Prévision 2016 : boire le calice jusqu’à la lie – 1/2 | Par James Howard Kunstler

Publié le : 27/01/2016 05:30:07
Catégories : Articles auteurs , Auteurs , Billets d'actualité , James Howard Kunstler

Préambule du Saker Francophone

C'est peu dire que James H. Kunstler est pessimiste sur la suite des événements. Son cheval de bataille est de faire prendre conscience aux Américains du phénomène de pensée magique qui leur sert de vision de la réalité et des dangers à vivre hors de la réalité réelle.

Autant vous le dire tout de suite, tout le monde en prend pour son grade, les Américains, les Arabes, les Français, pas de jaloux. La traduction n'est pas édulcorée. Elle n'est pas là pour choquer gratuitement, plutôt pour faire réfléchir. Même si certains de ses arguments sont très discutables, l'auteur dépeint sa vision du monde et donc celle d'une partie des Américains qui vont voter dans quelques mois. Accrochez vous !


James Howard KunstlerIl y a vraiment un élément suprême de cette histoire que vous devez garder à l’esprit à tout moment : une société (à savoir une économie + une politique = une économie politique) basée sur une dette qui ne sera jamais remboursée est certaine de s’effondrer. Ses institutions vont cesser de fonctionner. Ses activités vont se gripper. Ses dirigeants seront démoralisés. Ses habitants vont réagir et renâcler. Sa richesse va s’évaporer.

Compte tenu de là où nous sommes dans l’histoire humaine, c’est-à-dire une période où la techno-industrie est allée trop loin, il ne sera pas facile de se relever de cet effondrement. Pas comme, par exemple, les reconstructions rapides du Japon et de l’Allemagne après le fiasco brutal de la Deuxième Guerre mondiale. Les choses sont allées trop loin dans de trop nombreux domaines. L’effondrement à venir va repositionner les conditions de la vie civilisée à des niveaux largement pré-techno-industriels. Jusqu’où va-t-on revenir en arrière, cela reste à voir.

Ces termes pourraient être un peu négociables si nous pouvions accepter la réalité de cette remise à zéro et nous y préparer. Mais, hélas, la plupart des gens capables de penser par les temps qui courent préfèrent des vœux pieux techno-narcissiques à une évaluation basée sur la réalité du lieu où les choses se passent, et préfèrent attendre passivement des remèdes technologiques pour le sauvetage (« ils » vont surement trouver quelque chose), qui permettra à tous les rackets actuels de se poursuivre. Ainsi les voitures électriques vont permettre à l’expansion urbaine de continuer à être l’environnement quotidien préféré ; la médecine moléculaire permettra d’éliminer le rôle de la mort dans les affaires humaines ; des nouveautés autour de l’énergie, encore inconnues, nous permettront de garder toutes les commodités et le confort de fonctionnement qui nous sont familiers ; et la prestidigitation financière mobilisera le capital pour rendre tout cela possible.

Oh, en passant, voici un deuxième élément de l’histoire auquel il faut prêter attention : la plupart des activités en cours aux États-Unis d’aujourd’hui ont tourné au racket, c’est-à-dire en programmes malhonnêtes pour gens cupides. C’est apparu encore plus visiblement et malodorant dans les informations récentes concernant la médecine et l’éducation, deux domaines qui, autrefois, intégraient au plus profond de leur structure les vertus les plus sacrées, développées pendant la courte histoire de l’activité humaine civilisé e: le devoir, le service, etc.

Cela fait des années que je prédis que ce consortium du racket finirait par connaître des défaillances, et jusqu’a présent, cela a semblé ne pas avoir eu lieu, du moins pas à des degrés catastrophiques. J’ai également soutenu que de tous les systèmes complexes dont nous dépendons pour la vie contemporaine, celui de la finance est le plus déconnecté de la réalité et donc le plus susceptible de montrer les premiers signes d’effondrement. La grande particularité de ces derniers temps a été la capacité des hiérarchies bancaires à recourir à la fraude comptable pour prévenir toute prise en compte des sommes pharaoniques de cette dette irremboursable. La leçon qu’ont tirée ceux qui applaudissent le triomphe de la fraude, c’est que le mensonge fonctionne et qu’il peut se poursuivre indéfiniment, ou tout au moins jusqu’a ce qu’ils ne puissent plus être coupables, grâce à la retraite, à la mort, ou au délai de prescription pour leur crime.

