis de critiquer certains mécanismes de la mondialisation néolibérale (les plus visibles) si en contrepartie, le choc des civilisations est stimulé. Le Système veut nous pousser au choc des civilisations. Pour se faire, il s’est trouvé des relais faisant une critique identitaire de tout ce qui tourne autour de l’immigration (islam, multiculturalisme, etc.) et non une critique « enracinée » de l’immigration, la différence entre les deux étant que l’une défend les intérêts du Système tandis que l’autre la combat. La critique enracinée relit la question du mondialisme à celle de l’immigration, tandis que la critique identitaire les dissocie l’une de l’autre.

Aussi, face au libéralisme-libertaire, est apparue depuis l’accession au pouvoir du funeste Sarkozy, une seconde tête de l’idéologie dominante, un méchant de service, le libéralisme-identitaire. D’un côté on nous somme d’être tolérants et ouverts et de l’autre, on nous autorise à être hostiles si notre hostilité épargne l’oligarchie. Rien de mieux pour faire naître la schizophrénie et opposer un camp à l’autre.

Qu’on se le dise, l’idéologie dominante est aujourd’hui bicéphale. C’est pourquoi les « fachos » du Système n’ont pas à craindre l’excommunication prononcée par Monsieur Dély.

Ce que le Nouvel Observateur ne voit pas : le vrai fascisme

Tout d’abord, offusquons-nous des méthodes fascistes employées par le Nouvel Observateur, à savoir la délation et le dressage de liste. Plongés dans leur lavage de cerveau politiquement correct, manquant de références historiques, et pour cause ils sont incultes, les journalistes du Nouvel Observateur ne se sont même pas rendus compte qu’ils reproduisaient des méthodes de purs collabos. Car ne nous leurrons pas, le but de cette liste dressée et de la délation qui s’en suit est un appel au châtiment des concernés. La gauche bobo-mondialiste, tels les authentiques fascistes d’autrefois, ne supporte pas ceux qui ne pensent pas comme elle. Elle a une haine viscérale du pluralisme, pourtant condition essentielle de la démocratie. Absolument inconscients de cette intolérance, les flics du politiquement correct ne semblent pas mesurer que tels les fascistes d’autrefois, ils sont mus par une haine brûlante.

Au-delà des méthodes et du comportement fasciste du Nouvel Observateur, ce qui inquiète le plus votre serviteur est la banalisation d’un discours fasciste depuis plusieurs années dans les médias dominants, qu’ils soient libéraux-libertaires ou libéraux-identitaires.

Le fascisme tel que l’Europe l’a connu dans les années 30 induisait la disparition des institutions démocratiques, la marginalisation du suffrage universel, la diabolisation d’une partie de la population, la constitution d’une milice politique, la mise en place d’un parti unique et l’asservissement du peuple à une oligarchie.

Or, depuis toujours, le Nouvel Observateur, à l’instar des autres médias dominants, est un fidèle soutien et défenseur de l’Union européenne. Rappelons que les institutions européennes sont fondées sur la négation du suffrage universel et de la séparation des pouvoirs. Oui, la Commission européenne n’est pas démocratiquement élue, ses membres étant simplement nommés par le Parlement européen après des tractations opaques sur lesquelles les citoyens n’ont aucune prise. Malgré cette absence d’onction par le suffrage universel, cette institution non élue dispose, en vertu de ses attributions légales, du monopole de l’initiative des lois européennes (les directives et règlements européens), donc du pouvoir législatif. En sus de quoi, la Commission est chargée par les traités de veiller à la juste application…des traités. Ceci s’appelle le pouvoir exécutif. Aucun régime prétendument démocratique n’accepterait d’être soumis à de telles institutions. C’est pourtant pour ce système que les médias dominants et l’intelligentsia française se battent. Et ce sont les contestataires de ce système antidémocratique qui sont diabolisés, pardon : nazifiés.

Ajoutons que le droit européen contenu dans les traités est un manuel pratique de néolibéralisme et qu’il aboutit à accorder les pleins pouvoirs à l’oligarchie financière. Le peuple est ici hors système.

De façon tout à fait naturelle, le Nouvel Observateur, à l’instar des autres médias du Système, cautionne de nos jours la mise en veilleuse du suffrage universel, comme en témoigne son silence sur l’absence de référendum sur le TSCG. Selon nos flics du politiquement correct, il serait populiste et par extension peut-être même fasciste, de demander son avis au peuple.

Le Nouvel Observateur, nous semble-t-il, valide également la mise en place d’un parti unique à la tête de la France, l’UMPS, qui, quelle que soit la section dominante du moment, l’UMP ou le PS, se charge d’appliquer bien servilement les traités européens et de suivre à  la ligne les injonctions de l’OTAN. D’où le fameux concept de « vote utile » : il ne serait utile que de voter pour le PS ou l’UMP, les deux membranes du même parti européiste et mondialiste. Tout autre vote est considéré comme inepte.

De même, nous n’avons pas vu le Nouvel Observateur avoir le moindre mot de condamnation pour la milice informelle qui persécute le peuple de France avec la complicité du pouvoir depuis des décennies, à savoir les racailles.

Le Nouvel Observateur paraît être soucieux de retirer à ses adversaires idéologiques, qu’ils appartiennent au Système ou non, une de leur liberté fondamentale sans laquelle la démocratie n’est pas : la liberté d’expression.

Pire du pire, tels les systèmes fascistes d’autrefois, le Nouvel observateur dressent la liste de ceux contre qui il est autorisé de sévir hors de tout cadre légal, ceux qui sont destitués de leur statut d’être humain pour insoumission au politiquement correct, les néo-untermensch : les opposants à l’immigration, au métissage et au multiculturalisme, pour ne pas dire, au sens plus large, les patriotes.

En résumé, le Nouvel observateur est le partisan d’un parti unique et le défenseur d’un système institutionnel basé sur la négation du suffrage universel et la négation de la séparation des pouvoirs, qui de surcroît donne les pleins pouvoirs à l’oligarchie financière. Le Nouvel observateur ne s’offusque pas que le droit de vote soit retiré au peuple pour les questions qui concernent sa souveraineté. La persécution du peuple par une milice qui ne dit pas son nom, faute de structure officielle, ne l’émeut pas non plus. Enfin, le Nouvel observateur dégage les critères constitutifs du néo-untermensch.

Oui, il y a bel et bien des fascistes en France. On les reconnait à ceci qu’ils ont un véritable dégoût de la France et qu’ils tentent de passer pour des résistants au fascisme d’autrefois. Mais ils restent des fascistes, bien plus fidèles au fascisme des années 30 qu’ils ne le croient.

Soyons certains qu’absolument aucun des journalistes du Nouvel Observateur ne comprendrait une seule ligne de cet article tant leur cerveau sont objectivement déréglés. Ces derniers ne mesurent pas la portée de leurs actes, de leur idéologie, de leurs prises de position et de leurs mots. Ils sont bien ce que le Système attend d’eux : des pantins aveugles et disciplinés.

Ainsi nous serions tentés de recommander la lecture de La lettre volée à Monsieur Dély, le génie d’Edgard Poe pouvant peut-être lui servir d’électrochoc remettant son cerveau en bon ordre. Mais probablement Monsieur Dély s’en priverait-il. Edgard Poe, en tant qu’auteur enraciné, n’est-il pas lui aussi une référence fasciste ?

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