Pornographie et puritanisme

Publié le : 10/09/2009 23:00:00
Catégories : Société

pornocornette

Un texte publié récemment dans la revue Le Minotaure.

Pour vous inciter à découvrir cette revue...


Pornographie et puritanisme : a priori, le rapprochement des deux termes peut surprendre. Le puritanisme n’est-il pas caractérisé par une évacuation à peu près complète du sexe ? Le puritain, dans l’imagerie populaire, c’est cette haute silhouette vêtue de noire, austère et froide, celle d’un homme obsédé par la pureté au point de refuser que le sexe fasse partie de vie – au point de le décréter non présentable, donc non représentable… Le pornographe, à l’inverse, c’est l’homme qui représente le sexe, encore et encore, pour traduire son obsession.

Comment ne pas opposer ces deux figures ?

Et pourtant, quand on y regarde de plus près…

Premier constat : ce sont les anciens pays puritains qui ont introduit la pornographie contemporaine, la pornographie de masse. Hollande, Etats-Unis : la déferlante pornographique est partie des anciennes terres calvinistes, et plus particulièrement de la fraction du monde calviniste qui s’était laissé tenter, jadis, par la dérive puritaine la plus rude. Le reste du monde occidental s’y est mis ensuite, avant de contaminer la planète entière.

Seule exception : le Japon. Lui s’est doté, très tôt, de sa pornographie de masse. Oui mais voilà : lui aussi est, à l’origine, une terre puritaine, marquée par l’exigence de l’austérité et l’obsession de la pureté. Certes, ce puritanisme nippon n’a jamais interdit l’évocation de l’acte sexuel. Mais l’esprit était déjà là, qui voulait établir une perfection terrestre par la proximité de la mort.

Deuxième constat : le sexe montré est ennemi du sexe agi. Plus on en parle, plus on le montre, et moins on le fait. Toutes les études récentes en matière de sexologie démontrent que les générations postérieures à la « libération des mœurs » sont étonnement sages. Entrez dans un cybercafé où sévit une bande de « geeks » amateurs de jeux en réseau, et observez-les : aucun doute, ces adolescents en plein éveil sexuel « n’y » pensent pas, ou peu – en tout cas, si l’on en juge par leurs attitudes et leurs propos. C’est tout à fait anormal : à seize ans, un jeune homme doit « y » penser – pas tout le temps, mais presque. Eh bien, eux, justement, ils « n’y » pensent pas. Ainsi, la première génération à avoir grandi dans un univers saturé de représentations pornographiques est aussi la première à ne pas penser au sexe, une fois arrivée à l’adolescence – ou, en tout cas, à y penser peu.

De la concomitance de ces deux constats, une hypothèse : la pornographie de masse est l’instrument d’un nouveau puritanisme, un puritanisme qui évacue le sexe non plus en refusant de le représenter, mais au contraire en l’enfermant dans la représentation. Derrière la mutation radicale des représentations, du puritanisme à la pornographie, il existe peut-être une continuité dans le besoin de répression, d’enfermement, de contrôle exercé par le surmoi sur les pulsions.


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Testons cette hypothèse au regard de l’histoire du puritanisme. Vérifions l’existence d’une cohérence, au niveau des structures fondamentales, en amont des habillages de cautionnement, entre la pornographie contemporaine et les puritanismes du passé.

Le puritanisme, au sens strict, est un mouvement religieux né dans la sphère calviniste, entre la fin du XVI° et le début du XVII° siècle (1). Il s’est surtout développé en Angleterre, puis, par extension, en Amérique du Nord. Le puritanisme est caractérisé par l’affirmation que la purification absolue des mœurs, des cœurs et des corps doit être recherchée ici bas.