Bien sûr, cela en dit long sur le genre de société que nous sommes devenus, où le racket est devenu si normal et omniprésent, et sur le fait qu’échapper à ses responsabilités ait été élevé au pinacle comme une sorte d’enviable compétence. En fait, l’art de l’esquive a pris la place de ce que l’on appelait l’honneur. Nous vivons dans une époque de bassesse qui n’honore que les hommes faibles. Ironiquement, nous affectons de n’admirer que des super-héros parce qu’il est devenu impossible d’imaginer de simples humains montrant du courage, de la force et le respect de la vérité. Tout comportement est provisoire et équivoque. Toute loi peut être interprétée pour servir ce contre quoi elle a été créée. Tout passe et rien n’a d’importance.

Alors que cette année débute, je vais essayer de décrire ce qui est arrivé jusqu’ici, où nous en sommes, et où je pense que les choses vont aller. Ma méthode est émergente et heuristique. Je suis allergique aux tableaux et aux graphiques, qui sont parmi les principaux outils des racketteurs et des imprésarios en vœux pieux pour déformer la vérité. Malheureusement aussi, l’analyse statistique joue avec l’illusion que si vous pouvez mesurer suffisamment de choses, vous pouvez les contrôler. (Et si vous déformez les mesures à dessein, vous pouvez alors faire semblant d’être au contrôle.) Cette illusion de contrôle est le point faible du système financier. Quand elle finit par ne plus illusionner personne, le système financier tourne à la catastrophe.

Je suis plus intéressé par le long terme que par l’instant présent. Le tourbillon des événements comprend généralement plus de vecteurs et de facteurs qu’aucun calcul ne peut gérer. Les résultats peuvent facilement s’écarter du linéaire. En fin de compte, c’est un exercice qui pourrait être appelé une histoire de l’avenir, c’est-à-dire tout simplement une histoire.

Services bancaires et marchés

Le grand événement de l’année écoulée a été la version de la pièce de théâtre En attendant Godot de la Réserve fédérale concernant ses taux obligataires. Lorsque Godot s’est finalement montré deux semaines avant la fin de l’année, c’était sous la forme attendue, mais pitoyable, d’une remontée d’un quart de point de base, qui donne l’impression d’un possible demi-point en hausse, mais avec la perspective bien plus probable qu’il reste à l’extrémité inférieure de l’échelle (alors que les taux réels de financement au jour le jour étaient déjà de quelques points de base au-dessus de zéro, de sorte que l’augmentation a été en réalité inférieure à ces 25 points de base).

Le fond de cette mascarade était assez clair pour toute personne au cerveau non endommagé par le temps passé à jouer à Candy Crush sur son téléphone : la Fed a augmenté les taux dans une économie mondiale vacillante ; elle a été forcée d’agir à la fin de l’année pour ne pas perdre les derniers lambeaux de sa crédibilité (décision prise pour dire «vous voyez qu’on fait ce qu’on dit») ; et elle a laissé la porte ouverte à une retraite en 2016 si nécessaire. Mais les dommages causés à la Fed étaient déjà là. Ils ont été démasqués comme une machine de propagande impuissante contre les véritables marées de l’économie, n’apportant que méfaits et incompréhension et, comme résultat final, minant tout rapport solide entre l’argent et l’activité humaine réelle. Tout ce qu’ils feront en cette année électorale sera considéré avec méfiance, en particulier comme du proxénétisme en faveur du couronnement d’Hillary Clinton. Sa relation avec les plus grandes banques est bien comprise. Donc, ils ont dû faire leur grande manœuvre en décembre.

