Évènement

Profession : valet du capitalisme

Publié le : 23/01/2008 00:00:00
Catégories : Archives Scriptoblog (2007-2013) , Articles par thèmes , Auteurs , Michel Drac , Politique

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La commission Attali « pour la libération de la croissance » a rendu ses conclusions à Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’est dit d’accord avec toutes les mesures préconisées dans le rapport, qui en comptent 316. Toutes, sauf deux : la suppression du principe de précaution, qui permet à la France de déroger aux règles du commerce international si la santé publique est en cause, et la suppression des départements, nids à sinécures pour les copains.

Ce que nous avons là, c’est donc un monsieur qui se veut mandaté par l’hyperclasse mondialisée pour la représenter peu ou prou dans l’univers politico-médiatique, monsieur Jacques Attali, et un président de la soi-disant république dite française, monsieur Nicolas Sarkozy. Et si l’on a bien compris, le président dit Amen à tout ce que dit le représentant de l’hyperclasse mondialisée, sauf quand : vraiment, ça va trop loin (le principe de précaution) – ou bien quand : fromage, pas touche (les départements). Comme en outre, le principe de précaution est aussi l’occasion de faire un peu de protectionnisme sélectif pour les copains et les copains des copains, il reste un doute sur la première motivation…

Bref, nous avons confirmation du fait que le politique n’existe plus. C’est le technocrate, Attali, qui dit ce que doit faire le politique, Sarkozy. Notre vrai président est donc Jacques Attali, ou plutôt l’ensemble d’intérêts qu’il représente. Au 314/316°, disons, voilà le vrai pouvoir. 99,4 % du pouvoir appartient à l’hyperclasse mondialisée. Nicolas Sarkozy, lui, compte pour 0,6 %. Voilà ce que pèse le suffrage populaire.

Intéressons-nous à ce 99,4 % de technocratie mondialisée qui, désormais, conduit notre nation. Voyons ce qu’il y a dans le package prévu pour nous par ces messieurs de l’hyperclasse.

Je vous passe le détail des 314 mesures. Cela nous entraînerait un peu loin.

Sur le site du gouvernement, le rapport est organisé autour d’une série « d’ambitions » pour la France : partons de là.

Ambition n°1 : préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque

Partant du constat que la France dispose de peu de matières premières, la commission Attali souligne que la croissance ne peut reposer que sur le savoir et l’innovation.

[Commentaire :

La notion de « croissance » est définie dans le rapport Attali. « Croissance » veut dire, en l’occurrence, « croissance de la production mesurée par le PIB », donc en valeur d’échange. C'est-à-dire que par hypothèse, on suppose que l’accroissement de la production est un signe de croissance en soi (donc si on produit toujours plus de trucs inutiles, c’est de la croissance), et qu’en plus on admet que la valeur d’échange est représentative de la quantité produite (donc si on paye trop cher pour des trucs inutiles, comme par exemple des services financiers bidons ou des émissions de télé lamentables genre crétinisation des masses, c’est de la croissance aussi).

Attali n’étant pas encore complètement abruti, il précise en préambule à son rapport que cette mesure est évidemment critiquable. Cependant, dit-il, comme c’est la seule, c’est celle qu’on choisira. C'est-à-dire que mister Attali nous explique qu’il veut absolument que le monde soit quantifiable, mesurable et gérable, et que donc il va le quantifier, le mesurer et le gérer d’une manière idiote, faute d’avoir d’autres manières de faire. Aveu naïf…]

En découlent les décisions suivantes :

- faire en sorte que tout élève, en fin de 6e, maîtrise le français, la lecture, l’écriture, le calcul, le travail de groupe, l’anglais et l’informatique.

[Commentaire : comme le rapport Attali préconise la relance de l’immigration, pour équilibrer les comptes sociaux paraît-il, et comme on sait très bien que les enfants déracinés ont des difficultés scolaires, on va faire une chose qui ira à l’encontre d’une autre chose que l’on veut faire. Relancer l’immigration et améliorer le niveau scolaire est difficile, peut-être impossible. C’est par la relance du taux de natalité qu’on pourrait agir à long terme. De cela, il n’est pas question.]