Du fait précisément de cette croyance en la possibilité d’une purification absolue, le puritanisme peut être vu comme un protestantisme « hors du protestantisme », ou si l’on préfère un protestantisme « non-conformiste » – énoncer que la « perfection spirituelle » est possible dans ce monde, c’est nier potentiellement que l’homme doive attendre une grâce descendante, et donc c’est nier un des articles fondateurs du protestantisme. Par certains côtés, le besoin puritain de purification hygiéniste a donc fort logiquement rappelé les pratiques des mouvements manichéens médiévaux, au moins autant sinon plus que celles des protestants situés hors de l’influence puritaine – « catharisme » et « puritanisme » sont d’ailleurs un seul et même mot sur le plan étymologique. En particulier, la répression sexuelle associée à l’appétit de pureté a bien évidemment valu aux puritains une certaine réputation de morbidité, prétexte à d’innombrables plaisanteries de plus ou moins bon goût…

Au-delà de ce folklore caricatural, le puritanisme est défini par un ensemble d’attitudes mentales prenant leur source dans l’imaginaire religieux, et qui imprègnent l’ensemble des conduites individuelles et sociales, y compris dans la sphère politique. Tocqueville, déjà, remarquait au XIX° siècle que les références religieuses irriguaient entièrement le discours des Américains, et cela dans tous les domaines, y compris les plus éloignés de la religion. C’est sans doute pourquoi le puritanisme put se permettre de rester une doctrine religieuse extrêmement vague, chevauchant les deux grandes tendances issues du calvinisme, libre-arbitre et détermination stricte. Sa cohérence se trouvait ailleurs qu’en la doctrine : le puritanisme, du point de vue des diverses obédiences protestantes qui se rattachèrent à lui, fut d’abord un concept agissant.

On pourrait définir ce concept agissant comme une technique de construction et de gestion du surmoi bourgeois. Si l’on remonte la généalogie du puritanisme, on verra en effet qu’il est issu d’un discours soulignant la responsabilité individuelle du croyant devant Dieu, et qu’il débouche sur un discours soulignant la responsabilité individuelle du citoyen devant la Cité (et, en particulier, du citoyen économiqueà l’intérieur de lui-même, un principe d’encadrement intériorisé. Tocqueville, au fond, ne disait pas autre chose lorsqu’il constata que ce qui rendait jadis possible la liberté américaine, c’était la tyrannie que chaque citoyen exerçait sur lui-même. devant la cité matérielle). Au passage, la répression sexuelle, particulièrement vive, aspect le plus commenté du puritanisme, ne fut jamais qu’un instrument de domestication du sujet par son surmoi. Sous cet angle, le puritanisme apparaît tout simplement comme un moyen pour l’homme privé de l’encadrement clérical catholique de porter,


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Le sociologue américain Christopher Lash est surtout connu pour avoir, dans les années 70, écrit un ouvrage lumineux : « La culture du narcissisme ». Lash se livra à une analyse pénétrante des métamorphoses de l’âme américaine à travers les siècles. Il conclut à une dégénérescence de l’idée initiale, s’abâtardissant du puritanisme (la recherche de l’aisance, simple opportunité du perfectionnement spirituel) en franc-maçonnerie bourgeoise (l’aisance matérielle acquise honnêtement, signe d’une vie digne), puis de là en affairisme (culte de l’argent en tant que tel, indépendamment des conditions de son obtention). A partir de l’avènement de la société bureaucratique, ajoutait-il, la figure centrale de cette dégénérescence, le bourgeois, s’est décentrée sous le poids des rapports de classe. Rejeté du côté du travail improductif tout en continuant à jouir d’une condition matérielle aisée, le bourgeois s’est mué progressivement en bureaucrate. Narcissique, coupée des réalités de la production, entièrement inscrite dans l’ordre de la consommation, cette nouvelle figure apparaît à plus d’un titre comme le négatif de son modèle original. Et donc, à partir de cette mutation de la figure centrale de la psyché américaine, Lash éclaira génialement la mutation parallèle de la sensibilité centrale de cette psyché : avec l’émergence de la figure du bureaucrate narcissique, expliqua-t-il, on était passé d’une sensibilité religieuse à une sensibilité thérapeutique.

