Piero San Giorgio : « Il y a de quoi transformer la Bretagne en une grande base autonome durable (BAD) »

Publié le : 25/08/2016 09:17:52
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24/08/2016 – 06H00 Bretagne (Breizh-info.com) – L’Allemagne a annoncé un grand plan afin que des réserves en vivres, eau, médicaments, etc..soient constituées au sein de la population. Signe d’une crise grave à venir, ou simple précaution, les observateurs de l’évolution de nos sociétés européennes n’ont pas manqué de souligner qu’un cap avait été franchi avec cette annonce.

Nous avons interrogé à ce sujet Piero San Giorgio, auteur du Best-Seller « Survivre à l’effondrement économique », qui vient de publier un nouveau livre intitulé : NRBC « survivre aux évènements nucléaires radiologiques, biologiques et chimiques ». Livre rédigé en collaboration avec Cris Millennium, Ancien chef de la cellule « Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique » du GIGN, prestigieuse unité de contre-terrorisme. Que pense-t-il de l’annonce de l’Allemagne ? Comment analyse-t-il les évènements qui s’enchainent en Europe (crise économique, migrants, terrorisme islamiste ..) ? Quels conseils souhaite-t-il donner ? Réponses ci-dessous.


Breizh-info.com : que pensez vous de l’annonce faite par l’Allemagne à sa population de l’obligation de stocker vivres et eau ? Est-on proche d’un basculement ?

Piero san Giorgio : visiblement, le gouvernement allemand, depuis la fin de la guerre froide, est revenu sur une décision qui est salutaire ; proposer, suggérer à sa population d’avoir un minimum de résilience en cas de problèmes lourds. En cas de catastrophe. La plupart des gouvernements ont toujours sur leur site Internet, notamment en France sur le site du ministère de l’Intérieur, une circulaire, un document, qui propose à la population d’avoir au moins trois jours de nourriture, d’eau, des couvertures, lampes de poches, en cas de catastrophe probablement naturelle mais qui peut s’étendre à d’autres types de problèmes.

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Dans le cas de l’Allemagne, les causes dans le document ne sont pas forcément explicites ; ils proposent dix jours (eau, nourriture) ; il faudrait voir la liste précise, mais on peut imaginer couvertures, réchaud pour cuisiner, des petits médicaments, de quoi traiter les petits bobos, des vêtements et, éventuellement (c’est moi qui le rajoute) de quoi se défendre.

La raison de cette décision allemande n’est pas claire : est-ce que c’est pour parer à un effondrement du système économique qui va très mal en Allemagne ? Se rendent-ils compte que des troubles sociaux peuvent – notamment liés à l’immigration de masse – amener des vagues de terrorisme, de violences, de criminalité sans commune mesure avec le passé ? L’Allemagne se rend peut être également compte que nous sommes à l’aube d’un conflit majeur ; peut être que l’OTAN se prépare à attaquer la Russie ou alors le risque est considéré comme grand, et donc c’est bien la moindre des choses qu’un gouvernement propose à sa population de se préparer.

Breizh-info.com : Parlez nous de votre nouveau livre paru en août 2016. NRBC « survivre aux évènements nucléaires radiologiques, biologiques et chimiques »

Piero san Giorgio : Mon dernier livre est paru le 15 août. Il s’appelle NRBC « survivre aux évènements nucléaires radiologiques, biologiques et chimiques ». Un livre co-écrit avec l’ancien responsable de la cellule NRBC du GIGN, groupe d’élite mondialement connu. Groupe qui s’occupe notamment des problèmes de guerres, radiologiques, biologiques, chimiques en France. En cas de terrorisme mais aussi en cas d’accident. C’est un des centres les plus compétents au monde, donc c’était extraordinaire de pouvoir écrire ce livre avec quelqu’un de ce calibre.Ce livre traite des risques auxquels nous faisons tous face; on pense tous aux accidents de centrale nucléaire, on pense tous à la catastrophe nucléaire. Mais on pense moins souvent aux risques radiologiques ; il existe des matériaux radioactifs dans le commerce, dans l’industrie, qui pourraient créer de petits incidents, de petits problèmes à une petite échelle, mais dramatique pour les personnes qui y sont exposées.

On voulait donner quelques idées pour les éviter, mais aussi pour savoir comment réagir.

Les gens pensent également peu aux problèmes chimiques ; nous sommes dans un monde très industrialisé, avec des cuves et des transporteurs de produits chimiques qui passent à travers les villes, les campagnes, et qui peuvent avoir simplement un accident, avec des conséquences parfois dramatiques ; souvenons nous d’AZF à Toulouse en 2001. Mais aussi en Suisse où un train transportant du chlore a déraillé, le wagon s’éventrant et là vous devez évacuez la zone de ses deux cents familles.

Comment on doit réagir ? comment avoir les gestes qui sauvent rapidement ?

Il y a aussi la partie biologique, avec à la fois les grands risques que sont les grandes maladies de type Ebola, Peste, et d’autres grandes pandémies pouvant arriver à tout moment dans un monde hyper interconnecté. Ce livre essaie de démystifier les fantasmes que les médias et le cinéma ont mis dans la tête des gens par rapport à tous ces risques ; de les rendre plus réalistes ; de rendre attentif le lecteur sur les vrais risques, leurs vraies probabilités, et sur les démarches et attitudes à mettre en place.
Nous fournissons également quelques gestes, quelques outils qui peuvent permettre à l’échelle individuelle ou d’une famille de se préparer et d’éviter ce problème.

Récemment, les services de renseignement du Maroc ont mis en alerte contre la possibilité d’attaques terroristes au gaz en Europe. Je crains que cela donne lieu à du stress qui s’ajoute à tout le reste.