[Autre commentaire : ça veut dire quoi, « maîtriser l’informatique ? » Savoir programmer, concevoir des algorithmes ? En fin de 6°, il ne peut pas s’agir de ça. Ça veut dire, en l’occurrence : savoir appuyer sur le bouton et mettre en page des pubs débiles comme un futur infographiste pseudo-intello précaire. Mais bon, je suppose que tout le monde avait compris de quoi il s’agit…]

[Commentaire additionnel pour le même prix : pourquoi faudrait-il nécessairement apprendre l’Anglais ? Je croyais qu’on faisait l’Europe avec des Italiens, des Allemands, des Espagnols…]

- constituer dix grands pôles d’enseignement supérieur et de recherche autour de dix campus (réels et virtuels) fixant les conditions de l’excellence universitaire.

[Commentaire : le coup des dix pôles d’excellence, ça veut dire concrètement que comme aux USA, on va maintenir les facs voie de garage pour la masse, et réserver la véritable éducation à une élite sélectionnée (sur l’argent, entre autres).]

Ambition n°2 : participer pleinement à la croissance mondiale et devenir un champion de la nouvelle croissance

La nouvelle croissance réunit performance et éthique. Ainsi, la protection de l’environnement qui a ouvert la voie à de nouveaux marchés. La commission souhaite que la France joue un rôle majeur dans cette nouvelle dynamique. Pour cela, elle préconise […] d’accroître l’offre de logement social et mettre en place des infrastructures d’accueil nécessaires à l’économie (ports, aéroports, places financières).

[Commentaire : ce que je n’arrive pas à comprendre, sans doute parce que je suis un peu lent, c’est que normalement, le projet Attali est supposé faire baisser la dépense publique. Comment accroît-on l’offre de logement social sans impôt, direct, indirect, visible ou caché ? A moins qu’il ne s’agisse de rendre possible une politique d’expropriation pure et simple dans les communes qui refuseraient de se « diversifier socialement » ? Et bien sûr, quand on rentre dans le détail des mesures, c’est de cela qu’il s’agit...

Pour le reste, le logement social et les places financières comme sources de croissance « éthique », il fallait y penser. Il y a un côté comique involontaire, chez Attali.]

Ambition n°3 : améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en particulier des PME

Pour pallier une compétitivité déclinante et l’insuffisance du réseau de moyennes entreprises, le rapport propose de :

- réduire à un mois maximum le délai de paiement des PME par l’Etat et par les grandes entreprises, et instituer un statut fiscal simplifié pour les entreprises réalisant moins de 100.000 euros de chiffre d’affaires annuel ;

- créer une agence guidant les TPE/PME de moins de 20 salariés dans toutes leurs démarches administratives.

[Commentaire : ça, ça n’est pas idiot. Il faut croire que la situation est devenue tellement grave que l’Etat va se décider à alléger un peu la charge qui pèse sur le cochon de payant, pourvu qu’il s’agisse d’un cochon de payant rentable.]

Ambition n°4 : construire une société de plein emploi

L’allongement de la durée de vie couplé au raccourcissement de la durée du travail pèse sur la croissance. Pour la dynamiser, le rapport préconise de :

- laisser le libre choix au salarié de poursuivre une activité après 65 ans ;

[Pourquoi pas ? Si libre choix veut dire libre choix… En pratique, on se doute bien que c’est une vue de l’esprit. Passé 55 ans, un salarié est de moins en moins rentable, donc les gens n’auront pas, pour la plupart, la possibilité de travailler plus longtemps. Cela, Attali le sait très bien… Donc en clair, cette histoire, c’est tout simplement : faisons comme si nous proposions aux gens de travailler plus pour gagner plus, et comme ils travailleront moins, ils gagneront moins. Le fond du problème, c’est tout simplement que pour financer les retraites, il faudrait déplacer 5 ou 6 points de PIB des revenus du capital vers ceux du travail. Tout le reste, c’est de la poudre aux yeux.]