Les marchés boursiers ont glissé un peu en dessous des cours cette année (sauf pour le Nasdaq), qui a glissé de plus de 5% (la techno-magnificence dirige !) – avec un petit dégueulis à la fin de l’été, corrigé par la Chine qui a renfloué ses propres marchés boursiers pourris et ses casinos avec sa monnaie.

L’or et l’argent ont continué leur baisse, qui dure depuis quatre ans grâce à des décharges massives et répétées, dès l’aube, de contrats à terme avant que les commerçants de New York ne soient même sortis du lit. Les graphiques montrent de façon concluante cette activité de l’ombre, soulevant la question : pourquoi un vendeur voudrait-il largement dégrader le prix de ce qu’il cherche à vendre, en vendant sur un marché où les acheteurs ne sont pas présents… ou même pas réveillés ? La réponse semble être : pour faire en sorte que le dollar semble plus solide qu’il ne l’est vraiment.

Les nombreuses années de ZIRP (politique de taux d’intérêt à 0 %), combinées avec l’accumulation de la dette précédente, peu susceptible d’être remboursée, a fait qu’il est de plus en plus difficile d’émettre une nouvelle dette ayant encore moins de chances d’être à son tour remboursée. Mais la ZIRP a également annulé la relation entre les taux d’intérêt et le risque. Dans un système non manipulé par les interventions des banques centrales, avec de telles perspectives négatives, les taux d’intérêt devraient être beaucoup plus élevés. Bien sûr, les taux d’intérêt plus élevés ne feraient que rendre les nouvelles obligations encore plus susceptibles de ne pas être honorées par leurs émetteurs, en particulier les gouvernements à la manœuvre, sous la charge himalayesque des dettes. La tension dans cette équation a été provisoirement cachée par le recours à des swaps de taux d’intérêt, des prises de position et autres machinations scabreuses, comme les produits dérivés, visant à empêcher de connaitre les véritables prix.

La fiesta des rachats de leurs propres actions par les entreprises en 2015 est le parfait exemple de l’éthique du tout passe et rien n’a d’importance. Cela s’est passé à la vue de tout le monde, dans le seul but d’assurer aux dirigeants d’entreprise qu’ils jouiraient de leurs primes et avantages sociaux, et personne ne s’est plaint à ce sujet. Malgré tout cela, rien ne s’est passé au niveau des index. Les marchés sont allés dans le fossé malgré tout le travail des initiés parce que les fondamentaux sont mauvais et que l’économie mondiale s’enfonce évidemment dans une contraction déflationniste.

Mes auditeurs tirent un plaisir sans fin de mes tentatives pour prédire l’évolution des marchés boursiers chaque année. Donc, pour ajouter à leur plaisir, je serai encore plus précis cette fois. Je prédis que le S&P sera au plus haut le 15 janvier 2016 à 21H42, puis passera sous la barre des 1000 en juin. Le carnage à la marge du marché obligataire, sur les contrats à haut rendement, va toucher le centre et nous allons enfin voir le retour sur le marché souverain européen de la réévaluation du risque. Les contrats à 10 ans français, espagnols, britanniques, italiens en dessous de 2% ? Quelle blague colossale cela a été ! Attachez vos ceintures de sécurité et vérifiez vos fonds de pension.

Pétrole et déflation

Les données concernant le pétrole ont dupé le grand public mais aussi le petit groupe d’observateurs prétendument experts. Je maintiens que la contraction déflationniste en cours dans le monde entier est en grande partie due au fait que le monde est à court d’une forme particulière de pétrole : celui à bon marché. Il s’avère que l’histoire du pic pétrolier est toujours vraie, mais elle se joue différemment de ce que beaucoup de gens avaient prédit. Nous sommes à la merci d’une équation assez simple : le pétrole à plus de 75$ le baril détruit les économies industrielles ; le pétrole sous les 75$ le baril détruit les compagnies pétrolières. Il n’y a pas de bonne et juste place sur l’échelle.

