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On écrit à scriptoblog...

Publié le : 24/01/2010 16:38:39
Catégories : Humour

sarko_fake1

L'autre jour, en ouvrant le courrier de Scriptoblog, nous avons eu la surprise de trouver une sympathique plaisanterie. Avec l'accord de l'auteur (qui préfèrera sans doute rester anonyme), on vous en fait profiter !


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Lettre que je me propose d’envoyer à certains élus de la république

(Cette lettre a été refusée par Malika Sorel sur son site très sérieux, ce qui est son droit. Elle n’a pas hésité à en publier l’introduction, tout aussi énaurme mais qui ne concernait qu’elle, ce qui est également son droit).

Cher Elu,

J’ai appris de la bouche de l’un des plus brillants ministres de l’actuel gouvernement –Monsieur Besson pour le nommer- que l’identité nationale française n’existait pas, l’histoire du pays se réduisant à celle d’un « CONGLOMERAT ». Je trouve l’expression particulièrement judicieuse et heureuse, et je compte alerter le plus de personnalités politiques et médiatiques possibles afin de la promouvoir. Voici dans quelles directions vous pourriez œuvrer utilement en apportant votre expérience, votre compétence, et en alertant vos relations.

-    Je propose d’abord de modifier l’emblème national afin qu’il puisse suggérer l’idée de patchwork communautaire, mieux que la rectitude glaciale des rectangles tricolores qui caractérise l’emblème actuel. Je vous suggère ainsi de substituer un damier chatoyant à ces tristes rectangles (je ne sais malheureusement pas très bien dessiner, sinon je vous aurais montré), damier dont toutes les lignes seraient brisées et tordues, et les cases d’inégale dimension, avec des grosses, des petites, des ventrues, des maigres, comme nous tous le sommes, à tous les niveaux ! Ce serait beaucoup plus sympa !

-    Le patchwork n’en resterait pas moins tricolore en bleu blanc rouge, pour la raison essentielle que cela ferait trop râler les anciens combattants si on changeait les couleurs. Les anciens combattants sont collés à leur drapeau comme les moules à leur rocher (ils nous enquiquinent avec le granit de leurs vieilleries, ceux-là). Par contre il faut être sans concession avec la devise Liberté Egalité Fraternité, dont plus grand monde ne sait pas ce qu’elle veut dire, et à l’heure où la priorité est évidemment, d’abord, de venir en aide à nos banques et nos entreprises qui souffrent.

La nouvelle devise serait toujours un triptyque à couleurs symboliques, dont le premier terme serait a gauche le bleu pour L’EUROPE (parce que l’Europe est bleue, c’est comme ça, en Europe même les bananes sont bleues), à droite le rouge pour LE MARCHE (rougeoyant parce que libre, incandescent parce qu’efficace, bouillonnant parce que créatif, et, quand il s’effondre, c’est encore plus beau), et au milieu le blanc pour LA DIVERSITE (parce qu’elle va nous apporter la paix et la fraternité pour mille ans, si ça ne marche pas on mettra autre chose). Enfin voilà une devise qui conviendra à tout le monde une fois que les vieux seront morts, et nous aurons un drapeau qui ressemblera mieux à la majorité de nos électeurs !

-    Le moment sera alors venu de réaliser la vraie rupture, soit en finir avec cette horrible « nation » qui pollue notre intimité et résonne pire à nos oreilles qu’ « arbeit macht frei », parce que les camps c’était peut-être dur, d’accord, mais les nations, elles, pillent violent tuent, depuis que Cro-magnon a nationalisé Neandertal parce qu’il voulait rester libre sur le marché.

Je propose donc qu’à la place de « nation » nous mettions partout CONGLOMERAT, et, tant qu’à faire, nous fassions pareil avec « république », qui existait déjà du temps des romains. C’est dire si ce terme là aussi a fait son temps. Sur tous les édifices, les lieux publics et les imprimés officiels, on aura alors « Conglomérat Français », cela ne coûtera pas plus cher. Dans les livres d’histoire, il n’y aura plus qu’à remplacer  la Grande Nation par le Grand Conglomérat et hop ! Le tour sera joué. Surtout que la mesure sera votée au milieu de l’été, et que les médias auront peut-être la chance d’avoir un gros tsunami en Chine ou un cas de peste pneumonique dans une école maternelle.

Franchement, je ne vois pas non plus Bernard Thibault râler, car avec la crise il a bien autre chose à penser. Simplement, le prochain premier mai, il défilera de la place UN du Conglomérat à la place DEUX du Conglomérat en passant par la place de la Bastille, un ancien conglomérat pénitentiaire sinistre, soit dit en passant, qui, dans la Nouvelle Histoire Conglomérale, aura été rasé par des supporters algériens un soir de match (normal ils sont chez eux), et parce que le directeur voulaient les discriminer au lieu d’ouvrir les portes en grand à la diversité.

La leçon de cet épisode méconnu mériterait d’ailleurs d’être méditée, et il serait bon que l’on appuie notre rupture par toutes les ficelles de la propagande et, en particulier, en créant un mouvement de jeunesse sur le modèle de l’antique – c’est Julien César qui l’avait créé je crois, en tout cas le prénom c’est Julien – « touche pas à mon pote ». Des millions de petites figurines à épingle seraient mises en vente à un prix modique (un sacré marché tout de même, nos entreprises se les arracheraient) et représentant, toujours stylisée en patchwork tricolore, une Marianne aux formes avantageuses portant sur son socle la devise : « BIENVENUE AU CONGLOMERAT ».

Je me tiens à votre disposition pour toute explication ou toute suggestion utile à la mise en œuvre de ce projet.

Respectueusement, Cher Elu, je vous étreints dans mes bras puissants et vous embrasse Très Chaleureusement et Très Fort (cha-ba-da-ba-da, cha-ba-da-ba-da).

 

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