- imposer à toutes les entreprises et collectivités un bilan annuel de la diversité, par âge, sexe et origine ;

[Attali veut rendre obligatoire la diversité ethnique aux élections politiques, ce qui fait qu’il deviendra impossible de présenter une liste si on n’a pas son quota de « minorités » à y intégrer. Ça va devenir compliqué de former des listes, surtout pour le Front National…

Et pourquoi pas aussi un bilan de la diversité sociale au sein de la commission Attali, tiens, tant qu’on y est avec la diversité ? Je vous laisse faire le compte des représentants des catégories « ouvriers » et « employés » dans la commission Attali, ça ne devrait pas vous prendre trop de temps.]

- renvoyer l’essentiel des décisions sociales à la négociation et modifier les règles de financement et de représentativité des organisations syndicales et patronales ;

[Mouais. Ça, ça peut vouloir dire tout ce qu’on voudra. Mais à mon avis, ça veut surtout dire : se mettre en situation de couper les vivres à la CGT si la direction refuse de trahir sa base.]

- réduire le coût du travail pour les entreprises (bascule d’une partie des charges vers la CSG et la TVA).

[Ce qui veut dire : transférer des revenus du travail vers les revenus du capital. Donc exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire pour régler la question des retraites. Nous y voilà. Tout le reste, c’est de la poudre aux yeux. Ça, c’est le point important.]

Ambition n°5 : supprimer les rentes, réduire les privilèges et favoriser la mobilité

[On remarquera que rien n’est prévu concernant les rentes et privilèges de la haute nomenklatura mondialiste. Il s’agit de réduire ici les petites rentes des petits privilégiés (chauffeurs de taxi sous licence, professions règlementées, etc.). Ce que nous avons là, chers amis, c’est une mécanique d’égalisation entre le milieu et le bas de la structure sociale, mécanique qui va creuser l’écart entre l’hyperclasse et la masse des dominés.]

Des propositions en faveur de l’ouverture, de la mobilité professionnelle et géographique :

- restaurer la liberté des prix et celle de l’installation des acteurs de la distribution, de l’hôtellerie et du cinéma ;

- ouvrir très largement les professions réglementées à la concurrence ;

- encourager la mobilité géographique (par la création d’une bourse internet du logement social) et la mobilité internationale (procédure souple de délivrance des visas).

[Alors ça, c’est l’obsession d’Attali : faut que tout le monde bouge. L’idée, bien sûr, c’est que tant que les gens bougent, ils n’ont pas le temps de réfléchir au fonctionnement du système. Plus tu bouges, camarade nomade, moins tu as de point de comparaison stable, et moins tu as de points de référence, moins tu comprends comment on te fait bouger.]

Ambition n°6 : créer de nouvelles sécurités à la mesure des instabilités croissantes

La mondialisation des échanges génère des opportunités mais aussi des risques, que la société française se doit de prendre en charge par :

- la rémunération de la formation des demandeurs d’emploi sous la forme d’un "contrat d’évolution" ;

- la sécurisation de la rupture amiable du contrat de travail.

[Je pense qu’il s’agit plus ou moins de dorer la pilule de la précarité tous azimuts en créant des effets de halo sur des mesures catégorielles permettant de traiter les cas les plus problématiques. C'est-à-dire qu’on va créer un contexte d’insécurisation générale, et en même temps, on va prétendre qu’on lutte contre l’insécurisation parce qu’on luttera contre les implications du contexte qu’on aura laissé se créer. Typique des stratégies des classes dominantes capitalistes en période de crise.]

Ambition n°7 : instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance

Evaluer et réformer les institutions, afin de "garantir la solidarité et servir la croissance" avec :

- la création d’agences pour les principaux services au public ;

- l’évaluation des services publics (école, hôpital...) par des organismes indépendants.