Le public a été embobiné par la chaîne de Ponzi du pétrole de schiste. Cela semblait être un techno-sauvetage fabuleux : le miracle de la fracturation hydraulique !. Il a opéré en convertissant des montagnes de capitaux bon marché en une augmentation rapide de la production de pétrole aux États-Unis. Il a bien démarré a la suite de quelques années à l’économie difficile a cause d’un baril à 100$ à extraire, alors que la demande réduite entraine les prix vers le bas. Même à plus de 100 $ le baril, presque personne ne faisait de bénéfice sur le schiste. À 40 $ le baril, le pétrole de schiste est devenu le grand perdant. Ainsi, en 2015, les compagnies pétrolières autour du schiste ont mis à pied des milliers de travailleurs, laissé inutilisées les installations de forage, en attendant un retour de manivelle, avec force prières pour que les prix remontent. Ce qui n’a pas été le cas. Incidemment, toutes sortes de projets associés ont fait faillite à cause de cela. Le paysage du Dakota du Nord est jonché de complexes d’appartements avec jardin inachevés qui pourraient l’être à jamais, et les charpentiers et couvreurs autour de ces constructions se retrouvent sans travail, retournent en voiture au Minnesota et sont attendus par leurs banquiers pour le paiement du crédit de leurs Ford F-110s. Triste, je sais…

La montée en puissance rapide de la production de pétrole de schiste de 2010 à 2014 a été conçue pour convaincre Wall-Street de fournir toujours plus de capital d’investissement aux compagnies pétrolières. Cela a également fait partie d’une énorme campagne de relations publiques afin de permettre aux gens qui dirigent le business et le gouvernement de prétendre que les problèmes de pétrole de l’Amérique étaient derrière nous. Le miracle du schiste allait nous transformer en Arabie d’Amérique. Cela allait nous stimuler pour obtenir notre indépendance énergétique. Cela a joué comme le Maître des souhaits parmi tous les vœux pieux de l’Amérique : s’il vous plaît, Dieu, soyons en mesure de pouvoir prendre la voiture jusqu’a Walmart, et pour toujours. Ce n’était pas tant une conspiration diabolique qu’un effort collectif irresponsable dans le déni et l’auto-illusion.

Beaucoup de ces flux financiers venant de Wall-Street l’ont été sous la forme d’obligations (pourries) à rendement élevé émises par les sociétés pétrolières, avec de grasses commissions pour les grandes banques afin de rendre attractives ces obligations lors de leur création. Ainsi, lorsque le prix du pétrole est descendu brutalement en dessous de 50$, un grand nombre de compagnies pétrolières, en particulier les plus petites, à court de trésorerie, n’ont pas pu honorer le paiement des intérêts. Ce qui nous attend en 2016 est une débâcle due aux défaillances de ces obligations et la faillite d’entreprises du secteur pétrolier aux États-Unis. Qui plus est, en raison de la géologie particulière du pétrole de schiste et de l’épuisement rapide des puits fracturés, il est nécessaire de percer sans cesse et d’en fracturer de nouveaux pour maintenir la production au même niveau, sans parler de l’augmenter. Cela demande toujours plus de nouveaux tours de financements. Mais puisque les obligations financières actuelles ne peuvent pas être remplies, un nouveau financement ne sera pas possible dans le futur. Et il n’y aura donc pas de production supplémentaire. Ce qui signifie que la production de pétrole de schiste va s’effondrer en 2016 lorsque le carnet de commandes des puits forés précédemment, mais encore inexploités, sera épuisé. Je prédis que la production de pétrole des États-Unis va baisser d’un million de barils par jour avant 2017. Cela comprend aussi la baisse annuelle d’environ 5% du pétrole conventionnel.