Or, et c’est là que je voulais en venir, si la sensibilité fondatrice de l’Amérique a muté, la technique d’ingénierie sociale associée au mode de pensée puritain a continué à fonctionner. En d’autres termes, le croyant a cessé d’être responsable individuellement devant Dieu, et donc la responsabilité isomorphe du citoyen à l’égard de la Cité a cessé d’être fondée sur le discours religieux… MAIS le principe d’une responsabilité individuelle « gérée » par l’intériorisation de la répression a été maintenu – tout simplement parce que les archétypes fondateurs de cette « façon de voir » / « façon de faire » étaient les seuls disponibles dans l’arsenal conceptuel des populations concernées. Ainsi, on est passé d’une gestion de l’individualisme appuyée sur l’intériorisation des exigences religieuses, à une autre gestion de ce même individualisme, une gestion appuyée désormais sur l’intériorisation des exigences thérapeutiques.

Le rapport au sexe s’est inscrit dans cette économie générale. Avant son basculement du puritanisme religieux au narcissisme thérapeutique, l’âme américaine était caractérisée par un rapport au sexe plutôt pudibond. L’Amérique, pendant la première moitié du XX° siècle, était encore le pays des ligues de vertu. L’exigence d’une intériorisation de la répression sexuelle était forte, permanente, peu ou pas discutée – lire Henri Miller, à ce sujet, et se souvenir des ennuis que lui valurent, outre-Atlantique, les textes qui, à la même époque, faisaient sa réputation en France.

Lorsque se produit la « révolution sexuelle » des années 60, l’Amérique renonce soudainement à l’intériorisation d’un impératif de répression désormais sans objet. A cette date, l’âme américaine se coupe en deux : une partie reste fondamentalement puritaine (la future « moral majority »), le reste répudie l’éthique de responsabilité fondée sur le rapport individuel à Dieu et la croyance en la possibilité d’une perfection spirituelle terrestre. Cependant, parce que la société américaine reste structurée par un individualisme organique incontournable, parce que le « rêve américain » exige qu’une forme de perfection soit atteignable en ce monde, cette Amérique « dé-puritanisée » cherche un autre impératif structurant à intérioriser : ce sera l’impératif de jouissance. La nouvelle obligation de satisfaire les pulsions sexuelles, dans une pure optique thérapeutique, remplace l’ancienne obligation de réprimer ces mêmes pulsions. Dans une société narcissique, l’individu est désormais responsable devant lui-même, et c’est cette responsabilité devant lui-même qui fonde sa responsabilité devant le corps social. La jouissance devient une performance, et toute contre-performance est socialement contre-productive.

Ainsi va progressivement se construire, au fil des années 60-70, une nouvelle forme de puritanisme : l’exigence hygiéniste du jouir sans entraves (on pourra lire, à ce propos, le jubilatoire « Nouveau désordre amoureux », de Bruckner et Finkielkraut). Le paradoxe est que cette exigence de jouissance va déboucher, concrètement, sur une répression de la jouissance : il se trouve en effet que la société de consommation réserve ses délices à ceux qui ont les moyens de se les payer, par leur sex-appeal (marché du sexe non tarifié) ou par leur portefeuille (marché du sexe tarifé)… et donc, avant de jouir, il faut le mériter. Pour dire les choses avec une pointe de moquerie, l’Américain post « révolution sexuelle » ne se serre donc plus le kiki au nom de l’éthique puritaine, mais au nom de l’accumulation du capital (monétaire ou corporel) qui, par ailleurs, lui permettra in fine de jouir d’une jouissance inscrite dans un registre de performance. C'est-à-dire qu’il se serre le kiki pour mériter le moment, fort lointain, où il pourra enfin cesser de se le serrer… peut-être…

Au final, tout a changé, mais pour que rien ne change : les structures fondatrices du puritanisme restent en place, et c’est désormais l’inversion du puritanisme qui les porte.