[C'est-à-dire qu’avant de confier les services publics au privé, on va donner les moyens au capital d’opérer la déstabilisation et la décrédibilisation des services publics. Mais bon, portons au crédit du sieur Attali que la culture du fonctionnaire glandeur à la Française, ce n’est pas quelque chose que les honnêtes gens défendront.]

Ambition n°8 : ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures

Réduction dès 2008 de la part des dépenses publiques, pour atteindre 1 % du PIB par an à partir de 2009, soit plus de 20 milliards d’euros d’économie annuels pendant 5 ans.

[J’ai une autre idée. Pour ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures, on pourrait éventuellement le mettre à la charge des puissances d’argent, ou disons : à la charge des riches. Par exemple, on pourrait éviter de mettre le niveau de vie de Jacques Attali à la charge des générations futures en décidant qu’il percevra désormais le SMIC pour toute rémunération. Idem pour Sarko, DSK, etc. Ce serait un bon moyen de réduire la charge des générations futures.

Mais bon, une autre solution est de réduire la dépense publique, donc probablement le niveau de vie des masses, au bout du compte.

Le rapport Attali préconise cette deuxième solution. Nous n’en sommes que modérément étonnés.]

Voilà pour les grandes lignes du machin. Si on entre dans les détails, on remarque…

Pour l’Education : toujours la même volonté d’endoctriner les masses, mais volonté tempérée par la nécessité de disposer d’une main d’œuvre correctement formée.

- le renforcement de la « formation » des éducateurs et éducatrices de crèche [comprendre l’endoctrinement des commissaires politiques chargés de lobotomiser les gamins que les mères de famille, mises au boulot, ne pourront plus élever elles-mêmes].

- l’acquisition des « compétences sociales ou civiques » par les enfants des écoles [cours d’antiracisme obligatoire avec dénonciation des parents mal pensants ?]

- l’enseignement de l’économie consistant à montrer que le scandale est dans la pauvreté et pas dans la richesse et dans l’injustice et pas dans l’inégalité [sans commentaire].

- abolition de la carte scolaire et établissement d’un système de chèque éducation, mais dont seuls pourront bénéficier les établissements scolaires respectueux des « valeurs de la République » [voir ci-dessus].

- quelques mesures de bon sens ici ou là, révélatrices à mon avis du fait que le système craque et que donc, temporairement, l’idéologie est mise en veilleuse.

Pour l’Economie : il n’y a presque rien, dans ce rapport, sur la question de la dévulnérabilisation des chaînes logistiques. La France doit s’intégrer dans un schéma de production mondial dont elle n’est qu’un rouage. Son job : devenir un réservoir à compétences, surtout dans le domaine de l’économie dématérialisée. C’est la conséquence du choix du PIB comme mesure de la croissance. Si demain la France devient le leader mondial de fabrication de jeux vidéo débiles, on dira que la politique économique est un succès, même si entre temps, notre pays est devenu dépendant de l’étranger à 100 % sur telle ou telle industrie de souveraineté. L’objectif stratégique européen est la sécurisation des approvisionnements miniers, et l’objectif stratégique français est de faire de Paris une place financière de premier plan. Est-il besoin de commenter davantage ?

Petites cerises sur le gâteau…

Les fournisseurs d’accès Internet vont désormais, dixit Attali, verser aux ayant droit une redevance assise sur le volume global d’échange de fichiers audio ou vidéo. Comment va-t-on mesurer tout ça ? Comment saura-t-on quel titre est téléchargé ? Observons bien ce qui va se passer quant à l’économie du Net : la reprise en main est commencée, et il y aura de gros enjeux derrière, à tous points de vue.

Le développement du modèle low cost sera favorisé. C’est un moyen, paraît-il, pour « libérer du pouvoir d’achat ». Bon, pour l’instant, il ne s’agit que du transport aérien. Mais on voit bien où la logique en question nous amène, n’est-ce pas ?

