Piero San Giorgio : « Nous allons devoir réapprendre la responsabilité individuelle et à ne plus être dépendants de l’État »

Publié le : 03/01/2014 23:19:00
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Piero San Giorgio est un écrivain suisse survivaliste [NDLR : qui se prépare à l’effondrement de la société] qui n’est pas un « auteur en chambre » développant, loin de la réalité, des théories plus ou moins inapplicables. En effet, Piero San Giorgio met en pratique ses considérations dans sa vie quotidienne qui se déroule dans un cadre naturel : il a quitté le confort d’une vie bourgeoise à Genève et un salaire cossu pour vivre dans les montagnes suisses. Nouvelles de France a rencontré cet auteur boycotté par la presse malgré son succès éditorial.


Lionel Baland : Piero San Giorgio, quelle est la théorie que vous développez ?

Piero San Giorgio : Nous allons vers une convergence de tendances lourdes négatives, voire catastrophiques, qui menacent notre mode de vie économique et social. Les médias ne désirent pas en parler et préfèrent prétendre que tout ira mieux plus tard.

J’estime que le monde va de plus en plus mal. Trois éléments importants sont à mettre en avant dans ce cadre. Le premier est la pénurie de ressources énergétiques car la population de la planète est de plus en plus nombreuse et consomme de plus en plus. Nous approchons du moment où les ressources de la planète seront épuisées.

Le second élément est la destruction de l’environnement et la capacité de production alimentaire qui répond de moins en moins aux besoins de la planète. Elle ne peut que conduire à des crises alimentaires de plus en plus fréquentes qui amènent des guerres, des déstabilisations et une immigration de masse qui va s’accélérer. Nos économies souffrent de la désindustrialisation. Elles sont de plus en plus des économies de services et de finance, basées sur la création de dettes afin de permettre la surconsommation. La dette va déclencher l’effondrement économique. Ajoutons que nous nous retrouverons aussi face à une pénurie d’énergie et de pétrole. Nous assistons à la fin de l’État providence. La crise va amener des violences de citoyens qui se révoltent contre l’État, mais également des affrontements entre groupes d’individus. Lorsque les gens ne pourrons plus consommer, les conséquences seront gigantesques et personnes n’en parle.

La question qui se pose est de savoir comment nous allons nous en sortir. Les personnes vont devoir réapprendre la responsabilité individuelle et à ne plus être dépendantes de l’État. Le retour de la spiritualité va remplacer l’argent et la consommation. Nous devons revenir à la tradition catholique, musulmane, etc…

Quand aura lieu l’effondrement économique ?

Il est très difficile d’apporter une réponse précise à cette question car de nombreux facteurs interviennent, mais l’effondrement économique doit avoir lieu dans les dix ans. La seule chose qui ne s’est pas effondrée, c’est l’économie. Lorsque celle-ci tombera, le prix de l’immobilier, des voitures, des ordinateurs, des télévisions, etc… chutera alors que celui des biens de première nécessité augmentera. Depuis 2008, les banques centrales ont créé massivement de la monnaie afin de maintenir le système.

Sur quel sujet littéraire travaillez-vous en ce moment ?

Je prépare un livre, qui doit sortir en 2014, sur les femmes. Le thème central porte sur la question suivante : « Pourquoi les femmes ne sont-elles plus prévoyantes et ne s’occupent-elles plus de l’avenir, comme elles le faisaient autrefois ? » Je montre que le féminisme a conduit à une voie sans issue. Les femmes sont déconnectées de leur fonction biologique primaire.

Que pensez-vous du système politique en place ?

Le gouvernement est l’ennemi de sa population. Le gouvernement ne représente pas sa population. Il est aux mains des puissances industrielles et financières. Les dirigeants sont des parasites incompétents.

Que pensez-vous de l’UDC, le parti patriotique suisse ?

L’UDC est un parti de centre-droit qui représente 30 % des votants. En Suisse, il y a le garde-fou de la démocratie directe, qui a empêché le pays d’entrer dans l’Union européenne.

Que pensez-vous d’Oskar Freysinger [NDLR : le célèbre représentant de l’UDC qui est à l’origine de l’initiative anti-minarets.] ?

Oskar Freysinger est quelqu’un de très sincère et honnête qui dit des choses très justes.

Que pensez-vous du Front National ?

Le Front National est de gauche, comme les autres partis politiques, en ce sens qu’il croit au progrès continu. Ce parti pense, comme les autres, que la situation du monde va pouvoir s’améliorer en permanence grâce aux progrès de la science, ce qui n’est pas mon opinion.

Les idées représentées actuellement par le Front National étaient il y a cinquante ans celles des partis du centre de l’échiquier politique, alors que de nos jours elles sont présentées par les analystes comme étant « d’extrême-droite ». Ajoutons qu’à notre époque, peu de personnes croient encore que les partis politiques soient en mesure de résoudre les problèmes. Précisons que les méthodes utilisées par les adversaires du Front National afin de le présenter comme dangereux ou extrémiste ne fonctionneront bientôt plus auprès de la population, car les effets de ce genre de pratiques ne durent qu’un moment.

La Suisse, enfermée dans ses montagnes, est-elle dans une meilleure situation géographique que la France et la Belgique afin de surmonter les épreuves qui nous attendent ?

Oui, certainement. Les montagnes sont un atout pour la Suisse, mais il sera aussi possible d’affronter les difficultés de l’avenir en France et en Belgique.

Les ouvrages de Piero San Giorgio :

> Survivre à l’effondrement économique, éditions Le Retour aux sources, 2011 (traduit en anglais : Survive : The economic collapse, éditions Washington Summit, 2013).
> Rues barbares – Survivre en ville (coécrit avec Vol West), éditions Le Retour aux sources, 2012.

Le site Internet de Piero San Giorgio :
> http://www.piero.com/

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