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Cette sensibilité néo-puritaine portant sacralisation du désir a déferlé sur l’Europe progressivement, avec en gros une décennie de retard sur les USA. Peu à peu, elle a contaminé notre imaginaire de multiples façons. Mais dans aucun domaine, cette contamination n’est aussi évidente que dans l’omniprésence de la pornographie.

Entendons-nous bien : la pornographie a toujours existé. Et contrairement à ce que prétendent les nouveaux puritains (féministes, en général), la pornographie « du temps jadis » était au moins aussi « hard » que la pornographie contemporaine. Il suffit de lire Sade ou Pierre Louÿs pour être fixé : en la matière, on n’a rien inventé depuis un bon bout de temps.

Toutefois, l’originalité de notre époque, c’est l’invasion de tous les domaines de la représentation par un omniprésent « érotisme » (comprendre : une pornographie hypocrite). Faites une expérience : prenez le métro, et observez, de station en station, les publicités qui s’affichent aux murs. Une sur deux, au minimum, est porteuse d’un message érotique. Il y a de l’érotisme, c'est-à-dire de la pornographie hypocrite, absolument partout. Comparez avec les « réclames » des journaux du bon vieux temps, disons avant la Seconde Guerre Mondiale : moins d’une « réclame » sur dix est porteuse d’un message érotique explicite, et quand message érotique il y a, ce message fait presque toujours référence à l’imaginaire du mariage, ou en tout cas de la relation stable. La conception américaine de la « romance », l’amour passion bref et adolescent comme idéal de la relation sexuelle, nous était au départ étrangère, et notre presse de jadis en témoigne.

Cette conception nous a désormais entièrement submergés, et le sexe comme objet de consommation est devenu une norme, un acquis préétabli, en amont de toute reprise réflexive de notre insertion dans les processus sociaux. « Draguer » est quelque chose de normal. Nous n’avons d’ailleurs même plus conscience de trouver cela normal, tant c’est devenu naturel.

Mais ce que nous n’avions pas vu, c’est que cette « romance » américaine n’est que le faux-nez d’un puritanisme réinventé…

La conception du sexe comme objet de consommation induit que ceux qui n’ont pas les « moyens » de consommer sont privés du sexe. C’est ce que l’écrivain Michel Houellebecq a parfaitement illustré dans son premier et meilleur roman : « Extension du domaine de la lutte ». Le sexe est devenu un second système de différenciation sociale, parallèle à l’argent – et exactement comme l’argent fut, avec la dégénérescence de l’éthique puritaine en morale des affairistes, le marqueur de substitution d’un principe d’Election irréligieux, le sexe est devenu, avec la dégénérescence de cette même morale des affairistes en néo-puritanisme des bureaucrates narcissiques, le marqueur d’un principe d’Election thérapeutique. Le contrôle social se poursuit, selon des procédures directement inspirées du vieux puritanisme américain, mais tout est renouvelé quant à la forme des acteurs : en Europe aussi, les féministes castratrices ont remplacé les ligues de vertu, le statut de « tombeur » avec grosse berline et fringues « mode » s’est substitué à l’ancienne valorisation du bourgeois enrichi, la condition du « ringard » « qui ne baise pas » est équivalente à celle du « pauvre » qui, forcément, « était victime de ses vices », etc. Toutes les figures de la répression et de l’incitation sont présentes, mais toutes ont été renouvelées.