Les syndicats doivent désormais être repositionnés comme des « prestataires de service social ». Leur rôle est « d’informer ». Où l’on reparle de la CGT, et du fait qu’il va y avoir quelques petites frictions entre la base et le sommet, à ce rythme-là…

La discrimination positive doit être développée. Sous prétexte de « mixité sociale » (on parle des enfants issus des ZEP, comme si la question ethnique n’existait pas), le rapport Attali préconise que les Français « de souche » soient concrètement constamment pénalisés par rapport aux immigrés – même si la chose n’est pas dite, c’est bien de cela qu’il s’agit. On retrouve là l’obsession « bougiste » : le système n’aime pas les gens qui sont chez eux chez eux, décidément…

Alors en conclusion, que dire ?

Il y a une cohérence sous-jacente redoutable derrière ce catalogue de mesures apparemment sans lien. Telle est l’impression dominante que je retire de ce survol rapide au-dessus d’un nid de planqués : une toile de fond idéologique assure une cohérence à un ensemble de mesures, certaines malhabiles, d’autres de bon sens, et qui au final ne prennent leur signification que si on les met en contexte.

En fait, il n’y a pas grand-chose que nous ne connaissions, dans ce rapport. Attali et sa bande nous annoncent simplement la poursuite du projet euromondialiste, en vue de la meilleure gestion possible d’un monde réduit à un statut d’artefact du capital régnant. Pas une fois, dans ce rapport, les questions humaines, proprement humaines, ne sont abordées. L’homme français saisi par la commission Attali n’a pas de substance propre : c’est un homo economicus qui s’inscrit entièrement et uniquement dans les catégories fondatrices du paradigme capitaliste – et c’est bien pourquoi Attali prône l’immigration comme une solution à la question des retraites : pour lui, un Français, un Chinois, un Indien, c’est pareil. C’est une unité de compte.

La « commission pour la libération de la croissance », c’est la commission pour l’enfermement des hommes dans la croissance comme prison. L’ambition d’Attali pour la France, c’est que notre pays joue les premiers de la classe dans la mondialisation néolibérale, point final. Comme à l’école : nous allons chercher des bons points, parce que nous serons de bons petits garçons appliqués. Quant à remettre en cause le cadre général défini par le mondialisme triomphant, on n’y songe même pas…

La problématique identitaire n’existe pas dans ce rapport, la question éducative est totalement déconnectée d’une question culturelle qui n’est pratiquement pas abordée : le projet qui sous-tend le rapport Attali, c’est la maximisation de la performance de la Francevue comme un outil au service du capital. Point final. Les gens qui ont rédigé ce rapport n’ont pas conscience de l’existence d’une sphère de l’espace collectif humain qui se situerait au-delà du paradigme matériel. Fondamentalement, les gens qui ont écrit ce rapport sont des ignorants, au sens religieux du terme.

La conclusion que je tire de cette lecture, c’est qu’en réalité, monsieur Attali est un tout petit personnage, au service d’un projet dont il n’a peut-être pas clairement pris conscience, tant son mode de pensée est conditionné en amont par un ensemble de prédicats dont il ne doit pas savoir qu’ils ne sont, en réalité, que ses prédicats à lui – les prédicats d’un bourgeois matérialiste de la fin du XX° siècle européen. Il est évident qu’à l’heure où Vladimir Poutine recrée une volonté de puissance autonome à Moscou, à l’heure où l’Amérique impériale oscille entre la faillite de son modèle ultralibéral et la tentation hégémonique, à l’heure où le centre de gravité du capitalisme productif est à la veille de basculer vers l’Asie, la France qu’un Attali ou un Sarkozy nous construisent n’a plus rien à dire sur la scène de l’Histoire. Fondamentalement, nos « élites » ont intégrés le mode de raisonnement propre aux classes dirigeantes des pays dominés : ces gens ne nous pensent pas comme des acteurs de l’Histoire, mais comme des serviteurs de la mondialisation. Si la superstructure bruxelloise explose, qui pour l’instant donne un air de force au machin euromondialiste, on s’apercevra que nous ne sommes plus rien.

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