Certains pourraient croire qu’un tel accident pourrait pousser les prix à remonter alors que les goulots d’approvisionnement se rétrécissent. Il y a quelques problèmes avec cette supposition. La première est que l’épisode précédent, avec le pétrole à plus de 100$, a infligé beaucoup de dommages permanents à l’économie, en particulier pour les petites entreprises et les ménages (à savoir les travailleurs de la classe moyenne). Ce préjudice semble de plus en plus permanent, ce qui signifie une économie globale plus petite et encore un rétrécissement à la base de la demande, alors que les entreprises et les citoyens font faillite et restent insolvables. Si les prix du pétrole ne reviennent pas à un niveau qui justifierait une exploration et une production plus coûteuse (probablement au dessus de 110$), il va être difficile d’obtenir du pétrole. Cela ne fera qu’accélérer l’effondrement économique industriel, et le système ne peut subir qu’un nombre limité de coups avant d’être tellement endommagé que sa récupération ne soit plus possible. Un autre problème est que l’effondrement des prix du pétrole a provoqué des dommages importants sur l’industrie du pétrole elle-même, y compris sur sa crédibilité en tant que cible viable pour l’investissement. Contrairement aux espoirs et aux attentes, les prix bas actuels du pétrole ne font rien pour restimuler l’activité économique. Cela ressemble à une boucle de rétroaction qui s’auto-entretient en se renforçant même, une spirale descendante dans un système en réseau, complexe et global, assommé par les rendements décroissants de ses principales activités.

Par conséquent, je prédis que le prix du pétrole va continuer à descendre en 2016 et rester en dessous de la barre des 30 $, et que cela conduira à plus de carnage dans l’industrie pétrolière, dans le système bancaire avec des défauts sur la dette, et de nouvelles manifestations de troubles géopolitiques qui pourraient conduire à des pénuries importantes et au rationnement du pétrole. Nous ne parvenons pas à faire face au fait que notre paradigme techno-industriel a été conçu pour fonctionner avec du pétrole pas cher, qui n’est juste plus disponible.

Note du Saker Francophone :
Kunstler reprend là assez fidèlement l'argumentaire de Gail Tverberg sur son blog http://ourfiniteworld.com dont on vous promet la traduction de son dernier article : 2016: Oil Limits and the End of the Debt Supercycle

Géopolitique

Les gens deviennent très nerveux. Ils ne peuvent s’empêcher de revenir cent ans en arrière jusqu’au mystérieux enchainement vers la Première Guerre mondiale, qui a mis fin à la première itération de la mondialisation avec un bang. Les grandes nations de 1914 semblent s’être seulement malencontreusement laissé entraîner dans une débâcle que personne n’avait négociée, le massacre des tranchées, les finances nationales en faillite, la chute de trois dynasties, la montée des fascistes et des bolcheviques… Oups !

Beaucoup de gens ayant plus que la moitié de leur cerveau opérationnel voient des schémas similaires aujourd’hui, un mouvement général vers une guerre majeure par voie de pure inconséquence. Par exemple, l’effort continu mené par les États-Unis pour créer un antagonisme avec la Russie sans bonne raison apparente, entrainant les dupes de l’Otan avec elle. Je ne vais pas revenir sur notre stupide opération de déstabilisation de l’Ukraine. David Stockman en a parlé très joliment la semaine dernière sur son blog. Qu’importe, que l’action en Ukraine en 2013-2014 ait été un coup monté, l’Ukraine est désormais un État défaillant. Je prédis que l’Ukraine va mendier en 2016 à la Russie d’être reprise dans son giron souverain, de redevenir une province d’une Russie plus grande. Cependant, la Russie va protester. En réalité, celle-ci ne peut pas se permettre une telle tutelle clochardisée, peu fiable et coûteuse. Donc, l’Ukraine se tournera ensuite de nouveau vers les États-Unis et l’Otan pour mendier un soutien financier. A ce moment-là, les États-Unis et l’Europe de l’Ouest seront tellement sinistrés économiquement qu’ils feront seulement semblant de renflouer l’Ukraine, tout comme ils prétendent soutenir leurs propres économies via les manigances et les jeux de fumées de la banque centrale. L’Ukraine va sombrer à un niveau de néo-médiévalisme fait sur mesure, traçant la voie pour tous dans le monde entier. Pensez : l’anarchie [au sens péjoratif, NdT], le banditisme, une autarcie gangstérisée, un néo-servage. Cela semble dur, je sais, mais c’est ce qu’il en est.

A suivre…

James Howard Kunstler
4 janvier 2016.

Traduit pour Le Saker francophone

Partager ce contenu