Breizh-info.com : Comment analysez vous les évènements (terrorisme, vague migratoire) qui touchent actuellement l’Europe ?

Piero san Giorgio : Le terrorisme est en général un phénomène avec un objectif politique. La vague migratoire est encore un autre phénomène. Ces deux phénomènes peuvent se combiner si dans cette vague migratoire il y a des gens qui sont soit :

- Des militants avec un objectif politique et qui vont utiliser les méthodes terroristes pour l’atteindre.
- Des agents du terrorisme, parce qu’ils vont être en cours de route ou une fois arrivés amenés à faire du soutien logistique ou du terrorisme. De même qu’une partie de la population immigrée en Europe, venant notamment des pays musulmans, est déjà aujourd’hui un soutien logistique comme on a pu le voir en Belgique lors des attentats.

Les terroristes sont par ailleurs manipulés pour des desseins politiques qui nous dépassent souvent car nous n’avons pas, souvent, les éléments de connaissance qui nous permettent de dire si une hypothèse est vraie ou fausse. C’est très compliqué. Ce qui est sûr, c’est que cela va augmenter, devenir de plus en plus fréquent, et nous en tant qu’individus nous pouvons nous préparer .

Ce sera le thème d’un de mes prochains livres, que j’écrirai pour 2017, qui donne les clés sur comment se défendre et combattre. Il ne s’agit pas simplement de craindre et de vivre dans la peur, mais de prendre à un moment la contre offensive ; si les Etats ne le font pas – ils n’ont pas l’air de le faire de la manière la plus efficace possible – il faudra alors que les citoyens le fassent.

Breizh-info.com : Des Européens de l’Ouest choisissent de partir s’installer à l’Est ou en Europe centrale ; est ce une bonne option selon vous ?

Piero san Giorgio : Tout dépend du point de vue où l’on se place. Chaque année en France, 200 000 Français, souvent très bien formés (bac +6) quittent la France, alors que la même année, 200 000 clandestins de niveau plus faible arrivent en France. Il y a un remplacement de la population en France, non seulement par la masse et la reproduction, mais aussi simplement car les Français les mieux éduqués et les plus capables et avec le plus d’esprit d’entreprise s’en vont.

Ils en ont assez de la bureaucratie d’Etat, assez de la situation tendue et de la civilisation en fin de déliquescence ; ils préfèrent voir d’autres horizons pour faire fortune, vivre leur vie, être heureux, rencontrer des hommes et des femmes moins « casse-c… » et moins politiquement corrects qu’en Europe occidentale, un politiquement correct qui devient rédhibitoire pour beaucoup de gens.

Pour ces individus, si c’est leur choix, il est bon , et cela le sera également pour les pays d’accueil ; si vous êtes en Pologne, en Russie, ou en Hongrie et que vous accueillez des gens très qualifiés, capables, avec une volonté de travailler, votre pays va s’enrichir ; c’est ce qui a fait le succès de la Suisse en ayant accueilli pendant un siècle les meilleurs parmi les populations du monde entier notamment européennes. Des populations qui ont contribué très fortement à enrichir la Suisse qui est à 90% non basée sur la finance (industrie et petite industrie majoritairement).

C’est très mauvais pour la France par contre ; cela veut dire qu’on abandonne le terrain à l’invasion. Invasion mentale d’abord, largement en route depuis les années 60, mais aussi physique avec le remplacement de la population. A la fin, il arrive que des pays et des civilisations meurent, et je crains que la nation française et le pays français soient en train de mourir, aussi par ce phénomène.

Je ne peux pas porter un jugement moral sur la chose, mais ce phénomène d’expatriation accélère la fin de ce qu’est la France. Mais c’est bon pour la Bretagne n’est-ce pas ! Elle sera sans doute indépendante d’ici dix ou quinze ans, ou même avant

Breizh-info.com : Quels sont les conseils que vous donneriez à des individus souhaitant se protéger ainsi que leurs proches et leurs familles ?

Piero san Giorgio : Prendre conscience des risques tout d’abord. On ne peut pas se protéger si on n’a pas conscience de ce qui peut arriver. Aujourd’hui les risques sont d’abord anodins (incendie de maison, catastrophe naturelle locale, comme ça a toujours été). Mais il y a aussi des risques plus grands comme je l’explique dans mes livres ; l'effondrement de l’économie et ses conséquences (sociales, politiques, structurelles) ; les crises alimentaires, d’infrastructure (comment allons nous avoir de l’eau et des médicaments si les camions ne viennent plus ravitailler les supermarchés ? Si les paysans n’ont plus d’intérêt à produire …)

En tant qu’individu, famille, clan, collectivité locale, il faut réfléchir à des préparations, pour avoir d’abord de quoi tenir, mais aussi à plus long terme d’avoir de l’autonomie.

L’autonomie permet de produire nourriture, eau propre, gérer les déchets, produire de l’énergie, avoir des médicaments, se soigner au maximum de manière locale. Et enfin de savoir se défendre et développer des liens entre les personnes pour qu’il y ait une réelle solidarité locale et non pas une solidarité imposée par l’impôt (de l’Etat). Une solidarité de nécessité et d’amitié réelle entre les gens qui habitent dans une même région, dans un même coin.

Il y a de quoi transformer la Bretagne en une grande base autonome durable (BAD). On pourrait l’appeler la Bretagne autonome durable, nouvelle définition de BAD, pour être en tout cas le moins touché par ces crises qui sont en train de devenir inévitables .

Je pense qu’il est temps que les gens se dépêchent de se préparer.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Photos : DR
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