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Partout en Europe, nous voyons une situation de pré-guerre civile...

Publié le : 03/04/2017 20:33:06
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Interviews , Piero San Giorgio

Ce jour, nous avons le plaisir de discuter avec Piero San Giorgio, un personnage hors du commun. L’occasion pour nous d’évoquer la situation suisse, la défaite d’Oskar Freysinger et la campagne présidentielle française… sans oublier les symptômes d’une guerre civile qu’il voit arriver dans plusieurs pays européens…
- Ripose Laïque.


Riposte Laïque : Vous êtes connu comme un spécialiste du survivalisme. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce que cela est, et si c’est un phénomène qui se développe, en Suisse, où vous vivez ?

Piero San Giorgio : Spécialiste est un grand mot, mais c’est vrai que le succès de mes livres a contribué à faire connaître la démarche à un assez grand nombre de lecteurs puisque rien que pour mon premier livre « Survivre à l’effondrement économique », plus de 100’000 copies se sont vendues. Pour moi, le survivalisme – un mot qui comme tout les « ismes » a un côté étiquette qu’il me faut bien accepter – est l’approche de la vie en tant qu’adulte responsable, c’est à dire de savoir évaluer les risques et préparer l’avenir. Cela peut se décliner en toutes formes de préparations, allant de la plus légère (assurance en cas d’incendie, avoir chez soi un sac avec couvertures, lampe de poche, eau en bouteille pour tenir 72 heures comme le préconise le ministère de l’intérieur en France) à la plus lourde (développer son autonomie et auto-suffisance alimentaire, énergétique, défensive, etc.).

En Suisse, la mentalité de la population a toujours été très proche de cette attitude de bon sens et de prévoyance et ce n’est pas pour rien que mes lecteurs et lectrices y sont nombreux. L’ancien chef de l’armée à même fait des déclarations publiques incitant les citoyens à se préparer aux crises futures en stockant un peu de nourriture et d’eau chez soi. Au fond, nos grand-parents et nos ancêtres faisaient de même – et mieux! – car ils savaient que le coup dur était certains, qu’il prenne forme d’un état à l’imposition confiscatoire, d’une famine ou d’une guerre !

Riposte Laïque : Je vous avais interviewé en 2012.

http://ripostelaique.com/piero-san-giorgio-auteur-de-survivre-a-leffondrement-economique-nous-allons-droit-a-la-catastrophe.html

Comment résumeriez-vous les cinq années qui viennent de se dérouler, d’abord dans votre pays la Suisse ?

Piero San Giorgio : La situation en Suisse est paradoxale : malgré la crise mondiale qui sévit depuis 2008, l’économie du pays se porte plutôt bien, bien que les conditions de travail ne soient plus aussi facile qu’il y a quelques années. Toutefois, cette relative bonne santé de l’économie voit la Suisse accusée par les partis de gauche et certaines ONG de ne pas assez s’ouvrir à l’immigration de masse ou de ne pas avoir rejoint l’UE… Avec une population dépassant 8 millions de personnes, largement au-dessus de notre capacité à être auto-suffisants, la Suisse commence aussi à connaître les joies du multiculturalisme : conflits et bagarres entre communautés Turques et Kurdes, conflits de territoire pour le deal de stupéfiants entre gangs Cap Verdiens et Bosniaques, présence et activités de djihadistes, petite criminalité et incivilités de la part de « chances pour la Suisse »… Bref, malgré quelques décennies de retard, nous avons mis le cap vers le chaos, tout comme les autres pays Européens.

Riposte Laïque : Et en France ? Et dans toute l’Europe ?

Piero San Giorgio : Partout en Europe, et particulièrement en France, en Suède, en Belgique et en Allemagne, nous voyons une situation de pré-Guerre Civile. L’incurie, l’incompétence, le mépris pour les peuples et la corruption des classes politiques européennes à été criminelle. L’Europe, en crise économique structurelle due à la mondialisation, sous l’emprise des bureaucrates et des idéologues de Bruxelles, dominée par des lobbys économiques et politiques, aux médias partisans et achetés par le pouvoir, sans parler des vagues migratoires immenses qui s’ajoutent à la population d’origine extra-européenne dont une partie n’a jamais été – et qui ne veut plus être – intégrée et qui se découvre des velléités de conquête… L’Europe est au bord, tout au bord, de ce que je décrivais dans mes premiers livres, c’est à dire un effondrement économique, provoqué par, ou menant à un Krash économique et social ou une guerre civile, ou le tout simultanément. Il y a très peu d’espace de manœuvre pour changer de cap.

Riposte Laïque : Comme vous le savez, nous sommes en pleine élection présidentielle, en France. Comment analysez-vous cette campagne, et pensez-vous l’élection de Macron inévitable ?

Piero San Giorgio : Je ne pense pas du tout que l’élection de M. Macron, chouchou de la finance et des médias soit acquise. Si le candidat du PS semble parachever la mort de ce parti, d’autres candidats semblent avoir leur carte à jouer, tout d’abord Mme Le Pen, mais aussi Messieurs Fillon et Mélenchon. C’est vrai que la candidature de M. Macron à tout pour rassurer l’oligarchie, mais aussi l’apparat du futur ex-PS qui pourrait se recycler dans un gouvernement sous sa présidence, mais son programme creux et ses performances en public peu convaincantes me font penser à un face-à-face inattendu. En effet, il n’est plus possible de croire aux sondages – les mêmes qui donnaient Hillary Clinton victorieuse à 95% ! – ni aux avis des « experts » tout sauf neutres. S’il peut y avoir beaucoup de surprises, la question reste de savoir s’il y a encore le temps, et si le ou la futur président(e) aura les moyens de sauver le pays de la crise très lourde – et peut-être terminale – qu’il traverse. Je suis, hélas, assez pessimiste, mais, en tant que bon suisse et démocrate, j’encourage les gens à voter selon leur convictions profondes et leur libre arbitre.