Au final, nous nous serons donc convertis au post-puritanisme américain, c'est-à-dire que nous aurons importé la dégénérescence anarchique d’un courant religieux étranger à notre tradition (2)…

La pornographie, sous cet angle, n’est jamais que l’iconographie de la nouvelle religion du désir, le bréviaire de ce puritanisme thérapeutique. Elle fonctionne exactement comme les bas-reliefs des cathédrales médiévales. La porno-star, dont le style et les poses influencent de plus en plus clairement la star tout court : voilà l’ange bon. Sa variante sadomasochiste et castratrice fournit, comme le Diable des fables médiévales, un contrepoids, un facteur d’équilibre, une manière d’internaliser la soif de mort (3). Le client de la pornographie (presque toujours un individu mâle frustré sexuellement) va au sex-shop comme une bigote de jadis allait à la messe : parce que ça le soulage (fuite hors du monde par un sexe dominé), et puis aussi par habitude (la routine délivre de la routine). Exactement comme dans l’ancien monde, le curé était chargé de faire tenir tranquille le serf médiéval en lui promettant l’Eden dans l’Au-delà, le pornographe contemporain (qu’il s’assume comme tel, ou qu’il s’intitule publicitaire et fasse dans le porno-chic) doit, pour jouer pleinement son rôle social, maintenir dans le jeu les damnés de l’ordre nouveau – ceux à qui l’on promet perpétuellement la jouissance, et à qui jamais on ne l’accorde vraiment. A des années-lumière de l’utopie sexuelle promue par la génération 68, la dislocation du vieux cadre judéo-chrétien n’aura donc, en dernière analyse, fait que libérer les forces de contrainte sociale qu’il maintenait dans les limites de l’extériorité, pour les empêcher d’envahir l’espace mental tout entier. 40 ans après mai 68, ce qui reste de la « révolution sexuelle », c’est tout simplement l’universelle frustration des êtres pour qui le sexe est devenu un domaine de compétition parmi d’autres.

Le court format de ce petit texte ne permet pas d’aller plus loin dans l’analyse, mais il y aurait une véritable herméneutique de la pornographie à écrire. Il faudrait s’interroger sur le fonctionnement du Panthéon porno, sur le rôle exact de ses diverses figures, sur les liens qui peuvent exister entre les anciennes représentations religieuses, celles d’avant l’invasion de la psyché par l’éros triomphant, et les nouvelles représentations thérapeutiques, celles du Sexe comme Révélation (4). Il faudrait encore déterminer exactement l’articulation entre ce système de représentation et l’idéologie néo-puritaine qu’il est chargé d’instituer dans les imaginaires. Et au-delà, sans doute, il faudrait se demander comment cette idéologie s’adapte, se réadapte en permanence à la donne sociale qu’elle est manifestement destinée à rendre supportable – et même, si tant est que cela soit encore possible, désirable.

En attendant, la piste de réflexion est ouverte…

Notes

  1. Il existe un puritanisme juif, cousin du puritanisme calviniste. Ce puritanisme juif est longtemps resté marginal dans l’histoire que nous étudions ici, mais son implosion spécifique a joué un rôle de catalyseur dans celle de son cousin protestant. Historiquement, la sexualité comme religion de substitution est partie des milieux juifs en perte de repère (Freud, Reich) pour envahir les milieux protestants via les loges maçonniques (Huxley, par exemple) – un « circuit » emprunté de manière constante, à chaque nouvelle attaque contre la religion, pendant un siècle.
  2. Le protestantisme européen est majoritairement étranger au puritanisme anglo-saxon. Quant au catholicisme, si depuis trois siècles, il a historiquement pu dégénérer parfois en obsession de la pureté, cette obsession ne s’est presque jamais manifestée sous la forme spécifique du puritanisme constructeur d’un surmoi oppressif ; elle a plutôt débouché, en général, sur des pathologies doloristes.
  3. Lire, à ce propos, Denis de Rougemont, « L’amour et l’Occident » - Incontournable, évidemment, s’agissant du lien entre puritanisme, pulsion de mort et culte de la « romance »
  4. Il est amusant de noter, à ce propos, que la dernière civilisation à maintenir le « mode de fonctionnement » puritain stricto sensu, l’Islam, fournit aussi une grande partie des internautes clients de pornographie…

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