Riposte Laïque : Il y a trois candidats, dans cette élection, qui prônent la sortie de l’euro, dont l’un, François Asselineau, en a fait son principal atout de campagne. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Piero San Giorgio : M. Asselineau, que j’apprécie, a beaucoup de très bonnes idées, et quelques très mauvaises (le fait de nier le remplacement de population par exemple)… en tout cas, sortir de l’Euro, est très clairement la première mesure économique pour redonner à ce grand pays qu’est la France sa souveraineté. Sans souveraineté, il n’y a ni de politique, ni de choix : il ne reste que la servitude et l’obéissance. La riche histoire de France montre que votre pays sait se relever de situations difficiles, du moins tant qu’il y aura des français.

Riposte Laïque : Revenons en Suisse. Votre nom a été beaucoup prononcé, lors de la campagne électorale, dans le Valais, qui a conduit à la défaite d’Oskar Freysinger. Pouvez-vous expliquer cet épisode à nos lecteurs français ?

Piero San Giorgio : Oskar Freysinger était en charge d’un département du Canton du Valais qui, entre autres, a comme mandat la protection de la population. Ceci inclut la police, etc. et prévoit également les mesures à prendre en cas de crises. En effet, ce canton de montagnes et de vallées a une longue expérience de gestion de catastrophes naturelles allant des avalanches et des glissements de terrain, aux tremblements de terre (il y a bon nombre de barrages hydro-électriques à surveiller…) et aux vallées isolées qu’il faut ravitailler en cas de grandes chutes de neige. Il a été décidé de constituer un groupe de travail, dont j’ai fait partie, pour réfléchir aux mesures nécessaires en cas de crises sociales (causées par des crises migratoires, une pauvreté excessive, etc.) et de crises financières (effondrement des banques, hyperinflation, etc.).

Les mesures réfléchies allaient de la médiation de l’Etat avec les banques en cas de chômage de masse et l’impossibilité d’une grande part de la population à rembourser leurs prêts hypothécaires à la mise en place, en coordination avec la grande distribution du pays, de systèmes de distribution de nourriture, d’eau potable et de biens de première nécessité. Cette réflexion était presque aboutie lorsqu’il a été décidé de l’annoncer au public par le moyen d’une conférence de presse, destinée – je suppose, car M. Freysinger démarrait ainsi sa campagne pour sa réélection.

Ses opposants politiques ont vite fait de trouver dans une interview que j’avais donnée à un bloggeur français des phrases qui, sorties de leur contexte, et massivement relayées par l’ensemble des médias du pays, ont été utilisées pour attaquer M. Freysinger. Par exemple, lorsque j’ai dit que, en substance : les populations européennes, lorsque mises sous forte pression économique, financière, migratoire et sociale, celles-ci risquent fort de retrouver une violence guerrière qui leur est coutumière dans l’histoire et que nous risquions, de redevenir des Waffen SS, des lansquenets, des conquistadores, etc. bref, devenir violents… ces propos ont été sortis de leur contexte et réinterprétés pour me faire dire que « la nature des européens c’est d’être des Waffen-SS » ! et évidemment pas un média ne m’a contacté pour me demander de clarifier ces propos – que je ne renie pas, bien que j’admets qu’ils aient été un peu maladroits. Ça arrive.

Bref, ils n’en avaient pas contre moi, mais ont utilisé cela contre Oskar Freysinger, qui au lieu de les envoyer se faire foutre, ce que je lui aurai conseillé d’ailleurs s’il m’avait appelé, a préféré faire marche arrière. Or lorsque les activistes de gauche et les médias sentent la moindre hésitation et faiblesse, c’est la curée. Cela ne l’a certainement pas aidé et, cette affaire et d’autres ont probablement contribué à sa non réélection. C’est dommage, car c’est un homme qui a de très bonnes idées politiques. Je crois qu’il rebondira et reviendra après quelques temps. Notre pays a besoin de lui.

Riposte Laïque : Quelle analyse tirez-vous de la défaite du leader UDC ?

Piero San Giorgio : C’est une défaite locale – dans un de nos cantons – et il faut la relativiser. Elle montre que certains intérêts idéologiques ont convergé avec d’autres intérêts plus économiques… le canton du Valais est connu pour une économie, comment dire… entre copains, et la venue d’un « étranger » comme M. Freysinger, a beaucoup gêné… L’UDC en Suisse reste un parti fort, soutenu par près de 30% de la population et a encore, une marge de progression, bien que la politique se durcisse en Suisse.

Riposte Laïque : Quelque chose à ajouter, Piero ?

Piero San Giorgio : Tout d’abord que j’ai cru voir sur votre site des articles pensant que je serai pour l’islam : je suis prêt à en débattre, mais croyez bien que je suis pour une Europe souveraine, libre et donc laïque pour les peuples européens (NDLR : Piero fait allusion à un article paru sur Résistance républicaine). Ensuite, et c’est plus important, que nous vivons une période très difficile, mais que nous devons garder espoir en nous-mêmes. Que nous pouvons par le développement de notre autonomie mentale, par la ré-information auprès de médias indépendants comme les vôtres, par la préparation à l’autonomie physique, l’autosuffisance et nos capacités d’auto-défense, devenir une force de poids dans la balance et faire la différence dans les années à venir.

Enfin, que c’est le moment, plus que jamais, d’agir, de parler, et de se préparer.

Propos recueillis par Pierre Cassen pour Riposte Laïque (1er avril 2017)

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